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Tancrede Fulminare

Honneur et Fulminations ~ Récits Anecdotique [Tancrede Fulminare]

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Bienvenue sur ce topic plus ou moins fourres tout des pérégrinations de tout temps de mon personnage. Je range ici tous mes écrits concernant mon personnage, mais une certaine classification s'y glisse pourtant. Même si tous se trouve canon dans ces épopées certains arcs auront un intérêt plus profond pour mon récit que d'autre. Ainsi je considère les "Poudre Fulminante" comme des récit court et indépendant les uns des autres quand les Chroniques des Vérités Fuyantes ont une continuité entre chaque chapitres.

 

Même si chaque récit est naît de ma plume, pour certain j'ai glissé des références à l'univers minefieldiens et à certains d'entre nous.

 

Poudres Fulminante :

Ces chapitres représentes chacun l'un des nombreux contrats que Tancrede choisira d’honoré. Ils peuvent être lu de manière indépendante.

 

Poudre Fulminante I :

 

Divulgacher

- Et il dit que ta nuit soit douce et aussi longue que tu le souhaitas.

 

Il venait encore d’apparaitre de nulle part. Il s’était posé comme une fleur dans l’embrasure de ma fenêtre. Ses ailes d’un blanc irréel, en parties repliés derrières lui, pendaient jusqu’au sol. Il portait une tenue drapé entièrement blanche, paré çà et là de ceinture dessinant le tout comme un ensemble parfaitement harmonieux.

 

- Prendrais-tu une apparence d’ange à l’heure où tu fais le diable ? Lui répondis-je après un instant.

 

Il tourna alors lentement sa tête précédemment tourné vers le ciel, vers moi. Si bas les masques je pouvais être la peur incarnée, lui incarnait l’ambivalence. Son visage représentait tout et son inverse, torturé et serein, difforme et parfait, beau et laid, heureux comme hanté, scindé en deux par une faille dans la réalité, remettant toujours en cause quel côté était lequel. Complétant son portrait on pouvait admettre qu’il ne possédait pour yeux que deux orbites vides d’une noirceur infinie.

 

- Si peu … et toi ? Serais-tu ange à te faire passer diable ?

- Tu as toujours eu l’art de dire oui et non à la fois comme jamais un elfe n’eut su le faire.

- L’avantage intrinsèque à ma condition.

 

Nos échanges finissaient toujours par en revenir à l’une ou l’autre de nos conditions. Ce qui avait le don de l’amuser tout en m’exaspérant.

 

- Que me vaut le plaisir de ta visite ? Finis-je par dire.

- Ton expertise dans certains domaines …

- Quel expertise aurais-je que tu n’aurais pas ?

- Celle de finir par t’en arranger avec elle pendant que lui te dupe.

- Elle me laisserait accéder à la coupe ?

 

Il pencha la tête d’un côté, puis de l’autre. Aucune réelle réponse, que de nouvelles énigmes. Il savait tout, mais n’était certain que de ne l’être sur rien. Le messager parfait en sommes, sus aux vues de sa capacité à rendre fou les mortelles par de simples salutations. Un représentant de la Dame et de la Coupe. Toute la symbolique était là, elle donnait grâce à lui tandis que lui prenait pour qu’elle vive. Par-delà le temps elle demeure hors de l’espace entourée de ses anges, ses jaegers ailés, dont l’un des représentants les plus intéressant se trouvait en face de moi tandis que j’aiguisai un couteau avec attention. J’étais moi-même un jaeger, mais je ne pouvais siéger au côté de ma Dame tant j’avais perdu par le passé par mes erreurs. Par ailleurs je n’avais rien à ses yeux qui ne me lèse, mais la coupe à ses raisons que la dame ignore et les portes de sa demeure se trouvent par-delà une cité oubliée dont seul l’appel des cloches pourrait rouvrir les grilles scellées. Piégé en ce bas monde en l’absence d’échappatoire ou de sauf conduit.

 

- Acceptes-tu ?

 

Il n’avait pas répondu à ma question. Soit il ne pouvait me répondre, soit il ne voulait pas me répondre car il n’en était pas certain, soit encore il n’avait simplement pas reçu d’instruction par rapport à cette évidence.

 

- Acceptes-tu ? Sa voix s’était faite plus incisive.

 

S’impatientait-il ?

 

- Acceptes-tu ? Il en était presque venu à hurler.

 

Je détournais alors les yeux de ma pierre à aiguiser et n’eut  aucune surprise à retrouver son visage déchiré à moins d’un pouce du mien. Il avait changé du tout au tout depuis un instant. Derrière son apparence désolée comme en colère je devinais désormais une certaine rage qui me foudroyait. Personne ne pouvait voir par-delà mon masque et même lui ne pouvait être certain de l’ultime éventualité.

 

- Me défierais-tu ? Me menacerais-tu ? Tu n’en as pas le droit ni la connaissance et cela tu en es surement certain.

 

Nous n’avions pas le droit d’en venir au sang entre jaeger, c’était gravé dans notre esprit, mais nous avions d’autre moyen pour nous anéantir.

Il recula un peu :

 

- Je te défi.

 

Et joignant le geste à la parole il sortit une lame de chacune de ses ailes. Elles n’étaient pas physiques et il n’eut pas le temps de s’en servir. L’obscurité se fit quand un nuage éclipsa la lune. Je me retrouvais moi-même en un instant face à lui sans qu’il ait pu réagir. La lune surgit à nouveau. Il essaya de fermer les yeux, mais il était trop tard. Il avait vu mon visage bas le masque. En un hurlement que toute la cité réveilla il disparut. Je réajustais mon masque.

 

- J’accepte.

_____________________________________

 

Je ne savais alors aucunement de quoi il retournait, mais je me devais d’accepter, c’était mon devoir. Je m’allongeais sur mon lit non loin, sachant que ma mission me serait annoncée via un songe prophétique venant directement se loger dans les tréfonds de ma matière grise de la main de ma Dame. A peine étendu je m’endormais pour me réveiller ailleurs, au bord d’un lac. Face à moi, au loin, je voyais une montagne immense d’où s’étiraient des tours qui côtoyaient comme perçaient les nuages. Derrière moi enfin, un lac sans fin et en son centre une ile ou se trouvait ma Dame qui m’appelait. Je parti immédiatement dans sa direction, quittant la terre et marchant sur les flots calmes du lac d’un pas assuré. Le lac était enchanté si bien que personne ne pouvait s’y enfoncer car il était la demeure de ma Dame, une demeure inviolable, son ultime sanctuaire. Arrivé enfin à quelques pas de la berge de l’ilot, je m’arrêtais. Je tendais la main au-dessus de l’eau ; une épée sortie des eaux sombres, elle était rouillée. Je la pris et posa un genou à terre pour appuyer ma tête sur le pommeau.

 

- Ma Dame je suis à votre service.

 

Elle n’avait pas bougé, elle était assise sur une méridienne logé contre un saule pleureur qui siégé au centre de l’ile.

 

- Approche Tancrede.

 

Elle n’avait pas parlé, j’avais senti ses paroles s’écouler en moi. Je me relevais et m’avançais jusque devant elle, passant les branches tombantes de l’arbre. Je m’arrêtais à une distance de déférence face à elle et m’inclinais de longue seconde avant de me relever, l’épée toujours serré dans ma main droite, et de la regarder dans les yeux. Elle approcha sa main de mon visage, pour lentement se saisir de mon masque sans que je ne puisse rien faire. Je me mettais immédiatement de profil, essayant de cacher mon visage. Je n’osais plus la regarder. Je partis à marcher droit devant moi sans me retourner.

 

- Pourquoi te caches-tu de moi ?

- Je n’ai pas envie que vous voyez cela ma dame.

- Tu le lui as montré dans ta demeure terrestre.

- Il le méritait, vous non. J’aurais honte à vous infliger cela.

 

Elle venait d’arriver à ma hauteur, je baissais les yeux pour encore essayer de ma cacher plus encore. Elle me prit le menton entre son pouce et son index pour ainsi me fixer finalement de son regard. J’avais le visage détruit, affreux, brulé, déformé. J’avais perdu mon âme. Les stigmates de mon passé s’étendaient d’une oreille à l’autre et partaient de la naissance de mon nez jusqu’à la base de mon cuir chevelu. Le résultat d’une rencontre entre la chair et des charbons ardents. Elle l’avait déjà vu, mais même pour elle ce fut à nouveau un choc quoi que moindre face à celui que je pouvais faire aux frêles mortels. La faute de la Coupe et l’impuissance de ma Dame.

Face à mon regard dur qui ne laissait paraitre aucune bonté elle laissa couler une larme. Elle se détourna elle-même de moi.

 

- Un prédicateur est arrivé en ta région et trouve une oreille attentive auprès de ton seigneur. Ta quête est de faire disparaitre par n’importe quel moyen cet être, mais ne te fie pas à son effigie, à ton instar la vérité n’est pas dans l’apparence.

 

Soudain ma vision se troubla. Je me sentais chuter. Je me réveillais dans mon lit. Je me relevais doucement pour me dirigeais vers la lucarne de ma fenêtre. Le manoir institutionnel du seigneur de la région se trouvait dans la partie haute de la cité et à coup sûr, ma cible séjournait dans l’édifice comme hôte de notre seigneurie.

Tout un programme et le tout sans pouvoir prendre d’assaut l’endroit sans me faire prendre en flagrant délit par le gouvernement local que je ne pouvais décemment faire disparaitre. Alors que faire … L’affaire ne m’avait pas particulièrement était décrite comme pressante, mais la proximité de ce déviant avec le pouvoir était préoccupante et mérité une intervention rapide. Dans moins d’une semaine j’aurais donc réglé le problème. C’était commun pour moi, en ces landes mortelles j’avais souvent fait office de chasseur de prime, mais pour ce cas je me ferais tueur à gages, un autre de mes passe-temps. Et pour ma Dame, je terrasserais cette créature ou quoi qu’elle se trouverait réellement être.

_____________________________________

 

Je patientais jusqu’au lever du soleil assis à une petite terrasse devant ma demeure, fumant à en faire pâlir un soldat du feu, les pieds négligemment posé sur la table. Je vois la ville s’éveiller doucement, les commerçants, les livreurs, les magistraux. Toute la cité me passe devant en préférant m’ignorer comme un excentrique. Je récure ma pipe de sa cendre quand l’un de mes amies me salue discrètement en me calant un poignard contre les reins. C’était l’un de ses petits tours que je lui tolérais car je l’aimais bien.

 

- Je t’ai eu !

 

J’avais changé d’ustensile pour récurer ma pipe.

 

- Tu comptes me tuer avec cette baguette à brule gueule ?

 

Si sûr de lui il y a un instant, il se résolu à s’asseoir à côté de moi, me tendant la main pour que je lui rende sa dague avec lequel je finissais de nettoyer ma pipe. Je n’aimais pas particulièrement faire étalage de mes tours de passe-passe mais si c’était pour éviter d’être exécuter sommairement au point du jour par un ami …

 

- Qu’as-tu pour moi ?

 

C’était un fournisseur locale jouissant d’une excellente renommé. A domicile il me triait les offres d’emplois et d’achats selon un cahier des charges que nous avions en commun. Que des offres sures, d’un prix juste.

 

- Deux contrats en provinces. Et j’ai un contact de passage qui m’a fourni ce que tu voulais si tu désires toujours tout ce fourbi …

 

Tout ce fourbi disait-il. Des éléments qui séparaient n’avaient aucune valeur, mais qui, selon mes méthodes créerais un nouvel élément de ma garde-robe. Du matériel en cuivre de haute qualité notamment, plus quelques autres frivolités.

 

- Je prends ma commande, pas les contrats.

 

Sur la table je lui faisais glisser une pièce en or. Si l’argent était la monnaie officielle, l’or était la monnaie officieuse régissant les paiements et primes de notre monde à nous. Il prit la pièce et la fit disparaitre dans une poche.

 

- Bien, je te glisse le tout dans ta trappe à charbon avant le zénith.

 

Il partit avec désinvolture sautant par-dessus la balustrade pour aller se perdre dans la foule. A l’opposé de la direction qu’il venait d’emprunter je vis la garde faire place pour notre seigneur. Ponctuel il se rendait de sa demeure privée jusqu’au manoir officiel des institutions. Je n’étais pas spécialement dans ses bonnes grâces, mais ma réputation me rendait estimable à ses yeux, comme un notable de sa cité. Si un jour un contrat m’était offert d’un bon prix pour lui régler son compte … ma foi je n’hésiterais pas. Un homme d’une quarantaine d’année, grisonnant, réaliste et soucieux de son peuple, vêtue d’un justaucorps moderne mais toutefois paré d’hermine pour affirmer son rang. Ils marchaient lentement sans adresser un regard à quiconque sauf … à un homme à sa droite. Indicible arrogance que de s’exhiber à ma vue lorsque je vous traque. Arrogance pourtant calculé, je ne pouvais tuer tous ces innocents, juste pour l’atteindre lui.  Ma dame avait été obligé de me brider pour ne pas que je sois lâché sur des populations civile pour une simple quête. Et pourtant j’écumais déjà rien que de le voir sous mes yeux. Cette pourriture, cette ordure, cette raclure. Des verrous dans mon esprit pour contrebalancer mon absence de morale. En moins d’un souffle j’aurais pu lui rendre un jugement équitable. Mais j’étais retenu, comme maintenu par les épaules. J’étais sûr c’était lui ma cible, aucun doute, il ne pouvait en avoir. Un sens inné aux Jagers, une intuition véridique.

 

J’eus l’impression qu’il me regarda droit dans les yeux avant de tourner au coin de la rue, toujours aux cotés de notre Seigneur. Le duel serait équitable, il se savait traqué. Je montais quatre à quatre les marches de ma demeure pour monter sur le toit au travers d’une trappe. De toit en toit je continuais à suivre le cortège au sol, m’arrêtant à bonne distance pour enfin les voir entrer dans le manoir institutionnel.

 

Je me décidais à investir l’endroit. Après tout j’y avais mes entrer car je représentais officiellement une guilde de forgeron même si je n’avais jamais vendu quelques aciers que ce soit à quiconque encore une fois. Je sautais de mon perchoir pour directement arriver au balcon du bâtiment à deux pas de la chambre d’apparat. Le temps de me recoiffer du plat de la main je me retrouvais nez à nez avec mon seigneur et son funeste acolyte.

 

- Messire Fulminare, je ne vous attendiez point, ai-je tort ?

 

Je faisais une légère révérence de circonstance avant de m’exprimer en ces termes :

 

- Votre grandeur ne peut se tromper. Il est vrai que je ne vous ai point quémandé audience, mais les affaires de guildes se faisant au jour le jour c’est une telle affaire qui me mène à vous.

Excuse plausible et couramment réaliste, les marchands en cette Empire étant toujours à couteaux tirés avec un tiers. Or je n’avais nulle besoin de m’en entretenir avec mon suzerain car tout problème d’homme je pouvais le régler. Mais une excuse était nécessaire pour entrer alors autant bien la choisir.

- Soyez sur que j’aurais toujours une oreille attentive pour nos chers guildes, entrez avec nous.

A sa suite nous entrâmes en son bureau, moi, des ministres, autres notables et ma cible. La salle était encadrée par la garde seigneurial d’élite comme tout le palais. Aucune fenêtre d’action. Je jouais donc le jeu.

 

Nous nous assîmes tous à une table, le perfide à la droite du seigneur, moi leurs faisant face. Nous nous lançâmes dans une discutions sans fin sur les guildes, les taxes, leurs alliances, coups fourré. L’affaire dura toute la matinée et le repas nous fut servi à la même table quoique les discutions furent moins protocolaire.

 

- Il est cocasse qu’une minute avant notre rencontre ici même, Messire Fulminare, j’eus cru vous voir devant votre demeure.

 

Évidemment.

 

- Cocasse en effet monseigneur.

- N’est-il pas ? Surement quelqu’un essayant d’imiter votre allure de mascarade.

- Une mégarde à ne pas commettre devant moi.

- Ne soyez pas si vindicatif pour une simple plaisanterie. Mais si vraiment il en était des injures envers vos blessures je rendrais justice.

- Vous êtes trop bon.

 

Les discutions continuèrent et revinrent finalement à moi quand monsieur remarqua je ne semblais pas quitté son voisin de droite du regard.

 

- Vous connaitriez vous ?

 

Il répondit avant moi.

 

- Une vieille querelle nous unis Messire Fulminare et moi-même.

- Rien de grave j’espère ?

 

Cette fois-ci je lui volé la réplique.

 

- Il insulte impudiquement ma Dame.

 

Le silence se fit à table car même en cette terre étrange les gens bien nés accordaient une notion d’honneur à rester courtois. Insulter une Dame, même l’eut-elle mérité était un outrage incommensurable. Alors personne n’osait tousser. C’était la vérité mais il fallait détourner la situation. Je me mis à m’esclaffer. Il me suivit. Puis notre Seigneur et enfin le reste de la tablé.

 

- Je plaisante, rien d’aussi grave. Comme il l’a dit une vieille histoire dont nous serions bien incapables d’en retrouver l’origine.

 

En réalité que m’importait l’origine je devais prendre son existence. Je m’esquivais adroitement au dessert. J’allais sortir par les voies classiques quand il m’interpella. Je me retournais et vis un instant un être irréel à la peau cloqué et parsemé ci et là d’attributs monstrueux, les yeux tels deux orbites menaçant et fatigué, d’une froideur maudite. Ses yeux à lui je le remarquais désormais. Un instant seulement je me demandais si je n’avais pas rêvé car l’homme à nouveau sous mes yeux était parfaitement semblable à n’importe quel autre. Etait-il hautain comme je l’étais moi-même comme une couverture pour nous fondre dans la masse sous un vernis malhonnête ou l’étais il d’essence ?

 

- Rien ne nous oppose Tancrede hormis ta mascarade. Nous sommes le même bloc de granite travaillé par le même artiste mais sous des styles divergents. Un simple façonnage, voilà tout ce qui nous oppose. 

 

C’était impossible mais il disait la vérité car rien en ce monde ne pouvait tromper un Jager. Je tranchais cette ignominie d’un simple trait sur ma paume que je tendais vers lui pour lui en montrer le sang.

 

- Qu’il en soit ainsi, un seul en rechapera.

 

Il était navré. Je quittais le bâtiment pour rentrer chez moi. Il n’avait pas à un seul moment chercher l’affrontement, contrairement à moi. Derrière quel genre de voile se dissimulait-il. Ma Dame était juste et ne pouvait se tromper mais malgré tout, m’envoyait-elle traquait l’innocence au nom d’un quelconque dessein de justice ? La vérité était là : une hérésie faisait douter le glaive aveugle de la sainteté de sa tâche. Après tout … si il était innocent, quel pouvait être l’abomination que j’avais vu me dévisager avec ses yeux à lui ?

_____________________________________

 

J’avais le sang stagnant dans mes tempes qui battait la mesure à m’en faire mal. J’aurais dû en finir déjà. Il arrivait par ses manigances à ourdir la corruption de mon esprit. Je rentrais enfin chez moi, je fermais la porte à double tour, tiré encore deux autres verrous. Je passais ma main dans mes cheveux et en agrippais une poignée que je me tirais sous la tension musculaire … essayant de me calmer. Mais rien n’y faisait. Je l’avais laissé devant moi me déblatérer tout un amas de conneries ! Pire que tout je l’avais laissé cracher ouvertement sur ma Dame à travers moi … En un instant je craquais. Je détruisais tout ce qui pouvait passer à ma portée. Tout le poids de mon échec, de mes échecs me chutait à nouveau dessus sans que je ne puisse rien y faire. Je brisais le fond de ma forge pour en saisir ce qu’il s’y cachait. J’étais dans la folie de celui que l’on avait abandonné que tous sur terres avait abandonné.

 

- Pourquoi te joues-tu de moi ! Moi qui fus toujours l’un de tes loyaux serviteurs ! Ce n’est pas moi qui t’es trahi ! C’EST TOI QUI N’AS PAS VOULU RECONNAITRE NOTRE HONNEUR !

 

Je voyais la vérité au fond de ce calice ardent qui me brulait l’âme. Je jetais cette facétie dans le plus proche creuset que je mis dans les charbons incandescent qui jamais ne s’éteignait dans la fournaise toujours entretenu de mon atelier. Je vidais un verre d’absinthe avant de jeter la bouteille dans les flammes. Je surveillais la fusion quand on toqua à ma porte. Je remontais pour renvoyer cet importun d’où il venait, mais quand j’ouvris je vis que c’était un serviteur de notre seigneur. Il savait chez qui il avait toqué, mais en voyant mon intérieur totalement retourné derrière moi il choisit encore mieux ses paroles, s’en tenant au minimum.

 

- Notre … Notre seigneur, suite à votre départ prompt n’a pu vous convier à la soirée qu’il donnera prochainement en sa demeure …

- J’y serais !

 

Il rajouta in extrémis et en se reculant d’un pas car il craignait ma réaction :

 

- Cela sera un bal masqué !

 

Je refermais la porte du pied en repartant vers ma forge un étage plus bas. Une mascarade ? Les étoiles s’alignaient-elles ? Le plan d’exécution se formait tandis que je coulais le métal contenant ma rage dans un moule. Je ne laissais pas le temps au mélange de refroidir car déjà je sortais une à une les formes que je venais de créer pour les battre au marteau. Sept pieux doré, effilé et acéré. Ils seraient la malédiction éternelle de ma cible.

 

La soirée fut confirmée pour la prochaine lune qui arriverait dans cinq jours. J’avais tout prévu dans les moindres détails. J’optais pour une tenue de circonstance à la double soirée que je jouerais. Un costume macabre d’une mort vêtu tout d’écarlate. Le masque cependant, et ceci dans la tradition des mascarades, fut sculpté par mes soins. Une tête de mort parfaite et horrifiante, dans la mesure où elle cacherait la véritable horreur. Satisfais j’en fis un moule dans lequel je ne coulais nullement une relique mais un lingot d’opineratero. Je payais des passeurs, des escrocs, des voleurs, et antiquaires pour trouver de cette rare matière aussi appelé souffle de rêve dont bien peu soupçonnais le pouvoir quoi qu’elle se retrouva dans bien des artefacts même dans cette Empire. Son caractère malléable et sa grande coulabilité avait fait qu’à une certaine période les non-initiés locaux en avait fait des argenteries complètes avant de se tourner vers un métal moins couteux. A mes yeux ce métal était le fruit de l’intervention de ma Dame en ce monde car il était comme de ses rêves. Ni les elfes et leurs ithilmar, ni les nains et leurs mithril ne pouvaient rivaliser avec ce métal divin si une arme ou une cuirasse fait de ce rêve se trouvait entre les bonnes mains. Et aucune main ne pouvait surpasser celle d’un Jager en mission. Tout était prêt.

_____________________________________

 

La soirée avait déjà commencé quand j’y arrivais, entrant dans la vaste salle de banquet seigneurial, le levé de la lune me couvrant dans l’embrasure de la porte d’une lumière toute surnaturelle. Tous se turent et furent pris de stupeur. Un Sabre au côté, une longue cape trainant derrière moi, je donnais l’impression de glisser sur le sol.

 

- Mes seigneurs ! Pourquoi un tel silence ? La mort passerait-elle en personne parmi vous ?

 

Le doute semblait en étreindre plus d’un et ce fut encore une fois notre seigneur, reconnaissable à son collier officiel qui rétablit la bonne ambiance en applaudissant.

 

- Quel splendeur monsieur !

 

Nul invité n’aurait pu affirmer qui se trouvait derrière le masque d’un autre, j’étais une attraction comme une autre. Je n’étais pas coutumier de ce genre de frivolité, et je m’étais teint les cheveux en noir pour renforcer le doute de ma présence à cette soirée. Je passais et la foule faisait place, aucun n’osant me toucher mes tous y allant de son commentaire, me demandant quel atelier avait fait ma parure, qui pouvais-je bien être … Il était là, lui aussi, dans une tenue somptueuse de brocart bleu et vert. Un masque triangulaire tenait seul sur ton visage, lui formant comme un bec, le rendant acéré et menaçant. Lui-même porté également un sabre au côté. Il me fallait un prétexte pour le retrouver en face à face et tout était prévu dans ce sens. Je saisissais une coupe de champagne à la volé que je levais dans sa direction, il me rendit mon geste de manière entendu. Encore quelques instants … l’orchestre entamait un nouveau mouvement encore. Il me rejoignit au centre de la pièce. Nos flutes s’entrechoquèrent :

 

- Nous sommes d’un autre monde, ne mêlons pas ces gens à nos affaires. Je suppose que le simple fait de nous être présenté à cette soirée a scellé notre sort … je suis curieux de savoir ce que vous me proposerez ce soir, un geste de vous et je vous donnerais l’occasion de m’occire. Une seule seulement.

 

Ainsi soit-il.

 

- Connaissez-vous la tradition locale de la danse du glaive ?

 

Il me sourit et dégaina mon propre sabre tandis que je prenais le siens. Nous avions nos propres lames contre nos gorges à longueur d’arme et de bras. La musique cessa. Encore une fois tous se retournèrent vers nous. Le maitre des lieux s’avança.

 

- La mort contre le corbin. Une ballade qui demain sera sur toutes les lèvres ! Peu importe vos raisons, que le premier sang versé au torse vous départage !

 

Nous rendîmes nos flutes aux serveurs les plus proches et comme la tradition l’exigeait nous nous relançâmes nos sabres respectifs et entamâmes l’une des plus courtes danses du glaive de l’histoire.

A peine nos sabres s’étaient entrechoqués une première fois que le premier coup de minuit sonna. Tout un coup une splendide explosion vint du sous-sol et fit s’écrouler une partie d’un mur qui nous tomba dessus. Le sol s’écroula et moi et mon adversaire tombèrent dans un gouffre d’une caverne naturelle. Nous voyons les flammes de l’explosion léché la salle et les cris des gens courant en tous sens pour s’enfuir du brasier qui s’installait au-dessus de nos têtes.

 

- Bien joué !

- Faudrait que tu te relèves vite et que tu avances dans ce boyaux, une autre bombe va pas tarder à détruire ce tunnel, quoi qu’il se passe on ne retrouvera probablement jamais nos corps.

 

Il se releva et me suivi dans un tunnel souterrain de brique et de poutre. Quelque tournant plus tard nous arrivions, après avoir entendu une nouvelle explosion, dans une salle circulaire immense.

 

- C’est un ancien réseau de contrebandes que je déblais de temps en temps, il passe sous toute la ville.

 

Je défis ma cape et me retourna vers lui mais il avait disparu. J’activais un bouton sur un mur et toutes les sorties de la salle se retrouvèrent incendié. Aucunes échappatoires possibles. Il était là, je le sentais, mais je ne pouvais le voir. Malgré les flammes de quelques torches et des brasiers bloquants les sorties, il faisait excessivement sombre.

 

- Tu as fait un mauvais choix Tancrede.

 

Sa voix résonnait de la voute de la salle. Il fondit sur moi, plus rapide qu’un éclair, chutant. Il s’effondra sur moi, me plaquant au sol, les pieds contre mon torse. Reflexe premier je tirais de mes canons de manchettes directement dans son torse. Je tirais tout l’orgue que je gardais mais les balles fumaient à son contact, devenant que brume et mensonge. Il s’apprêtait à me transpercer de son sabre mais je Je réussissais à le désarçonner in-extremis En lui plantant l’un de mes pieux doré dans la cuisse gauche. Il hurla à me percer les tympans un crie irréel en se reculant tout en chancelant.  J’avais ouvert ma veste et laisser apercevoir les six autres pieux. J’avais eu raison de me procurer ses reliques, du fer et du plomb il ne lui cuisait nulle blessure mais les armes provenant de calices sacrés pouvait l’occire. Il reprit constance, acceptant la douleur de ne pouvoir retirer ce pal sanglant. Il redevenait tangible, la brume disparaissant en partie. Sa tenue de fête entra en une combustion d’ombre, disparaissant au profit d’un habit noir. Son masque se fendit et laissa apparaitre l’ombre que j’y avais vu une semaine plus tôt. C’était bel et bien un monstre que j’avais en face de moi, des pleures lacéré son visage boursouflé et cloqué. Il boitait légèrement mais se lança quand même à mon assaut quand je m’y lançais. Il tenta de m’atteindre au visage, mais mon masque dévia sa malhonnêteté et j’en profitais en retour pour lui planter un autre pieu dans son bras d’attaque. Il était condamné, il le savait, mais ne s’avouait pas vaincu pour autant. Un chevalier ne se rend pas, accompli son devoir ou meurt en tentant de l’accomplir. Le corps à corps suivant fut plus physique et nous nous retrouvions collé l’un à l’autre, lame contre lame. Je brisais l’étreinte en donnant un coup dans le pieu de sa jambe, et en profitais pour lui mettre un nouveau pieu dans l’autre cuisse. Il ne pouvait déjà presque plus se mouvoir. Son ombre oscillait dangereusement, recouvrant tout d’une illusion parfaite. Il était redevenu un homme normal, au regard toujours arrogant, non implorant. Il essaya un dernier coup de son bras faible, je lui criblais du quatrième pieu.

- Je finirais vite et au nom de ma dame tu ne seras plus qu’un lointain souvenir.

 

Il n’était plus qu’un pantin désarticulé qui tenait à peine debout. Le cinquième dans le foie, le sixième au travers du poumon, et le dernier perçant le cœur et le second poumon. Il tomba à genoux et releva la tête vers moi, il souriait.

 

- N’oublie jamais que nous sommes du même argile.

 

Ultime parole avant qu’il ne s’effondre. Ma mission était accomplie. Je trainais le corps jusqu’à ne alcôve dans un mur. J’y attachais le corps et refermais le mur, scellant l’abomination dans un sarcophage de brique et de mortier.

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Personne ne sut jamais ce que devinrent la mort et le corbin. Des anarchistes furent soupçonnés de l’attentat contre le palais. Plus jamais je ne reparlai de cette étrange affaire avec quiconque, ma dame l’évoquant qu’en ces termes : « ce ne fut qu’un corbin, un oiseau de tristesse ».

Divulgacher

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Les chroniques des Vérités Fuyantes :

Part importante des aventures de mon personnage, c'est le fil directeurs du reste. C'est ici que vous trouverez la plupart des interventions divines liée au panthéon que je développe.

 

Chapitre I :

 

Divulgacher

De toutes les couleurs que j’arbore, jamais je ne porte le blanc. On ne porte le blanc qu’en rejoignant la dame pour la dernière fois et c’est ainsi un symbole très fort. Elle-même en portes régulièrement comme pour nous rassurer que le pire ne se pourrait être que l’impossibilité de la servir à nouveau sur terres tout en nous offrants une éternité en son royaume, ce que tous Jaegers aspirent à atteindre. Autrement, le blanc est très salissant pour le travail de mortel. Mais ce n’est au final que très peu le propos de cette histoire.

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« Traque l’homme de blanc, abat-le comme un voleur et renvoie … »

Notre Dame était triste et mélancolique comme seul elle savait l’être si bien que toute la création s’en ressentait. Elle doutait elle-même de son ordre comme le montrait sa sentence interrompue. Dans tout l’assemblé des Jaegers rassemblé dans le songe de la Dame régnait un silence surnaturel contrastant avec le champs des oiseaux, les lyres et chants comme les clapotements d’eau qui y demeuraient normalement. Même le bruissement du vent dans les feuilles du grand saule s’était tu mais il semblait pleurer contrairement à Notre Dame qui se maitriser, se faisant violence pour ne pas lâcher la moindre larme, plantant ses ongles dans les plis de sa robe recouvrant ses genoux pour garder contenance. Ses yeux fuyant les miens elle les redirigea vers un trône vide à sa droite.

Notre Dame était triste et mélancolique comme seul elle savait l’être si bien que toute la création s’en ressentait. Elle doutait elle-même de son ordre comme le montrait sa sentence interrompue. Dans tout l’assemblé des Jaegers rassemblé dans le songe de la Dame régnait un silence surnaturel contrastant avec le champs des oiseaux, les lyres et chants comme les clapotements d’eau qui y demeuraient normalement. Même le bruissement du vent dans les feuilles du grand saule s’était tu mais il semblait pleurer contrairement à Notre Dame qui se maitriser, se faisant violence pour ne pas lâcher la moindre larme, plantant ses ongles dans les plis de sa robe recouvrant ses genoux pour garder contenance. Ses yeux fuyant les miens elle les redirigea vers un trône vide à sa droite.

Tous les regards des Jaegers se tournèrent vers moi. Pourquoi la tache m’incommodait-elle à moi en particulier ? Peut-être parce que de tous les récits on disait que je lui ressemblais. L’être blanc était devenu l’ami d’un autre dieu de notre monde qui lui-même était l’ami de Notre Dame. Son allégeance était floue, on n’eut même cru qu’il avait donné serment à l’un de ceux qui sème discorde, malheur, chaos et ténèbres. Je ne l’avais jamais vu, mais on m’avait parlé de l’être blanc qui ravagea ce monde, semant le sel sur les champs, la noirceur dans les cœurs, le courroux du ciel. Sombre était devenu son cœur et détonné maintenant avec ses intentions initiales de blancheur, d’éclat et d’honneurs éternels.

Ainsi soit-il, je le détruirais.

Tous Jaegers sent sa proie, c’est un pouvoir que nous avons, et si nous ne la sentons pas, peu importe le destin de chacun, il se tordra pour que tout entre en collision. Les seules à échapper à ce genre de traque sont les dieux, et cela plus par principe que par la force des choses. Même les dieux craignent les Jaegers, personne ne peut vaincre un Jaeger, personne ne peut échapper à un Jaeger. Nous sommes des entités qui furent créé au commencement du monde pour le maintien de la balance morale, des dieux mineurs au service de la Dame et de la Coupe, rendant justice sur tous les plans de réalité. Même si notre mission est destiné aux vies mortelles et malgré le principe, une fois un Jaeger eut pour mission de traquer un dieu. Cette traque ne s’est toujours pas achevée. Depuis, ce n’est plus la balance morale qui penche, mais la balance de la réalité, ce qui, plus que la Dame, fait souffrir ce qui tient de base à toutes choses.

Je quittais l’assemblé après avoir tourné les talons. Je voyais du coin de l’œil deux clans se former parmi les Jaegers présents. Il y avait ceux qui ne pouvait quitter notre Dame des yeux tellement il était meurtrier pour nos âmes de la voir pleurer. De L’autre côté se trouvait ceux dont le regard ne pouvait me quitter. Ils restèrent tous, comme confiné dans le songe à l’inverse de moi qui devait partir. Si je ne réussissais pas, plus aucun de mes frères ne quitterait les lieux avant longtemps … si j’échouais il faudrait qu’un dieu s’attelle à reprendre ma tâche. Toutes les sphères du monde semblaient retenir leurs souffles de peur que la moindre expiration ne fasse défaillir mon bras et trembler mon épée.

J’allais passer le lac quand Ambivalence m’agrippa l’épaule et me retourna sans que je n’eut mon mots à dire, seulement le temps de lui caler une lame sous la gorge, une lame fait en métal de songe, apte à l’occire un temps.

- Sédition ! Trahison ! Comment oses-tu m’arrêter dans ma quête ! Lui hurlais-je dessus, certain que nous étions assez loin de l’assemblé pour qu’aucun ne nous entendes. Etonnamment ce fut la première fois que je pus lire ses émotions dans son regard, malgré que la faille l’ornant semblé plus instable que jamais. Il était aussi triste que la dame. Je retirais ma lame de sous sa gorge.

- Fais plus que ton devoir, massacre le, fais lui payer me dit-il avant d’incliner la tête pour reprendre, quoi que la question soit déjà tranché retranche là à nouveau, pour Notre Dame et pour Celle du Cœur.

- Ainsi soit-il, Janus.

Janus était le nom que certains mortels lui avaient donné dans les mythologies d’autre temps que les jeunes générations aimaient à étudier. Le dieu aux deux visages, et il venait de prouver qu’il méritait un tel nom. Si la question était déjà tranchée, pourquoi m’envoyait-on ? Il avait dû voir une possibilité et en croire la véracité. Je devais mal comprendre. Mais je comprenais son trouble, son âme appartenait à Notre Dame, son cœur et sa folie comme son existence appartenait à celle du cœur, la déesse de la création, support de celle-ci, celle qui dormait en sa réalité de folie où les dieux l’avaient emprisonnait. 

En un pas je passais le seul du lac et disparaissait dans un autre monde, celui des races mortelles ou rampent tous les nuisibles.  Cependant il semblait que l’on souhaiter encore interrompre ma chasse car je ne réapparaissais pas au grand lac de la châtellerie où je séjournais sur le monde d’en bas.

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Non, je sortais directement d’un plan d’eau murale dans ce qui ressemblait à un bureau d’étude, piégé au milieu d’une bibliothèque. N’ayant que peu de créature en ce monde pouvant détourner la course des lacs, et l’endroit ressemblant fortement à la tour d’un mage, je ne pris aucun risque et sortis de mon gambison une double lame ainsi qu’une bombarde-masse. J’avançais lentement, couvrant et vérifiant chaque angle mort d’où pourrait m’attaquer je ne sais quel hérésie de ces mondes. Mais rien ne sorti de ces coins sombres. Seulement, au bout de quelques pas, une voix retentit, invitant le Jaeger que j’étais à sa table. Je priais en m’avançant ma Dame que ce ne fut pas la voix de l’être auquel je pensais. Hélas ce fut bel est bien le cas, elle était trop reconnaissable, comme ses accoutrements ou son visage.

J’arrivais à sa table et après une révérence, plus d’usage que de respect j’y pris une place bien en face de lui. Je posais mes armes sur la table, les gardant à porter de mes prestes mains. Il portait une bien étrange tenue noire dont la veste était posée négligemment sur son trône. Une chemise blanche derrière un gilet noir d’où pendait une chaînette, une fine étoffe noire noué autour de son cou et passant derrière son gilet. Il regardait fixement le fond d’une coupe de vin de ses yeux gris. Ses cheveux entre le noir et le gris se tenaient en une coiffure déconstruite et fatigué, même son bouc naturel se retrouve désormais encerclé d’une barbe de plusieurs jours. Je décidais d’entamer la conversation de manière à mettre le plus de chance de mon côté.

- Une parure d’un âge futur ou passé ?

Il fit tourner son index sur le rebord de sa coupe, la faisant vibrer si bien qu’elle se remplissait à nouveau.

- En sois ni l’un ni l’autre, une autre construction, une autre histoire. Si l’on devait la comparer à celle-ci, cependant, elle serait équivalente au futur…

J’avais déjà voyagé entre les mondes, mais je ne savais duquel il parlait.

- Pour répondre à la question que tu te serais posé dans insidieusement deux minutes, j’y étais pour assister à un enterrement. Un être humain que j’y aimais bien y est hélas mort. Je n’ai eu le temps que de figé hélas que quelques fragments de son histoires pour y retourner à volonté et le revoir lorsqu’il allait encore bien. J’ai vu sa mère et son père pleurer. Il n’y avait qu’eux à l’établissement de son ultime demeure. Il est seul dans la terre froide désormais. Il s’arrêta de parler un instant encore avant de reprendre.

- Si je t’ai fait venir cette fois-ci ce n’est pas pour te raconter les états d’âme d’un dieu fatigué de créer. Non, je t’ai fait venir pour te fournir l’arme qu’il te faudra brandir pour détruire la bête que tu traques. C’était improbable qu’il me propose une telle chose, il n’aidait jamais dans le seul but d’effectuer un beau geste, non, il souhaitait surement nettoyer une page de sa construction pour ne pas en être inquiéter en me faisant détruire avec son aide sa créature.

D’un bras las il m’indiqua la direction d’un présentoir scellé dont les chaines tombèrent. Je regardais un instant la boite désormais déverrouillé et tentais de faire refondre mon regard sur la déité, mais elle m’avait quitté. Je sentais désormais comme le monde autour de moi semblé mourir, lentement il se fracturait de manière imperceptible. J’avançais donc d’un pas décidé vers le coffret de l’arme.

Comme durant la fin de mon expédition du lustre rouge il aurait été difficile de noter pour mémoire une telle vision. L’arme était en dehors de toutes catégories et même si elle semblait se restreindre à l’allure d’une grande épée, je savais que ce genre d’objet recelait une vérité bien plus terrible. Ma main se refusait à la prendre en main et pourtant elle l’attirait. Et finalement l’épée se retrouva dans ma main sans vraiment que je ne sache comment.

La lame en disparu, comme se repliant, les quillons se refermant sur elle. Le miroir en face de moi se fendit à l’instant ou je glissais cette arme terrible dans mon veston. Même pour un Jaeger cela commençait à faire beaucoup. Un miroir brisé pouvait annoncer l’arrivé de … on ne savait pas trop en fait. De tous les mystères supérieurs il était de ceux que seul le calice véritable pouvait dévoiler. Dans le cas de ce genre d’apparition nous devions fuir. Je courrais donc vers le plan d’eau par lequel j’avais été dévié. Je glissais sur la table pour récupérer mes armes et ne pas perdre de temps à la contourner et courrais au travers de l’immense pièce s’écroulant tout autour de moi. Je m’y engouffrais d’un bond, une griffe n’ayant qu’un instant pour me lacérer le cuir du talon.

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J’arrivais enfin au point de chute que j’avais déjà ciblé il y a peu. Je maitrisais le voyage par lac interposé, mais là je m’étais littéralement étalé à l’arrivé.

- Je passe une mauvaise journée … lâchais-je en me relevant. Ma Dame, je crains que le prochain dieu à m’aborder n’aime pas mon discours à son égard et que je n’y survive pas.

La châtellerie était calme, elle l’était toujours ces temps-ci. Plus rien ne s’y passait, c’était presque ennuyeux. J’avais beau agrémenter nos vies de plus de piment que le reste de notre communauté réunie, le niveau ne s’améliorer pas.

Je me relevais et essayais de trouver et retracer l’effluve de peur de ma victime désigné. La piste était proche, mais inatteignable … Elle était de l’autre côté du miroir, collé à l’envers de la pièce de notre réalité. Il … était partout, j’avais l’impression qu’il savait se frayer un chemin au travers de mon cerveau. Il avait été des nôtres futs un temps, il avait traqué tant et tant des ennemis du monde avant de se retourner contre nous et de nous abattre les uns après les autres. Nous avions mis un temps avant de comprendre, mais finalement la vérité c’était fait, nous étions trahi. Les Jaegers qu’il avait occis reviendrait à la vie un jour, lui serait détruit à jamais. Mais pour l’instant je me trouvais face à un problème, je ne le trouvais pas. Avait-il réussit à vaincre la traque ? À trouver le moyen de se cacher dans la brume ?

Je n’avais même pas un semblant de piste à suivre, elles commençaient et se finissaient toutes au même point. Un ouroboros parfait. Certaine créature arrivait à reproduire cette farce naturellement et c’était donc des traques que nous savions gérer pour ne jamais trahir nos serments, mais jamais une créature n’avait réalisé pareille exploit sur plusieurs plans et réalités.

Je passais des mois nombreux à retracer les pistes. Les jours devinrent excessivement lugubres. Il semblait que jamais le ciel ne retrouverait sa lumière. Le soleil avait déserté ce monde. Les Jaegers l’avait abandonné, sauf un. Je me battais contre je ne sais quel force. Je ne prenais plus beaucoup de soin à cacher ma réalité aux mortels qui bien vite m’accusèrent du sort du monde. Les autorités elles-mêmes vinrent me questionner sur des questions absurdes, des questions auxquelles je n’entendais rien. Je n’avais rien d’autre à faire que leurs servir d’élégants mensonges. Je traquais la vérité et son ennemi, il n’y avait nul besoin de m’encombrer de plus que l’impossible.

L’hiver vint finalement et avec lui la musique froide de la nuit. Tout s’éteint. Toute lumière quitta le monde. Il en semblait définitif pour tous les mondes. La panique. La mort. Et désormais la bête rodait de nouveau sur terre. Une succession de lanternes me mena vers lui, qui désormais luisait au bout de la piste comme une lanterne. Je couru, quittant mon immobilité pour me jeter sur cette piste. Elle bifurquait, remontant au travers du temps. Je traversais de multiples lacs, mettant jusqu’à l’essence même du pouvoir que m’avait insufflé la Dame en danger. Mais finalement tous les risques payèrent. Je l’avais atteint, même si quelques choses me troublaient.

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Nous nous trouvions dans un petit kiosque dont la végétation sans doute luxuriante semblait en sommeil, au pied d’une immense forteresse de laquelle les tours côtoyaient les plus hauts nuages. Loin derrière moi se trouvait une forêt immense. Il faisait froid. Terriblement froid. Sa présence semblait avoir ici aussi jeté le froid et les ténèbres. J’avais, je ne sus pourquoi, de la peine pour lui. Il avait les traits tiré par la douleur d’une plaie lancinante semblant le pourfendre au centre de sa poitrine. Une main sur le cœur, l’autre semblant accueillir les flocons tombant du ciel comme ses enfants, il ne faisait pas attention à moi. Et pourtant j’étais un instant le centre de son univers. Il sourit, coupant nette mes réflexions, et les ôtant définitivement quand il prit la parole.

- Sais-tu qu’elles m’ont toutes abandonnés, peu importe ce que j’eu put faire pour elle ? Elles m’ont chacune arrachés une partie de mon cœur.

Comme l’écho de ses paroles, sa main se resserra sur son cœur, visiblement disparu. Son autre arrêta la collecte de flocons pour aller se poser sur un pied de bois noir, posé sur une estrade de pierre où il semblait manquait je ne sais quoi. Ce je ne sais quoi semblait rappeler un souvenir atroce à cet homme désormais brisé. Comme s’ils étaient plusieurs dans son esprit il changea radicalement, abandonnant ses lamentations pour venir désormais planter ses yeux laiteux directement dans les miens.

Son regard glissa vers un balcon au loin sur l’immense forteresse qui serait dans un instant le témoin de notre combat. Il y sentait quelque chose que je n’arrivais moi-même à discerner. Une larme glissa telle une lame sur sa joue, la tranchant en un fin gouffre bleuté.

- Le temps ne suit plus son cours, ils n’auront pas le temps d’intervenir. Je te souhaite de lui parler un jour.

Il divaguait manifestement. Ses yeux me revinrent dessus, explicitement lentement, fatigué mais ou brillait désormais une lueur funeste. De résignation ? De fatalité ? De rage ? De trahison ? Ma mission semblait bien triste désormais. Je comprenais désormais les larmes de ma Dame. Elle ne pleurait pas du chagrin d’avoir été trahi. Non. Elle pleurait du chagrin de n’avoir pu sauver, comme, l’un de ses enfants…

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Deux diables se firent fasse. Dans leurs yeux gravita toute l’histoire du monde, dans un désordre singulier, sanglant et infini. Une boucle éternelle de destruction et de renouveau. J’étais happé dans cette réalité si proche que m’ouvrait le voile percé de son âme. Je me voyais des siècles plus tôt lire cette histoire, ne la comprenant pas, ni ne comprenant sa présence au milieu des autres. Elle avait été malmené, truqué, la vérité en avait été dépourvu, et pourtant le silence qu’elle imposait était véridique. J’étais désarmé. Je ne le voyais plus que noyé au milieu de la fatalité, dans un tourbillon dont il ne pouvait s’extraire que pour mieux s’y noyer à nouveau. Je vécu une vie perdu dans ses yeux.

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Il passa à l’attaque, déjà me débordant et me dominant. Je tentais instantanément de le stopper en lui tirant de mes deux canons de manchettes mais leurs clics significatifs m’indiquait que j’avais tiré des coups pour rien, la poudre était gelé. Je ne pouvais même pas dégainer la moindre lame pour parer son assaut. Son coup, portait en estoc d’une longue et fine épée visait directement mon cœur. Je parais directement de mon avant-bras comme je n’aimais pas le faire. Je ne vacillais pas, mais la violence de son assaut et l’onde de choc qu’elle provoqua brisa un vase de marbre derrière moi. Il ne sembla même pas troublé un instant de l’étonnante résistance de mon bras et repassa directement à l’attaque d’un coup de taille vers mon épaule, profitant de mon trouble. Je ne pouvais rien faire encore une fois. Ses mouvements étaient surnaturels de rapidités et de puissances, je ne pouvais même pas espérer une esquive salutaire. Je subis le coup de plein fouet et voyant que ma garde haute était faible voire inexistante il fit quelques pas pour ré-agencer son jeu de jambes et dans un mouvement une nouvelle fois fulgurant il fit faire un tour complet son corps pour que son bras armés vienne frapper mon autre épaule.

Je n’avais pas ressenti la douleur du premier coup que déjà se rajouter en trombe celle du deuxièmes. J’étais un Jaeger nom de dieu ! Je ne pouvais subir un autre assaut sans ne rien tenter. J’essayais de reprendre un ascendant suffisant pour sortir la moindre arme de mon harnais en lui assénant un coup de pied du talon directement dans le plexus solaire. Je m’étonnais moi-même que ce coup d’une simplicité flagrante réussisse. Il tituba en arrière, retirant sa lame de ma chair, comme si j’avais été d’une violence stupéfiante mais je n’étais pas certain que ce fut le cas. Ce répit ne dura que le temps qu’un nouveau flocon ne nous tombe sur le dessus du crâne. Ce très court battement entre ses assauts me permit de sortir de son fourreau qu’une dague  brise lame. L’instant aurait été plus long j’aurais pu tirer l’épée que m’avais donné le dieu des constructions. Hélas, lui aussi, même si mon coups avait porté ses fruits, en avait profité pour tirer de son pourpoint noir une hache. Cette hache, qui aurait pu appartenir à un bucheron selon son aspect, se révéla très vite des plus dangereuses. Ses attaques en devinrent encore plus rapides quand les miennes se mirent à naitre.

Sa hache et son épée semblait animé des mêmes entités malsaines lui ayant fait changer de comportement tout à l’heure, l’épée étant plus mélancolique et précise que la hache, elle plus hargneuse et puissante. Ce duel était étrange, son corps semblait vouloir se défendre tout seul quand son esprit était visiblement ailleurs.

Sa hache tourna avant d’attaquer en taille après que j’eu tenté de lui assener un coup de dague en double taille puis estoc. J’esquivais en une roulade qui se stoppa quand il tenta de me faucher d’un nouveau coup de son épée. Il ne réaligna même pas sa hache avec laquelle il tenta de m’atteindre à la tête directement. Voyant son coup manquer d’une courte longueur il pivota du bassin pour tenter une nouvelle fois de m’atteindre d’estoc de la pointe de son épée. Ce fut à mon tour de pivoter sur mes pieds. Il semblait emportait par son attaque. Même si j’esquivais son attaque, je décidais de profiter de son erreur dans son attaque déséquilibrée pour parer de ma dague et tenté de lui briser enfin sa lame. Mon fer contre son fer ne réussit pas à le briser mais mon attaque le désarma au moins. Son poignet vrillé sous mon assaut lui fit lâcher son épée qui alla voler dans le ciel. Même aujourd’hui et en me remémorant musculairement notre combat je n’arrive à dire si ce fut une bonne idée. Cette main libre vint se saisir instinctivement du manche que sa sœur tenait déjà, lui faisant gagner en vitesse, précision et force.

Il me devint impossible de parer. Les coups, que j’arrivais à grand peine à esquiver, brisaient dans de superbes ondes de chocs les dalles de marbres du jardin ou nous trouvions, soulevant la neige au sol, nous couvrant avec le vent d’un blizzard épais. C’est dans cette ambiance que le destin nous fit nous rencontrer dans une ultime embrassade.

J’avais une mission funèbre et cette danse macabre pris visiblement fin par une maladresse commune. Ma dague vint se planter directement entre ses cotes, lui arrachant un hoquet quand l’air de ses poumons filtra au travers de ma lame, le sang remontant dans sa gorge jusqu’à couler en un filet de sang à la commissure de ses lèvres. Son sang n’était pas rouge remarquais-je. Notre posture s’était bloquée de par ma lame plantée au travers de son corps, mais aussi de par sa hache directement au travers de mon masque. Son attaque haute et circulaire m’avait laissé la vois vers la touche, mais m’avait également exposé plus que la raison ne l’aurait surement permise. Sous mon œil gauche je sentais la lourde lame peser. Mon masque de songe avait amorti et sauvegardé en parti, mais sa hache était également de nature magique alors …

Nous reculâmes, extrayant nos armes de notre adversaire, nos pas nous éloignant lourdement de notre étreinte mortelle. Je l’avais occis. Déjà je sentais la balance se rééquilibrer. Avais-je réellement et de manière aveugle occis un homme dont je ne connaissais rien ? Je tombais au sol, dans la neige de ce jardin désormais saccagé et bientôt maculé de sang. Ma tête me lançait. Ma plaie était froide et résonnait de quelques mots qui d’aspect pouvait donner tout lieux de croire à une malédiction. Mais je savais que c’était une promesse.

Notre combat n’avait pas manqué d’élégance, pour sur le dieu des actes sanglants avait été contenté. Moi je me sentais las et fatigué, hallucinant des fantômes étrangers et pourtant si familier. Les minutes passèrent et j’avais l’impression de voir des gens se bousculer autour de moi. Une dame, un homme grand. Mais quand réellement le sens se fit à nouveau j’étais seul, et toujours étendu ici-bas. Je me relevais, ma dague sanglante toujours à la main, ma plaie saignant déjà moins de par mon caractère immortel. Mais … il n’était plus là. Il avait disparu, emportant avec lui sa hache et son épée. Et pourtant des trainés de son sang étrange mené vers la sortie du kiosque. Sa piste était diffuse désormais, comme-ci cela faisait des heures qu’il était parti, mais elle restait claire. Je bondissais à sa suite, après avoir jeté un dernier coup d’œil admiratif envers cette si grande forteresse.

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Je menaçais de tomber à genoux devant le spectacle que je découvrais à mon arrivé de l’autre côté. Un amoncellement de cadavre se trouvait à la porte d’une chaumière discrète au sein d’une grande clairière. La piste de traque avait disparu, mais il n’y avait plus besoin de la suivre. Il était devant moi, étendu au seuil de la chaumière, il était mort, mais ce n’était pas moi qui l’avait tué. La lame divine devait pourtant le tuer ? Penché au-dessus de son cadavre se trouvait une nouvelle personne brisé qui psalmodiait un enchevêtrement de prières et de malédictions. Elle était visiblement en état de choc. En m’approchant je lui trouvais un air de ressemblance avec celui qu’elle pleurait. Sans vraiment s’adresser à moi elle m’expliqua ce que je ne pouvais comprendre sur la situation.

- Dès qu’il est revenu ils se sont tous jeté sur lui … Il était déjà quasiment mort mais ils l’ont massacré pour lui faire payer ses crimes et offenses imaginaires.

En disant cela elle lui caressait la joue d’une main l’autre n’ayant jamais quitté depuis mon arrivé l’une des mains du mort, refermés toutes deux sur sa poitrines.

- Il ne s’est même pas défendu …  elle tourna vivement son visage angélique vers moi avant de reprendre.

- Je les ai tous tué, les hommes, les femmes, les enfants !

Elle semblait elle-même terrifié de ce qu’elle avait fait. Les paroles de nombreuses personnes me revenaient à l’esprit en l’écoutant et en regardant au travers de l’embrasure de la porte. Au mur en face de moi était accroché un miroir brisé.

 

Edited by Tancrede Fulminare

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En ce jour cher lecteur, permet moi de te présenter le premier chapitre des Chroniques des Vérités Fuyantes.

 

Les Chroniques des Vérités Fuyantes :

Chapitre I :

 

Divulgacher

De toutes les couleurs que j’arbore, jamais je ne porte le blanc. On ne porte le blanc qu’en rejoignant la dame pour la dernière fois et c’est ainsi un symbole très fort. Elle-même en portes régulièrement comme pour nous rassurer que le pire ne se pourrait être que l’impossibilité de la servir à nouveau sur terres tout en nous offrants une éternité en son royaume, ce que tous Jaegers aspirent à atteindre. Autrement, le blanc est très salissant pour le travail de mortel. Mais ce n’est au final que très peu le propos de cette histoire.

 

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« Traque l’homme de blanc, abat-le comme un voleur et renvoie … »

 

Notre Dame était triste et mélancolique comme seul elle savait l’être si bien que toute la création s’en ressentait. Elle doutait elle-même de son ordre comme le montrait sa sentence interrompue. Dans tout l’assemblé des Jaegers rassemblé dans le songe de la Dame régnait un silence surnaturel contrastant avec le champs des oiseaux, les lyres et chants comme les clapotements d’eau qui y demeuraient normalement. Même le bruissement du vent dans les feuilles du grand saule s’était tu mais il semblait pleurer contrairement à Notre Dame qui se maitriser, se faisant violence pour ne pas lâcher la moindre larme, plantant ses ongles dans les plis de sa robe recouvrant ses genoux pour garder contenance. Ses yeux fuyant les miens elle les redirigea vers un trône vide à sa droite.

Notre Dame était triste et mélancolique comme seul elle savait l’être si bien que toute la création s’en ressentait. Elle doutait elle-même de son ordre comme le montrait sa sentence interrompue. Dans tout l’assemblé des Jaegers rassemblé dans le songe de la Dame régnait un silence surnaturel contrastant avec le champs des oiseaux, les lyres et chants comme les clapotements d’eau qui y demeuraient normalement. Même le bruissement du vent dans les feuilles du grand saule s’était tu mais il semblait pleurer contrairement à Notre Dame qui se maitriser, se faisant violence pour ne pas lâcher la moindre larme, plantant ses ongles dans les plis de sa robe recouvrant ses genoux pour garder contenance. Ses yeux fuyant les miens elle les redirigea vers un trône vide à sa droite.

 

Tous les regards des Jaegers se tournèrent vers moi. Pourquoi la tache m’incommodait-elle à moi en particulier ? Peut-être parce que de tous les récits on disait que je lui ressemblais. L’être blanc était devenu l’ami d’un autre dieu de notre monde qui lui-même était l’ami de Notre Dame. Son allégeance était floue, on n’eut même cru qu’il avait donné serment à l’un de ceux qui sème discorde, malheur, chaos et ténèbres. Je ne l’avais jamais vu, mais on m’avait parlé de l’être blanc qui ravagea ce monde, semant le sel sur les champs, la noirceur dans les cœurs, le courroux du ciel. Sombre était devenu son cœur et détonné maintenant avec ses intentions initiales de blancheur, d’éclat et d’honneurs éternels.

 

Ainsi soit-il, je le détruirais.

 

Tous Jaegers sent sa proie, c’est un pouvoir que nous avons, et si nous ne la sentons pas, peu importe le destin de chacun, il se tordra pour que tout entre en collision. Les seules à échapper à ce genre de traque sont les dieux, et cela plus par principe que par la force des choses. Même les dieux craignent les Jaegers, personne ne peut vaincre un Jaeger, personne ne peut échapper à un Jaeger. Nous sommes des entités qui furent créé au commencement du monde pour le maintien de la balance morale, des dieux mineurs au service de la Dame et de la Coupe, rendant justice sur tous les plans de réalité. Même si notre mission est destiné aux vies mortelles et malgré le principe, une fois un Jaeger eut pour mission de traquer un dieu. Cette traque ne s’est toujours pas achevée. Depuis, ce n’est plus la balance morale qui penche, mais la balance de la réalité, ce qui, plus que la Dame, fait souffrir ce qui tient de base à toutes choses.

 

Je quittais l’assemblé après avoir tourné les talons. Je voyais du coin de l’œil deux clans se former parmi les Jaegers présents. Il y avait ceux qui ne pouvait quitter notre Dame des yeux tellement il était meurtrier pour nos âmes de la voir pleurer. De L’autre côté se trouvait ceux dont le regard ne pouvait me quitter. Ils restèrent tous, comme confiné dans le songe à l’inverse de moi qui devait partir. Si je ne réussissais pas, plus aucun de mes frères ne quitterait les lieux avant longtemps … si j’échouais il faudrait qu’un dieu s’attelle à reprendre ma tâche. Toutes les sphères du monde semblaient retenir leurs souffles de peur que la moindre expiration ne fasse défaillir mon bras et trembler mon épée.

 

J’allais passer le lac quand Ambivalence m’agrippa l’épaule et me retourna sans que je n’eut mon mots à dire, seulement le temps de lui caler une lame sous la gorge, une lame fait en métal de songe, apte à l’occire un temps.

 

- Sédition ! Trahison ! Comment oses-tu m’arrêter dans ma quête ! Lui hurlais-je dessus, certain que nous étions assez loin de l’assemblé pour qu’aucun ne nous entendes. Etonnamment ce fut la première fois que je pus lire ses émotions dans son regard, malgré que la faille l’ornant semblé plus instable que jamais. Il était aussi triste que la dame. Je retirais ma lame de sous sa gorge.

 

- Fais plus que ton devoir, massacre le, fais lui payer me dit-il avant d’incliner la tête pour reprendre, quoi que la question soit déjà tranché retranche là à nouveau, pour Notre Dame et pour Celle du Cœur.

 

- Ainsi soit-il, Janus.

 

Janus était le nom que certains mortels lui avaient donné dans les mythologies d’autre temps que les jeunes générations aimaient à étudier. Le dieu aux deux visages, et il venait de prouver qu’il méritait un tel nom. Si la question était déjà tranchée, pourquoi m’envoyait-on ? Il avait dû voir une possibilité et en croire la véracité. Je devais mal comprendre. Mais je comprenais son trouble, son âme appartenait à Notre Dame, son cœur et sa folie comme son existence appartenait à celle du cœur, la déesse de la création, support de celle-ci, celle qui dormait en sa réalité de folie où les dieux l’avaient emprisonnait. 

 

En un pas je passais le seul du lac et disparaissait dans un autre monde, celui des races mortelles ou rampent tous les nuisibles.  Cependant il semblait que l’on souhaiter encore interrompre ma chasse car je ne réapparaissais pas au grand lac de la châtellerie où je séjournais sur le monde d’en bas.

 

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Non, je sortais directement d’un plan d’eau murale dans ce qui ressemblait à un bureau d’étude, piégé au milieu d’une bibliothèque. N’ayant que peu de créature en ce monde pouvant détourner la course des lacs, et l’endroit ressemblant fortement à la tour d’un mage, je ne pris aucun risque et sortis de mon gambison une double lame ainsi qu’une bombarde-masse. J’avançais lentement, couvrant et vérifiant chaque angle mort d’où pourrait m’attaquer je ne sais quel hérésie de ces mondes. Mais rien ne sorti de ces coins sombres. Seulement, au bout de quelques pas, une voix retentit, invitant le Jaeger que j’étais à sa table. Je priais en m’avançant ma Dame que ce ne fut pas la voix de l’être auquel je pensais. Hélas ce fut bel est bien le cas, elle était trop reconnaissable, comme ses accoutrements ou son visage.

 

J’arrivais à sa table et après une révérence, plus d’usage que de respect j’y pris une place bien en face de lui. Je posais mes armes sur la table, les gardant à porter de mes prestes mains. Il portait une bien étrange tenue noire dont la veste était posée négligemment sur son trône. Une chemise blanche derrière un gilet noir d’où pendait une chaînette, une fine étoffe noire noué autour de son cou et passant derrière son gilet. Il regardait fixement le fond d’une coupe de vin de ses yeux gris. Ses cheveux entre le noir et le gris se tenaient en une coiffure déconstruite et fatigué, même son bouc naturel se retrouve désormais encerclé d’une barbe de plusieurs jours. Je décidais d’entamer la conversation de manière à mettre le plus de chance de mon côté.

 

- Une parure d’un âge futur ou passé ?

 

Il fit tourner son index sur le rebord de sa coupe, la faisant vibrer si bien qu’elle se remplissait à nouveau.

 

- En sois ni l’un ni l’autre, une autre construction, une autre histoire. Si l’on devait la comparer à celle-ci, cependant, elle serait équivalente au futur…

 

J’avais déjà voyagé entre les mondes, mais je ne savais duquel il parlait.

 

- Pour répondre à la question que tu te serais posé dans insidieusement deux minutes, j’y étais pour assister à un enterrement. Un être humain que j’y aimais bien y est hélas mort. Je n’ai eu le temps que de figé hélas que quelques fragments de son histoires pour y retourner à volonté et le revoir lorsqu’il allait encore bien. J’ai vu sa mère et son père pleurer. Il n’y avait qu’eux à l’établissement de son ultime demeure. Il est seul dans la terre froide désormais. Il s’arrêta de parler un instant encore avant de reprendre.

 

- Si je t’ai fait venir cette fois-ci ce n’est pas pour te raconter les états d’âme d’un dieu fatigué de créer. Non, je t’ai fait venir pour te fournir l’arme qu’il te faudra brandir pour détruire la bête que tu traques. C’était improbable qu’il me propose une telle chose, il n’aidait jamais dans le seul but d’effectuer un beau geste, non, il souhaitait surement nettoyer une page de sa construction pour ne pas en être inquiéter en me faisant détruire avec son aide sa créature.

 

D’un bras las il m’indiqua la direction d’un présentoir scellé dont les chaines tombèrent. Je regardais un instant la boite désormais déverrouillé et tentais de faire refondre mon regard sur la déité, mais elle m’avait quitté. Je sentais désormais comme le monde autour de moi semblé mourir, lentement il se fracturait de manière imperceptible. J’avançais donc d’un pas décidé vers le coffret de l’arme.

 

Comme durant la fin de mon expédition du lustre rouge il aurait été difficile de noter pour mémoire une telle vision. L’arme était en dehors de toutes catégories et même si elle semblait se restreindre à l’allure d’une grande épée, je savais que ce genre d’objet recelait une vérité bien plus terrible. Ma main se refusait à la prendre en main et pourtant elle l’attirait. Et finalement l’épée se retrouva dans ma main sans vraiment que je ne sache comment.

 

La lame en disparu, comme se repliant, les quillons se refermant sur elle. Le miroir en face de moi se fendit à l’instant ou je glissais cette arme terrible dans mon veston. Même pour un Jaeger cela commençait à faire beaucoup. Un miroir brisé pouvait annoncer l’arrivé de … on ne savait pas trop en fait. De tous les mystères supérieurs il était de ceux que seul le calice véritable pouvait dévoiler. Dans le cas de ce genre d’apparition nous devions fuir. Je courrais donc vers le plan d’eau par lequel j’avais été dévié. Je glissais sur la table pour récupérer mes armes et ne pas perdre de temps à la contourner et courrais au travers de l’immense pièce s’écroulant tout autour de moi. Je m’y engouffrais d’un bond, une griffe n’ayant qu’un instant pour me lacérer le cuir du talon.

_____________________________________

 

 

J’arrivais enfin au point de chute que j’avais déjà ciblé il y a peu. Je maitrisais le voyage par lac interposé, mais là je m’étais littéralement étalé à l’arrivé.

 

- Je passe une mauvaise journée … lâchais-je en me relevant. Ma Dame, je crains que le prochain dieu à m’aborder n’aime pas mon discours à son égard et que je n’y survive pas.

 

La châtellerie était calme, elle l’était toujours ces temps-ci. Plus rien ne s’y passait, c’était presque ennuyeux. J’avais beau agrémenter nos vies de plus de piment que le reste de notre communauté réunie, le niveau ne s’améliorer pas.

 

Je me relevais et essayais de trouver et retracer l’effluve de peur de ma victime désigné. La piste était proche, mais inatteignable … Elle était de l’autre côté du miroir, collé à l’envers de la pièce de notre réalité. Il … était partout, j’avais l’impression qu’il savait se frayer un chemin au travers de mon cerveau. Il avait été des nôtres futs un temps, il avait traqué tant et tant des ennemis du monde avant de se retourner contre nous et de nous abattre les uns après les autres. Nous avions mis un temps avant de comprendre, mais finalement la vérité c’était fait, nous étions trahi. Les Jaegers qu’il avait occis reviendrait à la vie un jour, lui serait détruit à jamais. Mais pour l’instant je me trouvais face à un problème, je ne le trouvais pas. Avait-il réussit à vaincre la traque ? À trouver le moyen de se cacher dans la brume ?

 

Je n’avais même pas un semblant de piste à suivre, elles commençaient et se finissaient toutes au même point. Un ouroboros parfait. Certaine créature arrivait à reproduire cette farce naturellement et c’était donc des traques que nous savions gérer pour ne jamais trahir nos serments, mais jamais une créature n’avait réalisé pareille exploit sur plusieurs plans et réalités.

 

Je passais des mois nombreux à retracer les pistes. Les jours devinrent excessivement lugubres. Il semblait que jamais le ciel ne retrouverait sa lumière. Le soleil avait déserté ce monde. Les Jaegers l’avait abandonné, sauf un. Je me battais contre je ne sais quel force. Je ne prenais plus beaucoup de soin à cacher ma réalité aux mortels qui bien vite m’accusèrent du sort du monde. Les autorités elles-mêmes vinrent me questionner sur des questions absurdes, des questions auxquelles je n’entendais rien. Je n’avais rien d’autre à faire que leurs servir d’élégants mensonges. Je traquais la vérité et son ennemi, il n’y avait nul besoin de m’encombrer de plus que l’impossible.

 

L’hiver vint finalement et avec lui la musique froide de la nuit. Tout s’éteint. Toute lumière quitta le monde. Il en semblait définitif pour tous les mondes. La panique. La mort. Et désormais la bête rodait de nouveau sur terre. Une succession de lanternes me mena vers lui, qui désormais luisait au bout de la piste comme une lanterne. Je couru, quittant mon immobilité pour me jeter sur cette piste. Elle bifurquait, remontant au travers du temps. Je traversais de multiples lacs, mettant jusqu’à l’essence même du pouvoir que m’avait insufflé la Dame en danger. Mais finalement tous les risques payèrent. Je l’avais atteint, même si quelques choses me troublaient.

 

_____________________________________

 

 

Nous nous trouvions dans un petit kiosque dont la végétation sans doute luxuriante semblait en sommeil, au pied d’une immense forteresse de laquelle les tours côtoyaient les plus hauts nuages. Loin derrière moi se trouvait une forêt immense. Il faisait froid. Terriblement froid. Sa présence semblait avoir ici aussi jeté le froid et les ténèbres. J’avais, je ne sus pourquoi, de la peine pour lui. Il avait les traits tiré par la douleur d’une plaie lancinante semblant le pourfendre au centre de sa poitrine. Une main sur le cœur, l’autre semblant accueillir les flocons tombant du ciel comme ses enfants, il ne faisait pas attention à moi. Et pourtant j’étais un instant le centre de son univers. Il sourit, coupant nette mes réflexions, et les ôtant définitivement quand il prit la parole.

 

- Sais-tu qu’elles m’ont toutes abandonnés, peu importe ce que j’eu put faire pour elle ? Elles m’ont chacune arrachés une partie de mon cœur.

 

Comme l’écho de ses paroles, sa main se resserra sur son cœur, visiblement disparu. Son autre arrêta la collecte de flocons pour aller se poser sur un pied de bois noir, posé sur une estrade de pierre où il semblait manquait je ne sais quoi. Ce je ne sais quoi semblait rappeler un souvenir atroce à cet homme désormais brisé. Comme s’ils étaient plusieurs dans son esprit il changea radicalement, abandonnant ses lamentations pour venir désormais planter ses yeux laiteux directement dans les miens.

 

Son regard glissa vers un balcon au loin sur l’immense forteresse qui serait dans un instant le témoin de notre combat. Il y sentait quelque chose que je n’arrivais moi-même à discerner. Une larme glissa telle une lame sur sa joue, la tranchant en un fin gouffre bleuté.

 

- Le temps ne suit plus son cours, ils n’auront pas le temps d’intervenir. Je te souhaite de lui parler un jour.

 

Il divaguait manifestement. Ses yeux me revinrent dessus, explicitement lentement, fatigué mais ou brillait désormais une lueur funeste. De résignation ? De fatalité ? De rage ? De trahison ? Ma mission semblait bien triste désormais. Je comprenais désormais les larmes de ma Dame. Elle ne pleurait pas du chagrin d’avoir été trahi. Non. Elle pleurait du chagrin de n’avoir pu sauver, comme, l’un de ses enfants…

_____________________________________

 

 

Deux diables se firent fasse. Dans leurs yeux gravita toute l’histoire du monde, dans un désordre singulier, sanglant et infini. Une boucle éternelle de destruction et de renouveau. J’étais happé dans cette réalité si proche que m’ouvrait le voile percé de son âme. Je me voyais des siècles plus tôt lire cette histoire, ne la comprenant pas, ni ne comprenant sa présence au milieu des autres. Elle avait été malmené, truqué, la vérité en avait été dépourvu, et pourtant le silence qu’elle imposait était véridique. J’étais désarmé. Je ne le voyais plus que noyé au milieu de la fatalité, dans un tourbillon dont il ne pouvait s’extraire que pour mieux s’y noyer à nouveau. Je vécu une vie perdu dans ses yeux.

 

_____________________________________

 

 

Il passa à l’attaque, déjà me débordant et me dominant. Je tentais instantanément de le stopper en lui tirant de mes deux canons de manchettes mais leurs clics significatifs m’indiquait que j’avais tiré des coups pour rien, la poudre était gelé. Je ne pouvais même pas dégainer la moindre lame pour parer son assaut. Son coup, portait en estoc d’une longue et fine épée visait directement mon cœur. Je parais directement de mon avant-bras comme je n’aimais pas le faire. Je ne vacillais pas, mais la violence de son assaut et l’onde de choc qu’elle provoqua brisa un vase de marbre derrière moi. Il ne sembla même pas troublé un instant de l’étonnante résistance de mon bras et repassa directement à l’attaque d’un coup de taille vers mon épaule, profitant de mon trouble. Je ne pouvais rien faire encore une fois. Ses mouvements étaient surnaturels de rapidités et de puissances, je ne pouvais même pas espérer une esquive salutaire. Je subis le coup de plein fouet et voyant que ma garde haute était faible voire inexistante il fit quelques pas pour ré-agencer son jeu de jambes et dans un mouvement une nouvelle fois fulgurant il fit faire un tour complet son corps pour que son bras armés vienne frapper mon autre épaule.

 

Je n’avais pas ressenti la douleur du premier coup que déjà se rajouter en trombe celle du deuxièmes. J’étais un Jaeger nom de dieu ! Je ne pouvais subir un autre assaut sans ne rien tenter. J’essayais de reprendre un ascendant suffisant pour sortir la moindre arme de mon harnais en lui assénant un coup de pied du talon directement dans le plexus solaire. Je m’étonnais moi-même que ce coup d’une simplicité flagrante réussisse. Il tituba en arrière, retirant sa lame de ma chair, comme si j’avais été d’une violence stupéfiante mais je n’étais pas certain que ce fut le cas. Ce répit ne dura que le temps qu’un nouveau flocon ne nous tombe sur le dessus du crâne. Ce très court battement entre ses assauts me permit de sortir de son fourreau qu’une dague  brise lame. L’instant aurait été plus long j’aurais pu tirer l’épée que m’avais donné le dieu des constructions. Hélas, lui aussi, même si mon coups avait porté ses fruits, en avait profité pour tirer de son pourpoint noir une hache. Cette hache, qui aurait pu appartenir à un bucheron selon son aspect, se révéla très vite des plus dangereuses. Ses attaques en devinrent encore plus rapides quand les miennes se mirent à naitre.

 

Sa hache et son épée semblait animé des mêmes entités malsaines lui ayant fait changer de comportement tout à l’heure, l’épée étant plus mélancolique et précise que la hache, elle plus hargneuse et puissante. Ce duel était étrange, son corps semblait vouloir se défendre tout seul quand son esprit était visiblement ailleurs.

 

Sa hache tourna avant d’attaquer en taille après que j’eu tenté de lui assener un coup de dague en double taille puis estoc. J’esquivais en une roulade qui se stoppa quand il tenta de me faucher d’un nouveau coup de son épée. Il ne réaligna même pas sa hache avec laquelle il tenta de m’atteindre à la tête directement. Voyant son coup manquer d’une courte longueur il pivota du bassin pour tenter une nouvelle fois de m’atteindre d’estoc de la pointe de son épée. Ce fut à mon tour de pivoter sur mes pieds. Il semblait emportait par son attaque. Même si j’esquivais son attaque, je décidais de profiter de son erreur dans son attaque déséquilibrée pour parer de ma dague et tenté de lui briser enfin sa lame. Mon fer contre son fer ne réussit pas à le briser mais mon attaque le désarma au moins. Son poignet vrillé sous mon assaut lui fit lâcher son épée qui alla voler dans le ciel. Même aujourd’hui et en me remémorant musculairement notre combat je n’arrive à dire si ce fut une bonne idée. Cette main libre vint se saisir instinctivement du manche que sa sœur tenait déjà, lui faisant gagner en vitesse, précision et force.

 

Il me devint impossible de parer. Les coups, que j’arrivais à grand peine à esquiver, brisaient dans de superbes ondes de chocs les dalles de marbres du jardin ou nous trouvions, soulevant la neige au sol, nous couvrant avec le vent d’un blizzard épais. C’est dans cette ambiance que le destin nous fit nous rencontrer dans une ultime embrassade.

 

J’avais une mission funèbre et cette danse macabre pris visiblement fin par une maladresse commune. Ma dague vint se planter directement entre ses cotes, lui arrachant un hoquet quand l’air de ses poumons filtra au travers de ma lame, le sang remontant dans sa gorge jusqu’à couler en un filet de sang à la commissure de ses lèvres. Son sang n’était pas rouge remarquais-je. Notre posture s’était bloquée de par ma lame plantée au travers de son corps, mais aussi de par sa hache directement au travers de mon masque. Son attaque haute et circulaire m’avait laissé la vois vers la touche, mais m’avait également exposé plus que la raison ne l’aurait surement permise. Sous mon œil gauche je sentais la lourde lame peser. Mon masque de songe avait amorti et sauvegardé en parti, mais sa hache était également de nature magique alors …

 

Nous reculâmes, extrayant nos armes de notre adversaire, nos pas nous éloignant lourdement de notre étreinte mortelle. Je l’avais occis. Déjà je sentais la balance se rééquilibrer. Avais-je réellement et de manière aveugle occis un homme dont je ne connaissais rien ? Je tombais au sol, dans la neige de ce jardin désormais saccagé et bientôt maculé de sang. Ma tête me lançait. Ma plaie était froide et résonnait de quelques mots qui d’aspect pouvait donner tout lieux de croire à une malédiction. Mais je savais que c’était une promesse.

 

Notre combat n’avait pas manqué d’élégance, pour sur le dieu des actes sanglants avait été contenté. Moi je me sentais las et fatigué, hallucinant des fantômes étrangers et pourtant si familier. Les minutes passèrent et j’avais l’impression de voir des gens se bousculer autour de moi. Une dame, un homme grand. Mais quand réellement le sens se fit à nouveau j’étais seul, et toujours étendu ici-bas. Je me relevais, ma dague sanglante toujours à la main, ma plaie saignant déjà moins de par mon caractère immortel. Mais … il n’était plus là. Il avait disparu, emportant avec lui sa hache et son épée. Et pourtant des trainés de son sang étrange mené vers la sortie du kiosque. Sa piste était diffuse désormais, comme-ci cela faisait des heures qu’il était parti, mais elle restait claire. Je bondissais à sa suite, après avoir jeté un dernier coup d’œil admiratif envers cette si grande forteresse.

 

_____________________________________

 

 

Je menaçais de tomber à genoux devant le spectacle que je découvrais à mon arrivé de l’autre côté. Un amoncellement de cadavre se trouvait à la porte d’une chaumière discrète au sein d’une grande clairière. La piste de traque avait disparu, mais il n’y avait plus besoin de la suivre. Il était devant moi, étendu au seuil de la chaumière, il était mort, mais ce n’était pas moi qui l’avait tué. La lame divine devait pourtant le tuer ? Penché au-dessus de son cadavre se trouvait une nouvelle personne brisé qui psalmodiait un enchevêtrement de prières et de malédictions. Elle était visiblement en état de choc. En m’approchant je lui trouvais un air de ressemblance avec celui qu’elle pleurait. Sans vraiment s’adresser à moi elle m’expliqua ce que je ne pouvais comprendre sur la situation.

 

- Dès qu’il est revenu ils se sont tous jeté sur lui … Il était déjà quasiment mort mais ils l’ont massacré pour lui faire payer ses crimes et offenses imaginaires.

 

En disant cela elle lui caressait la joue d’une main l’autre n’ayant jamais quitté depuis mon arrivé l’une des mains du mort, refermés toutes deux sur sa poitrines.

 

- Il ne s’est même pas défendu …  elle tourna vivement son visage angélique vers moi avant de reprendre.

 

- Je les ai tous tué, les hommes, les femmes, les enfants !

 

Elle semblait elle-même terrifié de ce qu’elle avait fait. Les paroles de nombreuses personnes me revenaient à l’esprit en l’écoutant et en regardant au travers de l’embrasure de la porte. Au mur en face de moi était accroché un miroir brisé.

 

Si les courageux lecteurs trouve commentaire à me formuler sur le font, la mise en page ou leurs intérêts pour une suite, je me ferais une joie de vous répondre.

Cependant tous les mystères s'épaississent et ne trouverons peut être réponses que dans les prochains chapitres, patience.

 

Merci à @Stalroc, @Rikkanima, @ArthurB et @TheGaudis

Edited by Tancrede Fulminare

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