Bonjour ici beugnetroland qui vous parle .
Je suis ici en ce si beau jour pour vous raconter mon histoire
beugnetroland marchait. Trop lentement à son goût, mais il n'arrivait pas à faire mieux. Il devait courir, mais ses jambes étaient comme couverte d'un étrange liquide rouge. Ça partait de son bas-ventre, et il aurait été bien incapable de dire ce que cela pouvait bien être. Mais ça n'avait pas grande importance, après tout, il pourrait se nettoyer plus tard, il avait tout son temps, pour le moment, il devait se contenter d'avancer toujours un peu plus loin.
Les torches, toutes identiques, se succédaient dans les dédales sinueux d'un endroit qu'il ne parvenait pas à identifier. Mais qu'importe, il devait se rendre au plus vite dans la pièce du fond, pour y trouver son livre. Après tout, c'était son unique moyen de parvenir à ses fins. Sans savoir trop comment, il arriva dans une grande salle rouge. Toute rouge, et entièrement vide. Il s'arrêta de courir. Il était si soulagé : enfin il était rentré chez lui. Il pouvait finalement penser à finir ce qu'il avait à faire. Il se servit du crayon dans sa main pour gratter quelques mots sur le sol, et entreprit de grimper le long des escaliers qui serpentait le long des arbres.
-Tu dois marcher plus vite, si tu veux retrouver le livre, tu sais ? Si tu traînes autant, tu pourrais mourir avant d'arriver au bout. On dirait pas, mais malgré mon vieil âge, je suis toujours capable de distancer un imbécile comme toi. D'autant plus qu'il ne risque pas de t'attendre pour commencer. Mais si tu veux rester tout seul, après tout, libre à toi. Par contre si tu continues à courir aussi mal, tu risques de tomber en bas. Et si je te pousse, les chances en sont encore plus grandes.
beugnetroland entama alors une longue chute de plusieurs centaines de mètres, l'atmosphère était oppressante, et les nuages défilaient trop vite. Il sentit sa poitrine se comprimer, et le sol se rapprochait à mesure qu'il continuait de tomber. Il serait mort dans quelques secondes, et cette idée l'horrifiait au plus haut point. Il serra fort ses paupière à l'approche de la moquette rouge de sa chambre.
-Tu dors vraiment n'importe où, toi.
Le temps de reprendre ses esprits, beugnetroland se redressa, encore un peu étourdi pas le rêve qu'il venait de faire. Sans même jeter un œil à son ami qui était étendu quelques mètres à ses côtés, il lui répondit :
- Je suis fatigué ces temps-ci. Ma mère me fait faire toute sorte de chose à la maison, on dirait presque qu'elle ne se rend pas compte que j'ai que neuf ans. Je commence à en avoir marre de faire toutes les corvées sous prétexte qu'il faut que je m'endurcisse... Et puis, ils commencent sérieusement à m'ennuyer. Mes parents, j'veux dire. S'ils pouvaient... Juste disparaître. Pas qu'ils meurent ou quoi que ce soit. Juste, qu'ils disparaissent, et que je puisse vivre tranquillement comme je l'entends.
- Bah, au moins, ils te nourrissent, c'est déjà ça de gagné.. 'fin, au moins, ils s'occupent de toi, quoi. Et puis si t'as tant envie de partir, t'as qu'à t'en aller. Tu pourrais venir habiter ici, ce serait amusant, on pourrait voyager un peu.
- Je doute sincèrement que tes chers compatriotes me laissent habiter ici. Il faut dire que mes oreilles pointues ne sont pas les plus adéquates pour passer inaperçues au milieu de toutes ces têtes blanches. Je te rappelle que je suis obligé d'inventer de nouveaux plans à chaque fois que je veux monter ici. Heureusement que les gens d'ici ont tendance à pointer un peu trop le nez au ciel : c'est bien plus facile de se faufiler discrètement. Enfin, un jour, on s'en ira, j'espère. Et puis, si je veux pouvoir habiter sur la lune, il faut que je m'y mette dès maintenant. Ça risque d'être assez conséquent comme projet.
- Toujours cette lubie, hein ?
- Toujours. Mais bon, on y arrivera.
- On ? Qui a dit que je t'aiderais ?
C'était d'un sourire mi-amusé mi-surpris qu'il avait prononcé cette dernière phrase.
- Je te laisserai 50% de la lune.
- Ça me semble honnête.
- En attendant, on peut toujours s'amuser, non ? En venant ici, j'ai repéré une église plutôt jolie. Y a pas mal de légende qui raconte que les villageois avaient tendance à cacher leur trésor sous celles-ci. Paraît que les pillards pensaient pas à chercher par là. Ça te dirait de tenter notre chance ? Après tout, si on s'en va de chez nous, on aura besoin d'argent, et c'est pas nos parents qui vont nous en donner. Il suffira de creuser un peu en dessous pour vérifier si les mythes sont fondés.
- Une mauvaise idée comme toujours. Au pire, je pourrai dire que tu m'as forcé. On y va ?
*
Cela faisait trois jours qu'il était couché, buvant et mangeant à peine, et ce souvenir refaisait surface sans arrêt. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce rêve plusieurs années auparavant, et cette discussion avec son ami se maintenaient à lui aussi fermement qu'un nain à sa hache. Seul le nom de cet ami lui échappait encore, mais sûrement plus pour longtemps.
Mais enfin, nouvelle vie, nouveaux souvenirs comme il se plaisait à se le répéter depuis quelques temps. Ce souvenir et celui d'un vieux grimoire - d'où il tirait ce surnom - était les derniers qui le rattachaient à son ancienne vie. Il avait ensuite parcouru quelques contrées, restant plus ou moins longtemps, et venait tout juste de s'installer sur un nouveau continent, après que le dernier ait été détruit par il ne savait trop quelle fantaisie divine.
- C'est à ça que servent les fins du monde après tout. A tout reconstruire.
D'ailleurs, il trouvait que pour une fin du monde, pourtant annoncée comme terrible et sanglante par tous les oracles, il y avait beaucoup de survivant. Ça n'avait pas dû être aussi brutal partout. Intelligent comme il était – ou plus probablement par couardise – il avait réussi à s'en sortir en restant caché dans un arbre pendant quelques mois. Après tout, il avait beau renier son héritage elfe, il lui avait été bien utile cette fois-là. Les branches le protégeait des caprices du ciel, et le tronc, suffisamment épais le rendait invisible aux yeux des monstres. D'autant plus que la vue des voyageurs arrachés à la vie par les nombreuses créatures avait réussi à le distraire quelques peu durant cette longue période. Jusqu'à ce qu'un imbécile décide de brûler la forêt pour arrêter les monstres. Heureusement que par miracle, l'arbre à moitié calciné était tombé dans la mer. Et puis il avait dérivé, jusqu'à cette plage... Enfin, cette époque aussi était finie, tout comme son petit manoir, qui avait dû brûler avec la forêt. Il se demandait d'ailleurs si cette personne qui l'avait aidé à le construire avait survécu. Après tout, malgré quelques disputes à propos de la décoration, ils s'étaient plutôt bien entendus, et le retrouver aurait été plutôt une bonne surprise.
Mais tout cela n'avait plus d'importance, et tout était à refaire.
Pourtant, les motivations de beugnetroland n’avaient pas changées, et ses projets de voyages stellaires étaient toujours d'actualité. Il avait peu de souvenir, mais malgré sa volonté de tout refaire, il n'arrivait pas à se défaire de ce désir, et de cette discussion obsédante qui revenait sans cesse à sa mémoire.
Si les quelques années de plus le rendait moins fringuant que lors de son âge, la maturité l'aidait cependant à mieux entrevoir ce qu'il avait à faire.
Avant tout, il devait commencer par avoir de l'influence. C'est pour ça qu'il avait entrepris de voyager. La précédente terre sur laquelle il était resté lui avait semblé parfaite pour établir son plan, mais ces nouveaux lieux feraient l'affaire. Il lui suffisaient de nouer des liens parmi les hautes strates des gouvernements, et tout lui serait beaucoup plus facile.
- Quand même, si j'étais né éolien, je serais parti avec un avantage, se murmura-t-il à lui-même en triturant la mèche rouge qui lui ornait le crâne.
Enfilant son pantalon et sa chemise, il se mit en route.
- Après tout, si je veux vraiment conquérir ces Terres, il va me falloir un peu de temps.
Bonne nuit.
Je suis beugnetroland
J'ai 14 ans
Je vie dans le nord de la France
Je joue a minecraft depuis 1 ans
et j'aimerais rejoindre l'aventure minefield