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[GV] Refuge de Pan - La renaissance de Ostvalma


Ghideon
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Bonjour !

 

Ce poste vise à présenter et détailler les travaux menés par la Garde Volontaire sur les plateaux du Refuge de Pan et leur avenir Ostvalma.

 

Il est aussi l'occasion de présenter une petite partie du contexte RP de la présence de la Garde sur le refuge.

 

Il évoluera au fils du temps et de l'avancement du chantier, pour illustrer nos avancées mais aussi dévoiler partie par partie les projets RP's concernant le Refuge et la Garde.

 

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Fondé par Bukm0r, le Refuge de Pan est un territoire couvert de ruines d'une civilisation ancestrale (aucun des RP's ne détaillent la dite civilisation, si ce n'est la divinité qu'elle priait : Pan). Ces ruines sont trouvées par un groupe d'aventuriers lors de la reconquête du monde de Stendel après le cataclysme. Ceux-ci s'installent dans une grotte en fondant le village de Helwyr. Les années passent, et un accord est signé avec le Consulat de la Garde pour intégrer le Refuge, Bukm0r devient préfet.

Note: une page wikifield du Refuge de Pan devrait bientôt faire son apparition pour détailler le rp fondateur et le fonctionnement de Helwyr.

 

Après quelques dizaines années de fouilles sur le territoire, plusieurs événements mènent le Consulat de la Garde a lancé de grands travaux pour rebatir les ruines du refuge. Le RP ci-dessous explique une partie de ces raisons.

 

En terme HRP, le premier chantier lancé sur le refuge concerne donc les ruines builds en surface, ainsi que le terraforming de leurs alentours (falaises, cours d'eau, flore, etc..).

 

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La cité de Ostvalma est une ancienne cité elfique millénaire. Le terme "Cité de Ostvalma" est par ailleurs purement stendelien, puisque Ostvalma signifie déjà "Cité divine". En l'an 3 du calendrier erachien, le cataclysme s'abat sur Stendel. Une partie de la cité est rasée, une autre s'écroule dans les flots, et une dernière est laissée presque intacte, mais les quelques âmes encore présentes disparaissent à jamais.

 

La Garde entreprend la reconstruction de la ville. Architecturalement, le choix est fait d'avoir un style mêlé entre haut-elfique, et humain façon Numenor / Minas Tirith. Si l'ardoise est remplacée par l'argile vert, le gros des builds restent à majorité en stonebrick avec beaucoup de dalles / quarts de bloc de stone 'polie'.  Des touches d'argile cyan, marbre et quartz sont ajoutés pour casser la monotonie.

 

La ville est divisée en plusieurs plateaux, dont un vide. C'est sur celui ci pour commencer que nous avons entamé les travaux de build et terraforming. Ensuite, nous attaquerons les autres plateaux. Visuellement, la ville est souhaitée pour avoir la même 'vibe' que les ruines actuelles avec de nombreuses tours.

 

Un gros effort de terraforming du projet est voulu. Les falaises des plateaux sont refaites de zéro, les cours d'eau retracés et terraformés, et plusieurs packs d'arbres sont en cours d'implémentation pour constituer une flore unique au projet.

 

Un petit plan pour illustrer l'organisation voulue de Ostvalma :

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- En rouge foncé : Les quatre quartiers d'habitations prévues. Plusieurs activités comme la joaillerie seront présentes.

- En rouge clair : Un gros batiment, on en dit pas plus.

- En bleu : Le port de la ville

- En violet : Les quartiers du 4e corps d'armée

- En gris clair : Un plateau englouti, des ruines sous les flots avec quelques tours émergeant de la surface. (build prévu post 1.18).

 

 

Pour finir, ci joint, quelques illustrations in-game.

 

Entrée Nord de Ostvalma par le pont. A droite, une petite montagne construite pour y faire serpenter un escalier vers le pont. A gauche, les falaises terraformées.

Note: une première couche de détails a été ajoutée aux falaises, bords de rivière et la montagne (dérivés, neige), d'autres sont à venir.

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Vue des falaises. Derrière, la porte d'entrée, et encore derrière, la nouvelle tour de SPLASH, reliée à Stendel, Port-Estroit, Fort Herobrine et Férincs. 

Note: une passe de texturing sera faite sur les falaises après passage en 1.18.

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Vue de la petite montagne, du cours d'eau, du pont et d'un kiosque.

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Vue d'ensemble en profitant de la zone d'ambiance de Lifdalinn.

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Chapitre 1: La cité de Ostvalma

 

Lorsque, le 1er Iffelia de l’an 3, le Grand Cataclysme s'abattît sur Stendel; il emporta dans le chaos tant de victimes qu’il ne fût jamais possible d’en estimer précisément le nombre. Plus que des individus, cette terrible catastrophe signa également la disparition d’un nombre considérable de peuples parfois millénaires dont il ne resta, au retour des impériaux sur la terre sainte de Stendel, que des ruines désolées et de frêles vestiges.

 

Parmi ces peuples à la destinée tragique et incertaine figuraient une des plus importantes civilisations elfiques du continent Stendelien: la cité de Ostvalma.

Véritable citadelle céleste érigée en des temps immémoriaux dont les hauts-elfes, seuls, avaient conservés le souvenir; cette puissante cité abritait à son apogée plus de 50 000 elfes de tous rangs; hauts-elfes comme elfes communs, rassemblés derrière ces fortes enceintes par la sage concorde qui fait l'apanage de ces nobles peuples.

Il ne resta pourtant, le cataclysme passé, plus rien de ces milliers d’âmes.

 

Balayées aux quatre vents dans une fuite effrénée, disparues dans la tourmente ou simplement éteintes comme le furent tant de vies dans ce funest épisode de l’histoire du monde; on ne devait vraisemblablement jamais retrouver la trace des peuples de Pan, dont la seule preuve de l'existence laissée en témoigne muet aux vivants furent les gigantesques ruines de leur citadelle.

 

Lorsque, le 25 Claircelule de l’an 27, les Empereurs parvinrent à ouvrir un nouveau portail vers le monde de Stendel; ces fameuses ruines ne tardèrent pas à être redécouvertes par les aventuriers dépêchés à travers le continent à la recherche de survivants. Ils n’y trouvèrent personne, pas même des dépouilles; mais des ruines gigantesques envahies par une luxuriante végétation. Près de 25 années s'étaient écoulées depuis le cataclysme, et la nature, pas plus que le temps, n'avait attendu le retour des stendeliens.

 

Quand le temps des premières recherches fut terminé, les aventuriers qui avaient redécouvert les ruines élurent domicile sur les lieux, et devinrent peu à peu le nouveau peuple de Pan, colonie humaine jouxtant les merveilleuses ruines et dont l'exploration devint la principale activité.

La mémoire collective, le temps passant, ne retint des elfes que leur disparition au milieu des innombrables tragédies causées par le cataclysme; et nul ne songea jamais qu’il eut pu, la catastrophe passée, advenir quoi que ce soit de ce peuple.

 

L’histoire, pourtant, ne devait pas s'arrêter là; tout comme celle des elfes ne s'était pas terminée ce tragique iffélia de l’an 3. 

 

Quand, le 14 Mérolia de l’an de grâce 280, les aventuriers du refuge de Pan se rallièrent au Consulat de la Garde, ils partagèrent en effet pour la première fois leurs découvertes, dont le Premier Consul Zorn ne tarda pas à saisir l'importance.

En parallèle de la planification des grands travaux qu’il prévoyait pour cette région nouvellement acquise, il confia aux sages d’Arcahelm et aux chercheurs de Toluki le soin de reprendre les recherches des aventuriers.

 

Ces recherches, menées non plus par de simples explorateurs mais par des archéologues aguerris, portèrent rapidement des fruits considérables. Tables gravées de textes anciens, lettres scellées, archives, gravures murales… les documents manuscrits s'accumulèrent sur les tables des grands sages, qui se prirent d’une réelle passion pour les travaux de déchiffrement.

 

La langue de Pan, pourtant, leur résista longtemps; accroissant la curiosité des sages et la frustration des traducteurs.

Si la racine elfique était évidente, les points de divergence et les caractères inédits rendirent la compréhension singulièrement difficile. Nombre de linguistes y blanchirent leurs cheveux à force de nuits blanches, mais leurs efforts finirent par payer.

À l’aube de l’an 300, le déchiffrage de la langue fut achevé, et les savants purent enfin se plonger dans les archives de pan.

 

Plusieurs années s’écoulèrent, des dizaines même, pendant lesquelles les chercheurs s’évertuèrent à traduire les textes en leur possession et à chercher de nouveaux manuscrits dans les ruines et leurs alentours.

Ils tirèrent de ces précieux documents une multitude d’informations sur la civilisation qui, jadis, avait prospéré en ces lieux, ainsi qu’un large panel d’instructions, de connaissances diverses, de recettes, de savoirs magiques et de chroniques historiques.

 

Un document, en particulier, allait bientôt se trouver au cœur d’une terrible révélation, et renverser toutes les certitudes quant au sort du peuple de pan.

 

 

Chapitre 2: Inestimable trouvaille

 

En l’an de grâce 370, près de cent ans après l'intégration de la région au consulat, une équipe de chercheurs composée de savants d’Arcahelm et de Toluki découvrit, dans un étrange caveau récemment mis à jour sur la côte, une série de pièces aux allures de chambres fortes.

 

Préservé jusqu’alors des ravages du temps par de puissants scellés ayant empêché le passage de l’air et de la lumière dans ce vaste dédale de voûtes, cet ensemble de chambres s’avéra être une véritable mine d’or pour les sages et les historiens. On y trouva en grand nombre vêtements, accessoires, armes, bijoux, documents de tous types et possessions en tous genres… disposés à la hâte comme si on avait cherché à rapidement les stocker dans cet abri en vue, peut-être, de les y retrouver un jour.

 

Tout avait été fait, semblait-il, pour conserver ces effets personnels de la manière la plus durable, à l’abri des pillards et des indiscrets. Autant de précautions qui avaient relativement porté leurs fruits, considérant qu’il avait fallu non moins qu’un siècle pour que des chercheurs aguerris n’en découvrent l’accès.

Ce fut donc avec le plus grand soin et la plus vive attention que les sages firent l'inventaire de ces objets, en firent un tri méticuleux et débutèrent l’étude approfondie de chacun d’entre eux; à commencer par les manuscrits.

 

La langue de Pan n'ayant d’ores et déjà plus de secrets pour eux, seul le nombre de ces précieuses reliques en compliqua l’étude; aussi les traducteurs enchaînèrent-ils rapidement les nuits blanches.

 

Dans la pénombre de la salle d’étude, éclairé par la lueur d’une bougie mourante, le disciple Karlsraven luttait justement contre le sommeil lorsqu’arriva, sur son bureau, un étrange parchemin qui semblait dénoter du reste des documents.

Ni sa forme, ni sa matière ne ressemblaient en effet aux autres ouvrages qui avaient été traduits jusqu’alors, et si la langue employée semblait bien être celle du peuple de Pan, tous les paragraphes avaient été doublés en une seconde langue; inconnue celle-ci.

 

Trop alangui par la fatigue, le disciple ne s'étonna pas, dans un premier temps, de ces étranges disparités. Pourtant, à la lecture des paragraphes rédigés en langue elfique, le choc et la surprise de ce qu’il y découvrit le réveillèrent tout à fait. Par deux fois, il dût se relire pour être certain de n’avoir pas rêvé. Il se pinça, ralluma toutes ses bougies, se rinça le visage, et revint à sa lecture. Le contenu n’en avait pas changé, et n'était donc ni le fruit de son imagination, ni celui de l’épuisement. 

 

Après une brève hésitation, et malgré l’heure tardive; il s’empara du document et se rua hors de la salle. 

Traversant les longs couloirs du riche bâtiment où les sages avaient pris leurs quartiers, il gagna rapidement l'aile des chambres des sages supérieurs; et frappa à une des grandes portes. 

Un vieil homme, l'œil embrumé de sommeil et la barbe hirsute, ouvrit alors; avant de toiser le jeune disciple de la tête aux pieds.

 

- Qu'est-ce que tu veux, jeune ?

Demanda-t-il d’une voix rauque. 

 

Karlsraven, toujours haletant, lui tendit le parchemin d’une main fébrile.

 

- Maître Jourdan, je crois que vous devriez lire ceci…

Répondit-il simplement.

 

Le vieux sage, sans mot dire, s’empara du manuscrit. S’approchant d’une bougie fixée auprès de la porte, il parcourut les quelques paragraphes, sans jamais se départir de l’expression impassible propre aux érudits de haut rang. Son visage, pourtant, sembla s’éclairer à mesure qu’il dévorait les lignes.

 

Sa lecture terminée, il se contenta de tendre le document au jeune disciple; affichant cette fois l’esquisse d’un sourire.

 

- Quelle heure est-il, mon garçon ?

Demanda-t-il.

 

- Trois heures, votre Éminence.

 

- Excellent. Je descends de ce pas à la Grande Bibliothèque. Quant à vous, allez me réveiller tout le monde, et surtout ces messieurs les militaires. Qu’ils me retrouvent en bas. Pressez-vous !

 

Le jeune disciple ne se fit pas prier, et s’élança à travers le couloir pour débuter sa besogne, avec l’excitation fiévreuse d’un enfant qui aurait trouvé une pierre merveilleuse entre les galets de son jardin.

Moins de trente minutes plus tard, la bibliothèque était devenue le centre d’une effervescence indescriptible. Devant la grande estrade se bousculaient archimages, grands-sages, militaires de tous rangs et explorateurs; certains en grand uniforme et d’autres en robe de chambre, les yeux tantôt vifs ou cernés, guettant tous le passage des serviteurs qui distribuaient en abondance thé et café.

 

Quand il sembla enfin que l’assistance était au complet, le maître Jourdan, haut-sage d’Arcahelm et responsable en chef des traducteurs; monta sur l’estrade et se présenta au pupitre, le document en main.

 

- Mes chers camarades, pardonnez, avant-tout, le réveil brutal que je me suis permis de vous faire infliger aujourd’hui. Je sais combien il est désagréable de se faire tirer du lit à pareille heure; mais j’ai pris connaissance tout à l’heure d’une nouvelle qui va achever de vous réveiller… Les elfes de Pan, bâtisseurs et résidants originaux des formidables ruines que nous occupons aujourd’hui… pourraient bien avoir, en partie, survécu au cataclysme !

 

Un frisson d’effroi, à ces simples mots, parcourut la salle. Certains, bouche-bée, en renversèrent leur tasse tandis que d’autres restèrent figés par l’incrédulité. Les yeux, pourtant, étaient tous universellement rivés sur le modeste manuscrit que levait, dans un geste théâtral, le grand-maître Jourdan.

 

Ce document, déchiffré par le disciple Karlsraven, n’est autre qu’un contrat daté du 62 Cidélia de l’an 3, soit trois jours seulement avant que la catastrophe ne s’abatte sur le monde. Il révèle que, par des moyens qui nous sont encore inconnus, les elfes de Pan ont été alertés de l’imminence du cataclysme et ont pu organiser l’évacuation d’une partie de leur population avec l’aide d’une flotte marchande étrangère ! Sur les 50 000 âmes qui résidaient dans les murs de la citadelle et ses alentours, près de 10 000 auraient été sauvées in-extremis !

 

Une multitude de sentiments, à cette révélation, submergèrent l’assistance. Stupeur, incrédulité, joie, allégresse… des dizaines de mains se levèrent en même temps, pressés de poser à l’orateur les milliers de questions qui naissaient les unes après les autres dans les esprits en ébullition. Un homme, pourtant, parlant pour nombre d’autres, n’attendit pas d’être invité à prendre la parole et s’écria:

 

- Cela n’a aucun sens ! Si des elfes ont survécu au cataclysme; comment se fait-il qu’ils n’aient jamais cherché à revenir sur leurs terres, et pourquoi n'avons-nous pas entendu parler d’eux durant ces 300 dernières années ?

 

Cette question fit, seule, baisser de nombreuses mains; et fit taire le tumulte que l’annonce avait provoqué. Elle était en effet, légitime: le document prouvait l’existence d’un contrat, mais datait toutefois de plusieurs jours avant la catastrophe. Rien ne garantissait que cette tentative de sauvetage avait réussi… Et le silence des elfes depuis lors n’avait rien de rassurant, fut-ce pour les plus optimistes des sages.

Le grand-maître Jourdan, pourtant, ne se démonta pas et semblait même confiant.

 

- Excellente remarque, maître Marius. Mais il se trouve, justement, que ce contrat contient une clef à cette énigme, qui explique en toutes lettres les raisons du silence des elfes depuis leur départ… Il se trouve que, profitant du péril imminent qui planait sur la population de Pan, la nation qui a assuré ce sauvetage ne leur a tendu la main qu’au prix fort… le plus fort peut-être.

 

- Que voulez-vous dire ?

Interrogea le grand-maître Marius.

 

- D’après ce contrat, en échange du sauvetage de 10 000 elfes visiblement tirés au sort, ces derniers s’engageaient à 1000 ans de servitude au profit du royaume de leurs “sauveteurs”. Le prix de leur vie, finalement, aura été leur liberté.

 

Après quelques secondes d’un silence assourdissant, de vifs cris de protestation et d’indignation s’échappèrent de toutes les poitrines. Comment était-ce possible ? Quel esprit malade avait pu profiter ainsi de la détresse d’un peuple condamné pour réduire 10 000 âmes en servitude ? Quelle nation avait bien pu se rendre coupable d’une pareille perfidie ? de pareil déshonneur ? Où les elfes pouvaient-ils être retenus aujourd’hui ? Dans quelles conditions ? Étaient-ils toujours prisonniers plus de 300 ans après le cataclysme ? La colère, bientôt, échauffa les esprits qui ne manquèrent d’aucun superlatif pour qualifier l’infamie dont ce contrat était le témoin.

 

Le silence et le calme revinrent à grand peine. Quand la foule de sages et de chercheurs cessa ses vociférations, un des officiers de la Garde, resté muet jusqu’alors, s’avança jusqu’à l’estrade. 

Le Colonel Carbon, chargé par son Excellence le Consul de superviser les travaux de recherches, s’approcha alors de maître Jourdan.

 

- Je crois, monsieur, que vous avez entre les mains des renseignements qui  gagneraient à être connus au plus vite de notre Consul.

 

- Certes, Colonel, c’est aussi mon sentiment… J’imagine aussi qu’un traducteur pourrait vous être utile, et je connais pour cela une personne toute désignée.

Répondit le Maître Jourdan, avant de pointer théâtralement le jeune Karlsraven.

 

Avant même qu’il eut pu répondre, le Colonel se tourna à son tour dans sa direction.

 

- Jeune homme, vous avez de grands services à nous rendre. J’aimerais vous dire que vous avez le choix, mais le devoir commande. Montez à votre chambre rassembler vos affaires, et soyez sur le parvis dans 30 minutes.

Le colonel, à ces mots, marqua une pause; avant de reprendre:

 

- Et, de grâce, allez enfiler un vrai pantalon.

 

 

Chapitre 3: La piste 

 

Il fallut cinq jours, cheminant à brides abattues sur les routes impériales, pour que le convoi gagne Fort Herobrine, où siégeait le Grand Quartier Général de la Garde.

Après bien des déboires et des nuits terribles à dormir dans les inconfortables diligences militaires, le jeune Karlraven se trouvait à présent debout dans un fastueux bureau, raidi tant par l’anxiété que par les courbatures, et parfaitement silencieux.

 

Le malheureux avait toutes les raisons d’être ainsi fébrile: entouré de généraux et de colonels, il se tenait dans un garde-à-vous quasi parfait devant le bureau de son Excellence le Premier Consul: le Maréchal Ghideon Zorn.

Ce dernier, qui s’employait à lire méticuleusement une transcription en langue commune du document que le disciple avait préparé durant le voyage, n’avait plus levé les yeux ni prononcé le moindre mot depuis plusieurs longues minutes.

La pression, dans la pièce, devenait insoutenable pour le jeune linguiste, qui sentait déjà la sueur lui ruisseler sur le visage.

 

Enfin, quand il eut achevé sa lecture, le Maréchal Zorn releva le regard et jaugea de la tête aux pieds son interlocuteur.

 

- Voilà de bien étranges nouvelles de si bon matin… Si le Colonel Carbon n’avait pas répondu de vous, j’aurais probablement ri à l’idée que qui que ce soit ait pu échapper au cataclysme, et reparaître 300 ans plus tard…

Commença-t-il, d’un ton volontairement dubitatif, avant de poursuivre.

 

- Ce document, à vrai dire, ne prouve pas grand chose… Mais la piste doit être saisie. Après tout, même s' ils n’ont cohabité avec l’Empire que trois années durant, ces elfes n’en sont pas moins nos concitoyens… Si il existe en ce monde quelqu’un d’assez fou pour retenir des habitants de Stendel, par le diable, nous irons les trouver. Seulement… il nous faudra pour cela déchiffrer le nom du pays incriminé.

 

En effet, si sur le fameux “contrat” le nom du peuple de Pan était clairement reconnaissable car d’ores et déjà observé dans d’autres textes, le nom propre qui désignait l’autre nation était tout à fait inconnu. Le jeune Karlsraven avait pu, au mieux, en faire une traduction phonétique: hɪrɪən.

 

Le maréchal Zorn, cependant, ne semblait pas s’émouvoir de ce maigre obstacle.

Copiant sur une feuille la traduction phonétique, il tendit rapidement son manuscrit au général Rapp, son aide de camp.

 

- Rapp, fais des copies de ce nom et distribue-en au service géographique de l’armée, au bureau des situations, à l’antenne de l’amirauté et au service des archives de mon cabinet… Nous recherchons un pays vieux d’au moins 300 ans ayant porté un nom du genre de “Irianne”, “Irienne” ou quelque chose du genre…

 

Le général Rapp, sans attendre, s’empara du document et quitta la pièce.

Le Consul se leva également, immédiatement suivi par un officier d’ordonnance et son second aide de camp.

 

- Messieurs, je dois ce matin siéger au Grand Conseil Consulaire. Je ne serai de retour que vers seize heures… le général Rapp, d’ici là, aura sans nul doute trouvé une réponse à la question; et nous en converserons à ce moment. Vous pouvez prendre congé, et vous présenter à seize heures et quinze minutes dans la grande salle des opérations. 

 

Sans autre cérémonie, le maréchal Zorn quitta la pièce.

Le bureau se vida de sa population, et les grenadiers qui tenaient faction à la porte firent signe au jeune traducteur de se retirer. 

 

Profitant de cette interlude pour déjeuner en compagnie du colonel Carbon, le disciple rattrapa en un repas les journées de privations dûes au voyage, et s’écroula de sommeil à l’instant où commença sa digestion.

Il resta ainsi complètement inerte sur une sorte de canapé du carré des visiteurs où on l’avait conduit; et il fallut non moins que les secousses énergiques d’un sergent-major pour le tirer du sommeil lorsque seize heures sonnèrent.

 

Pour la seconde fois de la journée, courbaturé derechef par une inconfortable sieste, il se retrouva dans une pièce peuplée d’officiers de tous grades; cette fois plus nombreux.

Son excellence le consul n’était pas encore arrivé, mais l’ambiance n’en semblait pas moins sérieuse… La nouvelle qu’une nation étrangère à l’empire ait pu se rendre coupable de quelque méfait avait déjà fait son chemin, et les braves gardes semblaient déjà aiguiser leurs sabres. 

Un cri, résonnant depuis l’entrée de la pièce, fit taire les murmures.

 

- À vos rangs, fixe !

 

Dans un mouvement général, tous les officiers saluèrent l’arrivée de leur chef.

Le Maréchal Zorn, le bicorne sous le bras, fit irruption dans la pièce comme une bourrasque; suivi de près par son état-major, ainsi que par le Maréchal Pencroff et la générale Marvell.

 

- Repos !

S’exclama-t-il à l’attention générale.

 

L’assistance, toujours à l’unisson, changea de posture.

 

- Je vois, chers camarades, que vous n’avez pas perdu de temps ! 

Poursuivit-il, avant de grimper à l’escalier de la coursive qui surplombait la salle, et du haut de laquelle il avait pris coutume de faire ses allocutions des grands jours.

 

- Mes amis, il y a au milieu de vous un jeune homme qui, ce matin, a porté à ma connaissance une nouvelle qui pourrait bien changer l’histoire ! Vous n’aurez point de mal à le reconnaître: il est le seul d’entre vous à ne point porter l’uniforme !

 

Tous les regards, à cet instant, se tournèrent vers le jeune Karlraven.

Le consul, d’un ton amusé, reprit.

 

- Il se trouve que, durant leurs fastidieuses recherches dans les ruines de la cité de Pan, ces messieurs les sages d’Arcahelm et de Toluki auraient retrouvé un document ancien, faisant état d’un contrat daté de trois jours seulement avant le début du grand cataclysme ! Ce contrat, s’il est véridique, laisse à penser que non moins que 10 000 elfes auraient été évacués de justesse et mis en sécurité ! Mais ce sauvetage, tenez-vous bien, ne devait se faire qu’en échange de 1000 années de servitudes des elfes, au profit de leurs sauveurs !

 

De même qu’il en avait été le cas lors de la déclaration du grand-maître Jourdan, une vive indignation s'empara de l’assistance. Il est de notoriété publique que les Gardes tiennent en haine profonde tous ceux qui s’en prennent aux innocentes populations de Stendel, et quand bien même les elfes de Pan n’avaient été réellement sujets de l’empire que durant trois années, cela suffisait à faire d’eux des semblables.

 

Le premier Consul, qui partageait ce sentiment, leva la main; faisant taire de ce geste tous les murmures indignés. Le silence revenu, il poursuivit.

 

- Le nom de ces scélérats, dans le manuscrit laissé par les elfes, nous était inconnu; et ces messieurs les sages ne semblaient pas avoir d’indices. J’ai donc chargé le général Rapp, dont vous connaissez les qualités de limier, de faire le tour de nos archives avec la transcription de leur nom. Puisqu’ils paraissaient avoir, par le passé, commercé par la mer avec le peuple de Pan, il semblait évident que leur pays devait se trouver en bordure d’une mer ou d’un océan, et qu’ils aient fait commerce avec d’autres contrées de l’Empire. Plus que cela, il y avait fort à parier que leur pays, si il existait toujours, entretienne encore aujourd’hui une forte activité commerciale; auquel cas il ne serait pas inconnu de nos douaniers, marins et cartographes…

Le consul marqua une pause, appuyant un instant sur le lourd silence expectatif de ses camarades en contrebas de la coursive, avant de reprendre.

 

- La chance, chers camarades, était de notre côté. Il ne fallut pas une heure, passée à fouiller les archives du bureau des cartographes, pour que le général Rapp ne découvre une première piste: un royaume situé en bordure de la grande Mer des Pléiades, à l’Ouest des eaux territoriales Stendeliennes; et dont le nom semble correspondre. Naturellement, l'indice est maigre, me direz-vous; mais la piste ne s'arrête pas là. En poursuivant ses recherches, le général Rapp a découvert que ce pays, le "Royaume d'Hyrian", a connu un essor absolument vertigineux il y a environ 300 ans. Economie, diplomatie, armées... L'histoire laisse entendre qu'ils ont reçu une véritable bénédiction divine, ou, à défaut, l'aide tout à fait opportune de quelques milliers d'individus aussi sages que savants... disons... des elfes ?

 

Le raisonnement du Général Rapp ne manquait pas de sens. Personne, parmi les officiers présents, n'avait cependant entendu parler de ce Royaume d'Hyrian. Et pour cause: ce dernier se trouvait parfaitement à l'opposé de l'empire vis-à-vis de la grande Mer des Pléiades. Un éloignement qui l'avait visiblement protégé des effets tragiques du grand cataclysme, mais qu'il l'avait également maintenu hors du rayon d'action de la Garde. En outre, ce royaume semblait avoir mis un terme à ses activités commerciales avec les nations impériales, ce qui l'avait d'autant plus tenu à distance.

Ghideon poursuivit.

 

- Soyons clairs: Nous ne disposons aujourd'hui d'aucune preuve tangible de l'implication de ce royaume dans notre affaire. Dame, nous ne savons même pas si les elfes de Pan ont réellement pu échapper à leur sort. Le contrat, qui a été trouvé au cours des fouilles, est notre seule piste. Ce simple manuscrit, dont l'auteur nous est inconnu, est pourtant trop explicite pour que nous l'ignorions. Si il existe ne fut-ce qu'une infime chance pour que des populations impériales aient survécu au cataclysme et soient retenues hors de ses saintes frontières, nous n'avons d'autre choix que de remonter leur piste pour en avoir le coeur net. Nous ne pouvons cependant pas décemment débarquer en force dans ce royaume qui nous est inconnu pour les accuser de but-en-blanc de retenir en otage nos concitoyens; aussi allons nous devoir nous contenter, dans un premier temps, de dépêcher chez-eux un mission diplomatique...

 

Dans la grande salle stratégique, l'idée de recourir à des manœuvres diplomatiques plutôt que de compter sur l'indomptable force de la Grande Armée fut accueillie avec une certaine résignation. Naturellement, en l'absence de certitudes quant au sort des elfes, il était injustifié d'employer la force... Mais si le peuple de Pan avait réellement été réduit à la servitude, il n'y avait pas de temps à perdre pour délivrer les malheureux des griffes de leurs oppresseurs. Près de 400 années s'étaient écoulées depuis le cataclysme, et si une nation avait réellement eu l'audace d'asservir des ressortissants de l'empire durant tout ce temps, un châtiment était plus qu'indiqué... Mais avant cela, il fallait des certitudes...

Le Consul, voyant flotter sur l'assistance ces réflexions mitigées, conclut enfin.

 

- Vous connaissez, chers camarades, la fameuse maxime: "à la guerre, il faut n'être jamais sur de rien, et toujours être prêt à tout". Certes, et je le regrette aussi, nous allons devoir perdre un temps précieux à vérifier nos informations avant d'agir... Mais cela ne nous empêche en rien de nous préparer à la guerre, pour être prêts à partir sur les mers si d'aventure le royaume d'Hyrian retenait bien les elfes, et se refusait à nous les rendre. Si ils rejettent nos demandes amicales de nous céder pacifiquement nos semblables, nous aurons dès lors toute légitimité pour fondre sur eux avec célérité, force et méthode. Mais trêve à présent de prolixité. Dans le double objectif de lancer promptement notre mission diplomatique, et de préparer au plus vite une possible invasion de ce royaume, j'ai pris les décisions, dont ordres, que suivent. Veuillez noter.

 

Les officiers, comme un seul homme, sortirent carnets et crayons.

 

- Le Général Darkalne, commandant de la 2e armée, se rendra en premier sur les terres d'Hyrian en qualité d'ambassadeur; accompagné de son petit état-major et d'une compagnie d'escorte du 3e régiment de Grenadiers. Il aura pour mission première de définir si, oui ou non, des elfes sont bien présents dans ce Royaume, et si il s'agit bien des nôtres. Si ce fait est établi, il en rendra compte par aigle-voyageur au plus vite, et entamera des tractations diplomatiques auprès du Roi et de sa cour. Si ces négociations aboutissent à la libération inconditionnelle des elfes, il se chargera d'organiser leur évacuation vers Stendel. Dans le cas contraire, nous ferons fondre sur Hyrian une armée d'invasion entière, destinée à libérer prestement nos concitoyens et à punir avec force leurs ravisseurs. Le Général Jihair, commandant de la 1ère armée, pendra la direction des 1er et 2e corps. Le général Darkalne, commandant de la 2e armée, sera rejoint directement sur les terres d'Hyrian par les 3e et 4e corps qui seront temporairement commandés par le Général Martineau. Le Général Suljii, commandant de la 3e armée, prendra la direction des 5e et 6e corps. Le Maréchal Pencroff, commandant de la réserve de cavalerie, prendra le commandement de l'avant-garde avec ses deux divisions de dragons; et je commanderai moi-même la Garde consulaire, appuyée par la division des cuirassiers. Que chaque régiment rappelle ses permissionnaires, regroupe ses bataillons et marche en direction de la préfecture d'Arcahelm. De là, les trois armées seront rejointes par la flotte, et se prépareront à embarquer sur les vaisseaux de ligne selon les nouvelles que le général Darkalne nous donnera. Je veux que dans un mois, toutes nos forces soient regroupées dans ce port et les campagnes qui l'entourent; et que dans quatre mois au plus long, les premiers elfes posent leurs valises dans les ruines de leur cité d'antan, que nous aurons à coeur de les aider à rebâtir.

 

Un silence pesant régnait sur la salle, seulement perturbé par le plissement des feuilles et le bruissement des crayons et des plumes.

 

- Voilà, chers camarades, vos ordres. Ils sont clairs: rappelez vos hommes, faites battre le tambour et sonner le clairon. Si les dieux sont bons, ces gens du royaume d'Hyrian entendront raison et rendront les elfes de bon cœur. Dans le cas contraire, nous irons porter dans leur chair l'incandescente lumière de l'Empire, qui les consumera.

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