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Valeeryah

De feu et de sang ~ Symphonie mélancolique [Pimoussy Ronronoa]

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[Hrp: Voici enfin, le rp tant attendu d'après-candidature villageoise :3 Oui, j'ai mis énormément de temps à la poster... Je m'en excuse >w<

Mais d'autres morceaux choisis de l'histoire du petit Mioussy viendront ensuite plus tard s'ajouter ici. Un peu à la manière d'un autre "célèbre" rpiste :P *Pointe du doigt une fourmis*. Et qui suivrons scrupuleusement celle d'un autre personnage tout aussi connu et qui s'entrecroisera régulièrement avec celle de Trisha que je développe dans un autre topic et qui sera fait en parallèle. Sur ce, trêve de bla bla, je vous laisse profiter de mon texte, qui ma foi est bien moins bon que celui de Trisha :3]

 

Chat-pitre 01 :  L'ange et l'enfant ~ Une rencontre inattendue

 

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À peine la porte fermée derrière lui que l'odeur de l'aventure titillait son nez mutin. C'était une grande première pour le jeune félidé, et il comptait bien savourer chaque secondes en dehors du foyer familiale. C'est sans aucune hésitation qu'il posa une autre patte déterminée sur le sol humidifié par la rosée du matin. La brume était encore bien épaisse en ce début de journée. Et le nombre toujours grandissant de zombies n'étaient plus une surprise pour l'animal. C'est avec sa légendaire agilité que le Moussy se frayât un chemin plus au moins sûr dans les arbres. Coup de griffe après coup de griffe, écorces mutilées pour la survie du Moussy.

Dans les arbres, il se sentait un peu chez lui. Loin du doute et des pensées qui pouvaient le tirailler. Pour seuls amis, le vent frais du matin et les rayons du soleil naissants.

La route n'était pas des plus longue, mais Pimoussy souffrait d'un vrai manque du sens de l'orientation. Et c'est avec un mal fou qu'il trouva un tout petit village non loin de son point de départ. S'il se souvenait bien, il devait rejoindre la capitale de stendel avant de pouvoir avoir accès a new stendel. Il était curieux de pouvoir enfin voir de ses propres yeux a quoi pouvais bien ressembler ces fameux portails dont Saguya lui parlait tant. Ils étaient d'après elle, des cercles magiques pouvant relier deux mondes entre eux. Pour Pimoussy, cette notion d'autre monde était bien trop abstrait. Il avait encore un peu de mal à comprendre le sens et l'utilité de la chose.

Tout en étant perdu dans ses pensées, il chercha d'un air endormi le fameux oiseau qui pouvait l'emmener vers la capitale. Un oiseau ? Pimoussy ne put retenir un grondement qui venait droit de son estomac. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas goûté la chaire d'un volatile. Son régime étant exclusivement à base de poisson. Il se demanda un moment qu'elle fût la saveur de ce met, puis se ravisa en ce disant qu'il ne devait pas être apprécié de la part d'un simple étranger de dévorer ainsi un moyen de locomotion plus que pratique. Il se perdit plus d'une fois dans les méandres de Balhaiz. La ville la plus proche de Al'maagik. Et ce, malgré le fait que l'endroit était plutôt peu habité. Il trouva tout de même la grande tour qui devait à coup sûr abrité le fameux moyen de transport en vogue. Il leva la tête peu sûre de lui. L'idée même de monter sur un autre animal lui donnait des sueurs froides. Il monta non sans peine l'échelle qui menait jusqu'en haut de la tour. Il nota que l'animal en face de lui semblait bien plus noble qu'il ne l'imaginait. Et le maître de celui-ci le toisait d'un air autoritaire. C'est avec une voix ferme que celui-ci lui demanda :

 

- Bonjour ! Où voulez-vous allez jeune fille ?

 

Pimoussy ne tiqua pas sur les propos de l'homme. Il avait pris l'habitude qu'on le prenne pour une femme. Et ne s'en souciait guère. Il lui répondit donc avec son habituel accent félin et sa manière quelque peut déroutante de parler.

 

- Mionjour ! Je siouhaiterais aller à la chatpitale s'il vious plait.

 

L'homme se mit a rire en entendant Pimoussy. Ce qui ne déconcentra pas d'un poil le petit Moussy.

 

- Vious pouvez nyah ?

 

Quand il eut fini de rire, l'homme pourtant si rude, se laissa aller à sourire à l'enfant.

 

- Mais bien sûr !

 

Sur ces mots, il l'invita à monter sur l'oiseau après, bien sûr, avoir payé le prix du voyage. Mais Pimoussy n'étant pas bien grand, il eut un mal fou à simplement essayer de monter sur la selle. L'homme prit donc Moussy par la taille et le souleva d'un mouvement brusque pour le poser sur le dos de l'oiseau. Encore sous le choc, Moussy n'entendit pas les paroles de l'homme qui venait de l'aider. Se focalisant sur sa peur de tomber. Tout le monde sait qu'un chat retombe sur ses pattes, mais pas de cette hauteur ! Les pattes agrippées aux plumages et la tête enfouie dans la nuque de l'oiseau, Pimoussy passa un mauvais moment en la compagnie de son compagnon de fortune.

_____________________________________

 

Le voyage fut trop long au goût de Pimoussy. Beaucoup trop longs. Il était couvert de sueurs froides et les joues humides de larmes. Rapidement, les pattes enfin sur un sol qui ne tanguait plus. Il tenta plusieurs fois de se convaincre d'arrêter de trembler. Il ne faisait pourtant pas froid, mais la peur était encore présente dans son cœur. Il se jura de ne plus jamais prendre ce moyen de transport. Même au prix de quelques cloques ou écorchures.

Il réajusta rapidement sa robe, remonta ses chaussettes et s'épousseta du mieux qu'il put. Il fallait qu'il ait l'air présentable. D'un air plus rassuré, il se lécha la patte avant de la passer sur sa frange. Regardant par une fenêtre le dehors, il évalua le périmètre d'un air curieux. La ville était très dense et pour Moussy, toutes les maisons se ressemblaient. Il ressenti un léger malaise quant à manière, ou il allait encore une fois se perdre bêtement. Il essaya de retenir où était placée la sphère violine qui semblait être le portail. Il n'était pourtant pas bien loin, mais Moussy réussit à se perdre d'une manière plus que lamentable.
Il tourna plusieurs fois a droite, puis à gauche, sans vraiment se poser la question du pourquoi le chemin s'allongeait et qu'il n'était toujours pas arrivé devant le dit lieux.

C'est avec un mal fou qu'il parvint en face de l'endroit convoité. Le portail se tenait devant lui immuable et lui semblait presque infranchissable. Il se ressaisit, la peur tout doucement commençait à prendre le pas sur son maigre sens du courage. Tout le monde prenait cette voie et personne n'en était mort. Enfin, c'est ce que pensait Moussy. Il avança une timide patte vers le tourbillon violet. Une sensation de froideur le prit, juste sur le bout du coussinet, comme le pincement que l'on ressent lorsque que l'on met ses doigts dans la neige fraîche du matin. Comme pour essayer de se donner du courage. Pimoussy aspira une énorme quantité d'air dans ses poumons, gonfla ses joues, puis avant qu'elles ne deviennent rouges, expira lourdement. Puis, avec un air pas rassuré, il franchit le dit portail. Ce qu'il vit fut une surprise pour lui. Dans un long couloir, un pianiste jouait tranquillement une musique apaisante, les oiseaux dans le ciel étaient occupés a voleté ici et là, d'autre être de différentes races ou origines affluaient dans le bâtiment en face de lui. Il le traversa les yeux pleins d'émerveillement. Tout était nouveau pour lui, même s'il avait encore bien du mal avec la notion qu'avaient les humains a vivre autour d'une hiérarchie établie d'une manière qu'il ne comprenait que trop mal. Non loin, se tenait une fontaine, Pimoussy prit le temps de s'assoir sur l'une des pierres pour souffler un peu. Il réfléchit et se demanda comment sa candidature villageoise allait être prise. S'il fallait avoir une orthographe parfaite ou non. Car si cela était le cas, Pimoussy pouvait bien retourner d'oû il venait, car c'était bien cela qui lui faisait défaut.

Se souvenant des conseils de Saguya, il prit sa plus jolie plume qu'il avait dans sa besace et la piqua dans sa chevelure. Non loin du nœud qu'il portait quasiment en permanence. Il prit encore une fois une bouffée d'air et se leva. Le bâtiment imposait de par sa grandeur et son impressionnante architecture. Pimoussy poussa la porte le plus silencieusement possible. Une femme à l'entrée lui fit signe de prendre un des documents posés devant elle. Il s'exécuta sans poser de questions. La page ne semblait pas bien dure à remplir et certaines questions étaient plutôt évidentes. Il prit sa plume et s'assit sur la chaise non loin du bureau de l'accueil. Se penchant sur la page, il se mit à se gratter la tête en quête d'inspiration. On lui demandait son âge, son genre, sa taille, sa motivation.. Pimoussy n'eut nul mal a coucher sur le papier ses pensées. Et bien sûr, à être le plus honnête possible. Il fit même une fantaisie à la question de son genre, en écrivant qu'il était masculin d’apparence féminine. Ce trait présent l'amusait plus qu'il ne l'inquiétait. L'animal était encore bien jeune pour penser à ce que pourrait être l'handicape de paraitre fille quand on veux côtoyer la gent féminine. Il signa brièvement la feuille d'une trace de coussinet trempé dans l'encre, puis souffla sur la feuille en quête de faire sécher celle-ci plus rapidement. Il relut avec peine les mots qu'il avait lui-même inscrit, essayant de vérifier s'il n'avait oublié quelques détails. Quand tout lui sembla parfait. Il se leva avec hâte vers le comptoir en face de lui. Tenant entre ses deux pattes la feuille qu'il venait de passablement remplir. La dame ne dit aucun mot et prit la feuille avant de faire signe à Pimoussy de débarrasser les lieux avec un air de dégoût non dissimulé. Il se hâta donc, repoussa encore une fois la porte pour faire de nouveau face à la fontaine. Il poussa un long soupir avant de se donner un léger coup de patte sur le crâne.

Tout se mélangeait dans sa tête et ils ne savaient plus que faire à présent. Continuer a errer dans le coin, dans l'espoir de rencontrer du monde avec qui parler ? La timidité de Pimoussy reprit d'un seul coup le contrôle de l'animal. Flou, tout était encore plus flou. Plus le temps passait et plus Pimoussy était perdu. Trop de gens autour de lui, trop de visages inconnus...Un instant, la panique prit la place de la timidité, se mélangeant à la peur et au doute. Il n'avait qu'une seule envie. Retourner dans sa maison. Dans les bras accueillant de sa nouvelle maman. Sa fourrure douce... La douceur de son odeur... Pendant un moment, Pimoussy fût pris d'une immense crise angoisse au plus profond de son être. L'inconnu... L'inquiétait au plus haut point. Au loin, des bruits métalliques se faisaient entendre. Mais Pimoussy enfermé dans sa bulle de douleur n'entendit rien. Dans un mouvement de panique, il fit volte-face et rentra dans un osbtable doux, chaud et a l'odeur frais d'un matin d'été fleurit. La panique céda enfin sa place à l'étonnement. Levant la tête, vers l'être qui venait de percuter. Il eut un instant cru à faire à un ange tout droit venu du paradis. Une longue chevelure ondulée, mi-blonde, mi-châtain. Qui lui semblait plus douce encore que les plus belles et riches soies. Un visage doux et souriant semblait peu à peu apaiser son cœur meurtri. Des grands yeux d'une couleur ambrée se posaient sur lui sans aucune once de méchanceté. Pimoussy se mit à rougir en voyant si élégante demoiselle. Il balbutia quelques mots, sans vraiment hausser le ton.

-Pee..Peee...Parrrrrr....Diesolé...

Il frissonna, avait-il froissé la jeune femme ? Il avait si honte. Mais osant une dernière fois regarder l'ange devant lui, il esquiva un sourire. Montrant sa bonne foi à la jeune demoiselle. Les bruits métalliques étaient, d'un seul coup, bien plus présents. Et une voix rauque se fit entendre parmi les sons assourdissants des amures.

- Dame Seïra ? Que ce passe-t'il ? 

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Il a bousculé Seïra ! à mort !

*lit la suite*

Il a bousculé Seïra mais à pleurer avant de lui sourir les yeux encore embués de larmes ! *calins*

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[ Chalutation lecteur, lectrice et amis des chats ! Voici donc un nouveau Chat-pitre de l'histoire de Yue/Zorro/Pimoussy (barrez la mention inutile). Cette histoire faisait suite direct avec ma candidature Citoyenne, je vous invite donc a aller la lire expressément sous peine de rien comprendre a ce qu'il va se passer, et si cela est déjà le cas, je vous laisse apprécier la suite des péripéties du facétieux petit Mioussy. Il va sans dire que beaucoup de changement vont se préparer a l'avenir, mais je ne vous en dis pas plus, ça serait du spoil. Bonne lecture a vous et a bientôt ! ]
 

Chat-pitre 02 : Un petit bout de cire
 
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Il avait eu à peine le temps de se réfugier dans un coin sombre d'une ruelle, la douleur, intense, se faisait ressentir. Tout son corps n'était que douleur. Qui avait put imaginer que la disparition d'un sceau pouvait occasionner autant de souffrance. À genoux sur le sol, le visage dans les mains, il haletait bruyamment, les yeux fermés et le corps animé par des soubresauts. Au loin, il entendait des hurlements, des cris venant de nul part. La douleur l'avait sans doute plus qu'amocher et ses oreilles lui jouaient nettement des tours. Car c'était bel et bien de lui que venaient les hurlements, ceux qui ne déchirent non pas le cœur, mais l'âme tout entière. Des larmes non contrôlées roulaient sur ses joues d'un blanc livide. Ses mains se crispaient de plus en plus sur son visage et le sang coulait toujours autant de son nez. 
 
La rencontre avec celle qui lui avait posé ce sort avait eu pour effet d'annihiler celui-ci sans réelles raisons. Sans aucun doute pour cela l'avait-elle envoyé si loin d'elle, sans doute pour se préserver ou protéger cet être qu'elle considérait quand même comme son enfant. Le petit Zorro n'était pourtant plus ce qu'il était avant et peu à peu, les souvenirs du passé, l’apparence et sans aucun doute l'être qu'il était revenait tout doucement. Des images de son passé, lui frappaient le crâne comme un forgeron frappe l'objet de son travail. 
 
Un homme... Blond... Du sang... Un rocher... Un sourire...
De la glace... Des cris... De la douleur... Le néant.
 
Les souvenirs de sa vie précédente, ceux de sa mort, tout se bousculaient dans sa tête dans une magnifique cacophonie. Il en avait assez et la douleur était bien trop puissante. Dans un cri presque lupin, Yue se frappa la tête contre le sol, sans doute assez fort pour l'étourdir, sans aucun doute assez puissant pour que celui-ci perde connaissance. Un voile noir s’abaissait sur ses yeux, un moment, le froid, un moment... 
 
[...]
 
Le clapotis de l'eau, le chant des oiseaux, une voix familière au creux de son oreille velue.
Yue s'était éveillé au petit matin frais comme si la nuit n'avait pas été que douleur. Les yeux embrumés par les larmes de la veille, il scrutait l'horizon comme s'il le regardait pour la première fois, il se sentait comme étranger à cette terre. Se frottant les yeux machinalement, il continua à  contempler ce qu'il avait devant lui. Il était dans la ruelle non loin des portails qui menaient vers d'autres dimensions et il se souvenait s'être traîné jusque-là pour se cacher. Il posait ses yeux vers ses mains, qui avaient prit une forme plus que respectable et plus qu'humaine, elles étaient fines et  longues terminées par des ongles longs et pointus. Il serrait et desserrait les mains devant ses yeux. Elles semblaient fortes, mais gardaient un air élégant. 
 
Il avait enfin fini sa métamorphose, enfin récupérer son ancienne apparence. Il était presque fier de lui, il avait enfin fini. Il était de retour. Se levant maladroitement sur ses pieds nus, il découvrit avec une légère stupeur que le monde avait diminuée de taille. Oui, sans doute était ce un effet dû à sa croissance exagérée de la nuit. Prendre vingt centimètres en une seule soirée n'était sans doute pas donné a tout le monde. Il s'était sans doute habitué à sa taille ridicule et avait oublier ce qu'il était d'être grand. 
 
Yue était un grand démon, enfin grand, ça dépend du point de vu... Il faisait sans contexte au moins un mètre quatre-vingts dix pour un poids sans nul doute proche des quatre-vingts dix kilos. Il n'était pas fin, il n'était pas non plus gros, mais valait son pesant de muscles. Loin des clichés du démon renard à la silhouette svelte et frêle, il imposait de par sa stature massive sans pour autant l'être de trop. 
 
Il regardait de nouveau le monde de ses yeux, ceux qui avaient souvent contemplé la mort et la destruction. Il souriait de tout son saoul et balayait du regard l'espace devant lui. Le panel de sort que connaissait Yue n'était pas réduit, mais n'avait tout de même pas autant de pouvoir que celui qui l'avait terrassé autrefois. Bien heureusement pour lui, avoir partagé le sang de cette jeune sotte, l'avait aider a assimiler sans trop de peine quelques tours de passe-passe que la jeune fille, enfin si on prend en compte sa race, connaissait sur le bout des doigts. Il avait espoirs que ce nouveau talent qu'était la téléportation allait être maîtrisé rapidement et de façon juste. Il aurait été bête de se retrouver enfermer dans un mur par manque de chance ou parce qu'il aurait mal calculé la trajectoire. Il se souvint d'un coup que cela n'était, sans aucun doute, pas possible. Le portail de Seïra n'était nettement pas une forme de téléportation pure, mais une forme détournée. Elles ne savaient pas se téléporter comme lui, comme... 
 
Yue secouait la tête et fermant les yeux cherchait à se concentrer sur sa nouvelle tâche. Il avait avec un plaisir absolument pas caché, fait sa demande de citoyenneté la veille. Et se délectait des moments qu'il pourrait passer dans cette ville, en sa... Il s’arrêtait vivement à la pensé presque déraisonner envers cette personne. Une mine de dégoût notable passait sur son visage pourtant encore quelque peu angélique, il n'avait aucunement envie de penser a elle. Mais, une pensé voguait vers sa mère adoptive, elle qui avait souvent compris celui-ci, qui l'avait accueillit sans une seule fois le juger ou lui demander ce qu'il était. Bien sûr, la mémoire ne lui faisait défaut à cette époque et maintenant qu'elle était revenue, Yue n'avait pourtant pas envie de lui expliquer ce qu'il était. Elle devait sans doute ne plus le reconnaître, il avait tellement changé. 
 
Les vêtements qu'il avait mis la veille lui serraient légèrement la poitrine, d'un geste sûr, il entrouvrit son kimono, laissant apparaître un torse pourvus d'un poil d'un blanc pur telle la neige, un torse légèrement musclé, la clavicule à peine visible. Il poussait un soupir de soulagement, il se sentait enfin un peu mieux. Desserrant sa ceinture, ajustant comme il pouvait le kimono qu'il avait sur lui. Fort heureusement, celui-ci était un peu trop grand pour son lui précédent, mais restait un peu juste pour son nouveau lui. Mais qu'importe, Yue s'en fichait éperdument. Il passait sa main sur son katana accroché à sa ceinture et se concentrait sur son prochain but. 
 
Touchant du bout des doigts le pommeau de l'arme, il passait son autre main sur son menton, un fin duvet d'un blanc soutenu ornait maintenant son visage, telle une barbe naissante sur celui-ci, ni trop fournie ni trop parsemée, encadrant sa face avec élégance. Seul détail qui pouvait fâcher le jeune renard était son absence totale et plutôt amusante de moustache, qu'il découvrit avec une pointe de déception quand il passait rapidement sa main sous son nez. Mais finalement,Yue n'en avait cure et s'en fichait. 
 
Il s'avançait vers la petite fontaine toisant la tour aux multiples portails et admirait son reflet. On pouvait tout de même avouer qu'il était plutôt beau garçon, de ceux qu'on regarde avec curiosité et qu'on trouve beau au premier regard. Ses grandes prunelles d'un violine sombre et lumineux à la fois, sa peau d'une teinte blanche comme la nacre, ses longs cheveux tels le marbre, sa bouche d'un rose léger, son nez légèrement en trompette, sa mâchoire quelque peu carrée... Il se plaisait presque... Oui, presque... Mais cette apparence n'avait pourtant pas l'air de plaire a celle qu'il aimait. 
 
Continuant a se mirer à la surface de l'eau, il ne put s'empêcher de penser a elle, son cœur battait sans cesse la chamade et ses joues rosirent. Peu à peu, le visage qu'il voyait changeait... Peu à peu, il laissait place à une vision d'un ange véritable. En face de lui, trônait un être qui avait toute l'élégance d'une fée, d'un ange... La beauté pure, les traits délicats, les lèvres rouges comme le sang, les yeux d'un violine... Ce n'était pas un autre être qui s'imposait en face de lui... Non ! Yue se surprit a contempler son propre reflet changé, son propre lui devenait... Femelle... Riant aux éclats, il se surprit à entendre comme le tintement d'une des plus belles cloches, un rire d'enfant. C'était lui qui avait poussé cette douce mélodie en se moquant de lui-même ? Peut-être bien. Il fixait à la surface de l'eau, sa nouvelle lui. Une jeune femme magnifique. Mais il savait que cela n'était juste qu'un de ses multiples talents, Yue pouvait changer de nature à volonté, autant se faire femelle que mâle, mais aussi... Touchant du bout des doigts la surface de l'eau, son reflet se troublait. Il... Enfin, elle levait les yeux vers les portails. Puis se retournant vivement, elle empruntait le chemin qui menait jusqu'aux portails qui donnaient vers Stendel. Une chose qu'il avait sans doute oubliée avec le temps et son emprisonnement, c'est qu'avoir une poitrine généreuse était parfois quelque peu énervant, et trouvait qu'il était difficile de se mouvoir. Mais la nature, enfin l'esprit pervers de celui-ci, l'avait doté de cette plastique. 
 
Gardant le kimono légèrement entrouvert, mais juste assez pour ne pas paraître vulgaire. Il se décidait de se lâcher un peu les cheveux et de les ré-attacher en une queue-de-cheval. La chose faite, il regardait fixement le portail en face de lui. De sa grand taille, il avait repris celle qu'il avait au début, tout début qu'il était venu a Stendel, son tout petit, mais non moins mignon mètre soixante. Il se sentait sans doute plus à l'aise avec cette taille et ce nouveau corps lui plaisait plutôt. Il avait, pour un moment, envie de passer inaperçue, que Saguya ne le reconnaisse plus, qu'elle aussi ne le remarque pas. Il avait juste envie d'être seul, lui et ces souvenirs. Tout se bousculait dans sa tête et des flots d'informations venait lui taillader le cerveau, comme un bon vieux "pan galactic gargle blaster" ... Un quoi ? Yue secouait encore une fois la tête, c'était absurde, cette pensée était totalement... Il relevait les yeux vers le portail, il avait passé que trop de temps à le regarder, a pensé de tout et de rien. De son passé avant tout, mais surtout de choses inutiles et il n'avait pas le temps pour ça. Aspirant un grand coup, il passait le portail. Une froideur l'envahit au contact de celui-ci et dans un tourbillon de sentiments contraires, il arriva sans encombre sur les terres qu'il avait choisies, Stendel. Les rues n'avaient pas changé, naturellement, la place était comme avant, il n'avait pas bien voyagé, de l'ancienne capitale à la nouvelle... Mais... Non, il était à New-Stendel juste avant... Yue conclus que dans sa douleur, il avait sans aucun doutes voyagé vers celle-ci, il n'avait aucun souvenir de ce moment. Mais poussant un long soupir, qui le surprit, car se voulant très féminin. 
 
Il sourit de toutes dents, montrant des canines plus pointues qu'a l'ordinaire. Balayant la place de son regard, il remarquait que son ami le nain était encore occupé a troubler l'ordre public et à se gaver de bière jusqu'à ce faire péter la panse. Il essayait aussi bien qu'il put de ne pas attirer l'attention de ce nain, vers lui. Il était maintenant femelle et une apparence aussi aguicheuse pouvait qu'attirer cet être avide de beauté féminine. Il contournait habilement l'être et se réfugiait sous le pont non loin de là. S'asseyant a bord de l'eau, admirant encore sa nouvelle beauté, Yue souriait. Chose drôle pour lui, il se trouvait presque à son goût. Dans le reflet, il avait l'impression de la reconnaître un peu, légèrement, cette demoiselle à la beauté saisissante. Un nouveau lui, une nouvelle vie, le temps de...  Il se demandait une nouvelle fois pourquoi il voulait autant s'isoler du monde qu'il l'entourait et pourquoi cela. Il avait sans aucun doute juste envie de rester seul, que personne ne lui pose des questions sur ce qu'il est et pourquoi avait-il autant changé. Maintenant, il était elle et pouvait de ce fait voguer tel qu'il le désirait sans se faire remarquer pour autant. Peut-être que lui pourrait le reconnaître... Ou encore lui aussi... Il s'imaginait les différentes personnes pouvant reconnaître sa personne derrière son masque de féminité. Touchant du bout des doigts son visage aux traits fins, détournant son menton, qui autrefois avait été bordé d'une barbe élégante était maintenant aussi nue que la peau d'un jeune bambin. Il passait son doigt sur ses lèvres, douces comme de la soie, sur son nez légèrement rosie par l’excitation de la découverte d'un nouveau sois. Il ouvrit la bouche un instant, écoutant le son de sa voix, poussant avec délice la chansonnette. Il appréciait aussi les nouveaux sons qu'il produisait ainsi, tout en douceur et en légèreté. 
 
Il avait tout de même l'envie de retourner chez lui à Al'maagik, pour retrouver son chat qu'il avait quitté, son lit douillet, la chaleur de sa cuisine, son bonhomme de neige Olaf... Son monde à lui. Une pensé simple le prit d'un coup et l'envie de s'allonger dans son lit, de se mettre sur le dos et de contempler le plafond lui semblait très séduisant. 
 
Un moment, il fermait les yeux et poussait un soupir. Il se levait, enfin elle... Maintenant, Yue avait pris une apparence féminine. Et levant une main devant ses yeux, elle entamait l'incantation d'un portail vers sa propre maisonnette. Le portail qui se formait devant elle n'était pas comme ceux qu'elle avait l'habitude de voir, d'une couleur d'un vert soutenu, tel le fiel qui pouvait être retrouvé dans les plus sombres des territoires démoniaques. Il semblait ne pas être aussi froid que ceux qu'elle avait empruntés. Elle toucha celui-ci, et une sensation presque aussi chaude que les petits pains fraîchement sortis du four se fit sentir. Elle souriait et sans aucune crainte et le passait avec une lenteur presque calculée. Il était presque agréable à traverser ce portail et la sensation était loin d'être déplaisante. Celui-ci, enfin, franchit, elle se retrouva enfin chez elle, dans l'endroit qu'elle visait : La chambre. Encore à tourner en rond, Olaf la fixait d'un regard vide, il semblait surprit de revoir son maître dans une tenue pareil, mais n'étant pas d'une nature très curieuse, celui-ci baissa la tête en signe de respect et continua sa route vers la cuisine. D'un geste sûr, Yue se dirigeait vers sa tendre literie et s'assit avec hâte dessus. D'un mouvement presque félin, elle s’allongea de tout son long sur la surface moelleuse qu'offrait celui-ci. Elle posait les yeux vers le plafond et se laissait penser qu'il était agréable d'être enfin chez soit, seule avec elle-même. L'idée de penser au féminin la fit rire, il n'était pas habituel pour Yue de changer de sexe. Elle n'avait pas cette habitude, même si ses pouvoirs lui donnaient la possibilité de faire cela. Il n'en voyait pas l'utilité. 
 
Le plafond était tout de bois, tout comme sa maisonnette. Ses doigts s'attardaient sur le coussin qui était sous sa tête, et elle tâtait avec plaisir la douceur du textile. Elle était enfin dans un lit et l'envie de dormir lui prit rapidement. Ses yeux se firent lourd et peu à peu, Yue sombra dans un sommeil réparateur. 
 
[…]
 
Quelque chose de dur et froid réveilla en sursaut Yue. C'était tout simplement Olaf qui était venu lui toucher légèrement la joue pour la réveiller. Il était le matin, elle avait sans aucun doute dormi toute une journée. S'essuyant la joue du revers de la main, elle fit signe à l'être magique de glace de se pousser et de la laisser passer. Elle avait en tête une idée peu commune. Et elle trouvait cela plutôt amusant. À côté de son lit, du côté gauche si on se place devant, une échelle grimpait jusqu'à l'étage, un endroit que Yue affectionnait particulièrement : Le petit musée Pimoutique. Elle aimait entreposer les choses que ces amis lui avaient offertes. Et dans son crâne tout paraissait clair, il lui fallait un endroit où elle pouvait se réfugier, mais surtout être hors de porter des mages qui pourraient la détecter dans les parages de Stendel. 
 
Montant à la hâte l’échelle qui la séparait de son but, elle ouvrit une trappe et s’engouffra dans la pièce. Celle-ci était quelque peu plus chaude que celle du bas et contenait des magnifiques canapés aux couleurs criardes ainsi qu'une multitude de tableaux où trônaient ses biens les plus précieux. Elle balayait du regard la pièce et se mit à réfléchir. Sur un des canapés était posé une craie, elle l'a pris nonchalamment et se déplaça vers une porte cachée. Avec une grande dextérité, elle décrivit un cercle ainsi qu'un signe en son centre  qui semblait représenté un aigle sous sa forme runique, qui sous un œil non-expert semblaient être un "S".  Elle se levait et se déplaçait vers l'encadrement de verre qui donnait à la fontaine de l'amûre. D'un geste sûr, elle enlevait les portes qu'elle avait placé là et dégondait les jointures sans aucun forme de pitié. Laissant choir les vieux bouts de bois usé par la pluie sur le sol maintenant nu de tout. Elle s'agenouilla une nouvelle fois et traçait l’exact jumeau de celui qu'elle avait fait avant. Posant sa main sur le dessin ainsi fait, elle psalmodia quelque mot dans une langue inconnue et regarda l'inscription formée devenir lumineuse. Dans un même geste, elle fit s'activer la rune. Se plaçant au centre de la pièce, elle entama un rituel plus qu'étonnant. Des vagues d'énergie semblaient l'envelopper dans une danse envoûtante et des volutes violine et roses s'agitaient autour d'elle tel une pluie de pétales. Ses longs cheveux s'envolèrent sous l'effet de la magie, donnant au spectacle un air gracieux. Des paroles dans la même langue ancienne s'élevèrent et parurent se former autour d'elle, des runes multiples et complexes. Yue étaient visiblement en train d'incanter un rituel étrange. Au-dessus, des marques qu'elle avait laissées, des tourbillons mauves soutenus se formaient et prenaient la place qu'ils leur étaient du, formant de ce fait des petits portails menant vers un endroit inconnu sans doute. La magie autour de Yue s’estompa doucement et les cheveux de cette dernière se laissèrent tomber doucement recouvrants sa totalité de son dos ainsi que ses cuisses. Elle semblait être fière d'elle et contemplait ainsi cette protection qu'elle avait faite. S'installant dans son canapé, elle se laissait a parler a voix haute : 
 
" - Maintenant, je devrais être tranquille... Un pied dans Stendel... Un autre dans Ryalkan... "
 
Elle se mit a rire et semblait très sûre d'elle. Ce qu'elle avait fait n'était pourtant pas simple au premier regard : elle avait créé un espace qui se mélangeait avec étrangeté avec la dimension d'où elle venait, sans pour autant être réellement dans celle-ci. Une partie de sa maison, faisait maintenant partie de Ryalkan sans pour autant être sur ce plan de manière visible.Un peu ici, un peu là-bas. Elle était donc détectable dans celle-ci, mais plus du tout a Stendel d'une certaine manière. Ce qui lui donna un moment un léger répit. Et à moins d'avoir un pouvoir inter-dimensionnel personne ne pouvait voir qu'elle était belle et bien là. Elle pouvait donc se reposer tranquillement dans cette pièce, plutôt bien équipée pour ce qui est du repos, mais le mangé était une autre affaire. 
 
Elle pouvait donc être aussi dans ce monde qu'elle avait... Les pensés de Yue semblaient confus et elle se tapota nerveusement le crâne. Elle avait fait tout cela de manière presque machinale et se demandait quel était le vrai but de ceci. Un endroit dans une autre dimension, sans pour autant l'être réellement, c'était sans doute un peu capillotracté, mais elle s'en fichait bien. La maîtrise des portails qu'elle avait acquis grâce a Trisha était à la hauteur de la puissance de celle-ci dans ce domaine. On pouvait avouer que la jeune semi-elfe était douée pour ce qui était la magie dimensionnelle. Une idée glaça le sang de Yue un instant... Et si Trisha découvrit ce que son fils avait fait ? Et si son grand-père était de retour ? Et si lui aussi devinait ou il était ? Il pourrait très bien essayer encore une fois d'attenter à sa vie. Et face a lui, Yue savait pertinemment qu'elle ne ferait pas le poids. Il l'avait tué avec une très grande facilité et elle n'avait pas envie de retourner d’où elle venait. Même si le combat avait duré des jours, le résultat était tout de même imposant : L'elfe s'en était tiré avec quelques blessures et Yue était morte. Et ce souvenir ne l'enchantait guère. 
 
Secouant une nouvelle fois la tête, Yue se souvenu avec soulagement que son essence s'était mélangé a celle de Trisha et que dans une certaine manière sa trace magique avait quelque peu changer. Un mélange amusant entre le Yue originel et Trisha, sa mère biologique d'une certaine manière. Cela lui octroyait par conséquent une chance plus que précieuse de passer incognito devant son pire ennemi. Yue n'avait pas envie de retrouver la vie qu'elle avait autrefois et le contact de Saguya lui avait donner goût à la vie simple et au bonheur du quotidien. Même si elle devait se l'avouer que massacrer des innocents pouvait certainement lui manquer. Il faut dire que le goût des entrailles fraîchement arraché à un être tout aussi récemment décapité était un met qu'elle appréciait énormément. Mais manger des humains semblaient ne pas être coutume ici et les plaisirs de sa vie passée étaient vus comme illégaux. Cela lui avait tout de même valu la mort dans sa précédente vie et il était sans doute plus intelligent de se faire petit si on voulait encore jouir d'une vie simple et calme. Mais peut-être qu'au détour d'une guerre, Yue pourrait se faire plaisir et se délecter des entrailles de ses victimes, encore une fois, comme au bon vieux temps. Elle se souvenait avec une légère nostalgie du goût ferrique du sang, de la fermeté des chairs, de l'odeur, de la chaleur... 
 
Une goutte tombait sur la main de Yue et sans vraiment s'en rendre compte, elle s'était laissée à la plus disgracieuse des manières, elle s'était mis à baver... L'idée d'un festin de démons lui avait donné l'eau à la bouche et l'envie de se "tailler un bout de gras" se fit sentir. Elle regardait intensivement Sanji du coin de l’œil. Celui-ci prit peur et se carapata rapidement loin du champ de vision de la renarde. Elle laissait apparaître un léger sourire amusé en voyant que son fidèle ami félidé eu l'idée la plus stupide qu'elle pourrait éventuellement en faire un délicieux repas. Elle s'enfonça un peu plus dans le canapé et regarda le plafond un moment.
 
Tous les changements qu'il y a eus en elle étaient un peu trop rapides par rapport a ce qu'elle avait prévu. Elle pensait bien entendu que cela allait mettre quelques jours, des semaines, voir même des mois. Mais étrangement, la présence de sa génitrice avait activé la chose, se rajoutant a l'essence Ryalkanne présente dans la magie de Seïra. Mais, cette nouvelle apparence semblait lui plaire, et elle se ravit d'être de nouveau elle dans une manière qu'elle n'aurait pas pu concevoir auparavant. Elle se souvenu avec amusement que nombreux de ses actuels amis l'avaient souvent confondu avec une femelle, alors que celle-ci était un mâle. Maintenant, ils ne pouvaient pas se tromper, Yue ou Pimoussy était une femelle a part entière, tout aussi fertile que n'importe quelle demoiselle de n'importe quelle race. Elle se demandait comme pourrait réagir Saguya si celle-ci la voyait dans cette forme. Sans doute serait-elle étonnée, surprise ou tout simplement s'en ficherait-elle. Yue était, d'un seul coup, piquée par la curiosité et l'idée de savoir comment réagirait Saguya la titillait, mais elle avait envie de se reposer avant de faire quoi que ce soit.
 
Se relevant de sa pose amorphe, elle vit avec stupeur que Sanji était revenu avec dans la gueule un poisson frétillant. Le temps était passé bien vite et le félidé avait sans doute eu l'idée d'offrir, au ventre affamé qu'était la jeune renarde, un festin de choix. Sautant sur les cuisses de son maître ou de sa maîtresse, Sanji déposait le poisson dans les mains de Yue. Souriant et remerciant d'un miaulement bien placé son compagnon, Yue croqua dans la présente offrande sans se faire attendre. Elle prit de sa bouche le morceau fraîchement coupé et le partagea avec son compagnon chat. Il avait été bien gentil d'aller lui chercher pitance, il fallait un minimum le récompenser. Sanji ne se fit pas prier et mangea avec voracité la partie de saumon que Yue lui avait donné. Il était sans doute bien dommage que le chat n’eut pas la chance de trouver le saumon doré, mais c'était une quête que Yue s'était inventée, tel une excuse a devenir Citoyen et elle comptait bien le réutiliser si elle avait envie d'aller plus loin dans son objectif. Sanji semblait apprécier son festin et Yue aussi. Le poisson rapidement engloutis comme un bateau en pleine tempête dans une mer déchaînée. Yue se mit en tête de faire autre chose de ses journées que de rester là sur son canapé a regarder les jours passés et à se laisser vivre, il fallait qu'elle s’instruise un peu et surtout qu'elle se remémore ce qu'elle avait fait a l'homme qui faillit faire découvrir son secret. 
 
[…]
 
Le soleil déclinait dans le ciel quand Yue se décidait enfin a sortir de chez elle. Elle se devait d'aller à la bibliothèque la plus proche qu'elle avait sous la main. Des livres... Et la plus proche pour elle était celle, bien que réduite, de son ancienne maison, juste à quelque pas d'ici. Sachant Saguya plus souvent dans les hauteurs que sur le plancher des vaches, Yue était sûre qu'elle ne serait pas un obstacle a ce qu'elle visait. Un vieux livre y était placé, le fameux "faut-il croire un chat" de Gustave Litière. Cet homme avait malheureusement fait quelques ouvrages en des quantité bien limités. Et lors d'une visite dans une partie reculée de Stendel il y a de ça quelques mois, Yue eu l'étrange idée de lui rendre visite pour se débarrasser de ce gêneur. La manie de ce dernier de la suivre partout depuis un moment l'agaçait au plus haut point. Elle n'avait ni l'envie ni la patience de s'expliquer sur cet être. Qui osait parler de lui.
 
Sautant du haut de son balcon, Yue atterrit avec grâce sur un bloc de slime non loin, rebondissant tel une balle sur le sol. Habilement, elle se dirigeait vers la grande maison qui maintenant n'était quasiment plus habitée. Elle se souvenait de cette époque ou elle était homme et que cet endroit était son nouveau chez elle. Enfin, son état n'était pas permanent et elle savait qu'avec un peu de concentration, elle pouvait passer d'un état à un autre sans aucune difficulté.  
 
Ouvrant la porte d'entrée, Yue huma l'air, c'était là où elle avait changé pour la première fois, cet endroit où celle qu'elle aimait l'avait laisser, seule... Yue aimait a se dire que les être humain aimaient laisser ceux qu'ils aiment derrière eux. Bien avant, Yue n'avait jamais connu tout cela, l'amour, l'amitié, la compassion n'étaient que des émotions inutiles qui parasitaient son esprit tel un cancer rongeant jusqu'au plus profond l'âme et le corps d'un être sans défense. Elle n'avait jamais trouvé cela utile, et ne s'en embarrassait pas plus que de mesure. Mais aujourd'hui tout était autrement... La proximité de Saguya, le lien de parenté avec Trisha, ce qu'elle ou il avait tissé avec Seïra... Tout cela avait changer l'être démoniaque en une autre personne. Et Yue s'en rendait bien compte, elle sentait que tout cela venait envahir son cœur, son crâne, son esprit... Mais tout cela ne l'enchantait guère et les émotions que son cœur lui faisait ressentir devenaient de plus en plus lourdes a porter. Tant elle aimerait bien arrêter d'approuver cela... Comment nomme-t-on cela ? L'amour... 
 
Alors qu'elle était perdue dans ses pensées, Yue s'était dirigée vers l'étage sans vraiment s'en rendre compte, ce fut le miaulement d'un chat dans son ancienne chambre qui la réveillait de sa stupeur. Elle posait un regard doux sur les lapins qu'elle avait gardé près d'elle longtemps, Momiji et Toast, et s'assit en face d'eux sur son ancien lit. Les livres étaient tout simplement proches du couchage qu'elle empruntait régulièrement avant. D'un geste presque calculé, elle dirigeait sa main vers le volume qu'elle recherchait, celui de Gustave Litière. Il avait couché sur cette immondice nombreuse idioties et en plus de ne pas s'être arrêté là, il en avait fait cinq tomes... Une trilogie... Pouvait-on être aussi stupide et ne pas savoir qu'une trilogie comptait trois tomes et non cinq ? Yue passait sa main sur son visage en soupirant, elle savait que s'énerver ne menait à rien. Elle soupirait et ouvrit le livre. Des taches de sang ornaient encore çà et là le présent ouvrage. Qui avait été reproduit à partir d'une copie qui était placée chez le dit auteurs, seul exemplaires connu a ce jour et bien sûr, soigneusement déchirer par Yue. Les éditeurs avaient stupidement trouvé cela drôle de reproduire à l'exactitude les différentes griffures que Yue avait fait elle-même sur les ouvrages, prenant cela pour une blague de l'auteur. Qui lui-même avait disparu mystérieusement en laissant derrière lui les œuvre non-complète. Sa famille devait être bien stupide pour croire qu'on disparaît du jour au lendemain en laissant derrière soit toutes ses affaires. Mais passons... 
 
Yue s'était proprement débarrasser de lui, sans aucun scrupule, laisse l'homme porté disparut. La seul trace de lui était un objet non-identifiable qu'elle avait caché dans un coin de sa maison et qui était en réalité la tête de l'auteur lui-même habillement conservée par le biais d'une magie quelconque. Elle rit en pensant à ce moment de grâce quand elle décapita avec ses propres crocs l'homme criant de douleur et tétanisé par la peur. Le corps ? On va dire que maintenant, il est digéré et oublier. Yue se léchait les babines en pensant a cela. Elle avait sans doute tué, mais c'était pour protéger ses intérêts. Elle se promit de ne plus recommencer. Puis cet homme, personne ne s'en souciait, il passait déjà inaperçu de son vivant... Et puis qui irait pleurer un être comme lui... Elle déglutit et comprit qu'elle avait sans doute un peu trop exagéré... Il suffisait juste de brûler les livres... Pas forcément de tuer quelqu'un... Son sang se glaça et elle se rendit compte qu'elle ne pourrait sans doute pas resté comme ça sans s'en vouloir. Mais le fait était fait... Et rien ne pouvait l'effacer de sa mémoire... Un frisson prit la jeune renarde d'un seul coup et elle levait un doigt vers le ciel en lâchant le livre qu'elle tenait. 
 
" - Mais oui !! "
 
Elle prit un livre que Saguya lui avait défendu de lire, mais que, étant un mauvais petit garçon, Yue avait tout de mêmes lus. Il existait un sort qui avait pour principe d'effacer la mémoire sur le cours terme et donc d'enlever la peine qu'un cœur portait en lui. L'idée était pourtant fort simple, elle effaçait de manière directe ce que le lanceur voulait effacer. Mais il y avait un prix à payer, comme tout, comme toujours tout. On n'a jamais rien avec du vent... 
 
Feuilletant le livre à la hâte, Yue survolait des yeux les pages qui passaient devant ses yeux. Le sortilège était simplement nommé : Larme de l’oubli.
Il était simple et a effectuer, mais le prix qui était demandé n'était aucunement noté, il y avait seulement un petit texte écrit dans une langue que malheureusement, Yue ne connaissait pas et qui avait l'air d'être du... Chimérique ? Yue se demandait si une telle langue existait. Elle prit un profond soupir, il ne fallait pas grand chose qu'elle n'avait pas déjà sur elle : Du sang, une larme et un objet précieux. Yue n'avait pas grand chose de précieux sur elle, a part sans doute un morceau de cire que Seïra lui avait donné. Un petit bout de cire qu'elle affectionnait plus que tout autre chose. Mais pour oublier, il fallait donner ce qu'elle aimait le plus et cette chose l'était. Elle prit le morceau de bougie et le posait sur le lit non loin d'elle. Il était sans doute important de garde cela a porté de vu.
 
Le rite était simple, il suffisait de réciter la formule avec précision et de poser les offrandes sur une cercle magique a même le sol. Yue s'était munie plus tôt d'une craie et d'une poche de son kimono, elle le sortit. Habilement, elle reproduit le dessin dans sa juste valeur et posa sur le sol le bout de cire. Elle passait sa main gauche sur son très cher katana et d'un geste précis, elle l’ôtait de son fourreau légèrement, juste assez pour se couper. Pressant son doigt au-dessus du cadeau qu'elle avait reçu, elle laissait tomber quelques gouttes du précieux liquide. Il ne manquait plus que les larmes... Mais, il ne suffisait à Yue que de penser aux sentiments qu'elle éprouvait pour s'émouvoir elle-même. Et des larmes douces-amères tombèrent sur le sol, sur les taches de sang... Tout était près et il ne restait plus que les formules a récité. Elle prit son souffle et posant les yeux sur le texte, elle récita ses mots : 
 
564424Formuledeloublit.png

[Traduction : Dieux anciens, je vous offre ses sentiments, pour que dans mon cœur soit lavé la douleur. Et que plus jamais, les larmes ne coulent, et que plus jamais, je ne souffre.]

 
Une volute d'une couleur nacrée argenté envahis aussitôt la pièce, une odeur de menthe et de citron se fit sentir nettement. Les paupières de Yue se firent lourdes et l'espace d'un instant, elle perdit légèrement connaissance. Ouvrant les yeux, elle les plissait légèrement avant de battre des paupières rapidement. Elle n'y comprenait rien. Pourquoi avait-elle fait un sort ? Baissant son regard, elle comprit bien vite qu'elle avait en fait lancé un sortilège d’oubli. Si elle avait oublié pourquoi elle l'avait fait, c'était une bonne chose, car cela signifiait qu'elle avait réussi. Une petite victoire sans nul doute. Fixant les objets utilisés, elle se mit à comparer. Le sang y était, les larmes aussi sans nul doute, car elle reconnaissait qu'elle avait les yeux humides. Mais pourquoi donc un bout de cire ? Un vulgaire morceau blanchâtre de bougie ? À quoi bien pouvait-il servir et pourquoi elle y était attachée. Yue posait un doigt boudeur sur sa bouche et se demandait pourquoi cela. Mais levant les épaules, elle se dit que ce n'était sans doute pas important et qu'elle avait juste oublié quelque chose qui n'avait pas d'impact direct sur sa vie. Rien de bien important, ce n'était qu'un bout de cire... Un bout de bougie. Un passé qui n'avait maintenant plus aucune importance. 

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Oh ! Yue/Zorro/Pimoussy (barrez la mention inutile) Continu son Rp !

Ch'est beau, bien écrit, plein de finesse, plein de tristesse, plein d'amure. (mais moi j'apparais pas, zut, le chaton veut pas me voir)

triste que t'oublie le cadeau de la reine de Ryalkan, tu seras punie pour se méfait !

bref calins et continue comme ca ! je veux la suite !

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Comme beaucoup ont dû le remarquer, j'ai un peu (beaucoup, passionnément, à la folie...) disparu de minefield et de fait, sans doute un peu arrêter les rp. Je sais, je suis fautif et je m'en excuse. Cela fait donc un an que je n'ai pas posé un seul texte, ce qui est plutôt triste pour une personne comme moi, férue d'écriture et qui aime a coucher ses émotions sur du papier (Oué bon, je sais, là, c'est un forum). J'ai donc décider a écrire un court rp, qui expliquerais le départ de Pimou, mais aussi un peu le mien (si si cherchez bien.). Ce n'est donc pas un rp d'adieu, mais celui d'un retours, un peu poussé, mais bel et bien présent. Je vais sans aucun doute écrire la suite sous peu (en tout cas plus vite qu'entre la dernière fois et celle-la *upupupupupupupupupupu*). J'espère qu'avec le peu d'entraînement, je n'ai pas trop perdu de ma patte et je m'excuse si cela n'est pas du niveau que je vous avais habitué dans le passé. Et sur ce, je vous laisse avec le texte ! Bonne lecture a tous !

Chat-pitre 03 : Un nouveau départ ~ Troubles et magie interdite.

 

Dans sa main un bout de bougie en bonne partie consumée par la chaleur d’une flamme vive, ses doigts se serraient peu à peu sur l’objet en question. Aussi loin qu’il s’en souvienne, il n’eut pas souvenir d’avoir eu ce genre d’objet près de lui, ni l’occasion d’en garder un près de lui sans une seule raison valable. Mais il y avait quelque chose qui le retenait encore a ce morceau sans aucun intérêt. Il ou elle, a vous de voir, plongeait son regard sur l’objet en question. Dans sa tête, plusieurs émotions se mélangeaient donnant un méchoui immonde de contrariété. Machinalement, elle le mit dans la poche de son kimono et poussa un long et profond soupir. Rester là inerte dans cette pièce mal éclairé n’allais pas l’avancer à grand-chose. Et cela faisait sans aucun doute plusieurs jours qu’elle se posait la question sans qu’aucunes réponses ne viennent titiller son esprit fertile.

Elle avait déjà bien à faire et depuis peu, la demoiselle avait fait l'acquisition d’une maison dans les quartiers Indigène de Stendel, et avait quasiment fini la décoration de celle-ci. Elle se posait encore la question du pourquoi avoir prit une maison à Stendel et pourquoi si proche du quartier des enchanteurs. D’après elle, il manquait encore un petit truc dans cette demeure fort bien a son goût, où elle put laisser cours à son imagination et faire de cet endroit une place ou la magie pouvait régner en maître, elle était plutôt satisfaite de la chose.

Dans une pensé presque fugace, elle se dit intérieurement qu’elle pourrait peut-être continuer son enquête sur l’objet qui l’intriguait tant dans un endroit bien à elle. Et c’est ce qu’elle se mit en tête de faire. Se levant tant bien que mal de son canapé bien que confortable, baissant ainsi les yeux vers son kimono qui avait été quelque peu froissé par l’étalage de la demoiselle sur celui-ci. Dans un autre long soupir, elle levait les épaules et d’un air las, elle parut se dire qu’elle n’en avait rien à faire.

Une nouvelle fois, elle invoqua un portail, tout aussi violine tout aussi froid que ceux qui l’on précéder juste avant. Il menait non pas directement à sa maison, mais sur la place de Stendel, elle avait a faire avant et aller directement dans sa maison n’allait que lui ajouter du chemin inutilement. Traversant celui-ci, elle serra sa main sur sa poche, l’air totalement concentrée sur sa tâche. Dans son mouvement, elle ne se rendit pas compte d’où elle allait et percuta au passage une personne une fois arrivée a Stendel. C’était doux et chaud, duveteux même. Mais cela eu pour effet de réveiller Yue un bon coup. Levant les yeux vers l’obstacle qu’elle avait rencontrer, elle vit avec stupeur que ce n’était rien d’autre que sa mère adoptive Saguya. Bizarrement, celle-ci eue l’air de le reconnaître et sourit de toutes ses dents. La réaction de la louve avait l’air de surprendre Yue au plus haut point et elle essayait tant bien que mal de rendre le sourire de sa chère mère adoptive.

- Pimoussy ?

Baissant les yeux, passant sa main dans sa longue chevelure, Yue fit un signe de tête positif. 

- Mère...

- Oui ?

Raclant sa gorge et prenant un air sérieux, Yue levait les yeux vers le visage lupin de son interlocuteur.

- J’aimerais te parler. Juste toi et moi… J’ai quelque chose a te… Je ne sais plus…

Penchant la tête sur le côté Saguya semblait intriguée, mais nullement choquée. Yue prit donc le pas sur sa mère et se retournant elle leva la main vers elle.

- Je t’emmène à ma nouvelle maison, viens. Nous serons plus tranquilles pour parler.

 

 

 

La discussion avait été longue et Yue était fatiguée, très. Elle se souvenait des paroles de sa mère comme d'un echos dans sa tête, elle lui avait promis de retrouver qui avait bien pus lui offrir cette bougie. De nouveau dans sa maison à Al'Maagik, après une longue marche, Yue n'avait qu'une envie, s'allonger dans son lit et ne plus penser a rien. Sa nouvelle apparence polymorphe mais surtout féminine était encore déroutant pour elle. Penser au féminin était presque un miracle dans la tête du goupil. S'écrasant sur son lit, le ventre, le premier, elle enfouit son visage dans l’oreille le plus proche. Tel un vague a l'âme, une douleur envahissait sa poitrine, sans qu'elle ne le sache réellement pourquoi. Avec le sommeil, vint des larmes, sans expliquer pourquoi Yue s'endormit en sanglotant, en proie a des angoisse qu'elle n'avait jusque-là jamais connu.

 

 

[...]

 

Tout était noir. Profondément noir. Aucun bruit. Le vide absolut.
Comme aspirée par le néant, Yue ne savait plus où était le nord, le sud, le haut ou le bas. Tout était confus. Des éclairs semblaient être visible, tonnant de toute leur force, faisant trembler même tout le corps de Yue. Des flash incessant, des images, des personnes, mais Yue ne pouvait voir ce qui se passait sous ses yeux. Des cris, de terreur, de la douleur. Yue ne comprenait plus ce qui lui arrivait. Pour la première fois de sa longue, oh trop longue vie, il avait peur. Il aurait voulu s'enfuir, mais il ne pouvait pas, chacun de ses pas le menait nul part, comme avançant sur place, sans aucun repaire ni accroches. Désespérée, elle se laissa s’effondrer sur le sol. Si sol, il y avait. Elle levait les yeux vers ce qu'elle pensait être le ciel, sans vrai succès. Elle sentit des larmes couler sur ses joues. Comme si toute cette douleur, sans aucune raison, n'avait de cesse de la torturer.
Puis d'un coup, tout devin bleu et chaud.

 

[...]

 

Se levant en vitesse, Yue prit compte de ce qu'il s'était passé. Elle s'était endormie et sa maison avait visiblement pris feu. Les flammes léchaient ses mains, ses joues, elle assise sur les restes de son lit. Il ne restait plus rien que des cendres encore chaudes sous ses pieds. La maison continuait de flamber, ne laissant pas d'autre choix à la renarde que de quitter rapidement sa maison au plus vite. Ne pouvant emporter ne serait ce que sa propre personne. Yue se précipitait hors de cette fournaise. Tout était perdu... Son chat, ses souvenirs, ses livres, tout. À croire que tout faisait pour qu'elle se détache de son passé et qu'elle perde tout ce qui l'attachait a.... À quoi ? Elle se souvenait même plus de quoi. Le tableau de sa mère, fierté de la renarde, les cadeaux de ses amis, tout... Tout ! Il ne restait plus rien. Elle s'assit devant ce désastre, résignée et dévastée par ce qui était arriver. Elle avait oublié quelque chose, elle en était certaine, mais, le signe était là. Il ne fallait pas chercher quoi. Il y avait quelque chose qui lui indiquait qu'il fallait maintenant prendre un nouveau départ, une nouvelle renaissance. Mais ce nouveau départ était bien amer, son pauvre chat n'avait rien fait et il n'avait pas mérité cela... Sanji... Yue plaqua ses mains sur son visage, les larmes continuaient de couler. Secouée par des sanglots, elle n'arrivait pas à reprendre ses esprits, elle n'avait qu'une envie, se lover sur le sol et ne plus bouger. Tout ça n'avait plus aucun sens. Plus aucune logique. Avait-ton insufflé une humanité dans cet être qui se voulait être un démon ? Yue ne savait pas, elle ne savait plus. Elle se mit à pousser des cris, plus des grognement, dans une douleur qu'elle n'avait jamais connu. Elle se laissait encore allée au sommeil encore une fois tout en pleurant.

[...]


Le soleil était bien haut quand elle se réveilla, les yeux embrumés et la poitrine écrasée par un poids chaud et doux. Baissant les yeux sur cette masse, elle remarqua avec stupeur que son fidèle ami félidé avait réussit à sortir de la maison avant qu'elle ne finisse en cendre. L'animal semblait n'avoir pas souffert de brûlure, mais sa fourrure, qui était autrefois parsemée de poils blancs, était devenue d'un gris totalement uniforme. Dans un élan de joie, Yue serrait l'animal contre elle, le réveillant dans la foulée. Il broncha, rien qu'un peu. Mais Yue était soulagée, elle n'avait pas perdu son plus proche ami, il était encore là.
Caressant son fidèle ami, elle se laissait à regarder le ciel, qui était d'un bleu magnifique. Levant le bras droit vers le celui-ci, elle fit mine de serrer la main a une entité inexistante. La vie lui avait peut-être offert la possibilité de recommencer une vie ? Une chance d'être ce que ses mères avaient tout fait pour qu'elle soit ? Yue vit une chance dans tout ça. Un nouveau corps, qu'elle n'avait pas pour l'instant envie de quitter, une nouvelle identité qui s'infiltrait en elle tel un rayon de soleil par les vitres d'une maison. Elle sourit à ce jour nouveau, des idées pleins la tête et une envie de tout recommencer. Rebaissant les yeux vers son ami, elle lui dit d'une voix douce et calme :

- Sanji ?

L'animal lui répondit d'une voix plaintive, presque éteinte, enrouée par les fumées qu'il avait dû respirer. Cela avait eu l'air de plaire à la renarde, qui soupira de soulagement.

- Je pense qu'on va partir. Et aller vivre loin d'ici, loin de notre passé. Loin de ce que je ne connais plus. Loin. Je ne sais pas où je vais aller. Mais je veux changer, que tout change. Et si mère avait eu raison ? Si ce qu'elle avait dit était vrai ? Et si j'avais vraiment du bon en moi.

Se soulevant, portant son chat dans ses bras, elle frappa du pied le sol. Elle était enfin décidée. Mais où aller ? Dans une dimension qu'elle créerait de toutes pièces ? Chez des amis ? Les nains ? Ses vilains gardes aux vêtements bariolés ? Chez sa mère... Trisha ? Elle cherchait au plus profond d'elle-même où elle pourrait bien se réfugier. Tous étaient sans aucun doutes bien gentil, bien-pensants, elle n'avait pas envie de fréquenter la populace aussi rapidement que cela. Il lui faillait du temps avant de se remettre de ce qu'il lui était arrivé, de la perte de sa maison, sa toute première, de sa mémoire, mais aussi de tout ce qui l'attachait a son passé. Juste un moment, rien qu'a elle, où elle aurait droit de penser qu'a elle, vraiment. C'était très égoïste de sa part de s'en aller aussi loin et aussi longtemps. Mais elle en avait besoin. Elle ne savait pas combien de temps elle devait partir ni si cela interférerait dans ses relations, amicales ou autre. Disparaître était devenu la seule solution dans son crâne de canidé.
Sa décision prise, elle se décida à partir dans une dimension inconnue de tous et surtout, introuvable. C'était bien là la seule solution. Prenant son chat d'une seule main, elle leva l'autre vers l'avant, écartant les doigts le plus possible. Elle psalmodiait quelques mots, inaudible, dans une langue presque inconnue. Un tourbillon l'enveloppa et sans qu'un seul portail violine n’apparaisse, Yue disparu dans une bourrasque de fleur de cerisier. Ne laissant pour seule preuve de son passage, une poignée de poils blancs et un amas de pétales roses et givrés.

 

Edited by Valeeryah

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Bonjour, bonsoir. Voici donc un nouveau chapitre (double) sur le passé de Pimoussy. Qui sera un peu a part de fait et sera noté comme étant le cycle 0. Sur ce, je vous laisse avec cela et vous souhaite une bonne lecture ! 

Cycle 0 - Anar'alah belore - Les origines du démon

 

- Chapitre premier - Bal'a dash, malanore -

 

Il y a longtemps, dans des terres inconnues de tout stendelliens, vivait une divinité, mais non des moindres, celle de la terre. Mikage, de son doux nom, était une jeune femme dans la force de l'âge, d’apparence juvénile. Cet être était tout bonnement immortel. De longs cheveux de couleur miel descendaient en cascade jusqu'à ses genoux, et encadraient un visage poupin aux joues rondes et rosées. Elle avait des yeux malicieux d'un vert vif qui semblaient sonder votre âme à chaque instant. Mikage avait pour habitude de fréquenter les démons du voisinage et de leur rendre visite régulièrement. Pure comme la lumière, elle s'aimait à répandre la douceur et la gentillesse autours d'elle. Et recueillait tout démon souhaitant se repentir de ses méfaits ou pour tout bonnement être protéger des autres. Le cœur sur la main, cet être rayonnait de mille feu. Elle était un havre de paix dans ce monde où la terreur régnait en maître. Dans son temple, tous se réunissaient le sourire aux lèvres, aucun ventre n'étaient vide, tous riaient de bon cœur. C'est ainsi qu'allait la vie au temple de la terre.

 

En visite dans le temple voisin, Mikage avait en tête d'aller voir comment se portaient les elfes de la région. Edward Curtis, fidèle de la divinité du vent, était présent encore lors de la visite de notre jeune amie. Celle-ci le salua promptement et entama une conversation des plus plaisantes. Le jeune homme racontait ses exploits lors de la bataille contre les Yokais et semblait montrer un vif intérêt à la jeune demoiselle. Qui, quand a elle, ne répondait à aucunes de ses avances. Elle avait voué sa vie et son cœur à la lumière, mais surtout à la terre, et aucun être ne pouvait la dévier, elle était inébranlable. Cette journée aurait ressemblé a beaucoup d'autre si, Edward, n'avait pas montré ce qu'il avait trouvé plutôt lors d'une des batailles, dans un coin reculé de tout, dans une situation des plus périlleuses, un œuf d'une couleur pourpre violine aux reflets rougeâtres.

 

Edward avançait une main tremblante vers Mikage qui, baissant les yeux, souleva un sourcil d'étonnement.

 

«- Un Shikigami ?

 

- Que voulez-vous dire par la dame Mikage ?»

 

L'elfe parut surpris de ce que venait de lui répondre la jeune divinité et il regarda fixement l’œuf, comme s'il essayait de voir à travers, manipulant avec précaution l'objet qu'il avait entre les doigts.

« - Je présume. Mais je ne suis pas réellement sûre. »

 

Elle prit des mains d'Edward l’œuf en question et le regarda de plus près.
 

« Cela ressemble pourtant à l'énergie d'un démon... »

 

Elle-même outrée par ce qu'elle venait de dire, elle serra un peu plus le petit être contre elle, risquant ainsi de le casser. Edward n’eut pas son mot à dire, qu'elle fit demi-tour et lui dis d'une voix vive :

 

« - J'ai à faire. »

 

Elle partit rapidement, sans même demander au pauvre elfe si elle pouvait emmener avec elle l’œuf. On entendait au loin l'homme tenter de la retenir, mais, dans sa précipitation, la divinité n'entendit rien. Elle voulait être en paix pour mieux regarder cette chose qu'elle venait de voler. Ou plutôt d'emprunter.

 

Dans ses mains d'une blancheur immaculée et d'une finesse remarquable, trônait un joli œuf, à peine plus gros que celui d'une poule. Elle frotta doucement la coquille, comme pour essayer de la caresser. Des mouvements se firent sentir, comme si la chose a l'intérieur avait réagit au contact. Il y avait bien la vie dans cet objet. Il fallait donc en prendre soin, une grande attention. Mikage s'était décidée de le faire éclore. Plus par curiosité que par réelle envie de le voir naître. Elle voulait savoir ce que pouvait contenir un si petit contenant. Quelque chose qui ressemblait trait pour trait à un Shikigami, mais qui avait la puissance d'un démon primordial. Ce n'était tout bonnement pas pensable pour la divinité, qui avait pourtant l'habitude de ce genre de choses. Elle avait elle-même quelques Shikigami la servant, mais c'était bien la première fois qu'elle en voyait un de cette puissance. Elle eut donc l'envie de le ramener chez elle.

 

Bien confortablement placé sur un coussin des plus doux, le petit œuf, trônait magnifiquement non loin du lit de Mikage. Elle avait bien passé sa journée à le contempler, nourrissant ainsi l'être qui l'habitait de son énergie magique. Elle s'amusait à lui chanter des chansons, le réchauffer doucement près d'elle. L’œuf menait une vie d’œuf. Au chaud et en sécurité. Elle avait fortement envie de lui donner un petit nom, mais ne connaissant pas le genre de l'enfant, elle se laissa à lui donner son propre nom de famille, De la lune rousse. Et se mit peu à peu à le nommer juste « Lune ». Des soirs où la divinité se sentait seule, a à se laisser aller à lui raconter sa journée, ses humeurs, mais aussi lui dévoiler ce qu'elle avait au plus profond de son cœur. Peu à peu, même si ce n'était qu'un embryon, Mikage s'attacha à cet être, qui semblait prendre tellement de temps à éclore. Tellement... Tout Shikigami qui se respecte aurait éclos en une semaine, mais Lune n'en avait que faire des habitudes, et même après deux longs mois, il n'avait pas pointé le bout de son nez. Mikage était réellement pressée de voir ce que pouvait contenir celui-ci. Elle en prenait donc le plus grand soin. Il était devenu peu à peu, dans une certaine mesure, son enfant. Dans les terres de la dimension de Sin'thalas, il était rare de voir des œufs tels que Lune. Bien trop rare. Et le temps passa bien vite. Si vite que Mikage, en oublia que l’œuf était censé donner un être magique.

 

°o._.o°o.____________________________________________________________________________.o°o._.o°

 

Cela faisait une centaine d'années que Mikage avait recueilli Lune. Elle avait presque oublié que sous cette coquille vivait un petit être. Elle avait totalement oublié. Les années avaient fait de l’œuf, un objet bien plus épais et solide, et Mikage le transportait partout où elle allait. De fait, qu'il était en contact avec elle de manière constante. Abreuvé de sa magie continuellement. Un jour, qu'elle passait son temps à admirer la couleur de son cher objet, elle remarqua une fissure. Inquiète, elle se mit à gratter de son ongle pour évaluer la gravité de la chose. Dans un mouvement maladroit, elle enleva un bout de la coquille, qui laissait apercevoir une touffe de poils blancs. Un mouvement sec, un craquement, un autre bout était tombé sur le sol, laissant entrevoir une truffe noire. Encore un effort et un bout de museau se fit voir. Lune était en train de naître. Avec tous les efforts du monde, le petit Shikigami arriva sans grande peine à sortir de sa prison centenaire. Un magnifique goupil de poche trônait près de son ancienne maison dans la main de la divinité. Un tout petit être, à peine plus grand qu'un chaton de trois semaines, la fixait de ses yeux violine. Pendant ce petit laps de temps, Mikage ressenti un pincement dans son cœur, celui-ci battait plus fort et plus vite qu'à l'habitude, ses yeux était plongé dans les yeux lupins qu'elle avait en face d'elle.

 

« - Yue... »

 

Elle murmura ce mot dans un souffle. Comme si cela lui était venu tout naturellement. L'animal pencha la tête sur le côté et poussa un léger jappement. Yue était née. La divinité était heureuse. Elle souriait.

Dans la paume de Mikage, Yue s'assit, avait l'air d'attendre quelque chose. Celle-ci leva une main hésitante vers le démon et le caressa du bout du doigt. Assez étrangement, le goupil se mit à ronronner. Ce qui fit rire la divinité.

 

« - Que tu es adorable. »

 

Elle se laissa aller à le grattouiller un peu plus. Et Yue se mit en boule dans la main de sa nouvelle propriétaire. Il semblait être chez lui, au chaud, dans l'endroit le plus sûr du monde.

 

[...]

 

Yue et Mikage avaient pris l'habitude, de passer le plus clair de leur temps ensemble. Elle apprenait les rudiments de la parole au goupil, lui enseignait les plaisirs du jeu. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, Yue eut une croissance plus que rapide, et passa en quelques mois de la taille d'un petit rat à celui d'un loup. Puis peu à peu, à celui d'un cheval bien bâti. Le Shikigami n'aurait jamais dû prendre une taille pareille. Mais Mikage ne savait pas le moindre du monde qu'un démon puisse prendre de tel ampleurs. Peu à peu, les deux êtres, devinrent complices et Yue avait appris avec le temps à communiquer avec un langage quasiment parfait. Souvent, ils se promenaient ensemble. Elle sur le dos de celui-ci, tel une monture. Le goupil à la fourrure pâle comme une lune et aux yeux violines et elle, jeune femme à la chevelure dorée et aux yeux chlorophylliens. Il n'était pas étonnant de les voir ensemble. Tout le temps. Mais quelque chose semblait avoir changé dans les traits de la divinité, une fatigue, une lassitude, quelque chose avait profondément changé en elle. Et personne n'osait lui dire. Elle semblait... Vieillir.

 

[...]

 

Le temps passait bien vite aux côtés de son nouveau compagnon de vie. Et le goupil apprenait sans cesse de nouvelles choses. Elle le surprenait à dire quelques mots, quelques phrases et même parfois réagir à ce que disait sa maîtresse. Il avait fière allure le petit renard. Et le temps, marqua le monde. Le temps changea Yue. C'est un soir, alors que Mikage allait se coucher, comme tous les soirs, qu'elle remarqua un détail. Peu à peu, Yue semblait... Perdre des poils. Par centaines, par poignées. Ce n'est que le lendemain matin qu'elle découvrit avec stupeur un jeune enfant allongé dans le lit de Yue. Elle le réveilla, se demandant où pouvait être son jeune démon renard. Et l'enfant leva des yeux violine vers elle. Et d'une voix douce, il lui répondit :

 

« - Maître ? »

 

Elle sursauta net, comme figée. Il n'était vraisemblablement pas un Shikigami. Vraiment. Elle lui toucha la joue, hésitante.

 

« - Yue ?

 

- Dame Mikage ? Pourquoi avez-vous l'air si... Vous êtes pâle ! »

 

Yue s'approcha de la divinité, l'air effrayée. Elle ne comprenait plus réellement ce qu'il se passait. Et Yue, lui, avait l'air de ne pas comprendre non plus.

 

« - Que se passe-t-il ? Pourquoi est es-tu... »

 

Yue pencha la tête sur le côté, et baissa légèrement les yeux vers le bas. Il était nu comme un vers et n'avait comme vêtements que la couverture du lit. Mikage semblait être ailleurs.

 

« - Maîtresse ? »

 

La voix de Yue la réveilla soudainement. Elle le fixa dans les yeux et eu l'air plus calme.

 

« - Je ne m'y attendais pas. Mais je pense... Mon petit Yue. Que... Cela doit être... Tu dois être. Un miracle de la lumière. J'en suis sûre. »

 

Elle reprenait des couleurs au fur et à mesure de ces mots. Elle avait foi en ce qu'elle nommait la lumière et à ses yeux, cela était une preuve que les démons n'étaient pas des êtres profondément méchant et que certains étaient des être envoyé par le grand dieu créateur. Du moins, c'est ce qu'elle croyait.

 

« - Maîtresse ? Puis-je vous appeler maman ? »

 

La question de Yue eut pour effet d'étonner Mikage. Mais dans le bon sens. Elle qui avait toujours aidé les autres, elle qui avait toujours été présente. Elle n'avait jamais eu l'idée d'avoir elle-même des enfants. Une divinité n'avait pas la possibilité de faire cela. Mais l'idée d'avoir un enfant, même si à ses yeux le jeune goupil était déjà son fils, la rendait d'une certaine manière heureuse. Il le disait, de sa bouche, elle entendait ce qu'elle avait toujours voulu entendre. Ses mois, ses années passées avec lui, le mot « maman » n'était que miel a ses oreilles. Elle lui sourit comme simple réponse et fit un signe de tête. L'enfant eu pour réflexe de sourire également.
 

« - Merci ! »
 

Le jeune renard se jeta dans les bras de Mikage. Le petit renard était devenu un jeune garçon.

 

[…]

 

C'est à partir de ce moment, que Yue devint un véritable démon renard. Tel que nous le connaissons actuellement, mais dans une apparence plus juvénile. Ses cheveux étaient courts, n'atteignant à peine la moitié de son front, ses joues étaient rondes et rosées, son corps dodu. Il avait tout bonnement l'air d'un enfant dans le début de la dizaine. C'est ainsi que débuta l'éducation de Yue. Chaque jour, Mikage s'amusait à lui apprendre a lire, à écrire, mais aussi l'art de la magie. La maîtrise du feu était la principale magie que pouvait apprendre Yue, même la seule à vrai dire. Car tout démon renard n'avait dans son panel de pouvoir qu'un maigre choix. Et qu'en-dehors de tout cela, il n'avait que son don pour le changeforme. Car, vous l'aurez bien compris, Yue était maintenant maître dans le changement d'apparence. Mais il était différent a cette époque et ses pouvoirs n'était qu'à leurs prémices. C'est alors que la divinité devint peu à peu un exemple pour le jeune renard, il tendait doucement à devenir pareil qu'elle. Un être pur et doux, d'une grande sagesse. La relation entre ces deux-là, évolua pour devenir une complicité sans failles. Régulièrement, la divinité de l'air, venait rendre visite à Mikage et s'amusait à voir grandir Yue.

 

C'est un jour comme un autre qu'il se décida de venir les voir, apportant avec lui, un très précieux livre. Dans celui-ci, des informations sur des démons, des Shikigami, mais surtout, sur la divinité renarde. Dans ce livre, il était dit, textuellement, qu'il existait dans ce monde, des êtres à mi-chemin entre le démon et la divinité, et que de la manière avec laquelle il était élevé influençait le coté vers lequel il allait pencher. Il était clair que Yue s'en approchait le plus. Et la lecture à ce sujet ancrait les idées de Mikage. Il était marqué noir sur blanc, qu'un démon naissant dans un œuf était tout bonnement une rareté. Mais surtout, qu'il était vraisemblablement l'enfant de la divinité goupille. Mikage parut surprise quand elle lut tout cela. Elle le sentait au plus profond d'elle-même, mais avoir confirmation était quelque peu déroutant. Qu'un être puisse dépendre de... Mikage continua à lire, dans le texte, il était marqué que la nature de l'enfant dépendrait du pacte et du maître qu'il avait choisi. Mikage laissa tomber le livre sur le sol et parut encore plus pâle. La divinité du vent, Mitsuki la dévisageait gravement, il se pencha vers elle, essayant de son mieux d'avoir des paroles réconfortantes. Mais tout cela n'eut pour effet que de la paniquer encore plus. Elle se retourna vers la divinité du vent et lui expliqua que cela était bien grave et que si Yue tombait entre des mauvaises mains, il pouvait tout bonnement devenir le pire démon que la région n’eut connu. Mitsuki semblait ne pas s'en faire et riait d'elle. Prenant le livre entre ses mains, il lui expliqua que Yue n'était pas en danger avec Mikage avec lui et que rien ne lui arrivera. Et que... Le démon de la légende viendra jamais détruire tout autour de lui. Ce n'était qu'une légende et Mikage devait ne pas s'en faire pour si peu.

Mais ce fut à partir de ce jour qu'elle commença à devenir plus méfiante envers le jeune renard.

 

[…]
 

« - Mère ? »

 

Yue s'était levé de bon matin et voulait aller se promener près du lac de la ville voisine. Il s'était apprêté et avait mis son plus beau kimono. D'un blanc presque aussi pur que lui, bordé de rouge qui se marient joliment avec la couleur de ses yeux. Il se plaça au-dessus de Mikage bien décidé à la réveiller. Elle dormait encore dans son lit et le jeune renard était largement penché au-dessus d'elle. Il avait bien grandi et ressemblait à un jeune adulte. Les yeux mi-clos, Mikage le fixa d'un air de remontrance.

 

« - Sais-tu l'heure qu'il est Yue ? »

 

Elle grogna à moitié et avait l'air d'être plus fatiguée qu'accoutumer. Yue baissa les oreilles de gêne et descendu du lit avec hâte.
 

« - Mais vous avez promis qu'on se promènera !! »

 

Il avait beau avoir la taille d'un adulte, Yue restait tout bonnement un enfant. Et des larmes commencèrent à perler aux bords de ses yeux, qu'il essuya avec hâte dans un geste presque honteux. Mikage, un peu attendrie par cette scène, se releva de son lit et fit un sourire amusé au jeune renard.

 

« - Oui, je sais. Mais veux-tu me laisser le temps de me lever mon enfant ? »

 

Un sourire radieux apparut sur le visage encore rougi de honte du jeune goupil et il courut vers la porte.

 

« - Tout de suite ? »

 

Mikage lui fit signe de sortir de sa chambre, ce que Yue fit. Attendant derrière celle-ci que sa mère finisse de se changer. Quand il sentit la porte bouger, il fit volte-face et trépignait d'impatience.

 

« - Va va mon fils. Nous avons tout notre temps. Et tu le sais que j'ai déjà préparé le dîner. »

 

Tout heureux, Yue ne se retint pas de montre sa joie, laissant sa queue balayer l'air vivement. Ses oreilles dressées sur sa tête, les yeux rieurs. Cela faisait au moins deux mois que Mikage lui avait promis de l’emmener près du lac de la ville voisine. Mais pas pour uniquement le promener. Elle voulait l’emmener au temple de la divinité renarde. Et voir comment celui-ci allait se comporter en présence de sa véritable mère. .. Cette grande divinité était un être que beaucoup vénéraient pour sa beauté, mais surtout pour sa douceur. Bien plus que Mikage, bien plus que n'importe qui d'autre. Elle était celle qui apportait les bonnes nouvelles et la félicité. Beaucoup de gens en parlaient, mais peu avait eu le plaisir de la voir. Telle une rumeur, personne n'était sûr de sa réelle existence. Et ce, même si Yue semblait en être la preuve vivante.
 

« - Mère ? »

 

Mikage sortit de sa torpeur. Elle était déjà dehors, sur le chemin menant au temple. Yue, peu sûr de lui, les bras chargés de paniers, pour les offrandes, mais aussi pour le repas du midi, tremblait légèrement. La santé de Mikage s'était beaucoup étiolée depuis que le jeune goupil était dans sa vie, non pas parce qu'il était nocif, mais parce qu'il était très gourmand en magie. Et qu'elle passait son temps à le « nourrir » de son pouvoir. Sous ses yeux, des cernes étaient marqués, mais nul autre signe de maladie était visible. Elle pencha la tête sur le côté et mima un sourire. Ce qui eut pour effet de rassurer l'enfant.

 

« - Nous y sommes presque. » Rassura-t-elle maladroitement son jeune fils.

 

Dans l’horizon de la vision de Yue, un joli lac, une forêt fournie et verdoyante, mais surtout, un temple recouvert de feuilles d'or. Les cerisiers étaient en fleur et l'odeur qu'ils dégageaient emplissaient les poumons d'une fragrance sucrée et légère. Pendant quelques secondes, Yue se sentit libre. Ses yeux brillaient de mille feux et lâchant sur le sol les deux paniers de nourriture, il se précipita vers le lac. Il se retourna vers Mikage le sourire aux lèvres.

 

« - C'est ici mère ?! »

 

Mikage parut amusée de la manière où tout illuminait de joie la jolie frimousse de Yue. Elle s'avança vers lui et déposa non sans peine une main amicale sur l'épaule de son jeune fils.

 

« - C'est ici. »
 

L'enfant perdit son regard vers le temple et un instant, il parut absorbé par la présence de celui-ci.

 

« - Qu'est-ce donc ? »

 

Mikage lui répondit dans un réflexe presque soudain.
 

« - Le temple de la divinité renarde. Inari. »

 

Le regard de Yue passa de sa mère au bâtiment plutôt rapidement. Ne comprenant pas vraiment où elle voulait en venir.

 

« - Cela est important ? »

 

Mikage ne répondit pas à cette demande. Et laissa le jeune renard sans réponses. Elle s'approcha des paniers, en ouvrir un, et mit sur le sol un drap blanc. Où elle s'y assit aussitôt posée.

 

« - Tu peux aller voir si cela t'intéresse. »

 

Elle semblait tellement calme que Yue n’eut mot dire à cette réflexion. Il s'assit à côté d'elle et répondu tout simplement.

 

« - J'ai faim mère... »

 

Le repas se passa sans encombre, sans qu'aucun des deux partis n'ouvrit la bouche autrement que pour manger. Yue semblait troublé et Mikage détachée. Décidant qu'il était trop pour lui de rester dans cette ambiance. Yue se leva brusquement et se mit à marcher en direction du temple.

 

« - Je vais me promener un peu... »

 

Ne comprenant pas ce qui se tramait exactement, Mikage laissa son fils s'en aller. Elle soupira longuement.

 

Le chemin qui menait vers le temple était parsemé de pierres grises, et serpentait au gré du lac. Il ne savait pas pourquoi, mais le renard était attiré par cet endroit. Le chemin qui lui parut si court, arriva rapidement à son terme. Il avait et n'avait pas envie d'y aller. Regardant la porte qui menait vers l'intérieur de la bâtisse, Yue hésita un moment. La main perchée au-dessus de celle-ci. Entre l'envie de savoir et l'envie de fuir. Il sentait au plus profond de lui qu'il était attiré, comme appelé par quelque chose à l'intérieur. Quelque chose qui semblait...

 

- Chapitre second - Minn'da -

 

Tout était flou. Tout. Quand Yue ouvrir les yeux. Tout n'était que cendres. Son kimono, qui était d'une blancheur implacable, était tâché de sang. Ses yeux, embrumés, il n'arrivait plus à voir clairement ce qui il y avait devant lui. Quelques secondes avant de toucher cette porte. Il ne se souvenait plus de ce qu'il s'était passé. Baissant les yeux, il sentit une douleur, atroce. Levant les yeux vers là où devait être sa mère. Il se rendit compte avec horreur que tout n'était que ruine. Et là, là où elle aurait dû être... Yue se mit à hurler. De douleur. Des larmes lui vinrent aux yeux. Sa mère... Sa tendre mère. Se traînant vers elle, comme il le put, il se rendit compte qu'il lui manquait la moitié d'une de ses jambes. Il se vidait peu à peu de son sang. Sa mère. Elle... Il se rendit compte avec douleur, que la vie n'était plus présente dans les yeux chlorophylliens de Mikage. Il ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer. Pourquoi elle avait été tuée, et surtout pourquoi il avait été mortellement blessé. Tout autour de lui n'était que cendre.

 

Non loin de là, une forme lupins semblait l'observer. Il eut un frisson et jeta un œil vers cette présence. Elle était bel et bien là, la divinité renarde. D'une blancheur implacable, tenant dans ses mâchoires la divinité du vent. Yue se laissa à rire, un de ceux qui semblait vous emporter doucement vers la folie. Serrant contre lui la première personne à l'avoir aimé, celle qui lui avait donné la vie. Il se laissa à sangloter.

 

Quelque chose semblait pousser avec douceur Yue. Il leva les yeux, rougis par les larmes. Une grande renarde était près de lui, et semblait essayer de le consoler. Elle posa sa tête sur la sienne et pleura avec lui. De ses yeux, des larmes chaudes coulaient et rebondirent sur les blessures du jeune renard. Peu à peu, les membres qu'il avait perdus retrouvèrent leur entièreté. Et peu à peu, la douleur physique laissa place à celle qu'il avait dans le cœur. Dans sa tête, une voix semblait essayer de l’apaiser. Douce et claire, comme celle d'une cascade. Elle lui expliquait ce qu'il s'était passé. Le piège qu'avait tendu la divinité du vent pour défaire celle de la terre. Le carnage qui s'en était suivi. De la mort des deux divinités, des blessures de son fils... Son fils. Ce mot fit qu'un tour dans l'esprit de Yue, qui leva les yeux vers la tête lupin au-dessus de lui.
 

« - Qu'avez vous dis ? »

 

Inari poussa un long soupir. Et encore une fois, s'exprimant à travers l'esprit du goupil. Elle lui expliqua qu'elle avait perdu un de ses œufs il y a longtemps sur Sin'thalas. Qu'elle ne savait pas où il était et que cela l'avait nettement affectée. Contrairement aux autres divinités, Inari ne vivait pas parmi les êtres mortels, et restait la plupart du temps parmi les dieux. Car tel était son destin. Celui d'être le familier des dieux. Et d'engendrer des êtres tel qu'elle, qui serviront de servant pour qui souhaitera faire un pacte avec celui-ci. Elle apprit la réelle nature de Yue. Il n'était ni démon, ni humain, il était l'enfant d'une divinité. Partageant son immortalité avec celle-ci. A tout jamais. Voué à servir celui qu'il jugera bon être son maître.

Un frisson parcourut le corps encore endolori de Yue. Il serra un peu plus Mikage contre lui. L'idée de changer de vie lui était insurmontable. Il ne pouvait pas la laisser seule.

 

« - Rendez lui la vie... »

 

Des larmes coulèrent un peu plus sur ses joues, il n'arrivait plus à les retenir. Comme simple réponse, insatisfaisante, il eut le silence. Personne ne pouvait ressusciter une divinité. Pas même une autre. Immortelles, mais pas in-tuable, tel était la destinée de toutes divinités comme elle. Toutes, celles qui sont vouées à rester sur cette terre, avec les êtres mortels, ayant été choisis parmi ces derniers par les dieux. Personne ne pourrait la faire revivre. Elle sera tout simplement remplacée. La voix de la renarde résonnait comme un coup de couteau en plein cœur de Yue. Elle sera remplacée. Mikage, être qui était unique aux yeux de Yue. Comme un vase qu'on aurait cassé. Remplacée. Il se recroquevilla un peu plus sur le corps sans vie de sa mère. Il était seul maintenant. Voué à rester sur cette terre seul. Souillé par l'air de cet endroit où nuls enfants de la renarde n’avaient grandi.

 

« - Tu ne pourra plus jamais retourner chez toi. »

 

Inari avait enfin ouvert la bouche. Et ce, pour lui écraser un peu plus la vérité au visage.
 

« - Mikage, divinité de la terre n'est plus. Vis mon fils. Et ne te retourne plus. »

 

Un peu plus, la douleur en son cœur devenait plus forte. Un peu plus, ce que disait sa véritable mère était comme une punition à ses yeux. Peu à peu, la haine pour les êtres divins et les mortels s'implanta dans son cœur, comme une mauvaise graine. La douleur. N'avait de cesse de le ronger. Il se leva d'un bond, laissant le corps sans vie de la divinité au sol.
 

« - Vous... Je... Vous déteste tous.

 

- La haine ne te mènera à rien mon fils. » Rétorqua Inari.

 

Yue n'avait aucunes envies d'écouter ce qu'avait à dire cet être qui n'avait jamais été capable de se manifester avant. Il enleva à la hâte son kimono, et tourna dos à sa génitrice.

 

« - Partez. Mais sachez. Que si je vous retrouve. Ce ne sera pas un fils que vous aurez en face de vous. »

 

La renarde n’eut pour réponse que de disparaître comme elle était venu. Dans un tourbillons violine, Yue se transforma en un être entièrement lupin. Il n'avait plus envie d'essayer de vivre une vie humaine. Il avait juste besoin d'abandonner quelque temps, cette existence qui le faisait souffrir.

 

[…]

 

Allongé, dans son lit, sous la forme qu'il aimait le moins, humanoïde, Yue fixait le plafond avec une fascination presque déroutante. Il se rappelait de ce qu'il venait de faire, des milliers d’innocents qu'il venait de tuer. Il laissa traîner une main vers le côté de son lit, prenant sous son passage un bout d'une main humaine. Il la porta à la bouche et mâchouilla un doigt. Tout ceci n'avait qu'affirmer sa haine envers les humanoïdes, tous autant qu'ils sont. Les humains, les elfes, les nains... Tous ces êtres qui devaient être morts. À quoi bon leur servirait de vivre si c'est pour mourir ensuite ? Yue leur rendait service en quelque sorte. Il mâchouilla un autre doigt. Il ne comprenait pas. Laissant échapper un rire dément, il ne comprenait pas. Se levant de sa couche, il baissa les yeux vers son kimono encore une fois couvert de sang. Combien de temps vit-il comme cela ? Au moins quelques centaines d'années. Il se souvient plus vraiment à quoi ressemblait Mikage, de ses années, ses centaines d'années qu'il avait vécues avec elle. Du millénaire qu'il avait mit à l'aimer. Comme un enfant aime sa mère. De tout ce temps passé avec elle, balayé en quelques secondes par un être qui n'avait pour but que de se venger. De quoi. Même Yue l'ignorait. Mikage lui avait jamais parlé des conflits qu'elle avait avec les autres divinités. Mais il était facile à comprendre qu'un être tel qu'elle était très mal vu. On ne peut pas aider des mortels et des démons en même temps. Son hérésie avait sans doute fait tort aux autres divinités. L'image qu'elle donnait d'une personne faible, incapable de faire la part des choses. Que tout ne pouvait pas être sauvé. Et que tout n'était pas que bonté. Yue secoua la tête, essayant de chasser ses idées de sa caboche.

 

Il regarda autour de lui, il n'était même pas dans sa chambre et encore moins dans sa maison. Il était resté dans le village qu'il venait de décimer. Pendant un moment, il se demandait pourquoi il faisait ça. Cela avait-il un but ? Yue n'avait sans doute pas envie de réfléchir plus à ses actions. Il avait juste envie que la douleur s'arrête. Malgré les années qui s’étaient passées depuis la mort de Mikage, il ressentait toujours et encore ce sentiment de manque. Elle avait laissé en lui plus qu'il pouvait l'avouer. Elle lui manquait un peu plus chaque jour. Dans son cœur, il semblait ressentir un grand vide. Il ne n'exprimait plus qu'une seule émotion, tout n'était que colère.

 

L'odeur du sang planait encore autour de lui. Piquant au vif ses narines sensibles. Se levant de cette couche de fortune. Il balaya du regard tout ce qui était autour de lui. En dehors du dit lit, tout n'était que cendres. Il avait tout brûlé. Quelques braises çà et là, semblaient encore lutter pour leur vie. Mais aucune autre âme qui vive en dehors de Yue n’était présente. Il avait tout décimé jusqu'au dernier. Non pas tout un village, mais toute une région. Des kilomètres à la ronde, plus rien ne vivait. Tout, sauf les animaux. Il s'était promis, a lui-même, et peut-être à Mikage, de ne jamais y toucher. Quelques chiens en quête de leur maître passaient donc devant lui. Quelques chats perdus hurlaient leur incompréhension. En dehors de tout cela, Yue était le dernier humanoïde de cet endroit.


 

« -Shorel'aran. »

 

[…]

 

Cela faisait bien trop longtemps qu'Edward n'avait pas vu Mikage. Il le savait, mais tant bien même il en souffrait, il continuait à l'aimer. Il s'en rendait compte que ses sentiments n'étaient qu'à sens unique. Mais, il l'aimait d'un amour pur. Elle était pour lui, l'être le plus cher à ses yeux. Il passait son temps à la regarder chanter ou même danser. Il avait appris à connaître chaque expressions de son visage, chaque parcelles de son être. Il l'aimait plus qu'on ne pourrait aimer en une seule vie. Il passait le plus clair de son temps avec elle. Lui racontant ses exploits de guerre, lui parlant de sa famille et de ses origines elfiques. Il aimait lui rapporter des bouquets de fleurs, de roses, et de violette. Il aimait voir ce sourire sur son visage si parfait. Elle lui apportait le bonheur que quiconque ne pouvait. Elle était la lumière dans ses ténèbres. Là ou un guerrier pouvait se reposer. Après chaque bataille, durement gagnée, à la puissance de ses sorts. A la puissance de ces poings. Là où il vainquit à chaque fois. Mais aujourd'hui, ce fut sa première défaite.

 

Baissant les yeux, il vit ce qu'il n'avait aucunement envie de voir. Sous ses yeux, la femme qu'il aimait. Inanimée, sans vie, couverte de sang. Même dans la mort elle restait parfaite à ses yeux. Il se baissa vers elle, enroulant ses doigts dans sa chevelure dorée. Plus jamais, il l'entendait rire. Plus jamais elle pourra sourire. Au plus profond de lui, quelque chose se brisa. Une douleur, comme jamais il la sentit. Au plus profond de son cœur, il comprit qu'il venait de perdre tout ce qu'il avait. Il la prit dans ses bras, la serrant contre lui. Scrutant dans les environs pour savoir d'où pouvait venir celui qui lui avait ôté la vie. Mais pour seule réponse, il eut une touffe de poils blancs. Il se souvint, du jeune renard qu'elle avait gardé malgré tout ce qu'il avait pu dire. Il l'avait prévenu. Un démon reste un meurtrier endormi. Tout ne se passera pas parfaitement, et il finira par lui faire du mal. Il le savait que ce jour allait arriver, mais il n'avait pas eu envie de l'imaginer. Et ce moment, est pourtant arrivé. Il ferma les yeux un instant, s'imaginant les pires horreurs. Ce qu'il avait pu lui faire. A elle, sa lumière, son ange. Pourquoi s'était-il retourné contre celle qui lui avait donné la vie. Sans qu'il s'en rende compte, Edward s'était mis à crier. Il ne s'en était pas rendu compte. Mais une douleur vive à la gorge était là pour lui rappeler. Il ne pleurait pas, il n'y arriverait jamais. Autant qu'il puisse être blessé, Edward n'y arrivait jamais.

 

Portant toujours la seule femme qu'il n'a jamais aimé. Edward se dirigea vers le temple le plus proche. Il n'avait été touché que partiellement et l’intérieur était parfaitement intact. Ouvrant la porte du pied, il s'invita sans ménagement dans la bâtisse. Tout semblait parfaitement calme. Il déposa la dépouille de la jeune divinité sur le sol. Et s'agenouilla près d'elle. La recoiffant maladroitement, il se lassa à caresser son visage, si beau. S'il avait su, il l'aurait accompagné. Il ne l'aurait pas laissé seule avec ce démon. Se relevant, il poussa un profond soupir.

 

« - Si un jour... Je tombe sur toi, maudit démon. Je te jure que je... »

 

Il leva le poing, dans un signe de menace, mais personne n'était là pour entendre ses complaintes. Il se promit de se venger et de faire de la vie de cet être démoniaque un enfer. Il le tuera, autant de fois qu'il le faudra et jusqu'à sa propre mort. La colère fit place à la haine et dans le cœur d'Edward, toute trace de pitié disparue avec Mikage. A jamais.

Les yeux dans le vide, il ne cherchait qu'une chose, apaiser la douleur dans son cœur.

 

[…]

 

En voyage ce jour-là, Edward n’eut pas le plaisir de voir Yue détruire et tuer toute une région entière d'un petit pays voisin à celui où il vivait. Mais il eut vent de tout ça. Et ces dires eurent pour effet de renforcer ce qu'il ressentait déjà pour l'animal. Une haine féroce grandissait de jour en jour dans son cœur. Il s'était dit que le jour où il débarrassera le monde de cette engeance, il pourrait enfin s'accorder une paix éternelle. Mais pas avant. Il forma une milice pour chasser, traquer la bête qui avait eu le malheur de tuer celle qu'il aimait. Pour être sûr et certain que celui-ci sera pris au piège, il s'arrangeait pour que la bataille se fasse non loin d'une pierre sacrée, connu pour être le parfait tombeau pour un démon tel que Yue. Il avait rassemblé les plus puissants mages pour pouvoir l'enfermer dans la roche. Avait préparé bien avant le piège qui allait se renfermer sur le renard. Tout était parfaitement prêt.
 

[…]
 

De son côté Yue avait passé le plus clair de son temps à regarder la surface de l'eau près du temple d'Inari. Le regard dans le vide, le démon se demandait si tout cela était vraiment utile. La colère s'était sans doute un peu éteinte, mais dans son cœur, la douleur était encore présente. S'allongeant sur le sol, il regarda le ciel. D'un noir presque d'encre, les étoiles étaient bel et bien présentes. Il leva la main, comme pour attraper ces dernières, et se surprit à sourire. Il se sentait bien seul depuis que Mikage était parti. Cela ne faisait que quelques semaines qu'il avait commis son crime, mais dans son cœur, la haine était toujours présente. C'est alors qu'un bruit vint chatouiller ses oreilles lupines. Un bruit distinct d'un pas venant vers lui. Yue n'avait pas bien peur de ce qui pouvait arriver. Et laissant l'inconnu aller vers lui, il remarqua un museau blanc passer au-dessus de lui. Un petit renard s'était arrêté près de sa tête et le reniflait.

 

«  - Grand frère ? »

 

Yue surprit sursauta et s'éloigna rapidement de l'être qui lui faisait actuellement face. Le renardeau pencha la tête sur le côté et le regarda de ses grands yeux rouges sang. S'approchant timidement, le jeune goupil toisa Yue.

 

«  - Grand frère ? Tu es mon grand frère ?

 

- Je ? » Yue semblait étonné.

 

Devant lui, il n'y avait d'autre qu'un autre enfant d'Inari. Venu sans doute, voir ce qu'il se passait.
 

«  - Que fait tu ici ? »

 

Yue était étrangement perturbé de cette étrange apparition. Le jeune renard aux yeux rubis s'assit devant lui et fit un signe de tête amical.

 

«  - J'ai cru sentir que tu n'allais pas bien. Et je suis venu grand frère. Tomoe veut jouer avec toi pour que Yue aille mieux. C'est bien comme ça que ton maître t'appelle ? » Dit-il en penchant de nouveau la tête sur le côté.

 

«  - Euh... Oui. Tomoe ? »
 

L'enfant s'approcha de notre ami le démon et s'allongea sur ses genoux.

 

«  - Je suis désolé grand frère. Je voulais pas que ta maîtresse meure. Je le savais que la divinité du vent était méchante. Mais maman a dit de ne pas intervenir. Que si je venais, je ne pourrais plus jamais remonter. Et que je devrais rester avec toi pour toujours. Mais Tomoe s'en fiche. Tomoe aime grand frère. »

 

Yue approcha sa main du front de Tomoe et le caressa. Il se sentit pendant un court instant plus apaisé. Le jeune goupil avait risqué sa place dans le monde où vivait Inari. Il soupira.

 

«  - Grand frère ? Ne soit pas triste. Tomoe va rester près de toi pour toujours ! »

 

Le renard se blottit un peu plus dans les bras de Yue.

 

«  - Merci petit frère. » Chuchota Yue a l'oreille de Tomoe.

 

Mais la douleur dans le cœur de notre ami goupil n'avait pas disparu, elle était seulement plus douce. Il se sentait apaisé, un peu, juste un peu. Mais assez pour ne plus avoir envie de pleurer.

Se laissant tomber sur le sol. Yue resta un moment allongé comme cela avant que Tomoe décide de monter sur son ventre et de se rouler en boule. Il prit son petit frère dans ses bras et continua à regarder le ciel. D'un seul coup, à ses yeux, le ciel était magnifique. Finalement, quelqu'un sur cette terre ne l'avait peut-être pas abandonné.

 

[…]

 

Il était là. Prêt à être piégé. Vil goupil. Edward se frottait les mains en voyant qu'il avait mordu à l’hameçon. Il avait fomenté un plan, celui d'amener Yue à venir dans cette forêt. A faire courir la rumeur que Mikage avait été sauvée et qu'elle l'attendait quelque part dans cette forêt. Il se tenait près de la sainte pierre. Piéger, seul, dans le cercle magique qui devait ne pas le laisser partir. L'elfe n'avait qu'à amener avec lui les mages qu'il avait réuni et récité la formule. Il n'avait que ça à faire. Mais, sadiquement, il attendait, savourant la douleur sur les traits de cette immondice. Il avança d'un pas seulement. Les mages qui l’accompagnaient firent de même. Tout une troupe d'elfe l'accompagnait, il était sûr de faire mouche à tous les coups. Yue était perdu. Il leva une main vers le renard, qui l’aperçut.

 

« - Vous ! »

 

Yue avait reconnu Edward, et essuyant rapidement ses larmes, il embrasa ses mains d'un feu d'un bleu pur.

 

« - Que faites vous ici elfe ?! »

 

Pour seule réponse, Yue eut des mots étranges. Toute la troupe devant lui psalmodiait les mêmes phrases. Une douleur vive s'éveilla dans sa poitrine, le renard s’écroula sur le sol dans un cri d'agonie. Dans la forêt, un cri se fit entendre. Yue se mit à crier en direction de ce bruit.

 

« Tomoe ! FUIT ! »

 

Des craquements de toutes parts se firent entendre, puis soudainement, comme il était venu, le silence reprit son droit. Des flammes léchaient peu à peu le visage de Yue. Son corps devient au fur et à mesure grisâtre. Edward sourit dans un rictus. S'approchant du démon, il lui donna un coup de pied. Qui eut pour résultat de briser ce qu'il restait de notre ami renard. Des cendres çà et là s'éparpillèrent dans le vent. Yue n'était plus. Sur la pierre non loin, un symbole s'y grava. Levant les yeux vers celle-ci, Edward se mit à rire.

 

« - Maintenant, démon. Tu ne pourra plus jamais ressortir d'ici. Tu es piégé. C'est tout ce qui tu mérite après avoir fais... Après avoir tuer Mikage !! »

 

Dans cette folie, Edward ne remarqua pas qu'il s'était laissé aller à pleurer. Sur ses joues, des larmes de soulagement ruisselaient. Il avait enfin fini avec ce démon. Mais personne ne fera revenir Mikage. Pendant un moment, une absence, il se mit à regretter son geste. Et si, Yue n’avait pas été responsable de cet acte ? Edward secoua la tête. Il était responsable d'un massacre. Il avait décimé en une nuit, des centaines d'âmes innocentes, enfants, femmes, vieillards, tout y était passé. Et ce qui dégoûtait le plus haut point l'elfe, c'est que le démon les avait mangé. Il n'y avait aucunes excuses pour ce genre d'actes. Et les elfes autours de lui poussaient des cris de joie à la vue de leur plus grande peur enfin enfermée pour toujours.

 

Edward posa une main sur la pierre et ferma les yeux. Dans sa tête, résonnaient les hurlements de Yue. Sa supplique, ses questionnements et mais surtout.

 

Qu'avez vous fait à Mikage ?!

 

Levant rapidement sa main de la pierre, Curtis eut un mouvement de recul, il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Pourquoi le renard lui avait dit ceci ? Cela était absurde. Il l'avait tué. Il en étant persuadé.

Se tournant vers ses compagnons, il fit un signe de tête. Ils pouvaient enfin rentrer chez eux sans qu'aucuns n’eus été blessé. Mais, un éclair bleu apparut rapidement derrière lui. Il entendit des cris. Des flammes. Il se retourna vers la stèle un air d'incompréhension sur le visage. Des cris encore. Il se retourna vers ses compagnons. Tous avaient disparu. Plus qu'une traînée de sang et des cendres.

 

« - Que ? Comment est-ce possible ? »

 

Un hurlement, bestial se fit entendre. Edward, pour la première fois de sa vie tremblait de tout son corps. Dans un mouvement désespéré, il ouvrit rapidement un portail vers une destination qu'il connaissait très bien. Mais pas assez rapidement, dans sa fuite, la chose qui avait attaqué ses compagnons, lui emporta la moitié de la jambe gauche. Terrifié, Curtis s'était réfugié dans une dimension proche de Sin'thalas, communément appelée Ryalkan. Dans ce monde là, il était sûr que ce démon ne viendrait pas le chercher. Il se retourna tout de même, dans un réflexe, pour être sûr de ne pas avoir été suivit. Tenant par miracle sur son unique jambe intacte. Voyant qu'il était seul, il se laissa tomber sur le sol. Fatigué, il ferma les yeux, pensant que la mort allait venir le chercher. Puis, un bruit, une voix cristalline se fit entendre. Il ouvrir les yeux et vu une belle jeune femme aux cheveux de miel et aux yeux d'un vert lumineux. Elle se pencha vers lui et tenant fermement la blessure, semblait incanter une quelconque magie. Il avança la main vers elle avant de s'évanouir.


 

« - Mikage... »

 

[…]

 

Ces fourbes, ils lui avaient pris la seule famille qui lui restait. Lâche, immondes humains. Immondes elfes. Pourquoi on lui avait pris son seul grand frère ? Pourquoi ? Devant la stèle, Tomoe pleurait. S'allongeant de tout son long devant la pierre. Il se mit à sangloter.

 

« - Pourquoi grand frère ? Tomoe a peur. Tomoe veux pas rester seul. »

 

Le jeune renard se mit à perdre des poils, par poignée. Il se lécha la patte avant, par réflexe.

 

« - Pourquoi ? »

 

Levant les yeux au ciel, il implorait que sa mère vienne.

 

« - Maman ! Viens sauver grand frère ! »

 

Mais personne n'entendit les complaintes de Tomoe. Le jeune renard aux yeux de sang était seul. Le pelage tâché du sang des immondes elfes qu'il avait tué. Il était seul. Profondément seul. Posant sa patte sur la pierre, il esquissa un sourire. Du mieux qu'il put.

 

« - Grand frère. Tomoe va t'attendre ici. Et va te protéger. Pour toujours. »

 

[…]

 

Un grand fracas se fit entendre. Cela faisait bien quelques dizaines d'années que Yue avait disparu de son tombeau. La pierre avait été fêlée et il n'avait plus âme qui vive dans cette forêt. La nature reprenant ses droits, la pierre qui avait anciennement enfermé le pauvre Yue avait acceuilli en son sein une pousse d'arbre. Sur l'une de ses branches, était posé simplement, un jeune garçon aux cheveux courts et au regard rouge sang. Il surveillait les mouvements d'une jeune femmes aux cheveux de miel. Elle avait l'air perdue, et regardait tout autour d'elle d'un air inquiet. Le renard prit la peine de descendre comprendre ce qu'il se passe. Trônant devant elle, il la fit sursauter. Arborant son plus beau sourire, le jeune garçon lui fit signe que tout allait bien.

 

« - Vous allez bien ? »

 

La jeune femme fit un signe de tête, et essuya les larmes qui coulaient sur ses joues.

 

« - Que faites vous ici dans cette forêt ?

 

- Je.. M'appelle... Trisha Curtis. Et je... Je suis venu pour. Vérifier. Je... »

 

Le jeune renard passa sa main sur l'épaule de la jeune fille. Et d'un air compatissant lui expliqua la situation.

 

« - Je pense que vous l'avez remarqué. Mais le démon renard qui était ici a disparu. Je sais que cela ne doit pas être rassurant, mais je pense qu'il ne reviendra plus jamais. N'ayez aucunes craintes. Mais. Vous n'avez pas répondu à ma question. Pourquoi êtes-vous ici ?

 

- Je... Je suis venu voir. Comment il avait... Et... »

 

A ces mots Trisha éclata en sanglots. Le jeune goupil la prit dans ses bras et lui dit doucement.

 

« - Ne vous en faites pas. Je suis là. Partons d'ici.

 

- O... Oui. »

 

Pendant un court instant, un sourire machiavélique passa sur le visage de Tomoe. Puis, lâchant la jeune femme, il reprit une expression des plus neutres.

 

« - Rentrez chez vous. Il vaut mieux.

 

- Vous... Vous avez raison... » Répondit-elle en balbutiant.

 

Le renard lui prit la main et tout en continuant à la regarder, il lui demanda :

 

« - Cela ne vous dérange pas si je viens avec vous ?

 

- Non... Bien sûr. »

 

Levant une main frêle vers le ciel, Trisha ouvrit un portail vers new-Stendel. Froid et violine. Elle passa une main, puis le corps, emmenant avec elle Tomoe. Se retournant, elle découvrit avec stupeur que le jeune homme avait fuie. Et qu'elle était seule désormais. En face d'elle, l'entrée de Bel'o'kube, le refuge qu'elle avait choisi. En face de Tomoe, une forêt encore moins dense que là d'où il venait. Serrant contre lui, ce qu'il venait de voler à la jeune femme, quelques pierres de téléportation. Il soupira longuement.

 

« - Attend moi grand frère. J'arrive. »

 

 

Illustrations [Au moment du récits].

 

Pimoussy / Yue :

nW95b.jpg

Mikage :

3W8Ya.jpg

Tomoe :

PnpX5.jpg

Sources : Kamisama hajimemashita et Rinmaru game.

Edited by Valeeryah
Correction [Merci Arthur ! ^^]

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