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[GV] Rapport de l'opération Moloch


Pencroff
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24 Iffélia de l’an de grâce 307

Grand Quartier Général de la Garde Volontaire, Fort Herobrine, Stendel

De l’état-major du Maréchal Bonaventure Pencroff de Férincs

Pour l’état-major général de l’armée et la maison militaire du Premier Consul

 

Opération « Moloch »

Non confidentiel, rapport destiné au classement et à la documentation.

 

Maréchal, Premier Consul,

J’ai l’honneur de vous rendre compte des faits suivants.

 

Comme vous le savez, le 41 Fifrelune de l’an de grâce 141, un groupuscule d’enchanteurs praticiens des arcanes obscures avaient rendu possible, par une honteuse conspiration, l’invocation sur notre monde d’une engeance démoniaque qui ; après les avoir massacrés, s’était évanouie dans la nature en échappant à tout contrôle.

 

Cet incident, inédit à l’époque, avait donné lieu à la prohibition de la magie noire par nos services, avec les conséquences que cela impliqua jusqu’en l’an de grâce 223. Si la prohibition a, pendant ce laps de temps, eu des effets fort bénéfiques dans la limitation des débordements liés à l’utilisation des magies occultes ; elle n’avait malheureusement pas permis de retrouver la trace du démon, que l’enquête minutieuse de la gendarmerie a permis d’identifier sous le nom de « Moloch ».

 

Or c’est justement de la réouverture récente de cette enquête qu’est venue, dans les premiers mois de l’an de grâce 307, la conclusion de cette embarrassante affaire.

 

En effet, reprenant les bases du dossier et des rapport laissés par ses pairs, le commandant Desjardins est parvenu à remonter une piste qui avait à l’époque été abandonnée faute de moyens et de connaissances en sorcellerie. Formant une cellule d’investigation composée de chasseurs de démons et de mages de la moyenne-garde, le commandant Desjardins a pu identifier une série d’acteurs qui étaient passés entre les mailles de notre premier filet et qui, après des interrogatoires appuyés, ont donné à nos services de précieuses informations.

 

Ces nouvelles données ont permis d’identifier un secteur géographique dans lequel un recoupement d’informations issues des archives du commissariat à la sûreté consulaire semblait indiquer une étrange concentration de disparitions inquiétantes sur une large plage de temps. En d’autres termes, la cellule d’enquête a identifié un « point chaud » dans lequel il y avait fort à penser que le démon avait trouvé refuge et vivait terré.

 

Informé de ces rebondissements, le général d’armée Thalkion, colonel-général de la Gendarmerie, m’en a immédiatement fait le rapport.

Devant l’importance de cette découverte, j’ai immédiatement ordonné la mise en place d’une demi-brigade de conjuration, premier dispositif du genre, dont je prenais le commandement en personne dans le souci d’assumer ce que je considère comme le fruit d’un manquement de ma part dans les investigations de l’époque.

 

Je réunissais alors autour de moi une compagnie de la Gendarmerie d’élite dont je confiais le commandement au commandant Desjardins, une section de chasseurs de démons sous le commandement de Commandant Lauzier, une section de mages de la moyenne-garde sous le commandement de l’archimage de 3e classe Moebius ainsi que deux bataillons de voltigeurs de la jeune-garde.

 

Fort de ces moyens, je m’engageais donc dans une vaste opération de recherche et destruction dans la zone désignée par les investigations de la gendarmerie, et qui se trouvait être la Forêt d’Estaroth dans l’Est Stendelien.

Arrivé sur place, et dans le souci d’assurer la sécurité des rares populations civiles vivant dans la région comme des nombreux voyageurs empruntant ses routes ; je demandais le renfort d’un bataillon de gendarmerie consulaire pour entraver les voies et interdire l’accès à la forêt. Une fois la zone isolée, j’ordonnais alors le commencement des opérations.

 

Les deux bataillons de Voltigeurs, particulièrement aguerris aux missions de reconnaissance, se scindèrent alors en pelotons de recherche commandés par des officiers du bataillon des chasseurs de démons et appuyés par des gendarmes d’élite. Ces pelotons effectuèrent alors un tapissage méticuleux de la forêt, qui dura quatre jours, avant de finalement identifier une aspérité rocheuse ouvrant sur un réseau de galeries apparemment occupées.

 

Les gendarmes d’élite ne tardèrent pas, aux abords de l’entrée des galeries, à relever les traces de pratiques occultes des plus dérangeantes, ainsi que les restes de rites sacrificiels d’une nature odieuse. Le doute n’était dès lors plus permis : un démon, ou du moins une engeance maléfique avait vécu ici.

 

Assumant mon rôle et ma responsabilité, je prenais alors le commandement direct d’une colonne de conjuration composée de l’effectif complet de la section de chasseurs de démons ainsi que d’un groupe de gendarmes mené par le commandant Desjardins.

Je descendais alors dans l’abîme suivi de ces troupes d’élite, décidé à terminer ce volet de l’histoire de la Garde et à abolir l’existence de ce démon.

 

Notre chemin dans ce dédale fut jalonné de visions abominable qui, j’ose le dire, m’ébranlèrent personnellement malgré ma grande habitude des champs de bataille. Plusieurs hommes, des plus robustes et aguerris pourtant, durent remonter à la surface pour ne pas succomber à l’effroi, tant le spectacle sanglant et putride s’empirait à mesure que nous descendions. Finalement, nous arrivâmes dans une vaste cavité concave au sol plat et aux parois hautes ; dans laquelle le sol semblait tapissé de restes humains divers.

 

Sans surprise, la bête s’y trouvait, en proie à une sorte d’hibernation, couchée sur un lit de pierre aux allures de monolithe. Le commandant Desjardins, qui avait étudié les rapports d’époque et les déclarations des témoins qui avaient aperçu le monstre, reconnut alors le démon « Moloch ». Nous restâmes tous immobiles, prenant le mesure de ce que nous avions face à nous.

 

Évidemment, puisque la bête semblait en sommeil, il me sembla hors de question de risquer inutilement la vie de mes hommes dans une confrontation. Je décidais alors de faire remonter un homme porteur d’un ordre, intimant au contingent resté en surface de faire venir sur le champ une escouade de sapeurs et une large quantité d’explosifs. J’ordonnais également que les troupes descendues avec moi se tiennent à distance du monstre, en attendant de recevoir les renforts que j’avais fait mander.

 

Il fallut une journée entière pour que, dépêchés depuis Middenheim, nous soyons rejoints par les sapeurs de la 17e section du 2e régiment du génie. Ces derniers, comme nous avant eux, descendirent avec grand peine dans le dédale horrifique de tunnels jonchés de restes humains de toutes natures. Ils n’en arrivèrent pas moins à notre hauteur, ayant apporté à bras d’hommes dix barils de poudre.

 

Sans perdre de temps les sapeurs, protégés par les chasseurs de démons, installèrent autour du monolithe et de la créature en sommeil les dix barils ; qu’ils raccordèrent par une longue mèche de mise-à-feu. Pendant qu’ils procédaient à ces préparatifs, j’envoyais un homme à la surface pour indiquer aux voltigeurs et aux gendarmes qui s’y trouvaient mon intention de faire sauter le monstre et pour leur intimer l’ordre à se tenir prêt à combattre si d’aventure les explosifs ne devaient pas suffire à venir à bout de la menace et que nous nous fassions tous massacrer sans pouvoir empêcher le « Moloch » de regagner la forêt.

 

Enfin, les préparatifs terminés, nous nous repliâmes de la grande cavité pour nous abriter dans un boyau adjacent. De là, après avoir compté mes hommes, j’ordonnais la mise à feu.

 

Une violente déflagration ébranla la roche autour de nous, et une formidable onde de choc parcourut des galeries jusqu’à notre abri ; laissant à penser que la charge de poudre avait fait son office. Par sécurité, et pour éviter d’être incommodés par les fumées âcres qui résultent des explosions, j’ordonnais alors d’attendre dix minutes avant de se lancer dans une reconnaissance de la cavité.

 

Lorsque nous y retournâmes, ce ne fut que pour découvrir avec horreur que la détonation, bien que puissante, n’avait pas suffi à tuer la bête.

Le Moloch se tenait devant nous, éveillé, son corps corrompu affreusement mutilé par l’explosion dont il ne s’était pas tout à fais remis. Une substance visqueuse s’écoulait de ses plaies, à l’endroit où par symétrie je devinais qu’un membre avait été amputé.

Le démon, qui ne nous avait pas encore aperçu, poussa alors un hurlement sordide.

 

J’ordonnais immédiatement le feu à volonté, et déclenchais en direction du démon une violente salve de mousquetons. La créature hurla de plus belle, visiblement atteinte, mais cela ne sembla pas suffire à entamer sa vitalité. Le moloch se tourna alors vers nous, sonné mais conscient.

 

Un âpre combat commença alors, la bête usant contre nous à la fois de magie occulte et d’attaques physiques, déployant à volonté des sortes de racines qu’elle pouvait étendre à volonté et dont les coups fendaient sans mal les roches de granit derrière lesquelles nous tentions de nous abriter. Dans la mêlée, les chasseurs de démons de la moyenne-garde utilisèrent alors contre elle plusieurs armes destinées à la conjuration qui avaient été développées pour eux par le génie. En outre, les quelques mages de la moyenne-garde qui s’étaient joint à l’expédition furent dans cette lutte d’une grande utilité.

 

Enfin, après plus d’une demi-heure de combats, nous parvînmes à venir à bout de la créature, qui succomba non d’un coup fatal mais de la somme de tous les coups que nous lui avions portés, ainsi que d’une hémorragie provoquée par l’explosion et empirée par les blessures qui suivirent. Malheureusement, nous eurent à souffrir de la pertes de sept gardes, dont les corps furent remontés à la surface pour rapatriement. En outre, quinze blessés vinrent s’ajouter à l’état des pertes, et furent pris en charge par le chirurgien bataillonnaire et son équipage.

 

Par sécurité, j’ai alors ordonné que l’on démembre la bête et que l’on incinère ses cendres au sein même de la cavité. Quand ce fut fait, notre groupe regagna la surface, laissant la place aux sapeurs du génie à qui je confiais la tâche de détruire le réseau de galerie.

Il fallut une journée, encore, pour que ces derniers achèvent les travaux de sape des cavernes et la mise en place des explosifs qui allaient leur permettre de faire effondrer la cavité et ses boyaux qui y conduisaient.

 

Les mines de sape en place, je veillais à la destruction totale des cavernes, avant de finalement reprendre la route de Fort Herobrine.

 

J’ai donc l’honneur de rendre compte, mon Consul, de l’abolition de cette menace et de la mort du démon « Moloch ».

J’attire également votre attention sur les services éminents rendus par le commandant Desjardins de la gendarmerie d’élite, dont le travail d’investigation et la bravoure personnelle ont été pour beaucoup dans le succès de cette opération. Je vous le recommande donc pour une promotion au grade de lieutenant-colonel, et pour une citation à l’ordre de l’armée.

J’aimerais également demander des citations pour les gardes suivants :

Une citation à l’ordre de l’armée pour le commandant Lauzier et l’archimage Moebius.

Une citation à l’ordre de la garde consulaire pour les officiers, sous-officiers et gardes de la gendarmerie d’élite, de la gendarmerie consulaire, des mages de la moyenne-garde et des chasseurs de démons présents au cours des opérations.

 

Enfin, pour revenir sur nos pertes, j’aimerais porter à votre attention la mort des gardes suivants :

- Le Capitaine Felix Monto, des chasseurs de démons

- Le Lieutenant Maxime Carier, de la gendarmerie d’élite

- Le Lieutenant Thomas Liotey, des chasseurs de démons

- Le Sergent-major Charles Lazko, des chasseurs de démons

- Le Sergent Andréa Taicho, des chasseurs de démons

- Le Sergent Merime Kerino, de la gendarmerie d’élite

- Le mage de 2e rang Vlad Hoffman, des mages de la garde

J’ai également demandé une citation à l’ordre de l’armée pour ces gardes, en plus de l’attribution de la croix du sang versé qui leur est dûe.

J’aimerais également faire citer à l’ordre du corps d’armée les quinze blessés, dont la liste sera communiquée ultérieurement par le Colonel Pierrot.

 

Avec mes salutations,

Le Maréchal Bonaventure Pencroff de Férincs, inspecteur-général de l’armée.

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