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[Accepté]Candidature de Urobore - l'Ermite


Urobore
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Le vieil homme fourbu, le dos fatigué, pose un cube de Cobblestone qu'il gardait dans sa besace depuis son départ. Il l'essuie d'un revers de manche et pense à la mansarde dans laquelle il avait vécu tant et tant d'années. Il sourit, nostalgique. L'odeur de cèdre brûlé que le cube porte malgré lui lui remémore le feu de joie qu'il avait initié quelques semaines auparavant : Ô libération de cette existence indésirable ! Ô grisement de repartir à zéro ailleurs pour une vie autre !

 

Certes, le monastère lui manquerait : ses vieilles pierres séculaires, sa charpente majestueuse, ses vitraux fragiles. Ses frères aussi, dans cette petite communauté éloignée de tout.

 

Pourtant, tout était trop pesant. Urobore souhaitait repartir du début, reconstruire le tout depuis les origines. Surtout après l'Evénement. Il fallait qu'il parte, il fallait qu'il abandonne tout sans rien dire.

 

Au crépuscule, il avait mis le feu à la petite mansarde qui jouxtait le monastère en veillant à ce que l'incendie ne se propageât pas outre mesure. La besace presque vide, quelques ouvrages en poche dont il ne pouvait se séparer, il avait fait table rase ; les yeux plein de larmes mais le coeur allégé d'un lourd fardeau, il avait longuement regardé les flammes vespérales lécher les murs élancés de sa demeure : "Partir, partir loin, recommencer."

 

Vestige-témoin dans la trame de sa vie, il ne put s'empêcher de prendre avec lui un cube de cobblestone. C'est en ces nouvelles terres qu'il posa le cube : pierre d'angle de la nouvelle pyramide de sa vie, là serait sa demeure. Dans une petite clairière isolée, à l'abri des flancs de collines, près d'une mare surplombant une immensité, il trouva le lieu charmant et inhabité, idéal pour y bâtir ce qui deviendrait sa modeste demeure d'ermite désargenté.

 

Le temps de ramasser un peu de bois mort et d'assembler maladroitement une pancarte de fortune, il saisit un morceau de suie et écrit d'une main malhabile : "Maison de l'Ermite, propriété d'Urobore".

 

Et puis, soudain, le doute l'assaille : et les Lois de ces nouvelles terres, les connaît-il seulement ? Il s’assoit alors sur son cube de cobblestone, sort de sa poche un vélin qu'il conservait à cette attention et écrit de son bâton de suie :

 

"Oyez, autorités régaliennes des terres de Minefield ! Voilà une terre pleine de promesse qui se profile devant moi. Humble ermite fatigué désireux de trouver refuge pour ériger un modeste lieu de méditation et de réflexion, je quémande auprès de vous l'opportunité de bénéficier de votre protection pour ce petit havre à flanc de colline découvert en friche. J'y ai posé une pierre de mon passé, y ai planté une pancarte pour indiquer mon présent et vous prie de bien vouloir m'accorder le droit d'y bâtir mon avenir. Accueillerez-vous un vieil homme désireux de poser son humble sagesse ?"

 

Au dos du vélin, il griffonne quelques mots obscures :

 

"Quant à l'âme qui anime ce vieux corps fourbu, il s'agit d'un (plus si) jeune homme de 30 ans qui arpente la capitale d'une terre fort éloignée et qui se targue d'être rôliste amical et bienveillant qui jouait déjà l'Appel de Cthulhu quand ses camarades jouait encore aux billes."

 

Le vieil homme scelle la missive et s'en va la déposer au registre de l'agora des terres qu'on appelle Minefield.

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Quelques tintements de cloche. Un souffle d'air frais. Une clameur lointaine. Le vieillard se réveille le visage contre terre. Le sol est dur, son dos le fait souffrir. Il ouvre les yeux :

 

"Qu'est-ce que... ? Où suis-je ? Me suis-je assoupi ? Où me suis-je endormi ? Oh, je me souviens : adossé à un arbre, à côté de la pierre d'angle que j'avais déposée en attendant l'autorisation de construction... Mais où suis-je ? Serait-ce une ville ?"

 

Le viel homme regarde autour de lui. Les maisons, nombreuses, s'étalent à perte de vue. Ici, une grande tablée en plein air lui rappelle le réfectoire du monastère. Là, des panneaux publicitaires l'invitent à acheter toutes sortes de merveilles dans une monnaie qu'il ne connaît pas. Au loin, une voix s'écrie, indistincte :

 

"L'aulne cheur ! ça marche bien, l'aulne cheur !" (Machinalement, le vieil homme se demande ce qu'est un aulne "cheur" - peut-être une espèce d'aulne locale...).

 

Emerveillé, il se redresse sur ses jambes et, hésitant mais curieux, emprunte une allée de pierres. L'oeil pétillant, le sourire aux lèvres, il découvre les noms des rues. Le nez en l'air, il emprunte la rue de la banque, piétine dans celle du félon, trébuche dans celle du mineur, se retourne, s'insère, se glisse dans une ruelle, découvre, et finalement... se perd.

 

"Qu'est-ce qu'il fait frais par ici ! Ah mais, qu'est-ce que.. ? Sacrebleu, cette ville est un vrai dédale : voilà que je me suis perdu ! Il faut que je trouve un point de repère... Hum ? Que vois-je ? Ne serait-ce pas des remparts ? Peut-être qu'en les longeant, je parviendrai aux portes de la ville et que j'en apprendrai davantage ?"

 

Le vieillard traine son corps fatigué mais néanmoins robuste le long des remparts. Au pied d'un mur, il découvre un escalier qu'il s'empresse de fouler et finit par déboucher sur l'esplanade de ce qui est manifestement une fortification. Jamais il n'a vu chose aussi belle ! Il se fait la réflexion que, s'il ne sait pas où il se trouve, il peut affirmer qu'il s'agit là d'un lieu magnifique. Le soleil déclinant, la brume doucement se glisse entre les allées du fortin : jamais notre vieil homme n'avait vu cela.

 

Une voix lointaine se fait entendre : "Bonjour, peuple de Stendel !". Stendel... Serait-ce le nom de ce lieu ?

 

Une nappe de brume - un nuage ! - glisse au loin : soudain, le panorama se révèle à sa gauche au-dessus des créneaux des remparts. Une vue plongeante offre une vision spectaculaire sur un paysage enchanteur. Voilà pourquoi il faisait si frais : cette ville est construite au sommet d'une montagne ! Emu, il détaille l'horizon : ici, en contrebas, sur une île verdoyante, les maisons de bois se côtoient avec harmonie. Là, un étrange et vaste dôme scintillant intrigue notre homme au plus haut point. Les yeux pétillants de curiosité, le vieil homme veut en savoir plus. Il lui faut rejoindre cette petite île, il lui faut trouver comment sortir de la ville.

 

"Logiquement, des remparts se trouvent à la limite. Et si ce que je devine par dessus ces remparts est correct, il devrait y avoir un pont quelque part à emprunter pour rejoindre cette île ou bien celle que je devine un peu plus loin. Mais de quel côté des remparts dois-je partir ? Peut-être qu'en me penchant un peu, je pourrais voir dans quelle direction, à droite ou à gauche, je situe le pont... ?"

 

Il ne suffit que d'un instant pour que la main ripe sur une pierre lisse :

 

"- Sacrebleuuuuu... !" ... SPLASH, PLOUF !

 

Et le voilà qui se retrouve à l'eau : l'île se trouverait finalement accessible bien plus rapidement que prévu... !

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