Makiange Posté(e) le il y a 56 minutes Partager Posté(e) le il y a 56 minutes Les Derniers Travaux Pendant plusieurs années, Alastor participa aux expéditions menées dans les Tréfonds, un vaste réseau souterrain dont les différents paliers avaient déjà coûté la vie à de nombreux explorateurs. Habitué aux profondeurs et aux dangers qu'elles renfermaient, il avait appris à considérer la prudence comme une nécessité plutôt qu'une vertu. Sa spécialité le conduisait régulièrement à explorer les vestiges et les structures anciennes disséminés dans les profondeurs. Il ne cherchait pas la gloire, ni les trésors que certains aventuriers espéraient rapporter des Tréfonds. Ce qui l'intéressait était plus simple : comprendre. Puis vint l'expédition du cinquième palier. La créature fut identifiée dans les rapports sous le nom de Tisseuse, une araignée gigantesque dont les toiles recouvraient une partie des ruines du palier. L'affrontement fut bref. Trop bref pour que les explorateurs comprennent immédiatement ce qui leur était arrivé. Alastor fut atteint par le venin de la créature. Les médecins eurent beau tenter plusieurs traitements, aucun ne permit d'enrayer la progression du poison. Les symptômes s'installèrent progressivement : fatigue, douleurs, dégradation des fonctions vitales. Les spécialistes finirent par rendre leur verdict. Il ne lui restait que quelques mois. Aucune certitude sur la durée exacte. Aucun remède connu. Simplement la certitude que le temps travaillait contre lui. Alastor quitta alors les Tréfonds. Il ne les quitta pas parce qu'il avait peur d'y mourir. Il les quitta parce qu'il refusait que la Tisseuse décide de ce qu'il ferait de ses derniers mois. Nostra Lorsqu'une occasion de rejoindre Nostra se présenta, Alastor ne réfléchit guère. Le nouveau monde était encore largement inexploré. Les récits faisaient état de ruines anciennes, de structures dont l'origine demeurait inconnue et de phénomènes magiques que les chercheurs de son monde ne comprenaient pas encore. Pour un homme qui venait d'apprendre que sa vie était comptée en mois, Nostra représentait une dernière chance. Il partit avec la bénédiction de sons mentor resté en Toluki. Les premiers temps furent consacrés à l'étude des ruines découvertes sur le continent. Il dressait des relevés, cataloguait les inscriptions, analysait les matériaux et comparait les architectures avec celles rencontrées dans les Tréfonds. Plus il avançait, plus ses recherches devenaient dangereuses. Il pénétrait dans des structures que d'autres chercheurs auraient jugées trop instables. S'aventurait dans des zones contaminées. Passait des nuits entières dans des ruines dont personne ne connaissait l'origine. Il savait pourtant exactement ce qu'il risquait. Mais cette connaissance avait perdu une partie de sa valeur. Chaque blessure était désormais une blessure dont il se remettrait peut-être pas. Chaque expédition pouvait être la dernière. Et chaque découverte pouvait être la raison pour laquelle il était venu. Ses compagnons commencèrent à remarquer son comportement. Il ne cherchait plus à rentrer indemne. Il cherchait à comprendre avant de mourir. Kharonne C'est au cours de l'une de ces expéditions qu'il entendit parler de Kharonne. Les premières informations semblaient presque absurdes. Une colonie isolée à l'est de Damus. Un territoire placé sous quarantaine. Une étrange ronce capable d'infecter les êtres vivants. Des catacombes anciennes enfouies sous ses racines. Et surtout, une population composée en grande partie de morts-vivants conscients. Pour la plupart des chercheurs, Kharonne était un lieu dangereux qu'il convenait d'éviter. Pour Alastor, ce fut l'inverse. Il y vit immédiatement une nouvelle question. Qu'est-ce qui distingue un mort d'un vivant ? Jusqu'où pouvait persister la conscience après la destruction du corps ? La mémoire survivait-elle à la mort ? L'âme pouvait-elle être conservée ? Et surtout, pouvait-on considérer la mort comme un état définitif ? Les réponses à ces questions n'étaient plus seulement théoriques. Elles concernaient désormais directement son propre avenir. Il prit donc la direction de Kharonne. La mort Lorsqu'il arriva sur le territoire, la pluie était déjà là. Elle tombait sans interruption sur les pavillons, les routes et les terres contaminées. Le brouillard masquait une partie des reliefs et donnait aux environs une apparence irréelle. Il découvrit les Sépultures, le Columbarium, les Catacombes et, plus loin, la silhouette de la ronce alvéolaire. Pour la première fois depuis le diagnostic de son empoisonnement, il eut le sentiment d'être arrivé au bon endroit. Il ne venait plus chercher un remède. Il venait chercher une réponse. Ses recherches sur la mort commencèrent presque immédiatement. Il interrogea les morts-vivants de Kharonne. Étudia les différentes formes de réanimation. Chercha à comprendre ce qui différenciait les revenants, les vampiriens et les autres formes de mort-vivant. Il étudia les travaux laissés par les chercheurs précédents et s'intéressa particulièrement aux travaux de Légion. Mais son état se dégradait. Le poison de la Tisseuse poursuivait son œuvre. Les derniers mois annoncés par les médecins devinrent les dernières semaines. Puis les derniers jours. Son corps finit par céder. Il allait mourir à Kharonne. Le retour La suite de son histoire ne correspond à aucun protocole qu'il aurait pu écrire lui-même. Son corps mourant fut conservé et confié aux chercheurs capables d'étudier son cas. Sa mort aurait dû mettre un terme à ses recherches. Elle ne fit que changer leur nature. Lorsqu'il ouvrit de nouveau les yeux, il n'était plus vivant. Il n'était pas non plus revenu sous la forme d'un corps réanimé. Son enveloppe physique avait disparu. Sa conscience, elle, demeurait. Il était devenu un spectre. La première sensation fut celle d'un vertige. La seconde fut la compréhension. Pendant des mois, il avait cherché à répondre à une question : que reste-t-il d'un être lorsque le corps meurt ? Il avait désormais la réponse. Lui. Ou du moins quelque chose qui portait encore ses souvenirs, ses connaissances, ses obsessions et sa volonté. La mort n'avait pas mis fin à son travail. Elle lui avait simplement retiré son principal objet d'étude. Il était devenu son propre sujet de recherche. Et pour la première fois depuis l'empoisonnement de la Tisseuse, Alastor ne savait plus combien de temps il lui restait. Peut-être quelques années. Peut-être quelques siècles. Peut-être l'éternité. Une chose seulement était certaine : il avait commencé son voyage en cherchant à comprendre les ruines de Nostra. Il finirait par chercher à comprendre ce qu'il était devenu. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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