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Garde Volontaire - L'Aube du Consulat


Ghideon
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Garde Volontaire, Fort Herobrine,

30 Mérolia de l'an 369,

Par Ghideon Zorn, Général-en-Chef et 1er Consul,

Adressé aux gardes volontaires et aux populations consulaires,

 

Peuples du Consulat. De nouveaux frères et de nouvelles sœurs vous rejoignent aujourd'hui. La Cité d'Arcahelm, jusqu'à peu dirigée par un quarteron de vieux sages, trop occupés par leurs recherches pour veiller sur leur peuple,  renait sous l'autorité des Généraux Suljii et Jihair. Soucieux de cette cité qui leur est chère, ils ont pris la décision de briser son isolement. À dater de ce jour, Arcahelm rejoint le Consulat et devient une préfecture. Les généraux Suljii et Jihair assumeront conjointement le rôle de Préfet, au titre de Baron comme leur permet leur noble rang de chevalier. Arcahelm n'est pas la seule cité à faire le choix de la raison. La ville musée de Toluki, rayonnante de ses expositions uniques sur les Tréfonds, se joint aussi au Consulat et devient une préfecture, sous la direction du préfet Makiange.

 

Depuis sa fondation en l'an 251, voilà maintenant plus d'un siècle, le Consulat de la Garde a su apporter la prospérité aux états l'ayant rejoint. Les peuples désordonnés ont trouvé sous son aile l'union et la protection dont ils rêvaient. La lumière consulaire a balayé ces terres, les factions se sont courbées, et les partis confondus. Mais le Consulat n'a pas fait que conquérir des territoires, il y a élevé les peuples.

 

Éducation, soins, commerce, le Consulat a offert à ses préfectures une ère nouvelle. Et les braves, soucieux de conserver cette harmonie, se sont engagés dans nos rangs pour mener campagnes après campagnes contre tous ceux qui chercheraient à nuire à ce que nous avons bâtit. Tant sont morts. Et tant mourront encore. Le sang des nôtres est seul conquérant de cette paix que nous maintenons. Soldats, lorsque vous m'avez confié le titre de 1er Consul, vous m'avez imposé des obligations que je remplis, vous remplirez les vôtres. Vous seconderez votre général avec l'énergie, la fermeté et la confiance que j'ai toujours eus avec vous. Le Consulat n'est pas une affaire d'un siècle ou deux, une faction éphémère vouée à devenir poussières, c'est un héritage éternel.

 

Je sais que ne serai pas seul pour les défis qui nous attendent. Braves parmi les braves, quatre de nos plus vaillants généraux ont été faits chevaliers par Sa Majesté l'Empereur Thorgrin. Au nom de tous, je salue leur dévouement pour la Mission et leur engagement auprès des populations impériales.

 

- Général Jihair Glavallis d'Arcahelm

- Général Suljii de Cénaria

- Vice-Amiral Skykkou

- Général Darkalne

 

Aussi, à l'aube de cette nouvelle ère consulaire, les généraux Suljii, Jihair et Darkalne sont tous les trois élevés au rang de Généraux d'Armée. Ils gardent respectivement le commandement de leur corps armée, mais pourront être appelés à commander une Armée si les circonstances l'exigent.  Le Vice-Amiral Skykkou est quant à lui nommé Amiral.

 

Enfin, les mesures suivantes sont prises et rentrent en vigueur immédiatement :

- Les territoires dirigés par la haute noblesse se joignant au Consulat continueront de se transmettre héréditairement.

- Les préfets issus de la noblesse pourront utiliser leur titre nobiliaire à la place de celui de préfet, et celui d'origine de leur fief à la place de celui de préfecture.

 

Gardes volontaires, la Mission continue.

 

Gloire à l'Empire, Force à la loi, et Honneur à ses soldats !

Vive la Garde et Vive l'Empire !

 

  1er Consul Zorn

 

Divulgacher

HRP:

Ces considérations sont purement rp's, et permettent au projet d'Arcahelm, dirigé par Suljii et Jihair de se lier au rp de la Garde plus en profondeur.  Suljii et Jihair restent évidemment les dirigeants d'Arcahelm. De même pour Toluki, Makiange en reste le seul dirigeant.

 

Ci-joint, rédigé par @Pencroff, un petit rp sur la création de la préfecture d'Arcahelm.

 

Divulgacher

Sur l'imposante façade du commandement, malgré l'heure tardive, les hautes fenêtres de l'aile ouest restaient obstinément éclairées. Dans une des luxueuses salles du second étage, debout de l'encadrement, une grande silhouette se tenait immobile, ne laissant échapper que de légères volutes de fumées. Le Maréchal Pencroff, les yeux rivés sur le ciel nocturne, attendait; impassible.

 

- Tu ne dors donc jamais, vieille carne ?

S'exclama, derrière lui, une voix familière.

 

- Que veux-tu... je ne dors vraiment bien que dans la paille, près de mon cheval et les bottes aux pieds

Répondit le maréchal, en se retournant vers son vieil ami, son excellence le Premier Consul.

 

- Arrêtes ton char, et dis-moi plutôt ce qui te turlupines.

 

- Oh, ma foi rien de bien neuf... je relisais les rapports de Suljii et de Jihair quant aux événements d'Arcahelm. Qui eut pu croire, à notre époque, qu'en cette ville où science et sagesse rayonnent tant, on trouverait pourtant les pires misères et le dénuement le plus cru.

 

- Certes, on eut été en droit de croire que pareil assortiment de sages, d'archimages et de professeurs en tous genres sauraient entretenir autour d'eux une cité utopique où le bon sens et le bien commun auraient des bienfaits universels... Et pourtant, l'intelligence ne chasse pas la corruption, loin de là.

 

- Et les choses vont de mal en pire. Cette histoire d'épidémie a jeté sur le conseil des sages un profond discrédit... les habitants de la basse ville ne manquent pas de faire connaître leur mécontentement, et le piédestal sur lequel se tiennent ces messieurs les savants vacille un peu plus à chaque nouvelle affaire. Au train où vont les choses, nous courrons à une révolte semblable à la guerre civile de Tolwhig, sinon pire...

 

Le Consul, à ces mots, s'approcha de la grande table qui trônait au centre de la pièce, en tira un des riches fauteuils et y prît place; invitant son ami à faire de même.

Quand le maréchal Pencroff fut assis, le consul Zorn reprît.

 

- Je comprends bien ton inquiétude. Il faut reconnaître qu'aussi brillants qu'ils puissent être, ces imbéciles de sages ont vraiment tout fait pour s'attirer les foudres de la basse-ville. Sans les interventions de Suljii et Jihair, l'orage aurait déjà éclaté...

 

- Mais nous n'avons gagné que du temps. Jihair et Suljii ont joué leurs cartes au mieux, et jouissent auprès de la population d'un fort capital sympathie et d'un grand prestige; mais cela ne durera pas si nos forces ne servent qu'à protéger la haute-ville de la colère de la basse.

Répondit le maréchal. Le consul, à cette remarque, s'arrêta un instant pour réfléchir.

 

- C'est une situation épineuse... Si les sages se sont montrés absolument incapables de gérer correctement leur cité, ils n'en restent pas moins des sommités irremplaçables dans leurs domaines de spécialité respectifs, et la haute-ville d'Arcahelm est devenue un inestimable puit de savoir et une intarissable source de progrès scientifiques... la colère et la rancune de la basse-ville est absolument justifiée, mais nous ne pouvons pas nous permettre de priver le monde des lumières des grands sages...

 

- Arriverons-nous seulement à préserver l'équilibre ? Nous ne pouvons pas nous contenter d'envoyer des généraux et des gendarmes... les habitants de la basse-ville demandent des comptes, et si ils venaient à se revolter; combien de sang devra couler pour que le calme revienne ? Suljii et Jihair sont des braves, contre une armée ennemie ils n'ont pas leur pareil; mais je les vois mal tourner leur épée contre des miséreux dont ils ont partagé les peines récentes, et qui seraient poussés à la révolte par la dégradation de leurs conditions de vie par une classe dirigeante inapte...

Répondit le maréchal, croisant les bras.

 

- Nous sommes bien d'accord, et ni toi ni moi n'aimerions nous trouver à leur place à cette heure. Tout doit être fait pour éviter que le sang ne coule, et nous n'avons pas le luxe d'attendre qu'un nouvel incident ne survienne... Reste alors une option, mais c'est un pari risqué.

 

- Dis toujours, de toutes manières j'imagine que si tu l'abordes c'est que tu as d'ores et déjà pesé le pour et le contre, et tu sais combien j'ai confiance en ton jugement. Au reste, il nous faudra bien prendre une décision, tant que nous avons l'initiative.

 

- Tu me flattes, mais tu as raison: j'ai déjà fait le tour de la question et je ne vois qu'une marche à suivre possible.

 

- Accouche, carcasse.

 

- Bon, si on en croit les rapports de Suljii et Jihair, le principal problème de la cité, c'est sa gestion calamiteuse par le conseil des sages. Tous les membres dudit conseil sont, bien évidemment, des membres de la haute société scientifique qui partagent pour la plupart les défauts bien connus des gens de leur espèce: ego démesuré, impression que leur expertise dans leur domaine les qualifie pour diriger, méconnaissance de la réalité de la vie dans la basse-ville et intérêt plus que limité pour tout ce qui ne relève pas de leurs recherches... ils sont plus préoccupés par le financement de leurs études et leur besoin de reconnaissance que par l'impact de leur politique.

Amorça le consul.

 

- Certes... On pourrait dire cela de nombre d'états, mais dans le cas d'Arcahelm il faut reconnaître que cela atteint un niveau inédit.

 

- Et bien nous allons régler ce problème à la racine. Ces grands sages sont des hommes de science, et ils ne sont pas nés de la dernière pluie. Ils savent que la colère gronde et que la situation devient critique. Si ils le pouvaient, ils auraient sans doute déjà quitté la ville; mais comme nous l'avons dit, Arcahelm est devenue une ville sainte pour les chercheurs et aucun d'eux ne voudrait perdre ce formidable vivier de ressources et de savoir. Tous érudits qu'ils sont, ils sont prisonniers de leur soif de connaissance. Cependant, bien qu'ils savent que leur gestion autocentrée est à l'origine de leurs déboires, ils ne peuvent pas prendre le risque d'ouvrir les portes du pouvoir à des représentants de la basse-ville ne partageant pas leurs intérêts, ou pire, hostiles à leurs activités. Ils sont dans une impasse, que la garde tempère jusqu'à présent.

 

- Je vois où tu veux en venir... La seule issue à leur impasse serait une sorte d'intermédiaire qui prendrait la responsabilité de l'exercice du pouvoir tout en leur garantissant le maintien de leurs financements et de leur cadre de travail.

 

- Exact: un intermédiaire qui serait rodé à l'exercice du pouvoir, qui serait bien vu et bien reçu par le peuple de la basse-ville et qui aurait également un intérêt à ce que les sages poursuivent leurs travaux dans les meilleures conditions.

 

- Je vois... un préfet, en somme. Et qui de mieux, je suppose, qu'un des deux héros de la ville ? Qui de Jihair ou de Suljii as-tu prévu de nommer après ce petit coup d'état ?

Demanda le maréchal, souriant.

 

- Mais les deux ! Pourquoi choisir ? Si nous voulons nous assurer la légitimité requise pour faire accepter cette manœuvre, deux héros valent mieux qu'un ! L'homme qui sauva la cité des bandits et celui qui la sauva de la maladie, œuvrant de concert pour y faire revenir l'ordre, la paix, et la concorde.

Répondit le consul, un large sourire aux lèvres.

 

- Et le conseil des sages, dans tout ça ? Penses-tu vraiment qu'ils accepteront de se faire démettre ainsi de leurs fonctions ?

 

- Diable, que pourraient-ils faire d'autre ? Si ils refusent, ils risquent de se retrouver avec la tête au sommet d'une pique avant la fin de l'année. Offrons-leur une issue honorable, insistant sur le fait que ce temps nouvellement acquis pourra être employé au profit de leurs propres recherches. Soulagés du poids de la gestion de la ville et rassurés quant à leur propre avenir, ils n'auraient pas de raisons de s'accrocher obstinément à une situation qui les précipite à leur perte.

Acheva le consul.

 

Le maréchal Pencroff s'adossa dans son siège, visiblement convaincu.

 

- Ma foi, cela me parait raisonnable. Tâchons tout de même de ne rien laisser au hasard, et envoyons une division d'infanterie sur place pour... disons, sécuriser la passation. Que ces messieurs les savants se réunissent dans leur bel amphithéâtre pour voter; tout en nous assurant qu'ils n'ignorent pas que s'ils venaient à tenter de se jouer de nous, nous serions contraints de laisser grandes ouvertes les portes de la haute-ville.

 

- Oh je ne me fais guère de soucis, ils sont peut être naïfs et bouffis d’orgueil, mais ils ne sont pas idiots non plus; ils savent où est leur intérêt. Vois-tu: j'ai déjà proposé à certains, parmi les plus influents, de financer leurs recherches... Quant à nos détracteurs sur place, ma foi il faut bien qu'il y en ait après tout. Ils plieront.

Conclut le Consul Zorn, toujours souriant.

 

- Ce sont, tout de même, de drôles de batailles que ces histoires de politique. Je crois, j'en suis même certain, que je préfère quand les choses se règlent au sabre et au canon. Les intrigues, les bruits de couloir, les interminable déboires des grandes cours me sont absolument insupportables. Enfin, concernant Arcahelm, tout cela sera bien plus simple avec deux généraux aux commandes.

 

Trois heures sonnèrent à l'horloge de la pièce. Les deux hommes, après avoir échangé quelques banalités, regagnèrent leurs quartiers.

 

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