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[Accepté]Candidature citoyenne de DomFulmen.


DomFulmen
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:air: :air: Yop !

 

 

:air: :air: Yop à toi qui lit ces lignes, que tu sois un éminent membre de la modération, l’un de mes valeureux camarades, une de mes connaissances que j’ai eu l’occasion de rencontrer de près ou de loin, ou encore un parfait inconnu venu ici par hasard !

 

:air: :air: Bref, qui que vous soyez, je vous salue tous autant que vous êtes. Mais si vous êtes ici chers lecteurs, c’est sans doute que vous vous demandez qui je suis, ou encore pourquoi je souhaite accéder à la citoyenneté Stendelienne, ou bien même simplement pour m’accorder votre soutien pour ce grade (auquel cas je vous en remercie le plus sincèrement du monde, et j’en suis très touché !). Dans un premier temps, je ne dirais rien de cela.

 

:air: :air: En effet, je me dois tout d’abord de prévenir le lecteur que cette candidature se verra disposée en deux messages successifs. Non pas que je sois un simple floodeur intempestif abusant honteusement du double-post et similaire à ceux qui peuvent sévir parfois sur notre beau forum, c’est même tout l’inverse. Car le lecteur se doit d’être au courant que cette candidature est d’une longueur telle qu’il m’est impossible de la présenter en un seul message. En effet, le RP à lui seul dépasse de loin les 60 000 caractères qui sont imposés comme limite aux messages forum. Mais je reviendrais plus tard sur le RP afin d’y apporter quelques lumières dans un souci de compréhension.

:air: :air: Vous verrez également que pour un souci d’esthétisme et de mise en page, les liens vers mes candidatures ultérieures sont intégrées à la candidature lorsque je suis amené à parler d’elles. Ne vous étonnez donc pas de ne pas voir les traditionnels « Liens vers les candidatures : ; ; etc… ». Je précise également que leur niveau littéraire est plus que médiocre, je vous demande donc d’être indulgents et de ne pas en tenir compte.

 

:air: :air: À l’heure actuelle, je précise simplement enfin et conformément à la demande de Dame Louvinette, que les délais afin de poster cette candidature ont été vus avec elle, ce qui explique son arrivée dans la section trois jours trop tard.

 

:air: :air: Mais soit ! À présent que j’ai précisé ceci, que personne ne s’effarera de la longueur des lignes qui vont suivre, et que personne ne se posera - a priori - de questions en tout genre, je vais donc poursuivre, et débuter cette candidature une fois pour toute !

 

:air: :air: :air:

  • [*:107w9o5w]Tout d’abord, débutons par une petite présentation :

 

:air: :air: Pour ceux qui l’ignorent, je me nomme Eliathan. Eh bien si, ce prénom existe, et c’est le mien ! Ceux qui le trouveront étrange seront nombreux, ceux qui ne s’en remettrons pas également, mais peu importe, ce n’est pas la question. Quant à mon pseudonyme sur le forum comme en jeu, il s’agit de DomFulmen, comme on peut le lire très facilement en haut à droite de ce post. Contrairement à ce qui est dit dans ma candidature paysanne (que voici), le temps a passé, et c’est maintenant presque un an qui s’est écoulé depuis mon arrivée sur le serveur. J’ai donc actuellement 17 ans et trois mois moins un jour, et j’évolue donc dans le formidable monde de la terminale S.

 

:air: :air: Pour ceux qui se poseraient la question - et vu que je n’en avais pas parlé dans ma première candidature – je vais donc m’attarder un peu sur mes loisirs. Je suis donc un grand amateur de jeux vidéo (sans quoi je ne serais pas ici), mais pas seulement, et loin de là. Ceux qui me connaissent savent en effet qu’une de mes grandes passions est la lecture, et que l’autre est donc l’écriture, comme vous vous en rendrez vite compte. Et même si je n’ai pas la chance de pouvoir me vanter d’avoir une orthographe et une expression en tous points irréprochable, j’estime tout de même me débrouiller de manière tout à fait honnête.

 

:air: :air: Concernant mes lectures, beaucoup y passent, et surtout beaucoup de pavés. Tolkien, Paolini, Lewis, Pullman, Lovecraft, Vernes, Pagnol, Hugo, sont autant d’auteurs que j’apprécie et qui accompagnent la plupart du temps mes fins de soirées.

:air: :air: Je m’essaie aussi à mes heures perdues à l’écriture, que ce soit pour Minefield ou pour mes écrits personnels.

:air: :air: Que pourrais-je dire encore ? Je suis musicien depuis mon enfance, bercé dans cet univers par la tradition familiale. Trompettiste, j’apprécie énormément le jazz, mais aussi bien entendu toutes formes de rock, pop, et bien d’autres que je ne saurais citer tant la liste est longue.

:air: :air: Mis à part ces quelques détails, ceux qui me connaissent ont souvent beaucoup plus l’habitude de mes plaisanteries douteuses, et de ma capacité à rire tout le temps sauf dans les situations sérieuses. Or cette candidature est plus que sérieuse, c’est donc pour cela que les smileys n’y fleuriront pas. Néanmoins, je prends beaucoup de plaisir à la rédiger, je l’espère autant que vous en prendrez à la lire et que vous ne le faites déjà, et ce n’est pas parce que nos petites têtes jaunes ne font pas de grandes apparitions ici que les blagues n’y sont pas, même dissimulées. Je précise aussi que j’ai la plume facile et que je m’étends bien vite sur le moindre sujet. Mais ça, je pense que vous en avez déjà fait le constat à l’heure qu’il est. ;)

 

:air: :air: Bien, je pense avoir fait le tour du personnage, je demande donc à ceux qui se sont endormis de se réveiller, car je vais poursuivre ! Et le reste risque d’être plus long encore, alors accrochez-vous, car j’ai décidé de ne pas faire cette candidature à moitié.

Nous passons donc à la suite, qui est donc mon historique sur le serveur (car oui, je ne me contenterais pas de simples captures d’écran) :

 

:air::air: :air:

  • [*:107w9o5w]Que s’est-il passé en un an, depuis mon arrivée sur le serveur :

 

:air: :air: À vrai dire, beaucoup de choses.

:air: :air: Dès mon arrivée, j’ai eu la chance d’être recueilli par notre lapin national, j’ai nommé le fort, le grand, le beau et tout poilu SL. Celui-ci m’a alors fait visiter Bel-o-Kube, notre belle cité fourmi que j’affectionne tout particulièrement. Dès mes premiers jours sur le serveur, ma route était donc tracée. Peu après, j’ai rejoint la cité myrmécéenne, donc voici par ailleurs la candidature. Là-bas, j’ai aidé un peu à quelques constructions, dont beaucoup sont encore inachevées. Je peux donc citer parmi ce que j’ai aidé à faire :

 

  • [*:107w9o5w]Quelques branches annexes de
l’arbre, déjà bien avancé à mon arrivée.
 
[*:107w9o5w]Une partie de la future bibliothèque que j’ai aidé à creuser.
 
[*:107w9o5w]Mon humble Boozble, lieu de repos que j’affectionne.

:air::air: Oui, c’est tout pour Bel-o-Kube, mais c’est déjà bien. Car oui, ce n’est pas fini. En effet, quelques mois après mon arrivée a débarqué ni vu ni connu le nouveau monde de Stendel. Et qui dit nouveau monde, dit projet. Fort de la franche camaraderie entre la cité fourmi et le Lac d’Émeraude - bien antérieure à mon arrivée - nous avons donc lancé un projet en commun : la Colonie du Kubnigera (pour de plus amples informations sur la Colonie, prière de cliquer sur ma signature !). Dans cette colonie, il y a un conseil. À ce conseil, il y a des conseillers. Je suis l’un d’entre eux, conseiller en charge de la diplomatie. Là encore dans ce projet, beaucoup de chantiers sont encore en avancement, mais néanmoins je poste tout de même les résultats actuels. Pour ceux qui souhaitent voir ce à quoi j’ai participé sur ce projet, voici les quelques endroits du projet qui se sont vus dotés de ma contribution ou de ma création :

 

  • [*:107w9o5w]Tout d’abord,
le Kubnigera, arbre géant.
 
[*:107w9o5w]La montagne.
 
[*:107w9o5w]L’anneau d’eau et la rivière.
 
[*:107w9o5w]Le complexe souterrain. (trois liens, un sur chaque mot)
 
[*:107w9o5w]Le pont reliant le Refuge de Pan et la Colonie, fait en commun avec les gens du refuge.

 

:air: :air: Je précise que chacun de ces grands chantiers en regroupent plusieurs autres, mais il serait trop long de les énumérer ici.

:air: :air: Ainsi donc, après le commencement du projet, les rencontres avec plein de gens bien se sont multipliés. Depuis le début du Kubnigera, nous avons surtout avancé le projet, donc pas grand-chose de nouveau.

:air: :air: Pour finir, il y a peu j’ai eu la chance de rejoindre les rangs des ambassadeurs de l’ANA. Appréciant beaucoup aider les nouveaux, c’est un poste que j’aime remplir et dans lequel je me sens bien.

 

:air: :air: Mais je pense que c’est tout pour mon parcours sur le serveur, qui est je pense plutôt bien résumé. Je m’engage donc sur la troisième et avant dernière partie de cette candidature, parti où je regroupe les deux points suivants :

 

:air::air: :air:

  • [*:107w9o5w]Quelles sont mes motivations, et quels sont mes projets en devenant citoyen :

 

:air: :air: À vrai dire, mes motivations sont diverses.

:air: :air: Tout d’abord, dans un simple côté pratique, je suis simplement intéressé par les avantages conférés par le grade de citoyen. La spécialité que le grade permet d’obtenir est un très bon point que j’ai toujours apprécié, et je pense qu’il est temps, après un an de jeu, que j’expérimente tout cela.

:air: :air: Je l’annonce tout de suite, devenir commerçant n’est pas dans mes projets. Tout d’abord parce que les PA sont loin d’être une source de motivation pour moi. Ensuite, parce que j’ai toujours évolué sans. Enfin, un commerce est pour moi un aspect beaucoup trop prenant et complexe à gérer.

 

:air: :air: Ensuite, ce grade est pour moi une sorte d’accomplissement, un honneur qui ponctuerait mon avancée sur le serveur. De plus, c’est pour moi une sorte de défi que je veux relever, pour voir si je suis capable de m’élever à ce niveau. C’est d’ailleurs pour cela que je porte beaucoup de soin à la candidature que voici.

:air: :air: Par ailleurs, j’ai passé énormément de temps sur le serveur, j’y ai consacré beaucoup aussi, et après une année je pense qu’il est temps que je me jette enfin à l’eau. En effet, en un an je pense avoir changé sur beaucoup de points, et je pense à présent avoir le recul nécessaire pour pleinement appréhender les divers aspects du grade. Je pense également que l’état d’esprit et la maturité qui me manquait il y a encore six mois sont à présent plus proches de ce que j’estime nécessaire à un bon citoyen.

 

:air: :air: Enfin, ma dernière motivation est simplement celle de reconnaissance. Une simple volonté de reconnaissance envers le serveur et ses membres, qui m’ont pour beaucoup énormément apporté. C’est aussi parmi la communauté et sur le serveur que j’ai passé énormément de bons moments, j’estime donc devoir quelque chose à chaque personne que je connais, mais aussi au serveur lui-même. Je pense donc qu’apporter une petite aide financière au serveur serait un bon moyen de montrer ma gratitude.

 

:air: :air: Concernant mes projets, encore une fois j’en ai plusieurs.

:air: :air: Tout d’abord, bien évidemment acquérir une parcelle au sein de la capitale de Stendel. En effet, lors de sa migration j’ai immédiatement apprécié la ville, et c’est donc avec honneur que je m’y établirais dès que possible et dès que ma bourse sera en capacité de se vider pour acquérir une parcelle.

 

:air: :air: Parmi mes autres projets sur le serveur se trouvent bien évidemment la continuité des projets auxquels j’appartiens, et qui ont je pense un bel avenir devant eux.

:air: :air: En plus de ça, je compte me lancer dans des chroniques RP d’ici peu, mais ça c’est une autre histoire, et j’y reviendrais dans la partie suivante de la candidature.

:air: :air: Enfin, j’ai pour projet d’éventuellement rejoindre le Vagabond Enchaîné, un journal en projet dont j’ai vu un aperçu et qui me semble plus que prometteur.

:air: :air: Bref, aucun de mes projets d’avenir n’est réellement fascinant, j’espère surtout pouvoir continuer à jouer avec mes camarades, et rencontrer sans cesse des gens formidables comme ceux qu’il m’a été donné de rencontrer durant toute cette année.

 

:air: :air: À présent que ceci est fait, je vais m’attaquer à la dernière partie de cette candidature citoyenne :

:air::air: :air:

  • [*:107w9o5w]Le RP !

 

 

:air: :air: Mais tout d’abord, avant de vous laisser devant le bousin, je me dois d’apporter quelques précisions sur ce RP.

 

:air: :air: Car oui, il est long, très long. 21 pages pour 73 861 caractères pour être exact. Mais il y a plusieurs raisons à cela. Pour commencer, et je l’ai déjà dit, j’ai la plume facile, et j’ai donc une certaine tendance à rajouter énormément de choses au fil de l’écriture. Ce que je pensais donc faire une dizaine de pages en a donc fait le double. Mais outre ma capacité malsaine à en dire ni peu ni assez lorsque j’écris quelque chose (et sans parler du RP, la candidature elle-même en est la preuve), c’est aussi par soucis de cohérence. En effet, depuis le début mon but était d’arriver à la situation inattendue de la fin du RP, qui mène donc à ma demande de citoyenneté. Cependant, même si le but du récit est d’en arriver à la raison rôleplay de ma demande de grade, cela reste tout de même le RP de mon personnage. Or, mon amour de la littérature me pousse à aller plus profondément dans le caractère et l’histoire de mon personnage. Donc, dans un souci de logique, de cohérence avec ce que j’ai prévu pour la suite, je me devais de faire les choses bien et de présenter un RP avec de la profondeur, et donc une trame scénaristique qui serve ma demande de grade autant que le récit de Dom Fulmen, le personnage que j’incarne. Ceci m’amène donc au second point que je souhaite aborder.

 

:air: :air: En effet, le lecteur qui ira jusqu’au bout de l’histoire verra quelques passages qui lui sembleront incompréhensibles. En effet, je fais allègrement allusion à des points de mon RP qui ne paraîtront que dans les chroniques que je prévois de lancer. Que ce soit des passages du RP qui semblent incompréhensibles, des réactions étranges, ou même au niveau des personnages, de certaines descriptions, et bien d’autres, que le lecteur de ce RP ne s’inquiète pas. Ce sont des éléments voulus qui prendront tous leur sens dans la suite, mais que je devais énoncer ici.

:air: :air: Ensuite, je fais aussi remarquer que je fais apparaître beaucoup de personnages dans mon RP. Que ceux qui n’y paraissent pas ne s’affolent pas, vous serez dans un prochain, promis. ;) Pour les autres, j’ai surtout voulu mettre en scène quelques personnes avec qui j’ai passé beaucoup de temps ou qui m’ont beaucoup apportés, même si je ne les fais apparaitre que de façon concise ou peu développée.

 

:air: :air: Enfin, je tenais à faire une petite explication sur un personnage qui apparait dès mon RP paysan : le Chickenderpig. Personnage étrange tout droit sorti de mon imagination terriblement débordante de l’époque, il s’agit d’une sorte de « dieu » à l’apparence plus qu’étrange (que vous pourrez retrouver dans le RP cité ci-dessus, mis à part que j’ai changé d’avis en cours de route et qu’il est de couleur noire et non plus mauve). C’est un personnage à l’origine de mon arrivée dans le monde Stendelien, qui dispose d’étranges pouvoirs dont on ignore l’étendue, et qui dispose d’une étonnante capacité à parler de choses inintelligibles autant que celle consistant à apparaitre lui-même et faire apparaitre des personnages au sein du RP. Je tenais à parler de lui avant de vous lancer, pauvres lecteurs, dans le flux de l’action du récit, car beaucoup n’auraient sans doute pas tout saisi à son sujet, tant mes premiers RP manquent de précision.

:air: :air: Mais je pense à présent avoir tout dit ! Si un lecteur égaré a néanmoins des questions sur ma candidature ou sur mon RP, qu’il le dise par MP ou autre, et je me ferais une joie de l’éclairer. À présent que je me suis bien étalé en explications et que la salle est assoupie, place au RP afin d’achever les survivants ! Je rappelle que le RP sera en deux parties du fait de sa longueur. ;)

 

:air: Bonne lecture !

 

:book::book::book:

 

 

Il faisait noir à présent. Terriblement noir. Les éléments étranges se multipliaient autour du jeune homme apeuré. Des ombres d’une rapidité improbable passaient de temps en temps devant l’ouverture de la porte, d’où provenais la faible lueur du croissant de lune visible dans la pièce précédente. Elles semblaient s’amuser avec lui, l’effrayer simplement par un pur élan de sadisme et de cruauté. Il lui fallait un plan. Acculé contre un mur, assis et essayant pourtant de reculer encore et toujours, la panique prit peu à peu possession de ses membre, qui refusèrent bientôt de bouger. Le sang s’écoulait lentement de la blessure à l’épaule qui le meurtrissait, pulsant sous le rythme cardiaque précipité de son cœur pétrifié. Il était pris au piège. Il gonfla ses poumons de tout l’air possible, lentement, comme profitant de cet air frai et brumeux s’offrant à lui. Tout sembla ralentir autour du jeune homme, les battements de son cœur pulsant avec d’autant plus de force que leur vitesse ralentissait. Le sang battait à ses tempes. Les ombres paraissaient à présent être immobiles, comme chaque chose autour de lui. Le temps semblait s’être arrêté. Il ferma les yeux… « Souviens-toi, moi-même, souviens-toi Dom, de tout ce que l’on t’a appris… Réagis. Dom… Dom. Dom ! »

 

 

:air: :air: « - Dom ! »

 

:air: :air: L’endormi ainsi interpellé se réveilla en sursaut. En face de lui se trouvait son bureau provisoire, simplement constitué d’une planche assez large déposée sur deux tréteaux branlants. Leur soit disant stabilité occupa l’espace d’un instant l’esprit du pauvre Dom, incrédule quant à ce fait douteux. Son attention se reporta vite à son interlocuteur, puis le rouge lui monta aux joues. Il s’était assoupi, et qui plus est au beau milieu de la conversation. Il était tard, et l’épuisement avait eu raison de lui, malgré les paroles de la boule de poils blancs. Ces derniers, parfaitement lustrés, s’échappaient de la robe de mage, d’un bleu assez clair, qui se trouvait par-dessus son porteur. Au niveau de la tête de cette forme globalement humanoïde, on pouvait voir deux yeux surplombés de deux longues oreilles dont l’intérieur était d’une douce et fine couleur rosée. Juste en dessous de ses yeux d’un bleu profond, entre eux deux, se trouvait un petit museau, d’un rose identique et apaisant. De l’autre côté du bureau, SL regardait d’un air inquiet son pauvre camarade fourmi. Les deux transformations successives qu’il avait dû subir d’une manière incompréhensible l’avaient épuisé.

 

:air: :air: « - Pardonne-moi, la fatigue se fait sentir, dit-il en se frottant les yeux. »

 

:air: :air: Le lapin blanc arbora un petit sourire, mais sans pour autant quitter son air de profonde inquiétude.

 

:air: :air: « - Ce n’est rien voyons, je comprends bien. N’en parlons plus. Je te parlais de ce fâcheux souci que nous avons, j’allais t’expliquer de quoi il s’agit.

 

:air: :air: - Je t’en prie, je t’écoute avec attention.

 

:air: :air: - Bien. Vois-tu, depuis quelques temps d’étranges rumeurs courent à propos d’apparitions fantomatiques, ou je ne sais quelle autre fantaisie. Or ces incidents se trouvent sur notre territoire de Stendel, c’est donc très mauvais pour nous.

 

:air: :air: - Oui, c’est compréhensible. Et donc ? Que viendrais-je faire dans ces histoires farfelues ?

 

:air: :air: - C’est là qu’est le problème. Tu es le dernier sur qui je puisse compter. Tous les membres de Bel-o-Kube ou du Kubnigera sont déjà partis pour une quelconque mission, et cette affaire est urgente. Je viens donc te demander si tu aurais - par hasard - la possibilité d’aller y jeter un œil. Crois-moi, ce n’est pas de bon cœur que je t’y envoie, et je vois bien la pile de missives et de courriers divers qui s’entassent sur ton bureau, mais il me faut quelqu’un de confiance pour cette affaire. Je ne peux moi-même m’y rendre, mes obligations me retiennent à la capitale, et c’est déjà un miracle que j’ai réussi à m’en échapper pour venir quérir ton aide. Comprends-tu ? Je m’empresserais dès que je le pourrais de t’offrir un soutiens armé peu après ton départ quoi qu’il arrive. Quelle est donc ta décision. »

 

:air: :air: Il regarda les trois épais monticules de manuscrits dactylographiés. Le travail ne manquait pas dès qu’il s’agissait de participer à la gestion du Kubnigera. De plus, les voyages réguliers à la capitale que Dom était contraint d’effectuer le poussaient à envisager une solution. Depuis son arrivée, de nombreuses aventures s’étaient présentées à lui. Il avait rencontré un dieu plus qu’étrange (qui par ailleurs l’observait en ce moment même et semblait lire ses pensées, comme à son accoutumée), qui l’avait mystérieusement, et pour une raison floue, changé en fourmi durant quelques jours. Il avait ensuite mystérieusement retrouvé son apparence normale (ou presque). Suite à ça, il avait intégré Bel-o-Kube, la cité fourmi où il vivait depuis. Puis est venu le Kubnigera et le lot de paperasse administrative qui l’accompagnait, qui a permis à l’Alliance Myrméco-Lacustre de coloniser ce nouveau monde qu’est Stendel. Dom était épuisé, car son rôle de conseiller en charge de la diplomatie était extrêmement prenant, mais cette mission lui changerait ses habitudes le temps qu’elle soit menée à bien.

 

:air: :air: « - Très bien, je m’en chargerais, dit-il enfin. »

 

:air: :air: Un sourire rassuré se dressa timidement sur le museau du lapin au pelage blanc immaculé. Il vint l’idée l’espace d’un instant au jeune Dom de caresser cette fourrure qui semblait si douce et moelleuse. Il secoua bien vite la tête pour se réveiller et s’enlever ses idées absurdes de son esprit embrumé. D’un simple hochement de tête reconnaissant, il tendit à la jeune fourmi un petit dossier contenu dans un rouleau, et qui relatait de tous les éléments concernant cette quête improvisée. Il quitta le petit bureau provisoire qui se situait dans la nouvelle mairie hobbit encore en construction.

:air: :air: Dom déroula la longue page de manuscrit qui entourait le cylindre de bois. C’était une feuille fine, mais robuste. Le papier qui l’enveloppait était de très bonne facture, résistant, et montrait même certaines similitudes avec du parchemin ou du papyrus. De fins fils d’or, d’encre noire, et d’encre violette décoraient avec une extrême précision les bords de la feuille, dessinant ainsi les couleurs de Stendel. Il huma lentement l’odeur du rouleau ainsi que celle de l’encre fraichement couchée sur son support. Dom appréciait cette odeur, elle lui inspirait et lui donnait l’inspiration pour ses pensées et écritures diverses. Il alluma encore deux bougies supplémentaires, encore inutilisées, sur son petit chandelier déposé sur la table en bois de noyer qui lui servait de bureau temporaire. La nuit avait bien débutée, et la lune avait déjà fait une partie de sa course. Le rapport relatait des témoignages de plusieurs personnes qui avaient fui, effrayées par de soi-disant fantômes. D’autres avaient semble-t-il disparus mystérieusement. Étrange en effet, bien que ces histoires d’ectoplasmes semblaient au jeune responsable de la diplomatie de la Colonie plus absurde qu’autre chose.

 

:air: :air: Il lui fallait partir pour l’expédition qui se présentait à lui. Il lui faudrait donc rendre visite à Demo Crite, en espérant qu’il ait à présent achevé sa commande, qui tomberait à merveille. Il descendit de la petite pièce où se trouvait son lieu de travail, et se dirigea vers l’arbre et l’une de ces racines. Après s’être enfoncé de quelques mètres sous la surface au sein de celle-ci, il atteignit une petite porte peu visible au premier regard, au détour d’un virage emprunté par la racine. Il ouvrit discrètement la porte et entra dans la salle. Le dernier cours du soir de la jeune fourmi n’était pas encore terminé. Une vingtaine d’alchimistes de tous horizons et de tous niveaux profitaient de son art et de son tallent de joaillier, observant et reproduisant avec fascination ses gestes et manipulations, menant chaque fois indubitablement à une gemme merveilleuse, chacune d’une rare beauté, et resplendissantes de clarté et de finesse. Ce n’était décidément pas sans raisons qu’il était considéré comme le meilleur de sa profession dans toute la région. Ses pattes manipulaient les ingrédients avec une telle dextérité qu’il semblait être né avec un tel talent. Encore quelques minutes, et la leçon s’achevait enfin. Tous les élèves sortirent, discutant et débâtant activement de leurs nouvelles connaissances, enthousiasmés et satisfaits. Encore quelques secondes, et Dom put approcher du bureau où était assis la fourmi joaillière. Il s’occupait de quelques besognes administratives inévitables pour quelqu’un de sa profession. Son échoppe lui prenait un temps précieux, et il songeait par ailleurs à abandonner son commerce. Malgré son apparence humaine, le nouvel arrivant libéra une phéromone d’amitié pour signaler sa présence. Étant mi-humain mi-fourmi grâce à la reine Jesollas, il possédait l’avantage de pouvoir converser avec l’un et l’autre sans soucis. Ayant terminé de lire sa phrase entamée de ce qui semblait être une missive de Stendel, Demo leva vers Dom ses yeux à facette, et lui offrit un nuage similaire composé des mêmes aérosols chimiques, que le jeune paysan accueilli avec un sourire. Dom put voir des croquis de pièces et d’objets étranges, ainsi qu’un nom. « Black Mesa. » Demo retira les papiers de la vue de son hôte afin de les ranger au milieu d’une pile plus importante de missives. Ses phéromones indiquèrent alors qu’il s’interrogeait sur le motif de sa visite. Il répondit verbalement par commodité, lui par son procédé habituel de communication par synthèse chimique.

 

 

:air: :air: « - Bien sûr, c’est avec plaisir que je te fournirais quelques explications, déclara le visiteur sans attendre. Te souviens-tu de cette pierre spéciale que je t’avais commandée ?

 

:air: :air: - Oui, bien sûr, répondit la fourmi à l’aide d’une phéromone de surprise et de questionnement. Pourquoi donc ?

 

:air: :air: - J’en aurais besoin d’ici peu. Je vais, dans quelques heures, partir en expédition, j’ai été chargé de régler une complication apparemment due à quelques ectoplasmes. »

 

:air: :air: Il agita ses mandibules, signe de surprise et d’inquiétude. Fidèle à lui-même, il pesa ses mots, songeant aux informations qu’on lui apportait lors d’une discussion, puis réfléchit à sa réponse. Le mélange complexe de particules chimique, bien plus complet qu’une langue ordinaire, parvint enfin aux zones réceptrices de Dom. Bien plus que des mots, chaque mot synthétisé par les glandes phéromonales de son interlocuteur était également teint par ses émotions, ses sentiments. Ce langage riche plaisait à Dom. Demo fournit sa réponse au bout de quelques secondes :

 

:air: :air: « - Je vois. Je vais te la chercher, je l’ai justement terminée il y a quelques heures seulement. Elle m’aura demandée beaucoup d’efforts et de temps, mais elle est parfaite à présent. Sois prudent néanmoins, bien que je ne crois pas en eux, les histoires de fantômes n’ont jamais fait bon ménage, dans quelque sens que ce soit. As-tu songé à quérir l’aide d’une de nos consœurs ? Je ne suis pas rassuré que tu partes seul.

 

:air: :air: - Merci à toi, répondit Dom en inclinant la tête en signe de reconnaissance et de respect. Mais ne te fais pas excessivement du souci pour moi, tu me connais, je vais m’en sortir, ajoutais-je avec un petit sourire en coin. »

 

:air: :air: Hochant la tête et agitant légèrement ses antennes, la fourmi le quitta quelques instants au profit de sa salle d’expérience, à la recherche du fameux objet. Quelques bruits seulement ponctuaient et prouvaient la véracité de la recherche qui se tramait hors du champ visuel du champ visuel du jeune homme. Quelques mots lui parvinrent également, bribes de ce qui semblait être une conversation avec lui-même. Il revint bientôt, en possession d’un objet soigneusement emballé dans un épais chiffon de lin. Il tendit le paquet vers son destinataire, qui s’en saisit avec une once d’appréhension. Étonnamment, il était plutôt lourd pour sa taille. De forme sphérique, un peu plus volumineux qu’un gros œuf de poule, il laissait filtrer une douce chaleur apaisante à travers l’épaisseur de tissu.

 

:air: :air: « - Je ne te conseillerais pas de le sortir dès maintenant, il est encore très chaud. D’ici quelques heures, tu pourras t’en servir sans aucun danger, ajouta-t-il.

 

:air: :air: - Merci beaucoup mon ami, le remercia le nouveau propriétaire de l’objet en s’inclinant. Tiens, accepte ces quelques pièces, tu les mérites amplement. »

 

 

:air: :air: Il accepta timidement le sac dodu de pièces que Dom lui tendait, relâchant une phéromone de gratitude et de gêne très abondante. Après lui avoir répondu par une autre de respect et d’estime, Dom s’inclina une dernière fois avant de quitter la pièce, satisfait. Le jeune joaillier l’observa partir, non sans appréhension. Un mauvais pressentiment le préoccupais, non concernant la mission de son ami, mais plutôt quelque chose de plus lointain, qu’il n’aurait su définir. Au moment où son précieux camarade fourmi formulait ces pensées, Dom remontait les quelques marches qui parcouraient la racine et sortais de l’arbre géant, pour se diriger vers la salle des coffres de la cité. Là, dans son coffre personnel, il entreposa les quelques affaires qu’il portait sur lui. Il sortit son sac de voyage, une petite besace de cuir, assez grande pour pouvoir transporter un certain nombre de provision, mais trop peu pour être lourde ou encombrante. Le tout attaché sûrement et fermement sur le dos, hermétique, c’était un sac qui l’avait accompagné de nombreuses années. Il y glissa quelques provisions, une couverture de laine, un nécessaire de soin, et diverses affaires qui lui seraient éventuellement nécessaires, comme la corde que lui avait enchantée Jesolas, la Reine de Bel-o-Kube. C’est dans ses sacoches accrochées à la ceinture que trouvèrent place le briquet, quelques armes de petite taille, le tabac, la pipe, et bien entendu le précieux présent de Demo Crite.

 

:air: :air: Il ôta la lourde cape blanche reposant sur ses épaules, aux couleurs du Kubnigera. Les armories brodées sur celle-ci étaient composées d’une représentation de l’arbre, enlaçant la gemme sous ces racines. Étaient aussi représentés un livre ouvert et une plume, symbole de l’Ordre des Herpés, ainsi que, suspendue à d’une des branches de l’arbre, une pomme d’Or. Il était déjà équipé sous sa cape, un réflexe dont il ne pouvait pas s’empêcher. Il n’était tranquille qu’armé et équipé, bien que cela soit en totale contradiction avec son rôle de responsable de la diplomatie et des affaires internes et externes de la Colonie. Ainsi, il était déjà épée, dague, et flèches à la taille, arc à l’épaule. Son habit noir et rouge n’était couvert que par des protections d’acier aux avant-bras, aux tibias, aux épaules, et il portait une paire de gants dénoués de leur extrémité, excepté à l’index et au majeur de la main droite, destinés à protéger ses doigts qui devaient tirer la corde de son arc. À la place de la lourde cape blanche, il enfila sa fidèle écharpe, puis une cape plus fine et légère, noire cette fois, doté d’une capuche, qu’il rabattit par-dessus ses cheveux blonds et bouclés. Il acheva de disposer quelques éléments utiles sur ses sacoches, lanières, et emplacements divers çà et là de ses vêtements. C’est arborant fièrement les couleurs de ses deux cités qu’il retrouva avec un étonnant soupir rassuré son équipement complet.

:air: :air: Ajustant ses brassards, il se dirigea d’un pas résolu vers d’échelle menant à la sortie. Dans la fraicheur apportée par l’obscurité, il leva les yeux vers le Kubnigera, et vit, assit sur l’une des racines de l’arbre, SL, qui usait de sa magie pour contacter quelqu’un. Probablement les renforts qu’il avait promis. Un signe respectueux de la tête à celui qui était devenu garant de l’ordre et de la loi dans tout le pays suffit à obtenir sa bénédiction. Dom se retourna et parti rapidement, pour s’enfoncer très vite dans les forêts denses parcourant les terres de la Colonie.

 

 

:air: :air: Le fin croissant de lune avait maintenant accompli la moitié de son trajet céleste. C’est en compagnie d’un jeune renard que Dom avançait. Il semblait inexplicablement apprécier sa compagnie, et gambadait, joyeusement autour de lui, malgré son allure rapide. Le jeune guerrier le regardait se rouler dans les herbes couvertes d’un maigre début de rosée avec amusement et attendrissement. La quête le menait à l’extrême nord du territoire Kubnigérien, à la frontière entre notre forêt et les marais sombres qui bordaient cette partie-ci de la province. Le ciel n’était pas nuageux, mais les étoiles étaient néanmoins peu nombreuses. Dom ne pouvait donc compter que sur la pâle lueur de l’astre au-dessus de lui pour se diriger. Hors de question d’allumer une torche ici, cela signalerait automatiquement sa présence à toutes les créatures alentour, si toutefois il y en avait. Un squelette se laissa justement apercevoir entre deux arbres au loin. Dom grimpa rapidement dans l’arbre le plus proche, et passa de branche en branche pour s’en rapprocher.

:air: :air: Bientôt, il se tint à une dizaine de mètres seulement de l’infâme créature. Il banda son arc, et patienta quelques instants que le monstre se décale et ne soit plus masqué par l’arbre qui se trouvait devant lui. Pas à pas, il avança vers l’extrémité de la branche. Le bout de l’arc du squelette apparut. Puis son bras. Au moment où son corps tout entier était à découvert, la branche céda, entraînant une chute de quelques mètres. Dom décocha tout de même, enchainant sur une roulade afin d’amortir sa chute. La flèche fît mouche au niveau de sa nuque, la trancha net, et alla se loger dans le sol, juste derrière. La masse d’os s’effondra, à présent définitivement inoffensive, comme elle aurait dû le rester avant de revenir d’entre les morts pour persécuter les vivants. Il ne fallait pas que Dom prenne de risque, il lui restait encore du chemin à parcourir, et le mieux était encore de le faire en sûreté. Malheureusement, la chute avait fait beaucoup de bruit. Alors que Dom se remettais de sa légère désorientation, un grognement se fit entendre derrière lui. Par réflexe, il fit un bond de côté, évitant de peu la mâchoire d’un zombie attiré par le chahut. Dégainant son épée, il se dépêcha de trancher la tête molle et en décomposition du corps macabre. Il avait eu une bonne frayeur. Il se dirigea vers l’amas d’os pour y récupérer sa flèche encore en parfait état. La colonne vertébrale de l’ossature mobile était altérée par le temps, et n’avait même pas rayé le projectile. Ce dernier alla retrouver sa place parmi ses semblables, dans le carquois qui se tenait sur le bas du dos de son porteur. Celui-ci reprit sa route, et retrouva son compagnon de route improvisé un peu plus loin. Il tenait entre ses fines mâchoires un petit rongeur, probablement un mulot, ou un rat des champs. Il le brandissait fièrement, laissant Dom admirer le fruit de sa chasse.

 

:air: :air: Dom Fulmen retint un frisson. Une crevasse démesurément profonde fendait le sol en travers de son chemin, dont un vent glacé s’échappait par fortes rafales régulières. Ce souffle semblait étrangement geler le sol sur quelques centimètres à proximité du rebord du gouffre. Dans tous les cas, il lui faudrait contourner cet obstacle. Après un regard rapide de chaque côté, il décida de contourner la difficulté par la droite. Le chemin lui semblait plus court et direct. Au loin, à travers les épais feuillages obscurs, Dom aperçut la montagne qui s’était développée sans prévenir. Les pouvoirs de la pierre contenue sous les racines de l’arbre artefact étaient décidément étonnants. Stupéfiants même. Des petits et brefs bruits provoqués par les quelques animaux sauvages fuyant à l’approche du voyageur et de celle du jeune renard se faisaient sans cesse entendre.

:air: :air: Autour d’eux, la forêt se faisait de plus en plus dense. Soudain, une ombre, probablement un animal sauvage, passa très près du jeune aventurier. Il semblait fuir, apeuré. Dom le regarda disparaitre dans les fourrés, fronçant les sourcils. Ce n’était sans doute rien. Il reprit paisiblement sa route. Quelques minutes plus tard, le scénario se répéta. Une seconde bête le frôla, de la même taille, et exactement de la même manière semblait-il. C’était étrange. Laissant de côté les questions qui se bousculaient dans sa tête, il se concentra sur sa marche. Mais ses pensées se furent coupées court par le même manège, en tout point identique, à ceci près qu’un second animal accompagnait le premier, fuyant dans la même direction. Puis, quelques secondes encore après ceci, le tout se répéta à nouveau. Dom s’accroupit et resta immobile pour observer le phénomène. Régulièrement, de plus en plus d’animaux noircis par l’obscurité ambiante fuyaient un danger inconnu, et revenaient comme pris au piège d’un cruel sortilège à leur point de départ, pour effectuer des actions en tout point identiques à leurs précédentes. Inquiet, Dom libéra la lanière de cuir qui solidarisait son épée à son fourreau. Il se tramait bel et bien quelque chose ici. Une étrange sensation lui oppressait les tempes, comme le prévenant d’un danger inconnu. Il devait impérativement tirer cette affaire au clair.

 

:air: :air: Un flash lumineux l’éblouit.

  • :air: :air: Lorsqu’il rouvrit les yeux, il se trouvait dans un lieu inconnu. En face de lui se trouvait une grande salle sobre, où s’étendaient de grands piliers. À l’extrémité se trouvait un trône, où siégeait un vieux roi à la barde longue et blanche, derrière lequel se tenait une grande ombre. Un homme armé était à genoux devant lui. Un second flash éblouissant avala la scène, pour laisser place à une forêt sombre. Une profonde angoisse noua le ventre du spectateur de la scène. Des cris se faisaient entendre, des hommes tenant des torches couraient, galopaient bride abattue, vociférant des injures envers un fuyard.

 

:air: :air: Dom rouvrit les yeux et tomba à genoux. La main contre son cœur affolé, il respirait bruyamment, les larmes aux yeux. Au bout de quelques secondes, il regarda autour de lui. Le jeune renard, inquiet, s’approcha pour venir lécher doucement le bout du nez du jeune homme sous le choc. Celui-ci s’assit quelques instants, la tête entre les mains, pendant que les ombres continuaient leur raffut alentour.

:air: :air: Il se releva enfin, ayant finalement repris son calme après cette expérience inexplicable. Il avança recroquevillé, lentement et en silence, se fondant dans la nuit et la végétation. Autour de lui, les créatures continuaient à fuir dans le sens contraire au sien. La flore s’éclaircit peu à peu, laissant un peu plus de possibilités de vision. Devant lui, une petite clairière légèrement surélevée était remarquablement bien éclairé par la pâle lumière de l’astre lunaire. Les animaux paraissaient fuir de manière concentrique ce lieu pourtant en apparence si banal. Après un peu d’observation attentive, Dom vit que le troupeau de bêtes prenait vie dans une boucle sans fin autour du petit monticule te terre et d’herbe. On les aurait crus formés d’ombres et de ténèbres, apparaissant sans fondement rationnel telles des fumées sombres et compactes. Il se frotta les yeux quelques instants, tentant de trouver quelque explication tangible à ces simagrées. Il ouvrit les paupières. À sa droite se trouvait une grande forme noire, apparue sans bruit. Il dû se contenir et se faire violence pour retenir le cri et le sursaut d’effroi qu’il ressentit à cet instant. Dom fit néanmoins un bon de côté, et retira à demi sa lame de sa gaine de cuir rigide. Il la rangea aussitôt. En face de lui se tenait, immobile, le grand Chickenderpig, qui observait le phénomène. Dom, rassuré, déposa un genou à terre, et baissa la tête.

 

 

:air: :air: « - Bonsoir, grand Chickenderpig. Que me vaut l’honneur de votre visite ? Auriez-vous une explication pour tout ceci ? »

 

:air: :air: Il tourna sa tête vers son interlocuteur agenouillé, plongeant ses yeux blancs et vides de toute expression dans les siens. Certaines ombres animales semblaient le traverser, comme s’il se trouvait être encore moins solide qu’elles.

 

:air: :air: « - Monseigneur ?

 

:air: :air: - Ceci n’appartient pas à ce monde.

 

:air: :air: - Mais… Que voulez-vous dire ? Et que sont ces choses ?

 

:air: :air: - C’est donc que ceci appartient à un autre.

 

:air: :air: - Je crains de ne pas vous suivre malheureusement.

 

:air: :air: - Mais comment peux-tu les vaincre ? Que sont-ils ? Je vois bien ce que tu te demandes. Cependant, seule la solution à l’une de ces deux questions te sera révélée le moment voulu. Tu as déjà en ta possession l’étincelle capable de chasser les ténèbres. La seconde, libre à toi de le découvrir. Tu seras très probablement en danger lors de cette quête. Comment intervenir ? Même moi je ne peux rien faire lorsqu’il est ainsi…

 

:air: :air: - Encore une fois grand Chickenderpig, vos propos sont flous. Ne pouvez-vous pas m’apporter une quelconque aide, ou un indice sur les évènements étranges se déroulant ici ? »

 

:air: :air: Pas de réponse durant quelques minutes. Pendant ce laps de temps, Dom put observer à nouveau l’évènement surnaturel. Il constata à présent des variations dans la vitesse de déplacement des animaux d’ombre. Soudain, l’un d’entre eux bondit dans sa direction, et fit mine de l’agresser. Dom fit un bond en arrière, mais l’attaquant le traversa. Dom ne ressentit pas même un souffle, un contact. Rien. Chickenderpig fit enfin un mouvement.

 

:air: :air: « - De l’aide ? Oui, je le peux. Il devrait m’être possible de faire venir expressément l’un de tes amis. Cependant, je dois auparavant faire appel à mon confrère, le Dieu des aléas et du hasard. »

 

:air: :air: Il reprit son état statique. Cependant, le temps d’attente fut cette fois-ci négligeable. Une sorte de tourbillon légèrement bleuté pris peu à peu forme entre le dieu et Dom. Il s’épaissi, et une forme humanoïde se forma à l’intérieur. L’effet inverse s’appliqua ensuite au vortex, qui disparut peu à peu. Des chaussures de cuir parfaitement lustrées, un costume repassé à la perfection et sans un seul accroc, un chapeau raffiné, placé idéalement sur une tête blonde… Dom put distinguer bientôt le visage du mystérieux arrivant, et nota non sans un haussement de sourcil le parfait état de son habit, chose inhabituelle vu que rien ne permettait d’éviter les plis à sa connaissance.

 

:air: :air: « - Operamundi ? s’exclama-t-il, étonné.

 

:air: :air: - Et bien me voilà ! Mais… Qu’est-ce que je fais là moi ?

 

:air: :air: - Et bien… Il semblerait que notre dieu Chickenderpig t’ait invoqué ici. À ce propos ! Je vous remercie grand Chi… Bon, ou pas.

 

:air: :air: - Que ce passe-t-il ?

 

:air: :air: - Il semblerait qu’il soit parti comme il est venu.

 

:air: :air: - Je vois bien cela. Toujours aussi étrange ce dieu pour ce que je peux en constater. Mais que puis-je faire pour t’aider ? Je suppose que je ne suis pas ici par hasard. »

 

:air: :air: L’intéressé désigna simplement le spectacle sombre qui se déroulait non loin de là. L’homme au costume l’observa quelques instants, et hocha la tête d’un air soucieux. Il ôtât son chapeau pour se défaire d’une démangeaison incongrue durant sa courte réflexion. Il ôta machinalement quelques malheureuses particules de poussière qui avaient eu le malheur de se déposer sur son costume parfaitement net et repassé.

 

:air: :air: « - Tout ceci est bien étrange en effet… Et donc j’ai été conjuré en ce lieu par le Chickenderpig pour t’aider à tirer cette affaire au clair ?

 

:air: :air: - Il semblerait que oui.

 

:air: :air: - Eh bien ! Allons-y, hardi mon ami, ce ne sont après tout que des ombres ! »

 

:air: :air: Sitôt eut-il prononcé ces mots que, telle une insulte à ses paroles, une ombre à la silhouette proche de celle d’un goupil bondit et entailla le bord de la cape de Dom. Surprit, consterné, celui-ci regarda le tissu déchiré, puis Opera, qui eut une réaction similaire. Dom se retourna vers le petit escarpement :

 

:air: :air: « - Il faut faire vite, le phénomène empire chaque minute qui passe. »

 

:air: :air: Opera acquiesça vivement.

 

 

:air: :air: À suivre dans la partie 2 au post suivant. ;)

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:air::air: Seconde partie du RP :

 

 

 

Dom confia à son compagnon une dague, ainsi que sa torche et son briquet. Les deux camarades se frayèrent un passage entre les apparitions pour accéder au dénivelé. Ils inspectèrent les lieux, à la recherche d’un quelconque indice sur cet endroit et ses évènements. Tous deux engagèrent une ronde étrange autour du sommet, où ils gageaient trouver la clé du mystère. C’est bien malgré lui que le pied de Dom buta sur une petite protubérance dans le sol. Il décida de l’inspecter de plus près, bien que sans grande conviction. Enfoncé dans le sol se trouvait une sorte de disque de diamètre environnant la dizaine de centicube, et qui en dépassait de seulement un ou deux. Une mince couche de terre négligemment assaisonnée de brindilles d’herbes la dissimulait maladroitement. Néanmoins, le constat était clair, et il était désormais évident que quelque chose était terré ici, et que l’on ne souhaitait pas le laisser savoir. Belle réussite au vu du capharnaüm visuel ambiant. Après avoir observé la petite proéminence quelques secondes, Dom nettoya du revers de la main sa face visible. Une fois la besogne faite, une poignée repliée se dévoila à l’intérieur. Il la prit, tira le cylindre par sa prise, et le souleva. Il effectua de lui-même une rotation d’environ cent-quatre-vingts degrés, suivant ce qui semblait être un pas de vis qui guidait l’objet jusqu’au bout de son trajet. La poignée restait cependant dans la même position, comme indépendante, ce qui facilitait la tâche. Il s’éleva d’une cinquantaine de centimètre, pour s’y bloquer sans pouvoir perdurer dans son ascension davantage que cette hauteur. Un bruit sourd et métallique se fit entendre. Rien d’autre ne se produisit. Après s’être regardés l’un l‘autre, Dom et Opera décidèrent sans un mot de rechercher d’éventuels appareillages identiques éventuellement situés dans le secteur. Au bout de quelques minutes, un autre fut trouvé par Opera, qui en découvrit un troisième peu de temps après. Un quatrième se laissa vite dénicher parmi les herbes humides. Ils décidèrent d’en tirer un second au hasard. Un autre bruit sourd et métallique se fit entendre, plus proche cette fois-ci. Ces bruits ressemblaient à un bruit de porte ou de verrou très lourd. Mais rien d’autre ne se produisit cette fois-ci non plus. Du moins, à première vue. En effet, quelques petites secondes plus tard, le premier mécanisme que Dom avait activé se rebaissa, laissant encore une fois retentir le court grondement sourd et lointain de loquet imposant et massif. Perplexes, les deux aventuriers se dirigèrent donc vers un troisième ustensile. Ceux-ci étaient semble-t-il disposés aux quatre points cardinaux, centrés autour du sommet de la petite butte. Ils se retrouvèrent tous deux de chaque côté du troisième. Le premier correspondait à la direction ouest, le second au sud, et celui en face d’eux, le nord.

:air::air: Chacun de nos deux héros hésitait à présent. Leurs regards se croisèrent, et le même éclat d’inquiétude et d’appréhension luisait dans leurs yeux. Ils avaient activé les deux commandes précédentes, mais n’avaient en réalité aucune idée quelle qu’elle soit sur leurs effets ou conséquences. L’accélération de l’activité des spectres proches d’eux les força à agir. Par chance, ils apparaissaient sur les bords de la motte de terre et d’herbes. Dom et Opera n’avaient dans tous les cas malheureusement pas de meilleure piste pour avancer. Le premier se saisit de la poignée. Il inspira, gonfla ses poumons du bon air frai au doux parfum de verdure, affirma sa prise, et tira.

Cette fois, l’effet se fit attendre. Au bout d’un certain temps, un bruit sourd et grave, provint du sol de manière continue. D’abord très faible, il gagna en intensité, pour en devenir assourdissant. Le sol tremblait légèrement, donnant l’impression que quelque chose de massif se déplaçait sous le sol. Le centre de la colline commença à se soulever, selon une forme parfaitement circulaire. Le tremblement ne cessait pas, s’intensifia même quelque peu. Dom jeta un rapide coup d’œil aux alentours. Les ombres semblaient comme figées, ou du moins, elles se déplaçaient à une vitesse presque imperceptible. Le cylindre qui s’élevait en face des deux compagnons laissait apparaitre une cage circulaire contenant un escalier en colimaçon escarpé. À présent élevé de presque deux mètres, elle était taillée dans une roche parfaitement lissée, très lourde et dense, parcouru de veinures jaunâtres. Dom ignorait quel système pouvait déplacer un tel édifice, mais il était sans aucun doute très complexe. Le tout s’immobilisa brusquement, arrivé au bout de sa course. Les grondements stoppèrent instantanément. Un vent glacial et nauséabond sorti en quelques bourrasques du gouffre sombre en face des deux hommes étonnés. Il fut suivi peu après d’un autre bruit de verrou, cette fois plus net et distinct. Le silence fit place au bruit assourdissant qui venait de cesser. Les secondes passaient, lentement, s’étendant dans l’ambiance étonnamment calme du lieu. Opera et Dom regardaient autour d’eux, étonnés de l’immobilité des ombres. On les distinguait beaucoup mieux à présent, grâce à leur peu de mouvement. De nombreux animaux d’origine forestière étaient modélisés sous ces formes brumeuses et sombres, et semblaient créés dans les ténèbres eux-mêmes. Soudain, dans un brouhaha aigu et désagréable, tous reprirent leur course effrénée, inexplicablement.

 

:air::air: Il leur fallait décider quoi faire à présent. Dom décida de descendre prudemment le colimaçon. Doté d’une torche fraichement allumée, il commença à emprunter les marches légèrement humides. Au bout de quelques marches, la température de l’air ambiant avait déjà probablement chuté de plusieurs degrés. Une légère brume épaississait légèrement l’atmosphère. Encore quelques marches et de la mousse verte et épaisse commença à se laisser distinguer par endroits, disposée par petites plaques irrégulières et aléatoires sur les parois et les marches. Cela faisait quelques minutes déjà que la descente se poursuivait, où il descendait chaque marche prudemment. Celles-ci aboutirent finalement, après cet enfoncement dans l’obscurité au sein même de l’humidité qui les rendait alors glissantes par moment, sur un court couloir, néanmoins très sombre. Celui-ci ne s’étendait que sur quelques mètres, mais même à l’aide de son flambeau, la visibilité restait très faible pour Dom. Le corridor étroit semblait interminable, et le rendait tellement mal à l’aise qu’il eut un instant d’hésitation. N’importe quelle personne normalement constituée aurait eu une telle appréhension. C’est seulement après avoir pris une profonde inspiration, malgré l’odeur immonde semblable à une mixture composée de soufre et de pourriture vieillie, puis avoir dégluti d’anxiété que Dom osa poser un pied devant lui. Il stoppa immédiatement son geste, aux aguets, et légèrement vouté, prêt à réagir au moindre signe. Patient, il attendit le signe du déclenchement d’un éventuel piège, les bruits de pas d’une créature démoniaque et redoutable. Rien ne se produisit. Il avança donc, prudemment et un pas après l’autre, plus lentement et silencieusement que jamais. Au bout de quelques mètres, le bout de sa botte de cuir butta contre un lourd et épais objet métallique obstruant le passage. Il approcha sa torche, intrigué, et y passa une main tremblante. Une porte imposante, à la face sculptée finement d’arabesques et dessins stylisés, complexe, empêchait quiconque de continuer sa route au cœur de ces ruines.

:air::air: Ces dessins, intacts et sans accrocs malgré le grand âge qu’ils semblaient avoir, représentaient diverses créatures et constructions, qui semblaient dater de l’époque légendaire et lointaine où le monde était encore doté de courbes. Dom tenta de pousser le lourd bloc de métal, qui ne fit pas même mine de s’ébranler. Aidé de sa torche, il se mit désespérément en quête d’un interrupteur, d’un levier, qui lui permettrait de déverrouiller l’obstacle. Ses recherches demeurèrent infructueuses. Un appel paniqué d’Opera parvint timidement au fond du corridor. Il s’inquiétait du silence prolongé de son ami, et du temps qu’il prenait pour remonter. Dom débuta l’ascension des marches qu’il avait longuement descendues pour lui faire part de ses découvertes. Opera vit finalement apparaître le sommet de la capuche de son compagnon. Accueillant avec joie l’air frai de la nuit, Dom abaissa le col de sa cape, et inspira enfin une profonde bouffée de dioxygène fort bienvenue. Il annonça enfin :

 

 

:air::air: « - L’escalier débouche sur un couloir. Cependant, il est obstrué par une lourde porte en métal, annonça-t-il, désignant l’entrée des ruines d’un signe de tête. Je pense qu’elle ne peut être actionnée que par un mécanisme, or rien en bas ne permet une telle chose. Ce qui veut donc dire…

 

:air::air: - Ce qui veut donc dire que c’est l’un de ces leviers qui l’active, termina son compagnon.

 

:air::air: - Exactement.

 

:air::air: - Mais comment faire pour avancer ? Même si je reste ici, comment pourrais-je savoir quel levier actionner, et quand le faire ? »

 

:air::air: Un court silence s’installa entre les deux camarades durant leur courte réflexion. Une idée traversa l’esprit de Dom. Il fouilla dans son sac sous les yeux interrogateurs de son pair, en sortit la fine corde de Jesolas, qu’il avait bien heureusement pensé à prendre avec lui pour ce périple. Il la tendit enfin à son compagnon surpris.

 

:air::air: « - En quoi ce bout de ficelle nous sera-t-il utile ? s’enquerra-t-il.

 

:air::air: - Attention, ce n’est pas un simple bout de ficelle. Cette corde m’a été offerte par notre Reine lors de mon arrivée à la fourmilière. Bien qu’elle soit fine, il l’a personnellement enchanté, et elle est particulièrement résistante. De plus, elle possède une caractéristique qui va nous être très utile ici.

 

:air::air: - C'est-à-dire ?

 

:air::air: - C'est-à-dire que cette corde est enchantée pour permettre aux phéromones des fourmis de se déplacer en son sein. Ce qui veut dire qu’elle va nous permettre de communiquer.

 

:air::air: Il le regarda, l’œil brillant, un sourire satisfait aux coins des lèvres :

 

:air::air: - Brillant ! Il faudra que je félicite la Reine pour cette idée, et que je lui en fasse commande.

 

:air::air: - Oui, c’est une bonne idée. À présent, prend ce bout. Elle devrait être assez longue pour me permettre d’aller au bout. »

 

 

:air::air: Dom noua la solide cordelette à sa ceinture, puis après avoir saisi la torche, il s’enfonça à nouveau dans les épaisses ténèbres des vestiges ancestraux qui s’étendaient sous ses pieds en des galeries sombres et froides. Il emporta le rouleau de corde avec lui, par mesure de prudence, et le déroula au fil de son avancée. Rapidement il atteignit de nouveau le même point que quelques minutes plus tôt, qui provoquait toujours la même appréhension mêlée de peur, d’inquiétude. Il avança d’un pas empli de doute jusqu’à la cloison de métal sombre. Bien que très inquiet, il tremblait également d’excitation, sentant le danger approcher. Il prit quelques secondes pour l’observer à nouveau, y cherchant un indice ou un avertissement sur ce qui l’attendrait une fois la cloison franchie. Il ne vit que les mêmes créatures étranges et inconnues que lors de son premier passage. Certaines semblaient simplement décorer, d’autres étaient représentés luttant contre des personnages humanoïdes, semblant apeurés. Mais tous étaient très finement gravés, présentaient nombre de détails subtils, encadrés de cadres et arabesques couverts de roses, ronces, et autres fleurs exotiques. Dom était subjugué devant cette œuvre d’art, captivé, imaginant le travail colossal de l’artisan qui avait autrefois réalisé cet ouvrage.

 

:air::air: C’est finalement un bref appel inquisiteur d’Opera qui le tira de sa rêverie. Il libéra quelques phéromones pour lui demander d’activer l’un des trois autres leviers, peu importe lequel. Il leur faudrait essayer dans tous les cas, car ils ignoraient tout de leur effet à chacun, et il fallait avancer. Le jeune homme en costume opta pour la quatrième et dernière commande qu’ils n’avaient pas encore activée. Le son du cylindre frottant conter les parois de son réceptacle lui parvint faiblement, lointain, mais tout de même audible. Les secondes d’attente s’étendaient longuement, trop longuement, avant qu’un signe visuel ou auditif ne se manifeste. Rien ne s’ébranla en face du jeune guerrier. En revanche, un son d’ouverture relativement proche se fit entendre. Dom envoya par notification chimique à Opera de noter l’emplacement du levier qu’il venait d’activer, et lui demanda d’en essayer un second. Il lui dit ensuite de se diriger vers celui se trouvant en face. Par chance, quelques secondes plus tard la paroi se souleva lentement, pour s’enfoncer dans la voute. Même avec tous les efforts possibles, Dom n’aurait pas pu ouvrir cette porte d’une manière traditionnelle. C’était un stratagème simple, mais efficace pour freiner les intrus. Cela poussa davantage sa curiosité envers cet endroit, mais aussi sa méfiance. Des pièges pouvaient être disséminés n’importe où, et il lui fallait être prudent.

 

:air::air: Une fois la voie dégagée, il s’engagea dans la suite des ruines. Le chemin semblait interminable, mais le couloir s’élargit peu à peu, jusqu’à atteindre une largeur d’environ cinq cubes, pour six de hauteur. Quant à la longueur, Dom l’estima à une centaine de cubes, peut-être le double : la faible visibilité et la brume légère l’empêchaient en effet d’être exact dans ses mesures. De plus, ces lieux donnaient l’étrange impression d’être hors du temps, hors de l’espace. On y vagabondait sans aucune notion qui peuvent à l’accoutumée accompagner et coordonner les journées, comme l’écoulement des minutes, la course du soleil, ou encore les notions de distance et de mesures. Ici, tout semblait différent, appartenant à un monde différent du nôtre, inconnu et subtil. Sur les murs, au départ tout juste taillés au strict minimum de soin qu’un sculpteur eu pu leur offrir lors de leur conception à même la roche, apparaissaient à présent, timidement, sans cesse plus nombreux, fins, soignés, des gravures, taillées eux aussi dans ces murs de granite, eux-mêmes sans cesse plus finement travaillés, à présent décorées de fresques complexes. Ces œuvres paraissaient semblables à celles que Dom avait auparavant remarquées et admirées sur la cloison mobile qui lui obstruait la route. Fasciné, il sortit d’une de ses poches un petit carnet, conçu à l’aide d’un papier assez grossier et peu fin, et dont la couverture et la reliure étaient d’un cuir simple, mais de très bonne qualité. Il sortit également une fine plume, et un encrier facile à transporter. Il nota brièvement ses observations, persuadé qu’il s’agissait d’une découverte unique.

 

:air::air: Une fois ses notes achevées, il rangea paisiblement son carnet et ses ustensiles dans une poche, et se releva. Il avait presque oublié où il se trouvait. Néanmoins, il était parfaitement conscient de la présence sur sa droite, plus loin dans le couloir, qui l’observait avec insistance depuis plusieurs minutes, prêt à l’attaquer à tout instant. Il discernait une forme massive, dont se dégageait des sentiments bien trop nombreux et désordonnés pour pouvoir être interprétés. Il sentit néanmoins un fort désir de se défendre, et une forte envie de tuer l’intrus. Il saisit à nouveau sa torche déposée au sol, et il fit volteface en direction de la sortie. Soudain, il secoua sa torche d’un geste sec, et la laissa tomber, encore fumante et rougeoyante. La présence eut un mouvement de recul, puis s’approcha en bondissant, se demandant où avait disparu son visiteur. Elle gratta nerveusement le sol, frappa un mur, empli de rage et balayant nerveusement le couloir de son regard. Dom avait glissé dans un recoin, se fondant dans l’obscurité. Sa respiration imperceptible accompagnait seulement son cœur, et il ralentissait de plus en plus ce dernier. Quelques secondes plus tard, une forme glissa devant lui, avant de revenir et de s’appuyer contre le mur où il se trouvait. Il entendait et sentait sa lourde respiration. En face de lui se trouvait une ombre imposante, recroquevillée pour tenir dans le couloir néanmoins très large et haut. Il la distinguait à peine tant elle se fondait parfaitement dans le noir du lieu, bien qu’elle soit très proche. La créature cherchait du regard l’intrus qui s’était introduit dans les souterrains. Il s’éloigna peu après. D’un seul mouvement, Dom, toujours camouflé, attrapa son briquet et dégaina sa lame sans un son. Il bondit hors de sa cachette, roula sur le sol. Saisissant sa torche, déjà rallumée avant même qu’il pose l’un de ses genoux au sol, son autre pied à plat. Il lâcha son épée près de lui, sortit son arc, plaça la flèche contre la corde. La torche tenue en avant par la même main qui tenait l’arc, il tira la corde contre sa joue. La pointe du tait rencontra les langues de feu, et s’embrasa à son tour. La créature se retourna et bondit. Puis l’épée d’acier du guerrier toucha enfin le sol dans un tintement clair. Dom décocha. L’éclair ardent siffla en parcourant la distance le séparant de sa cible à une vitesse fulgurante. Il ne fut plus qu’à quelques centicubes avant de toucher la créature. Dom put donc la distinguer un bref instant. La pointe acérée s’enfonça dans la chair de l’assaillant, toujours bondissant vers Dom. Celui-ci avait déjà encoché une seconde flèche lorsque le monstre touché s’effondra devant lui en gémissant, faisant gronder le sol de son poids. Le premier tir l’avait transpercé de part en part. Dom recula de plusieurs pas, le tenant toujours en joue. Il relâcha finalement la corde et rangea la flèche afin de ramasser sa lame au sol.

:air::air: La créature se releva. Elle ne semblait pas blessée, et ne perdait pas de sang. Il sembla secouer la tête, bien qu’il fût difficile de ne discerner que sa silhouette. Il rouvrit les yeux. Des yeux rouges, emplis de peur, et prêts à combattre jusqu’à la mort pour survivre. Le sang de Dom ne fit qu’un tour tant son instinct reprit le dessus. Il bondit en avant, relâchant malgré lui une série de phéromones de danger, de dissuasion. Celles-ci parvinrent à Opera, qui l’oppressa de questions terriblement inquiètes par l’intermédiaire de la corde toujours nouée à la taille du combattant. Il n’y prêtât que peu d’importance. Son saut permit par miracle à Dom d’éviter un coup de la chose située en face de lui, quoi que ce fût. Il sentit néanmoins une masse lourde et glaciale passer non loin de sa gorge, qui par miracle ne fut pas touchée. La lame de Dom luisait faiblement à la lumière de sa torche. Mais il était une fourmi de Bel-o-Kube, certes d’apparence humaine, mais qui en possédait néanmoins les capacités, et de manière bien plus développée que les simples fourmis animales. Ses antennes, internes dans son cas, et ses yeux pouvaient suffire. Les premières pouvaient détecter de manière précise chaque mouvement, flux d’air, ou odeur, et les seconds étaient capables d’avoir une vision large, en raison de leurs très nombreuses facettes. Pour cela, Dom remercia Jesolas de lui avoir permis de bénéficier de son statut de fourmi, et Chickenderpig de lui avoir plus tard, à la suite d’une infortune, doté de ces capacités myrmécéennes, qu’il ne maîtrisait malheureusement pas complètement. Une fois ces sens nouveaux pour lui éveillés, la torche lui était à présent inutile. Il contracta son muscle, et envoya le flambeau en direction de son adversaire. Il ne broncha pas, mais à son contact, la flamme disparut instantanément. Néanmoins, le manche du flambeau traversa le monstre, pour ensuite effectuer quelques rebonds sur le sol, et achever sa course en glissant. En revanche, la créature eu une réaction de rejet et de répulsion envers la flamme. Elle se roula en boule quelques secondes, tremblant, avant de finalement se relever lentement. Même recroquevillé sur lui-même comme il l’était, le monstre était très imposant, et obstruait à lui-seul le passage dans son quasi ensemble. Dom couru pour lui porter un coup décisif. Deux traits rouges apparurent sur la forme sombre, s’épaississant, laissant apparaitre deux pupilles verticales à la profondeur insondable. Le jeune homme stoppa instantanément sa course, inquiet, et recula de deux pas par prudence. Il plongea ses yeux dans ceux qui venaient de réapparaitre, tentant de deviner ses intentions, son prochain mouvement. Étonnamment, aucune émotion ne fut visible à aucun moment. Les yeux de la créature étaient vides. Un éclair éblouissant aveugla Dom à nouveau.

 

  • :air::air: Dom était dans une pièce blanche et aux teintes bleutées. Sur sa droite, une grande fenêtre ouverte était assombrie par une grande silhouette sombre. Les fins rideaux de soie volaient sous le doux vent du milieu de la nuit. Au centre de la pièce se trouvait un lit, et près de ce lit un jeune homme au visage masqué par l’obscurité. Les draps immaculés se teintaient peu à peu de rouge, tandis qu’une fine larme tomba sur les dalles du sol. L’homme près du couchage couru jusqu’à la fenêtre, et sauta sur la toiture. Des gardes enfoncèrent la porte en vociférant des insultes, avant de se précipiter vers l’ouverture. L’un d’eux hurla une demande de renforts.
    Une forêt s’étendait autour de Dom, dense et sombre. Un fugitif le fit sursauter en passant près de lui, courant aussi vite que ses jambes pouvaient le porter. Lorsqu’il fut éloigné de quelques mètres, il fit volte-face et décocha une flèche rapide derrière lui. Un homme en armure s’effondra près de Dom, le trait fiché dans la gorge. Dom vit quelque chose briller sous la capuche de l’homme qui venait de décocher. Ce dernier se retourna, et reprit sa course.

 

:air::air: Dom était toujours en garde, le regard dans le vague, lorsqu’enfin il reprit le contrôle de son esprit embrumé. Il cligna à de nombreuses reprises de ses yeux au regard choqué. Profitant de l’ouverture que son adversaire laissait bien malgré lui, le monstre inconnu laissa soudain apercevoir au plus profond de ses yeux une lueur semblable à celle d’une créature tentant le tout pour le tout pour sa survie. Il plongea à une vitesse foudroyante une extrémité extrêmement pointue et acérée située au bout de l’un de ses membres – probablement une griffe – dans l’épaule gauche de Dom. Grace à un miracle, ce dernier réussit à se décaler très légèrement sur la droite, pour ne pas se faire toucher au cœur. L’éperon invisible se retira de la plaie aussi vite qu’il s’y était glissé, et l’ombre, bondissant rapidement sur sol, murs, et voute, s’enfuit rapidement. Le blessé déposa un genou au sol, compressant la plaie, et ne distinguant qu’à peine les appels d’Opera, paniqué, fou d’inquiétude. Un rictus de douleur se dessina sur son visage tant l’entaille était large et profonde. Elle était de forme globalement triangulaire, de la forme de la griffe de son agresseur. Dom eut peur durant un instant que son bras soit presque arraché. Par chance, il n’en était rien. Ses yeux perdirent malgré eux leurs multiples facettes minuscules et invisibles, qui s’effacèrent pour laisser placer à son système visuel humain, qui reprit de lui-même le dessus. Ces transformations partielles dont le Chickenderpig l’avait doté étaient certes utiles, mais très épuisantes et complexes à appréhender. Des filets de sang coulaient le long de son bras malgré ses tentatives vaines de stopper l’hémorragie. Luttant contre la douleur, le jeune homme força son corps à se relever, pour ensuite suivre le lien qui le reliait à son compagnon. Il lui fallait à tout prix stopper cette perte de liquide chaud et rougeoyant qui s’échappait de la meurtrissure. Dom indiqua à son ami de relever la cage d’escalier en colimaçon qui lui permettrait de rejoindre la surface. C’est en courant que ce dernier vint pour l’accueillir à sa sortie :

 

:air::air: « - Bon sang, Dom, que s’est-il passé au juste là-dedans ? Explique-toi !

 

:air::air: - Une ombre, grande, très grande, commença-t-il en s’asseyant et en ôtant sa cape. Elle m’a eu de vitesse. »

 

:air::air: Les jambes de Dom cédèrent, et il s’écroula. Opera l’aida aussitôt à retirer sa chemise de lin noire et à présent trempée de sang. Opera lui offrit un morceau de cuir, que le jeune homme coinça entre ses dents. Il mordit fermement. Opera sortit du sac de son compagnon un rouleau de bandages, un nécessaire de soin et une bouteille d’un alcool. Il hésita l’espace d’une seconde, puis déboucha la petite bouteille. Une voix lui indiqua de stopper son geste. Ou plutôt une phéromone. Quelqu’un s’empara de la bouteille et renversa le contenu de cette dernière sur son épaule nue. Le contact du liquide avec la plaie brûla horriblement Dom, qui crut que le cuir entre ses mâchoires était non loin de céder. Le nouvel arrivant s’empara de la trousse médicale de cuir, et entreprit de recoudre l’espace béant créé par la créature, maniant l’aiguille préalablement chauffée à blanc à l’aide du briquet avec dextérité et rapidité. Il parla sans cesse à Dom durant l’opération, pour tenter de lui faire oublier la douleur :

 

:air::air: « - Dis-moi, tu as des idées concernant le Big Rock Café ? À présent que l’on a demandé à obtenir l’élargissement de nos frontières à l’est, il faudra que nous aménagions le Mont Kiwi. D’ailleurs, Nazgrelx a encore vidé tout un tonneau de Gorgeraide hier, on l’a retrouvé en train de chanter en barbotant dans l’anneau d’eau, près de l’arbre. Il parlait à un panda roux. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que l’on voit passer ce curieux animal, je me demande bien ce qu’il peut faire dans le coin…»

 

:air::air: À cet instant, une intense douleur le foudroya dans toute la longueur du bras, sans doute à cause d’un nerf que le chirurgien de fortune ait pu effleurer. Les larmes de Dom lui montèrent aux yeux, la bande de cuir approcha de la fin de sa vie, et un bref cri étouffé s’échappa malgré lui de ses poumons. Tel un brasier, la douleur qui consumait son bras s’atténua, restant présente, mais toujours proche et prête à ressurgir. Il inspira profondément, tentant de se contrôler. L’inconnu reprit :

 

:air::air: « Pardonne-moi, j’ai dû replacer un nerf à vif. Toujours est-il, la vie devrait reprendre de plus belle, avec ces nouvelles recrues qui affluent, et qui ont d’ailleurs une fâcheuse tendance à affoler notre compatriote ami du panda. D’ailleurs, à propos de lui, je trouve qu’il commence à avoir une tête d’ours aux yeux ecarquillés, pas toi ? Et cette nouvelle alliance qui se profile est une vraie aubaine. Ah ! J’ai presque terminé. Tiens, regardes, et dis-moi si le résultat te convient. »

 

:air::air: Dom observa avec étonnement la mince ligne irrégulière qui partait de l’avant de son épaule vers trois directions : le bras, le torse, et le sommet de celle-ci. Chaque fente, d’une demi-douzaine de centimètre, attestaient bien de la taille démesurée de l’arme, ou du moins de l’objet acéré qui l’avait transpercé. Par chance, les muscles ne semblaient pas touchés outre mesure, malgré quelques douleurs. Dom releva les yeux, et regarda la fourmi albinos qui venait de lui sauver la vie. Ti-ret se trouvait aux côtés d’Opera. Le premier envoya une phéromone de soulagement, et le second souriait nerveusement, encore inquiet. Le jeune homme les observa avec soulagement :

 

:air::air: « - Merci, je vous dois une fière chandelle. Merci à toi Ti-ret, j’ignore pourquoi tu es ici, mais tu tombes à pic.

 

:air::air: - Ne me remercie pas, c’est tout naturel, répliqua-t-il tout en essuyant ses mains souillées du sang de Dom sur un mouchoir blanc sorti d’une de ses poches. »

 

:air::air: En signe de gratitude et de respect, Dom inclina donc la tête. Il prit encore quelques minutes pour se remettre de ses émotions, durant lesquelles il fit un récit de la situation à ses deux compatriotes. La douleur de la balafre s’estompait peu à peu, toujours présente et prête à refaire surface, mais à présent plus clémente après les traitements de la fourmi. Les trois camarades se tournèrent enfin vers l’entrée toujours ouverte. D’un commun accord, ils prirent la décision de se séparer en deux groupes. Opera les soutiendrait dans leur avancée, tandis que les deux autres s’aventureraient plus avant au sein des conduits humides.

:air::air: Les deux assassins débutèrent donc la descente de l’escalier. Dom engagea la marche. Bien vite, ils arrivèrent sur le lieu du duel, après qu’Opera leur eut ouvert la porte. Le sang de couleur noir de Dom qui avait aspergé le sol n’avait pas bougé. Un grondement sombre suivit d’un bref tremblement se fit entendre.

:air::air: Il n’y avait aucune intersection au sein de ce tunnel sans fin. Ils arrivèrent au bout de plusieurs minutes de marche à une autre porte. À présent, chaque minuscule parcelle de mur, de plafond, de sol, était recouverte par des dessins semblables à ceux relevés auparavant par Dom. Ce dernier ne releva qu’un seul point commun : de nombreuses créatures étaient représentées, mais toutes présentaient les mêmes yeux, la même dentition, et chacune étaient affublés d’un étrange symbole sur la pâte gauche. La troisième commande qu’Opera essaya n’était pas la bonne. Il tenta donc la dernière, qui releva lentement la lourde plaque de métal après quelques secondes. Prudemment, les deux compagnons entrèrent dans la nouvelle portion des conduites. L’un et l’autre n’étaient qu’ombre et silence. Le jeune homme hybride et la fourmi albinos progressaient sans aucun éclairage. Ils arrivèrent enfin à ce qui devait être la dernière porte. Un mal de crâne terriblement agressif tiraillait le pauvre Dom. Quelque chose le dérangeait dans cet endroit et le mettait terriblement mal à l’aise. Il demanda à Opera d’actionner le dernier mécanisme.

 

:air::air: Une brume sombre s’infiltra par l’appel d’air créé lors du soulèvement de la cloison d’acier qui renfermait les derniers secrets de ces lieux. Un instant plus tard, les deux infiltrés se trouvaient arme au poing à l’angle du virage emprunté par le corridor. En face d’eux se trouvait une pièce circulaire, dont les murs arrondis n’étaient interrompus que par une simple porte de vieux bois à l’opposé de leur position. Le sol de marbre blanc contrastait fortement avec les murs de roche brute et le plafond de terre. La pièce ne devait se situer juste en dessous de la surface, un peu plus loin que la colline présente à l’entrée.

:air::air: Au centre de la salle se trouvait une masse noire et fumante. De la taille de deux hommes et de la corpulence – tant au niveau du volume que de la masse musculaire – de deux Meikah, celle-ci grognait en faisant les cent pas. Malgré l’obscurité quasi-totale, Ti-ret et Dom discernaient bien mieux la créature. Tous deux froncèrent les sourcils. La chose semblait faite de la même matière que les animaux à l’extérieur. Dotée de muscles impressionnants, elle possédait d’énormes bras armés de griffes. Elle semblait endormie et grognait en bougeant au gré de ses rêves. Tous deux entrèrent sans un bruit et entreprirent d’explorer les lieux. Dom remarqua dans le fond quelques statues. Il s’en approcha, curieux. Il les observa sans grande attention, jusqu’à ce qu’il reconnut parmi elles une réplique remarquable de Nazgrelx. Étonné, il l’observa avec attention, avant de voir que les yeux de la statue étaient paniqués et qu’ils bougeaient. Ce n’était pas une statue, mais Nazgrelx lui-même, immobilisé au sein d’une geôle de roche à son effigie. Dom ouvrit de grand yeux et failli lancer une exclamation incrédule. Il jeta un rapide coup d’œil aux autres sculptures, et il en était de même pour chacune d’entre elles. Tous les voyageurs disparus depuis les derniers jours étaient séquestrés ici-même. Le jeune guerrier fit un signe à Ti-ret, qui vint à son tour constater les faits. Sans un mot ils étaient d’accord : la menace était trop grande pour qu’ils s’en chargent pour l’instant. Ils attendraient que le monstre soit maîtrisé. Dom fit signe à Nazgrelx et ses compagnons de ne pas faire trop de bruit. Ils s’éloignèrent en silence. Néanmoins, rien d’autre ne valait le détour dans la salle.

 

:air::air: Après quelques minutes Nazgrelx s’agita bruyamment, gémissant sous son bâillon minéral. Dom se retourna vivement pour quérir un peu de silence de sa part. Il fit volte-face et se retrouva nez à nez avec la créature qui venait de se réveiller. Il ne bougea pas, et celle-ci grogna enfin après quelques secondes. Dom roula sur le côté, esquivant un coup de patte. Il tira sa lame juste à temps pour en bloquer un second qui le fit reculer sous l’impact. Par chance, sa blessure tint le coup et ne se rouvrit pas. Ti-ret, invisible et rapide comme l’éclair s’approcha de lui et lui taillada la jambe d’un coup rapide et bien placé d’une de ses deux dagues d’adamantine. La bête gémit. La blessure béante fuma, mais se referma après quelques secondes. Lorsqu’elle se tourna en direction de la fourmi, celle-ci avait déjà disparu. Elle se retourna encore, et c’est Dom qui s’était lui aussi envolé. Chacun des deux ombres se fondaient dans l’obscurité. Le cœur de Dom pulsa. Puis à nouveau après quelques secondes. Son souffle était lent, imperceptible. Entre deux statues, son arc fut bandé en une fraction de seconde. Il savait que non loin de là, son camarade était lui aussi prêt à lancer l’assaut. Un grondement sourd se fit entendre. La bête commença un mouvement de la tête vers le plafond afin d’en identifier la cause. Dom lâcha sa corde. Ti-ret s’élança. Une ouverture se dessina sur la voute, jusqu’à dessiner une forme rectangulaire. La flèche de Dom toucha sa cible, les lames de la fourmi firent mouche. À cet instant, le plafond chuta selon la coupure dessinée. Le bloc se brisa sur le crâne du monstre. Dans la fumée, une troupe d’une vingtaine d’homme arriva en sautant depuis l’ouverture fraichement créée, et se dispersa autour de la pièce, encerclant la bête sonnée. Quatre silhouettes se détachèrent de la brume pour avancer vers Dom. La première était surmontée de deux formes allongées. Elle dit :

 

:air::air: « - Sieur Dom Fulmen ? Les renforts que j’avais promis sont arrivés, non sans mal.

 

:air::air: - SL ? s’enquit le concerné, surpris.

 

:air::air: - Lui-même, répondit le lapin blanc en émergeant de la poussière, qui n’avait même pas ternit son pelage immaculé. »

 

:air::air: Arthur était avec lui, ainsi qu’Opera et Tybalt. Sans les laisser discuter davantage, la créature noire se releva, laissant tomber au sol de grosses et lourdes pierres. Dom aurait tout le loisir de demander à Arthur et au chevalier Creeper la raison de leur présence plus tard. Le sentiment que la chose dégageait dérangeait Dom, et elle lui semblait à la fois familière et inconnue. L’adversaire se dressa sur ses pattes postérieures, puis poussa un hurlement bestial. Une onde fumante s’échappa de lui, et nombre de répliques miniatures de lui-même se formèrent dans la pièce. SL ordonna à un petit groupe d’assurer la sécurité des statues vivantes. De tout côté, des duels et des batailles s’engageaient afin de vaincre les invocations. Le lapin mage débuta la récitation de formules afin de contrer la puissante magie du démon. Une garde de quelques soldats était chargée de le protéger. Par chance, les soldats menés par SL et son camarade chapeauté résistaient parfaitement bien, et durant de nombreuses minutes on ne dénombra que quelques blessures légères. Opera, Ti-ret, Dom, Arthur, Tybalt, tous combattaient valeureusement. Proche d’un mur, après avoir achevé une créature de son épée qui disparut dans un nuage de fumé aussitôt après, Dom fut pour une troisième fois aveuglé. Il tomba à genoux, le regard fixé face à lui, inconscient.

 

:air::air: Dom ouvrit les yeux. Autour de lui, tout était différent. Dans la salle, tous les soldats encore valides entouraient la créature ténébreuse, dont l’assassin d’albâtre. Les blessés, eux, étaient rassemblés dans un coin, défendus par Arthur et deux des leurs encore en bonne santé, accompagnés par le chevalier au tromblon, vaillant malgré son grand âge. SL, seul cette fois, mais tout autant concentré, continuait ses incantations aux côtés de Dom. Quelques créatures continuaient d’apparaitre par moment, les attaquant tous deux inlassablement. Cependant, aucune d’entre elles ne passaient. Boitant, le visage et le bras gauche ensanglantés, le bras lourd, et le costume sale, Opera se dressait héroïquement devant ses deux compagnons, les protégeant sans relâche. Seul son légendaire chapeau était encore en parfait état. Dom s’empressa de reprendre ses esprits et se releva. À cet instant, le monstre se dressa, et jeta tout le monde à terre par une onde de choc. Opera ne parvint pas à se relever. C’est alors que le colosse lança une vague mentale, agressant d’un même coup les esprits de tous les guerriers, mis à part Dom. Seul SL résistait plus ou moins correctement, psalmodiant des vers afin de garder sa concentration et repousser l’envahisseur. Pour la première fois depuis plusieurs minutes, la salle était silencieuse. Seuls les prisonniers ceints par leurs enclaves de roche regardaient la scène figée avec consternation. Voyant tous ses camarades ainsi maîtrisés, Dom commença à perdre son sang-froid. Bientôt, le monstre fut près de lui et lui souffla une longue bouffée d’air sur le visage. Ses yeux étaient terrifiants. Il leva le bras, pointant pour la seconde fois ses griffes acérées sur la poitrine de sa victime. La douleur qu’il avait ressentie revint à l’esprit de Dom. Il paniqua. Plongeant sous les pattes postérieures de celui qui voulait sa mort, il se dirigea vers la sortie, trébuchant sur une roche. Un mouvement brusque fit se rouvrir de quelques centimètres la plaie fraiche à son épaule. Une créature d’ombre apparut sur la route. Tentant le tout pour le tout, le fuyard se dirigea alors vers la porte qu’il avait aperçue auparavant. Il l’ouvrit avec fracas, sortant presque le battant de ses gonds. En face de lui s’étendit seulement une salle vide et sombre. La créature de cauchemar passa par la porte.

 

:air::air: Oui. Car… il faisait noir à présent. Terriblement noir. Les éléments étranges se multipliaient autour du jeune homme apeuré. Des ombres d’une rapidité improbable passaient de temps en temps devant l’ouverture de la porte, d’où provenais la faible lueur du croissant de lune visible dans la pièce précédente. Elles semblaient s’amuser avec lui, l’effrayer simplement par un pur élan de sadisme et de cruauté. Il lui fallait un plan. Acculé contre un mur, assis et essayant pourtant de reculer encore et toujours, la panique prit peu à peu possession de ses membre, qui refusèrent bientôt de bouger. Le sang s’écoulait lentement de la blessure à l’épaule qui le meurtrissait, pulsant sous le rythme cardiaque précipité de son cœur pétrifié. Il était pris au piège. Il gonfla ses poumons de tout l’air possible, lentement, comme profitant de cet air frai et brumeux s’offrant à lui. Tout sembla ralentir autour du jeune homme, les battements de son cœur pulsant avec d’autant plus de force que leur vitesse ralentissait. Le sang battait à ses tempes. Les ombres paraissaient à présent être immobiles, comme chaque chose autour de lui. Le temps semblait s’être arrêté. Il ferma les yeux… :

 

:air::air: « Souviens-toi, moi-même, souviens-toi Dom, de tout ce que l’on t’a appris… Réagis. Dom… Dom. Dom ! »

 

:air::air: Soudain, il pensa à ce qu’il avait remarqué une demi-heure auparavant. Il revit la réaction de celui qu’il avait affronté face à sa torche. Il se remémora les paroles du Chickenderpig. Puis il repensa à Demo Crite. Sa main glissa vers sa sacoche et attrapa le pan de tissu que lui avait confié la fourmi. Il en sortit une boule de la taille d’une pomme, d’une couleur dorée bien que translucide. Il attrapa la sphère à deux mains, et fit tourner les deux moitiés de celle-ci dans le sens inverse de l’autre. La pierre s’éleva, puis scintilla d’une lumière pure et couleur or. La créature grogna, se retourna et se gratta les yeux, ébloui et brulé par la lumière. Dom se releva, pensant enfin pouvoir reprendre l’avantage. Son adversaire hurla, et projeta en une fraction de seconde son esprit sur celui du jeune homme.

 

:air::air: L’esprit de Dom était assailli par la présence, terriblement forte, même contre tant de personnes. Il se recula dans un minuscule coin de son esprit. Son attaquant scrutait violemment son esprit, puis finit par se faire plus doux. C’est alors qu’une voix rauque et grave résonna dans ses pensées :

 

:air::air: « - C’est toi ? C’est toi, l’Ombre Foudroyante que même la lumière ne peut dévoiler et de qui mon père se joue injustement ? Que fais-tu ici ?

 

:air::air: - Ma mission était d’enquêter sur la disparition de ces pauvres innocents que tu as fait disparaître sans raison, mais maintenant mon seul but est de t’arrêter. De plus, je ne comprends mot de tes paroles, et elles sonnent comme un mensonge à mon oreille, c’est inutile ! Mais présente-toi tout d’abord, toi qui me prends pour cette « Ombre ».

 

:air::air: - Je suis le fils du Chickenderpig que tu vénères tant.

 

:air::air: - Comment ça ? Ne te joues pas de moi vile créature, et explique-toi !

 

:air::air: - Je suis le fils du Chickenderpig comme je l’ai dit. J’ai simplement capturé ces pauvres hommes car ils pouvaient compromettre ma cachette. Néanmoins, j’ai été trop peu discret, et j’ai eu tort. Je te propose un marché : je libère mes injustes prisonniers, je soigne vos blessés, et je me rends sans autres conditions que l’on cesse ce combat inutile. En échange, je te demande simplement de m’accorder une cachette provisoire, et je répondrais à toutes tes questions. Tu as beaucoup à savoir sur ton origine, et sur bien d’autres choses encore. »

 

:air::air: Dom réfléchit quelques instants. Toujours au contact de son esprit, la présence de celui qui se disait le fils de celui qui l’avait assisté tout ce temps n’était plus du tout agressive, et au contraire était reposante. La tentation d’en savoir plus fut plus forte que la crainte de celui qu’il avait affronté sans relâche depuis la dernière demi-heure. L’assassin décida de le croire, pour l’instant du moins.

 

:air::air: « - Très bien, j’accepte. Mais ne retire pas la cicatrice que j’ai reçu de ton attaque, je la garde en tant que gage de la dette que tu as envers moi pour la blessure que tu m’as infligé. Une dernière chose, quel est ton nom ?

 

:air::air: - On me donne beaucoup de noms par vos contrées. Néanmoins, tu peux m’appeler Umbra, car en un sens je ne suis pas si différent de toi. Si je puis me permettre encore une chose : pas un mot à mon père s’il te rend encore visite, ce serait très mauvais pour nous deux. Je t’expliquerais tout, n’ait crainte. »

 

:air::air: L’esprit d’Umbra se retira de son esprit ainsi que de celui de tous les combattants présents. Quelques-uns menacèrent de perdre connaissance, mais un sort de leur ancien ennemi leur redonna vigueur et santé. SL releva le museau, s’apprêtait à lancer un sort d’attaque, mais il vit Dom en face de la créature. Il se retourna vers son ami Lapin et déclara à voix haute :

 

:air::air: « - Cessez le combat mes amis, et merci pour votre aide. Je vous fournirais toutes les explications une fois que les aurais acquises.

 

:air::air: - Comment ça Dom, explique-toi ! s’effara le Chevalier au Tromblon. Cette créature a blessé plusieurs d’entre nous, et elle est dangereuse. »

 

:air::air: Sur ces mots, Umbra s’allongea sur le sol et fit retentir sa voix, qui résonna sans qu’il n’écarte ses mâchoires :

 

:air::air: « Et vous m’en voyez navré. Comme vous pourrez le constater, j’ai soigné toutes vos blessures, et les pauvres autochtones que j’ai dû capturer sont libérés. Je me rends sans autres conditions que celles que j’ai énoncées à Dom, je lui dois des explications, et il vous en devra à son tour. »

 

:air::air: Ne sachant plus que dire, chacun regarda son voisin, ne sachant que faire. C’est finalement Opera qui le premier rengaina sa lame, et s’épousseta son costume en très mauvais état. Il lança un clin d’œil à Dom, et aida un soldat à se relever, puis se dirigea vers la sortie. Sans un mot, tous l’imitèrent bientôt, et la pièce se vida peu à peu. Dom était épuisé. Il s’adossa à un mur, soupira d’un air lassé et rassuré. Bientôt, il fut seul avec Umbra. Il observa la créature. Dire qu’il était le fils de celui qu’il considérait comme son dieu protecteur le terrifiait en un sens. Il le fixa avec insistance. Il avait la très étrange sensation de le connaître, mais il ignorait où et quand. Son passé flou ne l’aidait pas, mais Umbra semblait juste en savoir beaucoup. Des images lui parvinrent, des sentiments aussi. Il eut l’impression de se sentir flotter dans les airs, de frissonner sous de l’eau froide enveloppant son corps. Il éprouva un sentiment qu’il n’avait que très peu rencontré ces derniers temps, celui que l’on a lorsque l’on est essoufflé par une fuite désespérée. Le jeune assassin eut également la perception d’une immense tristesse et d’un grand regret.

 

:air::air: Et enfin, il fut épuisé.

 

:air::air: Il fut épuisé, et repensa à sa nouvelle vie. Il repensa à tout ce qu’il avait fait depuis son arrivée parmi les fourmis de Bel-o-Kube, il songea aux personnes qu’il avait assistées du mieux qu’il pouvait. Il sourit en pensant à ses nuits blanches en compagnie de ses compagnons, lors des travaux du Kubnigera ou des Conseils, calvaires d’administration pour la prospérité de la Colonie.

:air::air: Finalement, il eut l’envie de continuer sa vie paisiblement, l’envie de se reposer quelques temps. Il était fatigué, mais heureux, et il souhaitait se reposer parmi les siens, parmi ses compagnons de la fourmilière, du Lac, de la Colonie, mais aussi auprès de ceux auxquels il s’était attaché, comme ceux du Refuge, ou encore ces chers Nippons. Sa vie le satisfaisait. Il était heureux. Umbra parla de sa voix profonde :

 

:air::air: « Ton vœux sera exaucé. »

 

:air::air: Surpris par ces paroles, Dom le regarda. Il cligna des yeux. Ses paupières se relevèrent peu à peu. Il était debout, et ses pieds reposaient sur un plancher en bois de chêne. Il releva la tête. Une file d’attente attendait patiemment derrière lui. En face se trouvait un guichet derrière lequel se tenait une secrétaire – Gertrude d’après le petit panonceau. Cette dernière prit la parole :

 

:air::air: « Alors vous souhaitez postuler au grade de Citoyen de Stendel ? Très bien. Prenez ce formulaire, remplissez-le, et déposez-le dans l’urne à droite, ici, vous voyez ? »

 

:air::air: Bouche bée, il prit la pile de feuille et s’installa sur une table vacante afin de les remplir, laissant donc sa place à la personne suivante dans la file. Sortant sa plume, il allait entamer la besogne lorsque la dame du guichet lui dit encore :

 

:air::air: « Ah, encore une chose ! Vous devriez faire vite, le nouveau grade villageois est sur le point d’être instauré, après ça vous devrez passer par là afin d’accéder au grade citoyen. »

 

:air::air: Une vague de surprise monta parmi la foule. Ne disant mot, Dom se dépêcha de remplir les papiers, et les déposa dans l’emplacement qui leur était destiné. En sortant, il aperçut Umbra, caché dans l’ombre de deux toits. Ce dernier hocha la tête. Dom fit de même. Bien qu’il ignorait encore comment l’étrange créature avait fait, mais il sentait au fond de lui que c’était une bonne chose. Se sentant étrangement bien, il se dirigea pas à pas vers le Kubnigera, entamant le voyage de retour. Qui sait, peut-être serait-il bientôt citoyen ?

 

 

:book::book::book:

 

 

:air::air: Voilà, cette candidature extrêmement longue touche à sa fin. Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont soutenus jusqu’au bout, Dame Louvinette pour m’avoir généreusement accordé ce délais, bien que je ne m’y attendais pas le moins du monde, mais aussi toutes les personnes qui m’ont aidées, en me donnant leurs avis notamment. Mais je te remercie aussi toi, lecteur de ces lignes, et j’espère que tu auras pris autant de plaisir à lire ces lignes que je n’en ai eu à les écrire !

D’avance, merci à tous d’avoir pris le temps de tout lire, au risque de voir vos yeux exténués, vos doigts accablés de crampes à force de faire tourner la roulette, et de voir votre santé mentale altérée par toutes les sottises que j’ai pu écrire. À présent je dépose ma plume, et je laisse mon sort entre les mains de ceux qui viendront peut-être plussoyer ma demande, l’ultime partie manquante à la validation de toutes les conditions requises afin que cette candidature soit dans les règles, ainsi que dans les mains du modérateur qui viendra la traiter.

 

:air::air: Encore une fois, merci à tous.

 

:air::air: Amicalement et littérairement,

 

:air::air: Dom Fulmen.

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Ha ce Dom et ses idées de grandeur. Tu n'a jamais pensé à être un rédacteur pour le journal de Minefield? Mais plus sérieusement, je viens t'apporter mon soutient car je te connais comme étant un joueur avec un certain sérieux et aussi une folie passagère pas trop déplacée. Bien dosé quoi. Et l'attention que tu as apporté à ta candidature prouve que tu t'appliques dans tes projets. 21 pages.. cmon duuuuuude! J'ai pas hâte de lire ta candidature chevalier...

 

 

En somme, +1

 

Cordialement, pwr

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Même si je pense pas que mon avis sera très utile, je soutien Dom. Car c'est la première personne avec qui je me suit directement bien entendu sur le serveur. Et que, après un ans, faut bien qui le passe se grade ! *sort*

Bref

+1

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Je n'ai pas encore lu le RP, mais je le ferai dès que j'en aurais le courage. Cependant je souhaite plussoyer ta candidature immédiatement.

En effet, tu es un "grand" de Minefield. Non par ton ancienneté mais par ton dynamisme et ta personnalité si riche. Je suis persuadé que s'il reste de la vie dans notre ambitieux projet, c'est principalement grâce à toi et à ton inébranlable motivation. Combien de soirée ne nous as-tu pas harcelé pour travailler sur cette arbre, combien de MP n'as-tu pas envoyer aux jeunes joueurs dont les candidatures semblaient prometteuses. De plus, ton nombre étonnant de messages forum impressionne encore plus quand on voit que pratiquement tout tes messages sont réfléchis et le flood si rare. Tu es un vrai leader et celui qui mène notre communauté de nos débats nombreux à l'action dont nous sommes plus frileux.

Cette reconnaissance accordée par le rang citoyen, tu la mérites plus que largement et d'ailleurs, tout ceux qui te connaissent en sont convaincu.

 

J'étofferai encore un peu, notamment sur le RP, plus tard car je souhaite t'apporter mon plus inconditionnel soutien.

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Je connais Dom depuis fort bien longtemps, je le connais depuis son arrivée à Bel-o-Kube, le connaissant depuis bientôt 1 ans, j’ai appris :air::air::air: au fil des heures passées avec lui en jeu, et ainsi que pendant celles passées sur mumble, qui il est, ce qu'il est, et ce qui fait de lui :air::air::air: lui.

 

 

Dom est une personne d'humeur joyeuse, toujours prête à rigoler et avec qui on rigole souvent.

Dom est aussi une personne sérieuse, comme le montre son investissement au sein de Belok, et de la même manière avec la place qu'il a :air::air::air: parmi la communauté du Kubnigera. Dom est une de ces personne qui s’impliquent à bras le corps dans les diverses chantiers de Belok, :air::air: ainsi que ceux du Kubni, et qui permettent leur aboutissement respectif.

Dom est une de ces personnes qui aiment aider, accueillir et instruire de ce qu’il faut savoir, les personnes fraîchement arrivées au sein du :air::air: Kubni.

Dom est une personne qui sait régler et qui sait s’adapter à différentes situations, qu’elles soient simples ou difficiles, ou bien internes ou :air::air: externes au Kubni, comme le montre la place de conseiller en charge de la diplomatie qu’il occupe actuellement au sein du Kubnigera, :air::air: et dont il remplit la fonction avec brio.

Dom est une personne qui n’abandonne pas, et qui n’abandonnera jamais (enfin je l’espère), son dynamisme, sa maturité, au sein de notre :air::air: communauté sont t’elles des pierres qui en font tenir tout l’édifice, et qui en empêchent la fracture et l’écroulement.

 

 

C’est pour ce joueur que j’écris cet éloge aujourd’hui, c’est pour ce joueur que je mets en avant une grande partie de ses qualités, car ce :air::air::air: joueur en possède encore bien d’autres que je ne citerais pas car d’autre le feront aussi bien que moi, voir bien mieux que moi. :air::air::air::air: C’est pour tout cela que je donne mon plussoimment à ce joueur qui selon moi le mérite grandement, et qui mérite grandement le :air::air::air: grade qu'il vient rechercher ici par sa candidature.

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Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins, Dom est un joueur motivé, qui souhaite évoluer au sein d'une communauté qu'il apprécie et réciproquement. Son rp le prouve. En plus d'un certain talent pour l'écriture (ou comment faire perdre une demi-heure à la personne qui voulait juste soutenir son ami.. groumph .. ;) ), Dom Fulmen est une personne mature, attentive aux autres, toujours prête à aider les autres. Personnellement, je lui ai accordé ma confiance depuis longtemps. Et, au vu de son parcours sur le serveur, je pense que nous pouvons tous en faire autant. C'est pourquoi je plussoie ce compagnon de route que je connais maintenant depuis plusieurs mois, voire un an.

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Merci infiniment à chacun de vous pour votre soutien, je vous adore ! :mrgreen:

Et le pire, c'est que vous allez presque réussir à me faire pleurer, bande de bougres, avec tous vos commentaires. ='$ :cry: Il ne me manque que les violons...

 

Mais promis, je vous revaudrais ça très bientôt. ;):)

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Je soutiens fortement cette candidature !

 

En effet, d'une il c'est un mec pommeux en or :goldapple:,

De deux il écrit super bien et il a de nombreuses ambitions et de nombreux projets en tête pour l'avenir du serveur,

je pense qu'il mérite plus qu'amplement ce grade :)

Je pourrais pas m'étendre d'avantage mais je pense que la taille de sa candidature en dit déja assez long sur lui :)

 

Cordialement,

 

Ohhopi

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Blop !

 

Dom c'est quoi ?

C'est un p'tit bout de cubes que nous a présenté (imposé ?) SL il y a maintenant un an pour le remplacer alors qu'il voguait vers de plus hautes fonctions.

C'est un p'tit gars en or, mature et posé malgré son jeune âge. (qui dément tout ce que Wiagra peut dire sur les gosses ; p)

C'est celui qui maintient avec ArthurB à flot la colonie du Kubnigera, bien plus que nous autres "vieux" décrépis.

C'est un gars cultivé, à la plume facile bien qu'imparfaite (tu me feras le plaisir de passer tout ça sur bonpatron DomFulmen.. et toutes ces lourdeurs... oulalala va falloir qu'on retravaille tout ça : D), mais qui ne tombe pas dans le travers de la tête bien pleine et mal faite !

C'est aussi un de mes confrères à l'ANA, et il travaille avec beaucoup d'ardeur à la tâche

C'est celui qui a bâti une bonne partie de la colonie du Kubnigera, dont le bel anneau d'eau et la montagne, ainsi que moult autres réalisations. Ça n'est pas le plus fabuleux des bâtisseur, mais il met beaucoup de cœur à l'ouvrage et cela se voit, même si c'est un simple tas de cubes.

 

Mais surtout, c'est un ami, même si il est de trois ans mon cadet, et il mérite plus que bien des joueurs, moi le premier, sa place de citoyen. Avec ses actes sur le serveurs comme avec sa candidature, si DomFulmen ne peut pas devenir citoyen, alors personne ne le peut !

 

Bref, plussoyer dans la forme DomFulmen prendrait vraiment trop de place, et je ne tiens pas à infliger à ces pauvres modérateurs la lecture d'un autre pavé - quoique bien plus modeste que le roman du postulant - aussi conclurais-je sur ceci : si je ne devais soutenir qu'un seul et unique joueur pour ce grade, ça serait DomFulmen !

 

En un mot comme en mille, plussain !

 

Cordialement,

Corderaide

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Tiens, Dom est paysan? Ben mince alors, ça me paraissait tellement évident qu'il soit citoyen que je ne l'avais même pas remarqué.

Et bien il est temps de remédier à cela ! Je suis totalement convaincu de mon inutilité profonde lorsque je viens te plussoyer car il me paraît impossible qu'un illustre minefieldien comme toi se voit refuser ce grade, qu'il y ait plussoiement de Citron(fun) ou pas !

Je regrette de m'exprimer de cette médiocre façon, d'un écriture vulgaire, presque parlée, et ainsi ne pas faire honneur à tes talents d'écrivain. Mais... Flemme.

Bwef, je vais pas m'étaler sur le sujet, il est évident que DomFulmen mérite ce grade.

Je te souhaite une longue route sur le serveur, vile fourmi. ;)

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Étant donné tout le soutien qu'il a apporté à la communauté et la motivation dont il fait encore preuve aujourd'hui, DomFulmen mérite sans doute plus que quiconque ce grade.

Bref je ne vais pas y aller par quatre chemins (en même temps ce n'est pas trop mon truc), je soutien mon chère ami DomFulmen dans sa demande de candidature. ;)

 

Cordialement

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Dom c'est l'électron motivant de toute une communauté.

Dom c'est un ami fidèle sur qui on peut compter.

Dom, un personnage O combien attachant,

mérite plus que quiconque de devenir commerçant !

 

 

Quoi c'est pas ça? Mais... Mais ça rimait à la perfection !

 

 

Grmblr. Au nom du sacro saint Cactus, de mon tromblon, et de notre amitié dépassant les bornes des limites du pot de Minefield, j'apporte tout mon soutien à notre Dom national. Puisse t il nous apporter la lumière en des jours sombres. (ça n'a rien à voir, mais je trouve que citer Galadriel, ça a de la classe quand même.)

 

 

S'il n'est pas nommé citoyen, je jure de manger mon tromblon par la racine !

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C'est entre deux grands moments de flemme que je viens plussoyer la candidature de Domfulmen.

Mais pourquoi donc ?

Hé bien parce que Dom, c'est un joueur..

 

- .. très doué pour faire de magnifiques RP

- .. qui arrive à me supporter sur Mumble

- .. qui arrive à me supporter sur Mumble, j'insiste !

- .. redoutable lorsqu'il est équipé d'un arc.

- .. blond.

- .. qui sait lire et écrire tout en laçant ses chaussures aux lacets invisibles

- .. dont le pseudo fait penser à une chanson.

 

J'en passe et des meilleures.

Mais DomFulmen, c'est surtout un joueur extrêmement sympathique avec qui il est très plaisant de parler sur Mumble. C'est quelqu'un que j'apprécie vraiment et que je ne regretterais jamais avoir connu !

 

Pour toutes ses raisons, il mérite de passer citoyen et de montrer sa belle couleur bleue à tout le monde :D

 

Corp.Dé Amant,

Dicsi, Shiki no Mura no Komon Suukou :cactus:

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Je n'ai jamais parlé personellement à DomFulmen (excepté aux Jeux Stendeliens pour divers informations, il était visiblement quelqu'un qui était bien informé, était-il un organisateur ? Je n'en ai aucune idée) mais il n'y a pas besoin de fouiller le forum de fond en comble pour s'apercevoir que DomFulmen fait incontestablement partie des paysans les plus anciens et les plus émérites du serveur. Pourquoi n'est-il toujours pas Citoyen alors que ce grade est fait pour lui ? Je dirais même que je le vois déjà commerçant... m'enfin... chaque chose en son temps !

 

+1

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Ça ne fait que quelques jours que je joue en sa compagnie mais je ressens en Dom l'essence des grands Minefieldiens, comme je le ressentais pour notre cher SL quand je l'ai rencontré.

 

Je pense que c'est une personne de valeur, motivée et motivante et ça me fait plaisir de voir que durant ma longue absence la colonie Bel-o-Kubienne a profité de sa présence et de son implication.

 

Quand à sa candidature... J'en viens même à doute de si je mérite vraiment mon grade de Citoyen...

 

 

Enfin bref, vous l'aurez compris, +1 !

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Dom, un citoyen ? Laissez moi rire !

 

 

Lors de son arrivée sur le serveur, et au sein de notre communauté à Bel-O-Kube, Domfulmen était promis à un avenir lumineux. En effet, c'est le sieur SL en personne qui le dénicha et le fit venir travailler sur notre projet, et très vite ses compétences nous furent indispensables. Nous attendions de ce personnage une aide bienvenue, un coup de main salvateur, mais c'est en fait un véritable pilier pour notre projet que nous trouvâmes, portant la cité à bras le corps et la hissant au plus haut, elle et ses habitants. Le fier lapin le prit sous son aile en découvrant sa maturité et sa sagesse, mais Domfulmen dépassa en peu de temps les ambitions que nous lui prêtions.

Les projets s'amoncèlent encore et encore sur ses frêles épaules, et pourtant jamais elles ne ploient. Toujours prêt à aider, à travailler, et à s'investir, sans jamais perdre ni ses moyens ni sa bonne humeur. Sans arrêt il nous épate par ses idées et ses encouragements, sans lesquels de nombreuses ambitions n'auraient vu le jour.

 

Un esprit comme celui-ci est une aubaine pour un serveur comme le notre. Et nul doute qu'il en sera tout autant pour les gens qu'il côtoie dans sa vie. Un esprit intelligent, à l'écoute, prêt à donner de lui-même pour les choses et les gens qu'il apprécie.

Le serveur entier ne serait même pas assez gros pour remplir la place qu'il a dans son cœur et dans sa tête.

 

Alors, lui attribuer le grade de citoyen ? Je ne suis pas sûr qu'il le mérite.

 

En fait, à bien y réfléchir, c'est même certain : le grade de citoyen ne mérite pas Domfulmen. La valeur de cette personne est bien au-delà de ce que représente ce simple grade.

Domfulmen représente tout ce que j'aime trouver sur ce serveur : la sympathie, l'entraide, la culture, le bon sens, la passion, l'humour, la joie de vivre, et même l'amitié. Car Domfulmen est aussi un ami, que j'ai pu apprécier au-delà du simple cadre de ce serveur, et qui n'a de cesse, quel que soit le domaine, de m'étonner par sa sagesse et sa bonne humeur.

 

Dom est bien plus qu'un citoyen, et ce depuis longtemps, mais s'il doit passer par ce grade pour atteindre les hautes sphères, alors soit.

Domfulmen a donc mon soutien inconditionnel quant à cette candidature, ne serait-ce que pour ne pas faire mentir sa signature ;)

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Doooooooooooooom !! je t'aaaaime !! Je dois te plussoyer !

Vive les poneys !!

-Bon, mon petit goo_m_ba, viens prendre tes cachets

-Aaaah ! Les hommes en blancs ! ils sont de retour ! Fuyeeez !

-Mais... mais...

-Restez dans ma tête, hommes en blanc ! *se roule par terre, bave, fuit*

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Bonjour, bonsoir.

 

J'ai plus de Yeux ^^

 

Sans rire, ce n'est pas une surprise que la plus part de tes candidatures, il n'y a rien à dire, très bonne présentation IRL et IG, tu sais par l'écrit maintenir le lecteur "éveillé", malgré le longueur du RP, il est tout juste magnifique, un peu incompréhensible à certain moment mais tu l'avais dit.

Comme un de tes semblables à dit, tu a un don pour ça.

 

 

Maintenant je vais donner mon avis sur DomFulmen, malgré le fait que je connais pas énormément ce "grand" Minefieldien, je sais qu'il à le mérite d'être quelqu'un à qui ont accorderais nôtre confiance les yeux fermés, de part ça gentillesse et sa motivation, il aide les joueurs du mieux qu'il peu, c'est comme cela que je l'ai connus.

 

Ps: J'ai vraiment hâte de voir tes chroniques RP.

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... Mais c'est quoi ce pavé ?! Bonne chance au modo qui va lire cette candid, je pense qu'il lui faudra plusieurs heures et surtout du courage...

 

Plus sérieusement, j'ai eu la chance de faire la connaissance de l'éminent DomFulmen à son entrée en tant que Rédacteur pour le journal du Vagabond Enchaîné, je fus étonné de lire la qualité de ses récits et par la suite de savoir qu'un joueur avec tant de potentiels à l'écrit ne soit encore qu'à un rang indigne de sa personne... Il s'ensuivit plusieurs soirées de déconnade avec Dom et d'autres pour réaliser un travail d'équipe aboutit et finalement mieux apprendre à le connaitre. Voilà pourquoi aujourd'hui, je me permets de venir plussoier ce joueur qui pour moi, mérite amplement le grade de citoyen et même davantage, enfin seulement s'il se décide à mettre moins de deux ans pour écrire son prochain rp.

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