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blinash

Moi, Blinash

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« Lève-toi ! dit le nécromant. »

La boue, le sang et la pierre se mirent à tourner dans le chaudron, une silhouette s’éleva au fur et à mesure que le mélange tournait.

« J'ai réussi !! Je l’ai créé ! »

Devant lui, des bras et des jambes s’assemblèrent pour doter la silhouette d’un corps et de peau.

Le nécromant jeta deux diamants dans le chaudron, les diamants montèrent jusqu'à la presque-tête de la silhouette et se mirent là ou chez les humains il y a des yeux. Lorsque le silhouette devint un corps à la peau terne et sombre, aux yeux d’un bleu profond, le nécromant prononça une formule dans une langue inconnue. Le corps tomba à terre à coté du chaudron vide puis il s’anima et se leva.

« Je vais te donner une intelligence ! et pas celle d’un mouton mais celle d’un mage ! Mon adversaire va devenir mon servant, dit le nécromants à la créature. Ton nom sera Blinash ! »

Il tendit une pierre d’un bleu intense à la créature, elle l’attrapa et l’ingurgita.

« Je vous servirai, Maître, dit Blinash d’un ton doux et fidèle.

− J’y compte bien ! Je t'ai donné une conscience, un corps, une force et une magie inouïe : sois en digne ! »

Ainsi naquît Blinash.

 

Des années passèrent et le nécromant enseigna tout son savoir à Blinash. Il le força aussi a perpétrer des crimes horribles, car Blinash n’avait pas de volonté et le nécromant était un scientifique aux méthodes plus qu’illégales ; il étudiait la mort. Blinash vécut donc dans la mort, le sang, les cris et la douleur pendant sept ans. Un jour, où le nécromant lui avait ordonné de ramener des cobayes, Blinash avait ramené une femme terrifiée ; elle hurlait autant qu’elle le pouvait. Il la donna au nécromant qui s’enferma dans son laboratoire souterrain, dont Blinash gardait l’entrée. Malheureusement, la garde royale survint à l’entrée de la caverne. Blinash les connaissait bien, ces chevaliers : ils traquaient Blinash et son maître depuis sa création ; jusqu'ici, ils avaient toujours réussi à s’échapper. Les chevaliers avancèrent, sûrs d’eux. Blinash se mit en travers de leur route pour les empêcher d’accéder au laboratoire. Ils dégainèrent leurs épées. Blinash n’avait pas peur : il connaissait la douleur et sa peau était dur comme la pierre. Les chevaliers s’écartèrent et laissèrent passer un homme, grand, avec une barbe blanche qui tombait sur son torse couvert d’une tunique blanche.

« Laissez-le ! c’est juste un pantin, dit l’homme, qui, sur ces paroles, pointa un doigt vers Blinash. »

Ce dernier s’écarta comme mué par une force invisible. Blinash était impuissant face au mage. Les chevaliers entrèrent dans le laboratoire. Blinash ne pouvait rien faire sauf écouter son maître mourir. Une fois leur besogne terminée, les chevaliers mirent le feu au corps du défunt nécromant puis sortirent de la caverne. Le mage se tenait devant Blinash.

« Tu n’es pour rien dans les actes commis par celui qui t’a créé ; tu ne pouvais pas t’opposer à lui : tu es innocent. Tu as le droit de vivre ; je vais donc te donner une volonté. À toi d’en faire bon usage. »

Le mage prononça une formule dans une langue inconnue et tout devint noir.

 

HRP : Je vais maintenant incarner le personnage de Blinash.

 

Je me réveillai, allongé dans l'herbe douce. Les souvenirs commencèrent à revenir. Le nécromant, les crimes atroces, les chevaliers et… le mage. Je vis ces sept années de servitude forcée, à tuer, capturer, et effectuer d’autres choses horribles ; je faillis m’évanouir. Le mage m’avait inculqué ces choses : penser, se souvenir et choisir mes actes. Ce fut trop ; je sombrai à nouveau.

Je me réveillai en pleine nuit. J’y voyais aussi bien que le jour, étant parfaitement habitué à l’obscurité. Je remis mes idées en place. Qu’allais-je faire maintenant, moi qui suis une créature du mal, dépourvu de maître, sans but ni repaire ? C'était comme si je renaissais. Je me mis debout et marchai toute la nuit.

Au petit matin j’avais atteint une ville, Stendel, comme disaient les autochtones ; une belle ville, comme je le découvris plus tard. Mais j'étais trop absorbé par… la vie, une chose que je découvrais parmi tant d’autres : les gens s’aimaient, s’entraidaient, avaient des amis, une famille…

 

Le soleil se levait. Cela faisait deux semaines que je me terrais au fond de cette grotte. La raison ? La peur ; la peur de l’inconnu, de l’amitié, du nouveau et de l’amour.

Depuis ma libération, j’étais une créature contre nature ; je n’étais pas censé exister ou, du moins, je n'étais pas censé m’en rendre compte, ni censé être capable de penser, ou de voir et ressentir à quel point j’étais mauvais. J’avais été créé pour servir sans réfléchir, pour être un objet, une arme…

« Mais… qui m'a rendu ainsi ? me demandai-je? Mon maître ? Non, il m’a créé… Le mage… Il m'a donné le pouvoir de voir à quel point je suis horrible, aussi bien mentalement que physiquement, car ma peau marron clair, terne et lisse, dure comme de la pierre, faisait mauvaise impression (et c’est peu dire) au peuple. Ce mage, qui m’a rendu intelligent, à qui je dois le fait que je me morfonde. Il va me le payer ! Je ne sais ni quand, ni comment ! mais, un jour, je lui ferai comprendre qu’il a fait une erreur en me laissant la vie sauve ! Lui et sa garde ont massacré ma raison de vivre, mon maître ! Ils me le payeront tous ! » Mes yeux me brûlaient. Mon poing se referma. Je frappai une stalactite, la brisant sec.

Je sortis de la grotte, il faisait nuit dehors. J’avais décidé de me venger, sur le monde, sur les mages et le peuple, sur ce pays !

Je gravissais une montagne, quand un bruit retentit. C'était un bruit horrible de déchirure, d’écrasement ; il était tellement fort que je dus aplatir mes mains sur mes oreilles et m’agenouiller. En levant les yeux, je remarquai que le ciel était devenu rouge sang. Le bruit s’arrêta, et un gigantesque tremblement de terre survint. Tout tremblait, moi, la montagne et le monde alentour. Des fissures se créèrent dans le sol, laissant échapper de longues coulées de lave. C'était le chaos : partout des morceaux de terre se détachaient et allaient s’écraser sur d’autres. Un morceau fonçait dans ma direction. N’ayant pas le temps de l’éviter, je me mis en boule dans l’espoir que ma peau tiendrait le choc. BAM ! J’ouvris les yeux. Il faisait noir. Il n'y avait aucun bruit. J’avais mal, physiquement ; mon dos était sûrement brisé. J’étudiais l’endroit, je me rendis compte que j’étais enterré, car il y avait de la terre autour de moi. Je me souvins de la tempête, du rocher qui m’était tombé dessus et je compris, j’étais dessous ce rocher, à moins qu’il ne se soit enfoncer dans la couche terrestre.

Je creusai vers le haut, avec les mains. Je ne comptais plus les heures, ni les jours. Tout était confus. Je grattais la terre encore et toujours, je grattais. Le soleil fut la première chose que j’aperçus, suivi du ciel et des nuages. Une fois sorti, je fus choqué : la terre sous mes yeux était sans dessus dessous. Les personnes encore vivantes aidaient leurs semblables ou les enterraient. Tout était détruit. Seuls des morceaux de maison par-ci par-là tenaient encore debout. Après des jours de marche je compris que le cataclysme avait touché le pays dans son entier et que personne n’avait été épargné. La malchance s’acharnait sur moi ; mes seuls désirs, ma vengeance, tout ça était réduit à néant car le cataclysme avait détruit ce monde avant moi…

 

Des années passèrent. J’errais sans but, ni idée. Je marchais, sans me fatiguer, sans boire ni manger dans cet enfer qui se reconstruisait peu à peu, et où les arbres repoussaient. Puis me vint une nouvelle, un soir en traversant un village de badauds, je surpris une conversation :

« T’as entendu ça ? Il paraît que Stendel a été remise sur pied grâce à une histoire de mage, et il paraît que tout le pays va se refaire grâce aux mages !

− Tu crois vraiment que c’est possible ? »

Je n’écoutai pas la suite. Trop énervé, je m’éloignai du village.

« Alors comme ça, il reste des mages, pensai-je, et ils vont refaire le monde. Hmmmm... Parfait ! ma vengeance sera accomplie ! Je vais aller à Stendel, il entendra parler de moi, conclus-je ! »

Je m’étais introduit dans New-Stendel assez facilement. Après m’être renseigné sur l’emplacement de la tour des mages, je m’y rendis. Dans le hall d’entrée, des gens attendaient, il y avait des gardes en armures. Je m’approchai du guichet :

« Où sont les mages ?

− Les mages sont dans leurs appartements à l’étage, mais si vous voulez les consulter il faut prendre rendez-vous une semaine en avance au minimum. »

Sans attendre je pris l’escalier sur la droite. Je le montais quand j’entendis les gardes donner l’alerte. Je m’engageai dans un couloir, puis entrai dans la première pièce. Dans la chambre, un homme, habillé en blanc, dormait.

« Lève-toi, mage, hurlai-je !

− Hein ? Que…Que ?! »

Il se leva, je le pris par les épaules et le broya sur place.

« Hmmmm ! Que c’est bon d’ôter la vie ! Le mage n’était pas celui qui m’avait libéré. Tant pis ! Je l’aurai une autre fois. »

Les gardes entrèrent dans la chambre et m’encerclèrent. Je sautai sur le premier qui passa, lui enfonçai les côtes d’un coup de poing : il s’étouffa.

« Capturez-le vivant, entendis-je crier ! »

Trois soldats me sautèrent dessus. Je mis un coup de poing dans la mâchoire du premier, lui brisant le crâne. Les deux autres attrapèrent mes bras et tentèrent de m’immobiliser. Je n’eus pas le temps de les tuer que quatre autres vinrent les aider. J’étais agenouillé, immobilisé et humilié. Ma fureur était telle que mes yeux de diamants se colorèrent de rouge rubis. Un mage, avec une longue barbe blanche et une tunique de même couleur s’avança vers moi.

« Tu as tué l’un des nôtres, créature du mal ! Tu paieras ce crime de ta vie ! Ou plutôt, je vais t’envoyer dans un monde que tu ne connais pas, un monde à ton image ! Je t'envoie dans le Nether ! »

Il pointa un doigt sur moi. De ce doigt, une lumière violette jaillit et m’engloba, puis je m’effondrai, inconscient.

 

La première chose dont je m’aperçus, fut la chaleur étouffante de l’endroit. J’ouvris les yeux. Autour de moi il y avait seulement de la pierre d’un rouge sang; elle composait le sol sur lequel j’étais allongé.

« Alors je suis dans le Nether, le monde le plus horrible de tous. »

Dans ce monde tout était mort et brûlant. La lave remplaçait l’eau, et les pig-men remplaçaient les humains. En effet, c’est zombies-cochons étaient intelligents et se déplaçaient en meutes. Ils étaient neutres envers les autres races.

Le premier jour, je rencontrai une meute de cinq pig-men ; je les suivais car ils connaissaient ce monde, pas moi. Le pig-men avec le plus de pièces d’armure était le chef de la meute. Il était plus intelligent, et son autorité était incontestable. Dans la meute que je suivais, le chef essaya de me parler et bizarrement je le compris : il me demandait de rejoindre sa meute, car j’étais différent. Éberlué je ne sus comment répondre, et finalement je lui répondit que je le suivrais, dans ma langue. Il me comprit aussi. Les autres ne parlaient pas, ils marchaient seulement.

Nous avions marché pendant à peu près trois jours dans le Nether. Je ne sais pas comment ils se repéraient mais apparemment ils suivaient un chemin. Nous arrivâmes dans une espèce de grotte avec une seule entrée. Dans ces grottes il y avait d’autres pig-men, apparemment c’était le reste de la meute car ils communiquaient avec le chef. Nous étions douze dans la grotte, onze pig-men et moi. Après quelques heures d’attente le chef sortit et nous le suivîmes.

Dehors, une armée de pig-men nous attendait. Ils étaient deux fois plus nombreux que nous et s’apprêtaient à nous charger. Notre chef nous dit dans sa langue d’être forts et courageux et de ne pas fuir. Les ennemis chargèrent et nous aussi. Le choc fut violent et fracassant. Je repérai mon chef, qui se battait contre trois adversaires. Je le rejoignis et tuai un des ennemis d’un coup de poing fulgurant. Je ramassai une épée rouillée et commençai à protéger mon nouveau maître. Il ne devait pas mourir ! Pas comme mon ancien maître ! La fureur jaillit et je tuai deux ennemis d’un coup d’épée. D’autres ennemis arrivaient et je me battais comme un fou pour sauver mon maître. Soudain, une boule de feu frappa des pig-men à quelques mètres de moi. Des ghasts ont été attirés par les combats. Une boule de feu frappa mon chef de plein fouet, le tuant d’un coup. La fureur était tel que mon corps ne me répondait plus. Je n’étais qu’une machine à tuer, un monstre, un vrai, un tueur, un démon. L’explosion de fureur en moi me fit perdre conscience.

Je me réveillai, entouré de corps de pig-men et de ghasts morts. Je les avais tous tué, ma meute et l'autre, les ghasts aussi : une fois enragé, je ne faisais plus la différence entre amis et ennemis ; je les tuais tous.

J’errais dans le Nether… J’étais un monstre comme un autre, un tueur…

 

J'errais dans le Nether, ne savant que faire, où aller, réfléchissant sur mon histoire et mon futur.

« Qu'allai-je faire maintenant ? »

En marchant, j'aperçus une grotte, une grotte où brillaient des torches. Des torches, les Pig-men n'en avaient pas et ne savaient pas les faire. Intrigué, j'entrai. J'y découvris un bureau à moitié décomposé et brûlé par endroits ; dessus reposait un livre à la reliure de sang et de fer. À côté du bureau, par terre, un cadavre dévasté par le temps et mangé à multiples reprises. Je m'emparai du livre et m'assis au fond de la grotte, de sorte que je pusse voir l'entrée en permanence. À la première page était écrit :

« Daemonarch, Grand Nécromant,

« Cela fait des années que j'arpente ce monde vide de vie. Le fait que j'ai assassiné mon frère mage m'a valu un aller simple pour ce monde. Après des années de recherches intensives, j'ai réussi à créer un portail pour retourner dans le monde de Minefield, plus précisément dans le pays de Stendel. Une fois le portail créé, je reviendrai dans ma grotte pour récupérer et finir mon livre... »

Le bas de la page était couvert de sang. Je lis les centaines d'autres pages ; elles étaient remplies de formules incompréhensibles. Au moins, je savais comment retourner à Stendel : il me suffisait de trouver ce fameux portail et de le traverser. Facile à dire, cela faisait trois jours que je tournais aux alentours de la grotte sans trouver traces de ce portail, jusqu'à ce que je tombasse nez à nez dessus en traversant une sorte de trous. Sans hésiter je fonçai à l'intérieur.

Je fus aspiré et recraché (c'est le mot) dans une grotte noire. Il faisait frais ici et l'air était moins lourd ; j'étais bien arrivé. Mes yeux transpercèrent l'obscurité ambiante et je découvris un passage. Je l'empruntais et, au bout de quelques heures de marche, je sortis de la grotte. Le soleil était à son zénith, je respirais, bien que mes poumons de pierre n’en eût pas besoin. C’était bon de sentir la brise fraîche sur moi.

En déambulant dans la forêt de pin dans laquelle je me trouvais, je tombai nez à nez avec un loup. Étonné que cette animal n’eût pas pris la fuite en sentant mon odeur, comme l'auraient fait tous les autres, je m’approchai de lui. De près, ce loup faisait froid dans le dos. Ces yeux rouge vif commencèrent à me fixer, comme s'il était intrigué. Je m’approchai, il s’approcha. Et soudain un épais rideau de brume blanche m’entoura, je ne distinguais plus rien, le loup était encore là à me fixer. Une seule conclusion venait à moi : une embuscade! Je me jetai sur le loup et l’attrapai sous le ventre. Je commençai à lui briser les côtes une par une à coup de poing. Ses crocs pointues comme une dague d’acier vinrent se planter dans mon bras. J’étais stupéfait : cette bette anodine arrivait à percer ma peau de pierre. Sans doute, il fallait l’éliminer pour toujours. Je lui attrapai la gueule et essayai de lui briser la mâchoire. De mieux en mieux ! Cette bette était presque aussi forte que moi. Soudain, plusieurs personnes apparaissaient dans la brume. De grands hommes aux yeux rouge vif. Ils se jetèrent sur le loup et commencèrent à le mordre et à le déchiqueter. Moi, profitant de l’action, je partis en courant dans la forêt. Je ne voulais plus me battre, et ces créatures étaient de loin plus nombreuses que moi. Où avais-je donc atterri ? Étais-je bien dans le pays de Minefield, au moins ? Une fois revenu dans la grotte, je décidai de barricader l’entrée, au cas où ces grands hommes pâles reviendraient.

En pleine nuit, je sortis de mes rêveries. J’étais énervé, voire même en fureur : moi, Blinash, celui qui avait survécu au cataclysme, qui avait tué un mage en plein Stendel, et qui avait traversé le Nether de part en part, moi, qui avais erré comme une âme pendant des mois ; moi, Blinash, qui avais lâchement fui devant de misérables êtres faits de chair et de sang. C’en était trop ! Je ne le supportais pas. Je rentrais peu à peu en transe, une transe peu enviable. Soudain, mes yeux bleu clair devinrent rouge sombre, mes dents s’allongèrent, mes muscles grossissaient, ma conscience s’amenuisait. Je perdais le contrôle, je redevenais la machine à tuer pour laquelle j’ai été créé. La rage m’envahissait. Je défonçai l’entrée de la grotte à grand coup de poings. Les éclats de roches tombaient au fond de la grotte dans un grands fracas. Une fois sorti, je poussai un rugissement à en faire pâlir un dragon ; les pins tremblèrent, la terre se fissurait ; j’étais à l’apogée de ma puissance et de ma rage. Pas la peine pour moi de retrouver ces grands hommes à la peau pâle : d'eux-mêmes, ils vinrent à moi, sans peur, ni crainte dans le regard. Ils étaient une douzaine, sans armes, ni armures, et pourtant ils étaient là, face à moi, fiers et majestueux. Sans donner un quelconque signe, je me jetai sur le premier, les bras en avant. Il voulait me feinter et m’esquiva au dernier moment ; mais, faisant demi-tour de toute ma vitesse, je l’attrapai dans le dos, mis un pied sur la colonne vertébrale, attrapai ses deux bras et tirai de toutes mes forces. Ça ne mit pas longtemps à lâcher. Le cadavre tomba à terre, mais à peine eus-je le temps de me remettre en position que les autres m’encerclaient. Deux sautèrent vers moi, tandis que les autres formaient un cercle, m’empêchant de fuir. Je sautai vers le premier des deux et l’attrapai aux épaules pour l’étreindre à mort. Il se défendit et me frappa assez fort au visage pour que je lâchasse prise. Nous tombâmes à terre, lui sur moi, tandis que le second m’attrapa au coup et tenta de m’étrangler. C'était peine perdue car je ne respirais pas. Le premier commença à planter ses crocs dans mon avant bras. Une douleur immense m’envahit, j’étais tétanisé, pétrifié. Il s’essuya la bouche et se releva. Erreur fatale. Je luttai de toute mes forces et mon bras attrapa sa cheville. Dans un élan de fureur pure, je lui brisai le tibia avec mes cinq doigts. Il tomba à terre. J’en profitai pour attraper le second à la tête, et tirai d’un coup sec. Une fois décapité, il tomba à son tour. En me relevant, j’attrapai le premier à la cheville en miettes par les cheveux et le montrai à tous les autres. Je mis un bras sur son torse et l’autre à la taille et tirai dans les deux sens. Le pauvre homme, après quelques résistances, fut déchiré en deux parties.

La bataille continua jusqu’au matin. Sur les douze il n’en restais que cinq. Moi, j’étais fatigué et ma puissance baissait ainsi que ma rage. Jamais je n'avais connu de combats aussi épuisants : j’étais à court de souffle. Mes ennemis, blessés pour la plupart, commencèrent à reculer. Heureusement pour moi, car, dans l’état où j’étais, je ne pouvais pas finir ce combat : trois de mes côtes étaient enfoncées, les phalanges de ma main droite étaient toutes cassées, et de multiples marques de croc parsemaient mon corps. C’était la première fois que mon corps réclamait quelque chose, la première fois que je ressentais le besoin de me nourrir, mais je ne pouvais pas : les autres me fixaient, et ne bougeaient pas. Un idée me vint à l’esprit. Ils étaient paniqués. Je m’avançai vers eux doucement, puis de plus en plus vite. Pris de peur, ils partirent en courant dans la forêt. Mon idée avait fonctionné. Désormais il fallait que je m’occupasse de ma faim. L’odeur des morceaux de cadavre m’attirait beaucoup, mais cela me répugnait. Le sang encore chaud d’un des cadavres me mit l’eau à la bouche, je ne pouvais résister à cette appel. J’attrapai le cadavre et le mordis au cou. Le sang de la carotide vint humidifier ma bouche. Un sang, sucré, aux arômes de pins. Délicieux ! Je portai le cadavre jusqu'à la grotte et le vidai sur place, puis, pour la première fois, je m’endormis.

La douleur était atroce. Le mal venait de l’intérieur de mon corps. Mon cœur enflait, mes veines se dilataient, et mes muscles gonflaient. Tout mon corps se mit à vibrer. La douleur était atroce. J’aurais voulu mourir mille fois plutôt que de subir ça ! C’était horrible. Mon corps se contorsionnait, se tordait de douleur, de souffrance. J’essayais de crier mais rien ne sortait de ma bouche. La notion du temps m’échappait. Jamais je ne sus combien de temps cela dura, mais assez pour regretter d’avoir bu le sang de cette créature.

 

L’aube se levait. Mon corps engourdi avait du mal à se lever. Je rampai jusqu'à l’entrée de la grotte, faible comme un humain. Devant moi il y avait un homme, grand, fier et élancé. Ses yeux rouges me firent comprendre quelles étaient ses intentions. Je m’y étais résous : la fin était là, la fin de Blinash, la fin de cette existence noire et impie. Mais les dieux n’en avaient pas jugé ainsi et l’homme me mit sur son dos et m’amena dans une grande maison en bois sombre. Il me déposa dans un lit. Trop faible pour rester éveillé, je m’endormis. J’appris plus tard que ce repos se nommait la « stase ». Je dormis plusieurs saisons entières, sans rêves, sans pensées, un repos simple et efficace ; je récupérais mes forces.

 

Le jour de mon réveil, le même grand homme qui m’avait sauvé se tenait au pied du lit.

« Comment t’appelles-tu, demanda l’homme ?

− Je euh… Mon nom... mon maître m’a nommé Blinash, et toi ?

− Mon nom est Kantum. Je suis le sous-maître de ce village. Je suis Baron, dit-il.

− Ah… Et… Tu es quoi ? Je veux dire… Enfin…

− J’ai compris. Je suis un vampire, un être supérieur, comme toi, même si toi, tu es plus qu’un vampire, affirma-t-il.

− Un vampire ? Je ne suis pas un vampire, moi : je suis une abomination.

− Non, tu es un vampire, que tu le veuilles ou non. Tu as bu le sang d’un de notre race, un vampire d’une meute sauvage, meute que tu as presque entièrement décimé. De base, et d’après mes renseignements, tu es un golem, une sorte d’être créé de toutes pièces, soumis à la volonté d’une personne. Apparemment ton maître est mort puisque tu agis selon ton bon vouloir. Pour l’abomination c’est vrai, tu n’es pas censé exister et, de plus, tu es la première créature de ton espèce, un vampire, golem de sang. Pourrais-tu me raconter ton histoire, demanda-t-il ?

− Euh… Oui, bien sûr. »

Étant en confiance et peu prudent, je lui racontai tout, même l’assassinat du mage. En quelques heures, c’était fini.

« Je dois avouer que je ne m’attendais pas à une telle épopée. Mais tu es donc un criminelle, tu n'as pas d'amis ni de repaire. Je voulais te proposer de nous rejoindre, nous le Bund mais pourquoi devrions nous te faire confiance ? J'aurais voulu te proposer des amis, un toit et un métier ainsi qu'un cadre, mais que me donnerait tu en échange ? Demanda t-il

Comment pouvais-je renoncer à cette offre ? On me proposait une communauté, un toit et, peut-être, des amis. Je réfléchis un moment puis finis par dire:

"Toutes ces choses dont je rêve, vous me les donneriez ? Pour obtenir ce que vous me propose je vous offre ma vie, mon entière servitude et tout mes pouvoirs !!

« Très bien ! j'accepte ton offre mais dis toi bien une chose, tu vas en baver !.Maintenant, je vais te parler de tes nouveaux pouvoirs et devoirs, ainsi que les règles de vie en ce village… »

 

Ainsi je rejoignis le Vampire Bund, plus qu’un village, une véritable famille. J’appris, un à un, les pouvoirs du sang. Je vis ma force se décupler grâce au sang de vampire qui coulait en moi, ainsi que ma vitesse. Bientôt, je rencontrai Link Nohensen Scarlet, le Compte du Vampire Bund, un vampire millénaire aux pouvoirs extraordinaires et au charisme implacable. Je rencontrai tous les autres enfants de la nuits. Bientôt, je devins le forgeron du village, grâce à ma force dépassant la plupart de mes frères. Mais dans l'ombre je servais mon nouveau maître, ma nouvelle raison de vivre, je suis redevenu ce pour quoi j'ai été crée, un pantin, une arme et ce statut me convenait à merveille. Pas de question à poser juste à agir.

 

 

Voili voilou, cela fait longtemps que j'hésite à le poster donc je me lance et dite moi ce qui ne vas pas que je corrige =)

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Hummm j'aime le concept du golem de sang : toi tu feras un parfait homme de main :twisted:

 

Bon après j'ai quelques petites remarques RP pour que sa coordonnent bien mais rien de très important:

 

- Clan adverse au Vampire Bund : il faut bien voir que sur Minefield, le Vampire Bund est la seule communauté vampirique. On ne peut pas parler de clan adverse de vampire car il ne peut pas y en avoir (mis à part les communauté en-dehors de Minefield, mais je laisse Link s'exprimer là-dessus). Pour bien rester dans le RP de la ville et de son histoire, se serait mieux de dire que les vampires qui t'ont attaqué font partie d'une meute, comme des loups. Soit se sont des vampires qui refusent de se soumettre à l'autorité du Bund soit se sont des "vampire sauvage" qui n'ont pas terminé leur rituel de transformation.

 

- Personnage d'UltraKantum : Alors la c'est vraiment le commentaire qui sers à rien mais il me fait toujours plaisir à le préciser : UltraKantum est l'incarnation du mépris vampirique, en gros il ne peut pas s'empêcher d'être "méchant" ou satirique. Dans ton RP, j’admets le fait qu'il t'es sauvé, car il à un bon fond tout de même, mais j'aurais bien aimé que dans le dialogue il y est quelques pointes de méchanceté gratuite. C'est vraiment pour collé au personnage que j’essaie de créé à l'écrit mais c'est pas important... pour le moment :twisted: (sur mumble se sera pas la même,je te rassure :lol: )

 

- Intégration au Bund : J'aurais préféré, surtout de la part d'UltraKantum, plus de difficulté à s’intégré au Bund. Presque que Blinash promet son éternité à servir le Bund. Qu'il soit presque nécessaire à sa survie qu'il soit dans le Bund. Mais si on analyse bien ton texte, on peut penser qu'Ultra soit trés intrigué par ton aspect golem de sang. Donc sa passe ;)

 

Voilà mes petits points RP que j'avais remarqué durant ta présentation, sinon je trouve que ton histoire est bien ficelé et trés bien écrite. Avec des textes comme ça, j'espère qu'on ne fait tout de même pas concurrence à Link. Depuis le temps qu'on envi son RP, j'espère que sa ferais pas tâche!

 

Félicitaiton pour ton texte Blinash! ;)

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Désoler Kantum mais le caractère de Blinash et celui de Kantum sont ressemblant aussi Blinash n'aurait jamais supplier Kantum. Mais j'ai une idée bien sympas, je corrige un truc pour Maître Kantum.

 

Ha mince, j'avais pas penser à Link, je vais rajouter des fautes et des incohérences à mon texte ^^"

 

Pour les vampires qui ont attaquer tu as raison je change çà de suite merci =).

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Une histoire très sympathique, mais comme dit par UltraKantum, pour le moment, il n'y a pas d'autres races de vampires recensés sur Minefield, j'apporterai plus de précision sur le rp pour le projet PS.

Bon, sur ce, faudra bien que je finisse mon rp un jour, là je glande plus qu'autre chose, mais ça viendra.

Oh et

 

Bientôt, je rencontrai Link Nohensen Scarlet, le Compte du Vampire Bund, un vampire millénaire aux pouvoirs extraordinaires et au charisme implacable.

 

Je suis pas encore millénaire, me vieillit pas à ce point. >.>

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