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[Accepté] Feustein, Le chevalier septentrion


Feustein
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46 Tercevent de l'an 371

 

Bonjour, peuple Minefieldien !

 

 

C’est en ce jour que je me tiens devant vous avec honneur et détermination pour vous présenter ma candidature au rang de chevalier. Après de longues aventures sur ces terres, de nombreuses rencontres et des défis relevés, il est temps pour moi de franchir une nouvelle étape.

 

 

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Présentation paysanne

 

Candidature villageoise

 

Candidature République de Freiwald

 

Candidature citoyenne

 

Candidature Garde Volontaire

 

 

 

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Bien, débutons par les traditionnelles présentations. Je m’appelle Guillaume et j’ai 30 ans. J’habite toujours en Bretagne et je suis toujours dans le domaine de la CAO.

 

Côté loisirs, je suis un grand amateur de jeux vidéo. Impossible de me lasser de Minecraft, un classique, tout comme Skyrim, qui me captive toujours, je n’arrive pas à m’en lasser. J’aime aussi Kerbal Space Program (le premier, bien évidemment !) pour son approche unique de la conquête spatiale, et de temps en temps, je me plonge dans Vintage Story, un Minecraft-like à l’ambiance particulière qui me plaît beaucoup. En dehors du gaming, la lecture me passionne. J’aime les thrillers, des mangas captivants et des ouvrages sur l’histoire, un sujet qui me fascine. Sinon, je travaille durant mon temps libre aussi sur des logiciels 3D et sur Photoshop et Stable Diffusion. À côté de tout ça, je fais un peu de sport pour rester actif et j’ai une autre passion, la restauration d’objets anciens.

 

Bon, je pense avoir fait le tour ! Passons à la suite !

 

 

 

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Mon aventure Minefield.

 

Commençons par le commencement. Mon voyage dans l'univers de Minecraft a débuté en 2013, mais c’est en 2015 que j’ai découvert le serveur Minefield. Cependant, je n’y suis resté que très peu de temps. c'est à partir de 2018 que j’ai véritablement plongé dans l’aventure en n'y jouant sérieusement. À cette époque, j'avais rejoint la communauté de Nydria. Ce fut pour moi, une période où j'ai appris les mécaniques du serveur et j'ai pu développer ce projet passionnant. Nydria fut une expérience marquante, notamment lors de la reconstruction du quartier paysan. J’ai eu l’opportunité d’y bâtir plusieurs structures et d’aménager certains espaces au fur et à mesure de mes progrès.

 

Avec le temps, j’ai même construit ma propre maison dans la banlieue ouest de Stendel, où je vis toujours aujourd'hui. Ah, ça fait un moment que je dis qu’il serait peut-être temps de changer de maison, mais je dois l’avouer, je l’aime beaucoup, elle est simple et chaleureuse.

 

Après cela, j’ai décidé de rejoindre la communauté de Freiwald. Cette nouvelle aventure m’a permis de m’impliquer davantage, que ce soit dans l’armée de Freiwald, mais aussi dans la reconstruction de plusieurs quartiers de la ville. J’ai pu aménager de nombreux bâtiments et d’y ajouter ma touche personnelle, mais un des projets majeurs a été la construction d’une forteresse qui domine toute la ville. C’est un endroit stratégique qui permet d’admirer la beauté de la cité et de mesurer tout le chemin parcouru par la communauté.

 

Mais ce n’est pas tout. L’un de mes plus grands projets à Freiwald a été la construction du grand musée de la ville. Un lieu riche d’histoire et de culture, que je vous invite à visiter si vous en avez l'occasion. J'ai principalement œuvré dans la construction et l’aménagement des ailes du musée, que ce soit l’aile scientifique, l’aile dédiée à l’art ou celle qui raconte l’histoire du serveur dans son ensemble, et l’aile consacrée aux autres projets du serveur. Toute cette expérience que j'ai acquise m’a permis de perfectionner mes compétences en architecture.

 

Tout ce travail n’est pas passé inaperçu. Car mes efforts ainsi que mon investissement au sein de la communauté de Freiwald ont été récompensés par plusieurs titres honorifiques. J’ai été nommé amiral de la flotte Freiwaldi ainsi que premier commandeur, une reconnaissance de mes actions dans la construction de la ville et dans les projets militaires. En parallèle, mes dévotions dans la construction du musée ont été saluées et j’ai reçu le titre de ministre de la Connaissance, une distinction qui m’a profondément touché.

 

Mais mes aventures ne s’arrêtent pas là, non. J’ai eu la chance de participer à d’autres projets passionnants, comme les contrées de Sherwood ou encore Honéor, où j’ai apporté ma pierre à l’édifice en contribuant à la construction de sa majestueuse cathédrale. Plus récemment, j’ai également eu l’opportunité de travailler sur le projet Enirispel, un projet qui m’a permis de développer de nouvelles compétences en construction.

 

Et bien sûr, je n’oublie pas ma participation à des projets plus légers, comme La fille du Puceronier (un projet qui restera dans les annales du serveur ! Ha ha ha). Ces projets parfois plus décalés font aussi partie intégrante de l’expérience Minefield.

 

Enfin, pour continuer à m’intégrer et enrichir mon aventure sur Minefield, j’ai récemment rejoint un projet qui m’attirait depuis longtemps, qui n’est nul autre que la Garde Volontaire. Un projet qui m'offre de nouvelles perspectives sur le serveur.

 

Bon, eh bien, je crois avoir fait le tour. Maintenant, après tout ce travail et ces explications, il est temps de passer à l’essentiel, de vous montrer ce que j’ai pu bâtir par ces quelques illustrations.

 

 

 

La République de Freiwald, Le fort Mulaire  : Voici une forteresse que j'ai entièrement construite et qui surplombe la baie de Freiwald.

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La République de Freiwald, Le fort ? ? ? : Et voici un autre fort que nous avons construit, moi et Nono333. Un fort qui, d'ailleurs, on ne lui a toujours pas trouvé de nom.

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La République de Freiwald, maison et lieu d'intérêt Voici d'autres bâtiments que j'ai construits sur ce projet.

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La République de Freiwald, musée : Voici le Grand Musée de Freiwald, un projet sur lequel j'ai principalement travaillé, avec en illustration les différentes sections sur lesquelles j'ai exclusivement travaillé.

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Enirispel  : Voici diverses constructions que j'ai faites sur Enirispel telles que pont, tour en ruine, ou encore bunker de chasse.

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Freefield  : antenne de communication déployable conçue pour transmettre des messages diplomatiques. Non mais, pourquoi personne n'a jamais voulu ça sur Stendel ?

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Tréfond, hall d'escouade  : Et voici le hall d'escouade des tréfonds de la Freiwald Premium Squad. Entièrement fait par votre fidèle serviteur.

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Honéor, cathédrale  : Et voici la magnifique cathédrale d'Honéor sur laquelle j'ai travaillé avec d'autres joueurs.

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Novi, forteresse : Plus récemment, voici la forteresse de Novi sur laquelle je travaille actuellement.

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Si je souhaite devenir chevalier sur Minefield c’est pour pas mal de raisons, qui sont toutes aussi importantes les unes que les autres.

 

Premièrement, ce titre représente pour moi un véritable prestige, chevalier, c'est classe ! C’est surtout une vraie reconnaissance de tout ce que j’ai pu faire et de mon engagement dans la communauté Minefieldienne. Le rang de chevalier, n'est pas juste un titre, oh que non. C'est aussi le symbole de l'investissement que j'ai eu sur le serveur.

 

Cela fait près de 8 ans que je joue et m'amuse sur Minefield, et depuis toutes ces années, ce serveur est devenu bien plus qu'un simple lieu de jeu. C’est un univers vraiment à part entière, où j’ai vécu des tonnes d’aventures, tissé des liens avec d’autres joueurs et fait des rencontres mémorables. C'est sûr. J'ai rencontré des personnes incroyables qui m’ont incité à me dépasser en tant que joueur, à donner le meilleur de moi.

Les heures passées sur Minefield sont, eh bien tout simplement incalculables, j'ai arrêté de les compter il y a fort longtemps. Chaque session de jeu, chaque projet, chaque événement a été l'occasion d'approfondir ma relation avec ce serveur et avec les autres membres de la communauté. Mon engagement sur le serveur n'a tout simplement pas cessé de s'améliorer avec le temps et devenir chevalier serait une manière parfaite de formaliser tout cet engagement.

 

Devenir chevalier me permettrait également d’accéder à des avantages bien pratiques qui amélioreraient encore plus mon expérience de jeu. La chambre à la chevalerie serait un lieu idéal pour stocker une partie de mes biens, tout en me donnant un espace personnel. Le second home est un outil précieux qui faciliterait mes déplacements à travers le serveur et me permettrait de travailler plus facilement sur des projets. En plus, une meilleure monture serait un atout majeur pour mes explorations et mes aventures, rendant mes trajets plus rapides et plus agréables.

 

Mais au-delà de ces avantages matériels, ce titre représente une responsabilité et un rôle en plus. Devenir chevalier serait une occasion pour moi de m'impliquer encore plus dans la vie du serveur.

 

Minefield a toujours été un lieu où je me suis senti chez moi et ça depuis le tout début. Je m’y suis toujours senti bien. Du coup, devenir chevalier serait pour moi un moyen de marquer une étape importante, tout en continuant à contribuer à l’évolution de ce serveur extraordinaire. Après 8 ans d’engagement, à m’investir, à construire, à échanger et m'amuser, je suis tout simplement sûr que ce titre me permettrait d'évoluer encore plus, non seulement en améliorant mon expérience de jeu, mais aussi rendre un peu de tout ce que la communauté m’a apporté. J'espère pouvoir honorer ce rang avec dévouement.

 

 

 

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– Chapitre 1 – Isheim, l’île du silence

 

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C’était un jour ordinaire à Freiwald, comme toujours l’activité battait son plein. Le ciel était dégagé. Les pavées étaient animées par les déplacements citoyens, du bruit des charrettes transportant des marchandises de tout Stendel et du brouhaha habituel des marchands appelant les passants. Les effluves d'épices exotiques se mêlaient à l’odeur de la mer, portée par la brise. Le port, vibrant d’activités, accueillait une flotte de navires marchands et militaires, tandis que, plus haut, les clochers des casernes sonnaient la relève de la garde. Dominant la cité depuis les hauteurs de la colline Est de la ville, le fort Mulaire se tenait fièrement sur les hauteurs face au vent marin, avec des murs de pierre épais et des canons qui veillaient sans relâche sur la baie. À l’intérieur, dans les couloirs, les pas des soldats résonnaient avec rigueur.

 

Dans son bureau, Feustein, amiral de la flotte Freiwaldi, relisait des rapports et des lettres scellées. Son bureau, massif et recouvert de cartes maritimes, de lettres diplomatiques et de journaux de bord. Malgré la routine apparente, une tension flottait dans l’air. La porte s’ouvrit doucement, laissant entrer un officier de la marine. L’homme se figea brièvement, salua, puis s’approcha d’un pas décidé.

 

- Amiral Feustein, j’ai un rapport préoccupant à vous transmettre, dit-il, la voix grave.

 

Feustein leva les yeux de ses documents.

 

- Je vous en prie. Parlez.

 

- Il s’agit du navire FRN Vigilance, envoyé vers l’île d’Isheim il y a maintenant plus de six semaines pour inspecter les installations portuaires et livrer des ressources médicales. Il aurait dû être de retour depuis au moins deux semaines… mais nous n’avons reçu aucune nouvelle. Pas même une missive.

 

Feustein fronça les sourcils, croisant les bras.

 

- Et les vents ? Les courants ?

 

- Tous les autres navires ont réussi leur traversée sans incident ces dernières semaines. Le FRN Vigilance est le seul à manquer à l’appel.

 

L’officier marqua une pause, visiblement mal à l’aise, avant de poursuivre.

 

- Mais ce n’est pas tout. Nous n’avons vu aucun navire marchand en provenance de cette île. Les autres nations ont également signalé l’absence totale de communication depuis plus d’un mois. C’est comme si toute l’île s’était… éteinte.

 

Un silence lourd s’installa dans la pièce.

 

- Cela ne ressemble pas à Isheim… Ils ont toujours été rigoureux dans leurs échanges. Si le silence dure depuis autant de temps, il y a anguille sous roche.

 

Il se leva, fit quelques pas vers la grande carte murale où l’île d’Isheim était épinglée. Son regard s’y fixa un instant, avant qu’il ne reprenne d’un ton ferme.

 

- Préparez plusieurs navires. Faites embarquer une escouade et des vivres pour, disons, un mois. Nous partons demain à l’aube. Je n’ai pas grand-chose à faire ici en ce moment, donc je peux me permettre de m’absenter.

 

L’officier hocha la tête, puis partit pour transmettre les ordres. Feustein, quant à lui, fixait encore l’île lointaine sur la carte, son esprit déjà tendu vers ce territoire devenu silencieux. Quelque chose clochait. Il le sentait. Et il était prêt à aller chercher les réponses lui-même.

 

L’île d’Isheim est un territoire isolé, brumeux et balayé par les vents glacés du nord. Elle se trouvait loin des routes commerciales traditionnelles, hors des cartes de Stendel, loin au nord-ouest. Sa position reculée la rendait difficile d’accès, et peu de nations osaient entretenir des liens réguliers avec elle. Pourtant, son importance stratégique n’était pas négligeable, elle servait depuis longtemps de point d’appui pour les routes d’exploration maritime.

 

Feustein connaissait bien Isheim. Ce n’était pas la première fois qu’il y mettrait les pieds. Il y avait déjà mené plusieurs expéditions par le passé, notamment lors de troubles internes entre factions locales ou pour encadrer l’installation d’avant-postes fortifiés. Depuis quelque temps déjà, des rumeurs inquiétantes circulaient à son sujet. Des rapports militaires, confus mais concordants, faisaient état d’apparitions étranges, de silhouettes furtives rôdant à la lisière des villages, de lumières anormales dans les montagnes, de bruits inhumains perçant les nuits. Certains messagers évoquaient même des créatures inconnues, sorties de nulle part, aux comportements violents et imprévisibles. Mais aucune preuve tangible n’était encore venue étayer ces témoignages.

 

Si le silence soudain d’Isheim n’était pas venu confirmer les pires craintes. Feustein en était désormais convaincu, quelque chose de grave se tramait sur l’île. Et il ne pouvait se permettre d’attendre que le mystère se dissipe de lui-même.

 

Il réunit alors sans plus tarder plusieurs officiers. Dans une salle de commandement, il traça d’un geste ferme une route maritime vers Isheim, donna ses ordres, trois navires de guerre seraient dépêchés sur place, le FRN Sherwood, le FRN Tempête et le FRN Chancelier, transportant des troupes et du matériel. Il superviserait lui-même l’expédition, refusant de confier cette mission à quiconque d’autre.

 

- Armez les bâtiments, ravitaillez-les. Nous appareillons demain, au lever du jour. Et que chaque capitaine sache une chose, nous allons à Isheim non seulement pour comprendre ce qu’il passe, mais pour intervenir s’il le faut éventuellement.

 

Le lendemain, les préparatifs touchaient à leur terme. Les chantiers navals avaient travaillé toute la nuit, les ouvriers ont œuvré sans relâche pour que les trois navires soient prêts. L’équipage, composé de soldats aguerris, d’artilleurs, de marins chevronnés, mais aussi de soigneurs, embarqua en silence. Ils étaient tendus. Nul ne savait vraiment ce qu’ils allaient trouver, mais tous sentaient que ce voyage ne serait pas comme les autres. Lorsque tout fut en place, les cales remplies de provisions, les canons vérifiés, les voiles hissées, Feustein gravit la passerelle FRN Sherwood. Il jeta un dernier regard sur la ville qui s’étendait devant lui.

 

- Larguez les amarres ! cria-t-il.

 

Les cordages furent dénoués, les voiles gonflèrent au vent, et la flotte quitta lentement la baie de Freiwald en direction du grand large. Les cloches du port sonnèrent leur départ, tandis que les curieux observaient les navires s’éloigner vers l’horizon. Le voyage vers Isheim devait durer une dizaine de jours, selon les vents. Les premières journées se passèrent sans encombre, le ciel dégagé et les flots calmes. Mais plus ils s’approchaient du nord, le vent se fit plus capricieux et les eaux, plus froides. Feustein, lui, restait silencieux, les yeux rivés sur la proue de son navire, le regard fixé droit devant, vers une destination de mystères et de menaces.

 

Isheim. Une île septentrionale balayée par les vents glacés. Elle se tenait à l’écart du monde civilisé, hors des cartes courantes. Cette terre austère, peuplée d’environ plus de mille âmes, est gouvernée par une seigneurie, fondée il y a plus de 600 ans, mais on y raconte qu’avant la fondation de celle-ci, d’après les récits les plus anciens, les hommes vivaient aux côtés de créatures mythiques. Certains affirmaient même que la seigneurie d’Isheim avait été érigée avec l’aide d’un de ces êtres. Mais ces récits étaient depuis longtemps devenus des légendes. Ce qui fit véritablement la renommée d’Isheim, ce furent ses mines d’argent. Pendant des siècles, elles furent la source d’une opulence inégalée, enrichissant les nobles et attirant les marchands.

 

Mais toute chose a une fin. Il y a près de deux cents ans, les mines s’épuisèrent une à une. Les galeries autrefois abondantes finirent par être dépourvues de la moindre once de métal pour, au final, être abandonnées. Avec l’argent disparut la prospérité. La gloire d’Isheim devint un souvenir lointain. Aujourd’hui, il ne reste que deux villes et quelques villages, des mines condamnées et des familles modestes qui vivent de pêche. Une terre figée dans le temps. Et c’est vers cette île, empreinte d’un mystère, que se dirigeait la petite flotte.

 

Le voyage s’était déroulé sans encombre, du moins en apparence. Chaque jour, la mer s’étendait à perte de vue. Les hommes s’étaient peu à peu accoutumés à la routine du large, rythmée par les cris des marins, le martèlement régulier des pas sur les ponts et le son des voiles qui se tendent. Mais une chose était devenue omniprésente, le froid.

 

Au fil des jours. Le souffle du Nord gagnait en intensité. Même les marins les plus aguerris, habitués aux rudes conditions de Freiwald, durent sortir les manteaux de laine. Les dix jours de navigation passèrent, longs et silencieux. Alors que les 3 navires se dirigeaient vers Isheim, ils ne croisèrent personne, pas un navire marchand, pas même un bateau de pécheur, juste quelques icebergs à la dérive. Puis, enfin, alors que le soleil était à son zénith, un cri retentit du nid-de-pie. « Terre à l’horizon ! »

 

Tous les regards se tournèrent vers l’avant. Là, à travers la brume, se dessinait une masse sombre. Isheim. Solitaire. Au fur et à mesure que la flottille se rapprochait, on pouvait observer les falaises abruptes, les icebergs qui entouraient l’île, et, par endroits, on devinait les ruines d’anciennes tours ou les toitures enneigées d’habitations. Ce n’était pas une terre accueillante avec son climat glacial.

 

Mais c’est alors qu’un marin cria en montrant du doigt le ciel. « Regardez ! »

 

Une silhouette. Indistincte d’abord. Puis elle se précisa, sombre, immense, planant dans les nuages. Elle glissait rapidement, sans bruit.

 

 

– Chapitre 2 – Le feu et l’eau

 

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Tous les regards se levèrent aussitôt, scrutant les cieux. Une silhouette filait à toute allure dans les airs. À première vue, on aurait pu croire à un oiseau, mais quelque chose clochait. La forme était bien trop grosse. Trop rapide. Le silence tomba sur les trois navires. Seuls les sons des haubans et des voiles au vent se faisaient encore entendre. Les marins, tendus, se rassemblèrent sur les ponts, bouche bée. Le capitaine du FRN Chancelier, posté à la proue, fronça les sourcils et murmura : « Ce n’est pas un oiseau… » La créature s’approchait à grande vitesse. Ses ailes battaient avec puissance. Lorsqu’elle passa finalement au-dessus de la flottille, un frisson parcourut chaque homme à bord. Ce qu’ils virent alors leur coupa le souffle.

 

Un dragon, mais pas un dragon comme ceux que l’on décrit dans les contes ou les chansons. Celui-ci semblait difforme, tordu comme si un mal le rongeait. Son envergure couvrait à elle seule le pont d’un navire entier. Il était recouvert d’un mélange étrange d’écailles et de plumes noires. Ses ailes semblaient abîmées, comme si elles avaient été lacérées à plusieurs reprises, puis mal recousues par une force inconnue. Et son cri qui n’avait rien de naturel. C’était un hurlement aigu, semblable à celui d’un rapace. Les marins, terrifiés, observaient la bête, le souffle court. Certains, superstitieux, murmurèrent des prières, tandis que d’autres agrippaient leurs armes, incertains de leur utilité face à un tel monstre. Feustein ne quitta pas la bête des yeux. Il la suivit du regard alors qu’elle traçait des cercles dans le ciel. Quelque chose clochait. Ce n’était pas un dragon sauvage. Il se tourna vers ses officiers.

 

- Restez vigilants. Préparez les canons, au cas où. Et tenez les hommes prêts.

 

Puis, sans prévenir, la bête poussa un rugissement strident et pivota brusquement dans les airs. Elle replia ses ailes et piqua droit vers les navires. Ce fut à ce moment-là que la panique se répandit comme une traînée de poudre. Une lueur écarlate s’alluma dans la gorge du dragon et, dans un souffle infernal, il projeta des flammes en direction du premier bâtiment, le FRN Sherwood. Les flammes atteignirent les mâts et les voiles qui s’embrasèrent instantanément ainsi que les cordages.

 

 - À couvert ! hurla un officier, tirant ses hommes hors du pont.

 

Mais il était déjà trop tard. Le feu, vorace, consumait les voiles, transformant ces toiles en lambeaux calcinés. Les marins couraient en tous sens, tentant d’étouffer les flammes qui tombaient sur le pont avec des seaux d’eau, mais l’incendie se propageait sur le bois sec du pont. Feustein, sur ce même navire, observait la scène avec horreur. Il comprit aussitôt que la situation leur était totalement défavorable. Cela allait devenir un massacre.

 

 - Dégagez les navires ! Qu’on les éloigne les uns des autres ! ordonna-t-il.

 

Mais le dragon n’en avait pas fini. Reprenant de l’altitude, il se jeta cette fois sur le FRN Tempête, le bâtiment se situant en queue de la formation. Le souffle ardent frappa de plein fouet la coque et les ponts du navire, incendiant tout sur son passage. Des cris retentirent, le FRN Tempête se transforma en brasier. Et puis, soudain… Une explosion. Terrible et assourdissante. La poudre noire entreposée dans les cales avait pris feu. Le navire explosa de l’intérieur, projetant flammes, débris et hommes à plusieurs mètres dans les airs. Une boule de feu s’éleva dans le ciel. Ce qui restait du FRN Tempête était une épave coupée en deux et se mit à sombrer dans l’océan.

 

Alors que le dragon tournoyait à nouveau au-dessus de la mer, préparant un nouvel assaut, certains membres d’équipage arrachèrent les bâches protégeant les caisses d’armes. Ils épaulèrent leurs mousquets, ajustèrent tant bien que mal leur visée et ouvrirent le feu. Les balles fusèrent en direction de la créature, mais elles ricochèrent sur ses écailles. Les mousquets étaient dérisoires.

 

« Aucune ne pénètre ! » Grogna l’un des trieurs, serrant la crosse de son arme.

 

Feustein, les yeux plissés en direction du dragon, observait chaque mouvement. Le monstre volait à une allure folle. Mais à chaque attaque, il fonçait droit sur eux… alors peut-être… Il eut une idée. Risquée, mais mieux valait cela que de finir en cendres.

 

- À bâbord ! cria-t-il. Déplacez tout ce que vous pouvez, barils, caisses, cordages ! On va faire pencher le navire ! Vite !

 

L’équipage du FRN Sherwood qui venait d’éteindre l’incendie exécuta les ordres. Des marins poussèrent les lourdes caisses de munitions, roulèrent des barils de poudre et des officiers coordonnaient la manœuvre en hurlant. Le navire amiral grinça, puis commença à s’incliner lentement sur son flanc bâbord. Le bois craqua, les haubans se tendirent. Les hommes se cramponnaient aux rambardes, prêts à glisser. Haut dans le ciel, le dragon face au navire, piqua soudainement. Ses ailes repliées, il fonçait droit vers le FRN Sherwood, sa gueule entrouverte, les flammes dans la gorge prêtes à sortir.

 

- Canonnier, en position !

 

Feustein attendait le bon moment.

 

- Tenez bon ! Encore un peu !

 

Feustein, accroché à la rambarde, observait le dragon fondre droit sur eux. Son rugissement retentit. Les marins s’activaient encore sur le pont, jetant les dernières caisses vers bâbord pour accentuer l’inclinaison du navire.

 

- Barreur, à bâbord toute ! cria Feustein. Faites-lui face avec les canons !

 

Le timonier obéit aussitôt, forçant sur la barre. Le navire craquait sous la contrainte, déjà penché par le transfert de poids, et pivota brusquement à bâbord. L’eau s’infiltra sur le pont, balayant les bottes des marins, mais l’effet recherché fut immédiat. Le flanc tribord se souleva, braquant naturellement les batteries de canons vers les cieux. Les artilleurs se cramponnaient à leurs pièces. Ils ajustèrent l’angle, vérifièrent une dernière fois les mèches. Dans le ciel, la créature ne s’attendait pas à cette manœuvre soudaine. Elle arrivait à pleine vitesse et se retrouva en un instant, pile dans la ligne de mire. Feustein leva le bras, le regard rivé sur le monstre.

 

- Feu !

 

Une détonation secoua le navire. Les canons crachèrent leur salve dans un vacarme assourdissant, projetant une pluie de boulets vers le dragon. Plusieurs projectiles touchèrent leur cible de plein fouet. Des boulets frappèrent son aile gauche, la déchirèrent pareillement. Un autre explosa contre son flanc, le projetant violemment sur le côté. Dans la douleur la bête hurla. Elle chancela dans les airs, battant des ailes avec maladresse pour tenter de reprendre de l’altitude. Son vol devenait irrégulier. Une traînée de sang se dessinait derrière elle. Mais plutôt que de replonger vers le navire, la créature choisit de fuir. Elle entama une retraite en direction d’Isheim. Un silence tendu retomba sur le pont. Tous les yeux fixaient le ciel. Puis, les premiers cris de victoire jaillirent.

 

- On l’a touché !

 

- Il s’enfuit !

 

- Par tous les saints, on l’a fait fuir !

 

Feustein, lui, restait pensif. Il savait qu’ils venaient de remporter le combat, mais ce dragon n’était pas une simple créature sauvage. Avait-il un lien avec les événements étranges d’Isheim ? Le calme revenu n’était qu’apparent. L’air sentait la poudre, le sel et la fumée. Des morceaux de voile carbonisée flottaient encore dans les airs. Feustein ne perdit pas une seconde. Le dragon avait été repoussé, mais le prix payé était lourd, un des navires a coulé, les restes de son épave sont toujours visibles.

 

- Préparez les chaloupes ! ordonna-t-il d’une voix ferme. On va récupérer tout ce qu’on peut. Hommes, matériel, tout !

 

Sous ses ordres, les marins s’activèrent. Des chaloupes furent mises à l’eau, tandis que les rescapés s’extirpaient de l’eau glacée, agrippés à des débris ou dérivant avec les courants. Certains étaient gravement brûlés, d’autres en état de choc, mais tous furent remontés à bord avec un soin méticuleux. Feustein veilla à ce qu’aucun homme ne soit laissé derrière. Pendant ce temps, les officiers faisaient le tour des deux navires restants. Le constat était clair, les bâtiments avaient souffert. Des voiles brûlées et déchirées, des mâts fendus, des coques ébréchées par la chaleur et les secousses. Il n’y avait aucune avarie à l’intérieur des navires, mais il serait suicidaire de tenter une traversée longue dans cet état.

 

- Amiral, nous ne tiendrons pas jusqu’à Freiwald dans ces conditions, déclara l’un des commandants. Mais nous pouvons encore naviguer sur quelques lieues, au moins jusqu’à la côte.

 

Feustein hocha la tête.

 

- Très bien. Mettez le cap sur Isheim. Nous accosterons dans la ville portuaire de Blizbourg, on pourra y effectuer des réparations.

 

Le reste des voiles fut hissé. Les navires, malmenés mais encore debout, se mirent en route. L’île n’était qu’à quelques kilomètres, mais les vents glacés rendaient la progression difficile. Le silence pesait. Chacun mesurait désormais la menace qui les attendait sur Isheim.

 

Après une heure de navigation à travers des eaux froides et agitées, les deux navires endommagés navigant entre les icebergs finirent par atteindre les abords d’Isheim. La brume s’était levée, dévoilant une côte escarpée battue par les vents du nord. Là, au creux d’une baie, se dressait la ville portuaire de Blizbourg. À mesure que les navires se rapprochaient du port, un silence inquiétant s’imposa. Aucun cri de marin, aucun bruit de chantier naval, pas le moindre bruit hormis le vent sifflant et le craquement des cordages.

 

- Par tous les dieux… murmura un marin, fronçant les sourcils.

 

Blizbourg, d’ordinaire animée par les allées et venues de pêcheurs, d’artisans et de soldats, semblait figée dans le temps. Aucun navire n'était amarré au quai, pas une barque. Les grues de déchargement restaient immobiles, les entrepôts étaient portes closes. Pire encore, aucune fumée ne s’élevait des cheminées des maisons, alors que l’air glacial aurait dû pousser les habitants à raviver leurs foyers. Les rues visibles depuis la mer étaient désertes, les fenêtres barricadées pour certaines, brisées pour d’autres. Des étendards déchirés pendaient aux balcons.

 

- Préparez une équipe de reconnaissance, ordonna Feustein d’une voix ferme. Personne ne quitte le navire sans mon autorisation. On ignore ce qui nous attend là-bas.

 

Les marins hochèrent la tête sans un mot. L’équipage ressentait ce que leur commandant avait deviné depuis plusieurs minutes, Blizbourg n’était pas seulement silencieuse… elle semblait être morte. Feustein, toujours sur la passerelle, serra les poings. Quelque chose d’anormal, de profondément mauvais, pesait sur cette ville. Les deux navires accostèrent lentement dans le port désert de Blizbourg. Le grincement des amarres et le clapotis de l’eau contre la coque furent les seuls sons à rompre le silence pesant qui régnait. Aucune personne ne vint à leur rencontre, aucun cri ne retentit pour signaler leur arrivée. Tout semblait figé.

 

Feustein fut l’un des premiers à poser le pied sur les quais, le regard méfiant, sa main posée sur la garde de son épée. Derrière lui, une poignée d’hommes aguerris le suivaient en silence. Ensemble, ils s’aventurèrent prudemment dans les ruelles de la ville. Blizbourg semblait être une coquille vide. Les rues désertes, parsemées de débris, de charrettes renversées, de meubles brisés. Un silence sinistre régnait, seulement troublé par le souffle du vent qui s’engouffrait entre les bâtisses, faisant grincer les volets et claquer des portes entrouvertes. Feustein et ses compagnons explorèrent longuement les lieux, inspectant maisons, échoppes et entrepôts. Partout, ils ne trouvèrent personne. Comme si la ville avait été vidée de ses habitants du jour au lendemain.

 

Mais ils trouvèrent un peu partout de longues traînées de sang sur les pavés, des impacts sur les murs, des traces de lutte. Le sol, par endroits, portait les signes de violents affrontements, griffures profondes, traces de brûlures et de pas désordonnés. Ils tombèrent aussi sur des maisons barricadées de l’intérieur, comme si les habitants avaient tenté de se protéger d’une menace extérieure. Certaines portes étaient enfoncées. D'autres demeuraient closes, scellées par des poutres croisées et des meubles entassés en hâte derrière les fenêtres. Un lourd silence planait dans ces rues désertées, empli de l’écho d’un passé tout proche et terriblement violent. Feustein s’arrêta au centre d’une place pavée. Il jeta un œil à ses hommes.

 

- Quelque chose s’est passé ici… Et ce n’est pas l’œuvre de simples brigands, murmura-t-il. Retournons aux navires et restez toujours sur vos gardes. On n’est pas seuls sur cette île.

 

Et c’est donc après la longue exploration de Blizbourg, le cœur lourd et l’esprit en alerte, que Feustein et ses compagnons rebroussèrent chemin. Tandis qu’ils regagnaient le port, le soleil se couchait et une brume fine s’élevait du sol. De retour près des navires, Feustein convoqua aussitôt ses officiers et leur fit part de la situation.

 

- Blizbourg est vide. Pas un survivant, mais des signes évidents de lutte. Quelque chose de terrible s’est abattu sur cette ville… Et peut-être même sur toute l’île.

 

Le silence s’abattit sur les visages des officiers, chacun mesurant la gravité de la situation.

 

- Nous ne pouvons pas repartir sans comprendre ce qu’il s’est passé. Mais avant toute chose, il faut renforcer nos positions. Nos navires sont endommagés, et la nuit approche. Nous devons nous préparer à toute éventualité.

 

Sur son ordre, plusieurs groupes furent envoyés explorer les entrepôts et les docks, à la recherche de tout ce qui pouvait être utile, bois, clous, toiles, pièces métalliques… Certains bâtiments semblaient avoir été abandonnés en pleine activité, les caisses ouvertes, les outils encore posés sur les établis, comme si les ouvriers s’étaient évaporés. Les hommes travaillaient en silence, jetant de temps à autre des regards inquiets vers les ruelles sombres qui bordaient le port, et le vent soufflait avec froideur. Feustein, de son côté, resta près des navires. Il fit poster des sentinelles armées le long des quais. Des torches furent allumées, des braseros installés pour réchauffer les marins, et des tours de garde furent immédiatement organisés. Il savait que la nuit serait longue. Il resta encore un instant debout, le regard fixé sur les étoiles, et il se dit.

 

- Demain, nous avancerons dans les terres. Cette île cache quelque chose… Et nous devons le découvrir avant qu’il ne soit trop tard.

 

Puis il retourna auprès de ses hommes, déterminé à ne pas laisser la peur gagner ses troupes.

 

 

– Chapitre 3 – La voie des réponses

 

Divulgacher

L’aube se levait à peine sur Blizbourg, baignant la ville d’une lumière pâle. La nuit s’était passée sans encombre et Feustein s’était levé avant ses hommes. Il observait la mer, pensif. Le combat de la veille contre le dragon et la perte d’un des navires lui pesaient sur les épaules. Ce n’était pas la première fois qu’il s’aventurait dans l’inconnu, mais il sentait que cette mission allait être bien plus périlleuse que toutes celles qu’il avait accomplies jusqu’alors.

 

Feustein rassembla ses hommes sur le port de Blizbourg. Un vent glacial balayait les quais, soulevant des volutes de brume qui s’accrochaient aux coques des navires comme des spectres silencieux. Les marins et soldats, emmitouflés dans leurs manteaux épais, resserraient leurs ceintures et vérifiaient leurs armes. Feustein, quant à lui, se tenait droit sur une caisse en bois, ses bottes frappant légèrement la caisse gelée.

 

- Messieurs, commença-t-il d’une voix ferme, nous ne pouvons pas rester ici plus longtemps. L’île est en proie à des forces inconnues, et nous avons perdu trop de temps. Aujourd’hui, je vais prendre avec moi un groupe de 15 hommes et nous avançons vers Givreval, une ville se situant plus au Nord, pour comprendre ce qui se trame.

 

Un murmure parcourut les rangs. La veille, en explorant Blizbourg, ils n’avaient trouvé que des bâtiments abandonnés, des traces de lutte et de sang coagulé sur la pierre froide. L’absence totale de corps rendait la situation encore plus troublante.

 

- Nous ne savons pas ce qui nous attend, poursuivit Feustein, son regard balayant son équipage. Nous devons être prudents. Gardez vos mousquets en dernier recours. Nous n’avons aucune idée de ce qui rôde sur cette île et nous devons donc faire preuve de discrétion.

 

Un silence tendu s’installa. Enfin, un marin hocha la tête et répondit.

 

- On te suivra, amiral. Mais si cette île est maudite, il faudra peut-être penser à lever l’ancre avant qu’il ne soit trop tard…

 

Feustein ne répondit pas immédiatement. Il se contenta d’observer l’horizon grisâtre. Quitter l’île sans réponses n’était pas une option. Les navires ne sont pas encore en état de quitter l’île. De plus, il est possible qu’il y ait des survivants à secourir. L’équipage continue le reste des réparations. Édouard, je te laisse le commandement en mon absence.

 

Un quart d’heure plus tard, un groupe de 15 hommes partit vers Givreval, laissant derrière eux les navires en réparation. Ils quittèrent le port et progressèrent prudemment à travers les ruelles sinistres de Blizbourg. Le silence était oppressant. Pas un chant d’oiseau, pas un animal. Seul le vent s’engouffrait entre les bâtiments abandonnés. Feustein menait la marche, ses sens en alerte. À chaque instant, il s’attendait à voir une silhouette surgissant d’une ruelle sombre, mais rien ne bougeait, et de temps à autre, le groupe passait devant des bâtiments barricadés, des maisons aux portes fracturées, des ruelles tachées de sang séché. Il n’y avait aucun cadavre, ce qui était encore plus inquiétant. Où étaient passés les habitants ?

 

Ils finirent par quitter la ville et s’enfoncèrent dans les terres gelées d’Isheim. La route de terre gelée était dure sous leurs bottes. De temps à autre, ils croisaient des charrettes renversées, des outils abandonnés, des maisons éventrées. À mesure qu’ils avançaient, la sensation d’être observés se faisait de plus en plus pesante.

 

Après plusieurs kilomètres, ils débouchèrent sur un croisement. C’est là qu’ils tombèrent sur un spectacle terrifiant. Sur le chemin qui menait à Givreval, une trentaine de silhouettes se dressaient dans le froid, immobiles. Elles ressemblaient à des hommes… mais quelque chose n’allait pas. Les soldats se rapprochèrent avec prudence. Feustein se tendit en découvrant leur apparence. Ces créatures n’étaient pas humaines, ou du moins ne l’étaient plus. Leurs corps étaient des amas de chair cousus et amalgamés ensemble, des fragments de plusieurs personnes réunis en une seule entité grotesque. Mais ce qui était encore plus étrange, c’est qu’elles étaient figées dans la glace, comme si un puissant sort les avait arrêtées net en plein mouvement.

 

- Par les Saints, Qu’est-ce que c’est que ces horreurs ? murmura l’un des soldats en reculant d’un pas.

 

Feustein approcha une torche de l’un des êtres pétrifiés. En y regardant de plus près, il comprit enfin.

 

- Des golems de chair.

 

Les hommes se regardèrent, inquiets.

 

- Je croyais que seuls les plus puissants nécromanciens pouvaient créer ces horreurs.

 

« C’est exact. » répondit Feustein. « Et d’habitude, ils ne restent pas immobiles ainsi. »

 

Il avança prudemment, touchant du bout de son épée l’un des golems. Sa chair était dure comme la pierre.

 

- Quelque chose les a figés. Mais quoi ?

 

- On fait demi-tour ? demanda un jeune marin, la main crispée sur son mousquet.

 

- Non. On continue, on reste sur nos gardes.

 

Ils reprirent la marche, progressant lentement à travers ce champ de monstres pétrifiés. Pourtant, alors qu’ils atteignaient le bout du chemin, un craquement retentit sur leur droite. Un des soldats se retourna, puis cria :

 

- À couvert !

 

Quatre golems de chair bien vivants surgirent d’un bosquet enneigé, avançant avec une agilité surprenante pour des créatures aussi massives.

 

- Préparez-vous ! Hurla Feustein, dégainant son sabre.

 

Les soldats se regroupèrent immédiatement. Le premier golem chargea. L’un des soldats tenta de planter son sabre dans la poitrine du golem, mais la créature ne broncha même pas. Elle attrapa le soldat et le projeta brutalement contre un arbre. Feustein dégaina son épée et trancha net le bras d’un golem. Le membre tomba, mais la créature continua d’avancer, insensible.

 

- Visez les têtes ! hurla-t-il.

 

Ses hommes obéirent immédiatement. Un soldat enfonça sa lame dans le crâne d’un golem, qui s’effondra instantanément. Un autre fut décapité d’un coup de hache. Après quelques instants de combat, les monstres furent finalement terrassés. Le souffle court, Feustein regarda autour de lui. Un silence de mort s’installa à nouveau. Ils avaient gagné. Le soldat projeté contre l’arbre gémissait faiblement. Quelques blessures légères, aucune fracture. Feustein s’essuya le front et observa les cadavres mutilés de leurs ennemis.

 

- Si ces choses rôdent partout sur l’île, alors nous n’irons pas bien loin si nous nous faisons remarquer davantage, continuons à rester discrets.

 

Ils continuèrent leur route, plus méfiants que jamais. En chemin, ils aperçurent une ferme délabrée à l’orée d’une plaine enneigée. Les volets étaient brisés, et la porte battait lentement au gré du vent. Ils espéraient y trouver des vivres ou des indices sur ce qui s’était passé. L’endroit était abandonné, mais pas vide. Ils découvrirent des meubles renversés, des traces de griffes sur les murs, des restes de repas moisis et un journal, posé sur une table. Feustein le prit et lut les dernières pages à voix haute.

 

"Le seigneur nous a trahis. Il a vendu son peuple aux démons. Nous avons entendu des cris venant de la ville. Certains disent qu’il a ouvert les portes. Nous avons peur. Nous ne savons pas où aller. Ils ont transformé nos morts en monstres. Ils ne s’arrêteront pas. Que la lumière nous sauve."

 

Feustein referma le journal.

 

- Nous devons continuer. Nous manquons encore d’information. Poursuivons le voyage !

 

Après plusieurs heures de marche, ils tombèrent sur un groupe de démons, accompagnés d’autres golems de chair. Cette fois, ils étaient une dizaine. Feustein serra les dents et ordonna de se préparer à l’affrontement. Le combat éclata. Contrairement aux golems de chair, les démons étaient bien plus intelligents et agiles. Feustein et ses hommes durent livrer un affrontement féroce, mais ils réussirent à les abattre.

 

Une chose était claire, ces monstres venaient du centre de l’île. L’instinct de Feustein lui dicta de changer de destination.

 

- Nous allons au cœur d’Isheim. C’est certainement là que se trouve la source du mal.

 

Et sans plus attendre, ils reprirent leur route, se préparant à affronter les ténèbres qui les attendaient.

 

 

– Chapitre 4 – Les ailes de givre

 

Divulgacher

Feustein et ses compagnons arrivèrent discrètement au sommet d'une colline escarpée. L’air froid et sec, typique de cette île maudite, les mordait déjà. Le vent sifflait à travers les arbres. Le silence pesant de l’endroit n’était interrompu que par le crissement des bottes dans la neige durcie. Ils s’immobilisèrent au sommet, observant la scène en contrebas.

 

Une forteresse en ruine se dressait devant eux, sombre et imposante, contenant plusieurs centaines de démons et de golems de chair. Ses murs anciens semblaient témoigner du vécu de la forteresse. De nombreuses brèches des murailles ont été comblées par des barricades et des palissades. Sur l’entrée, il y avait une grande porte en fer forgé, grise et rouillée. Autour de celle-ci, un campement s’était formé.

 

Sur le côté, une extension massive avait été ajoutée récemment, certainement par les démons eux-mêmes. Cette extension, aussi grande que la forteresse d'origine, abritait un immense campement. Protégé par des palissades renforcées, le camp était peuplé de démons, de golems de chair et surtout, d'humains captifs. Ceux-ci, enchaînés et réduits à l'état d'esclaves, semblaient être la source principale de travail pour les démons, forcés de construire et de maintenir l'infrastructure du camp. Feustein apercevait des prisonniers, certains se traînant lentement, d’autres enfermés dans des cages de fer, certains hurlant, d’autres déjà silencieux, brisés. Le bruit des chaînes et les rires sinistres des démons emplissaient l’air. Ce spectacle révoltant nourrissait la colère de l’amiral, mais il savait qu'il devait rester concentré.

 

Le regard de l’amiral se leva ensuite vers le centre de la forteresse. Là, un immense portail dominait la cour intérieure, taillé dans une pierre noire. Il n’y avait aucun doute possible, ce portail était une faille entre les mondes, une ouverture vers le Nether d’où les démons avaient émergé. Il était le canal par lequel le mal s’était déversé sur Isheim.

 

Puis, plus haut encore, au sommet de la tour principale, une créature immense, le dragon difforme que Feustein et ses compagnons ont affronté en mer, celui-ci ne semblait pas avoir guéri totalement de ses blessures. À ses côtés, une forme plus humaine, mais tout aussi terrifiante, un seigneur démoniaque, vêtu d’une armure hérissée de pointes et portant une couronne faite d’os. Même à cette distance, Feustein sentit la puissance maléfique qui émanait de lui.

 

Ce fut à cet instant que tout s’éclaira dans l’esprit de Feustein. La forteresse n’était pas seulement un bastion ennemi. C’était le cœur du mal. L’épicentre de la corruption. Ce lieu ne pouvait être ignoré. Il fallait l’abattre… mais pas aujourd’hui.

 

Feustein resserra son manteau autour de lui, jetant un dernier regard à l’ensemble de la forteresse. Les défenses étaient trop solides, les troupes ennemies bien trop nombreuses, et l’effet de surprise impossible. Se faufiler à l’intérieur aurait été un suicide, même pour des vétérans aguerris comme eux. Le campement grouillait d’activité, des rondes de démons passant constamment entre les tentes et les palissades.

 

- Impossible de passer. Si on entre là-dedans, on ne fera que se jeter dans la gueule du loup. Retournons aux bateaux pour échafauder un plan.

 

Le regard sombre, il fit un signe discret à ses compagnons. Tous acquiescèrent silencieusement, soulagés de ne pas avoir à engager un combat perdu d’avance. Le groupe se replia dans la discrétion la plus totale, redescendant la colline à pas feutrés, empruntant un chemin détourné pour éviter d’être repérés. Aucun mot ne fut échangé sur le trajet du retour, chacun ruminait l’horreur qu’il venait d’apercevoir et la frustration de ne rien pouvoir y faire dans l’immédiat.

 

Le chemin du retour était bien plus sinistre qu’à l’aller. Il fut silencieux, tendu, comme si la forêt elle-même retenait son souffle. Feustein avançait en tête, l'esprit assiégé par les images qu'il venait de voir, le portail noir, le dragon difforme, les prisonniers et ce seigneur démoniaque. Chacun de ses pas semblait plus lourd que le précédent, non pas par fatigue physique, mais à cause du poids des révélations. Autour de lui, ses compagnons ne parlaient plus. Certains jetèrent des coups d’œil inquiets derrière eux. De temps à autre, ils s'arrêtaient pour écouter, ses oreilles tendues, puis ils reprenaient la marche sans un mot, mais leurs mains étaient crispées autour de leurs épées. Feustein comprenait leur inquiétude, ils avaient traversé un terrain de plus en plus hostile, et l’idée de se retrouver piégés en ce lieu, sans possibilité d'évasion, le rongeait aussi.

 

Après être entrée dans une forêt, alors que personne n'osait briser le silence. Feustein leva la main, signifiant à ses compagnons de ralentir. Quelque chose n’allait pas. Il n’y avait plus de bruit d’animaux dans les environs, même pas le chant des oiseaux. Pourtant, il entendait des bruits étranges, comme des pas lourds venant de derrière un buisson épais. Feustein fit signe à ses hommes de se préparer. Tout le monde posa instinctivement ses mains sur la garde de leurs épées, C'est alors qu’une patrouille de démons fit son apparition.

 

Ils étaient accompagnés de golems de chair. Pas de doute, ces créatures avaient été envoyées pour les retrouver. Le cœur de Feustein se serra. L’ennemi était déjà sur leurs talons. Il fit un geste à ses compagnons, et tous se mirent en position. Le combat était inévitable. Un des démons s’avança, brandissant une épée corrodée, tandis qu’un golem de chair se mettait en mouvement. Feustein fit signe à ses hommes de frapper. Les épées sifflèrent dans l’air et les premiers démons tombèrent, tranchés net. Mais alors qu'ils se battaient, un cri perça l’air, un soldat pris dans un étau entre deux golems risquait d’être submergé.

 

L’un de ses hommes, un artilleur, s’élança pour lui venir en aide. Il prit son mousquet, un bruit sec de détonation fendant l’air. La balle toucha un golem en pleine tête, mais le son du coup de feu, assourdissant dans la forêt, a peut-être dû alerter d'autres patrouilles.

 

Feustein, voyant la menace grandir, fit un signe à ses compagnons de vite les achever. Il se lança dans la mêlée, tranchant les démons avec une maîtrise infaillible. Puis finalement, le dernier golem s’effondra, mais un bruit lointain fit frémir tout le groupe. Un grondement, lourd et menaçant, résonna dans les airs, comme un présage. Tous levèrent les yeux. Une brume glacée s’éleva dans la forêt, enveloppant le groupe d’un froid soudain. Un souffle glacial balaya les feuilles mortes. Feustein comprit instantanément que ce n'était pas la fin de leur malheur.

 

Et soudain, il le vit. Au-delà des arbres, au sommet d’une colline proche. À travers la brume froide, une silhouette massive émergea, un dragon de glace, qui se dressa devant eux, immense et imposant. Ses yeux, d’un bleu glacial, fixaient Feustein avec une intensité presque surnaturelle. Il s’éleva lentement dans les airs, ses ailes immenses déployées, créant une bourrasque glacée qui souffla la brume tout autour de lui. Finalement, le dragon se posa lourdement sur le sol, la glace se fissurant sous son poids, ses ailes se repliant derrière lui. Le dragon s’avançait lentement vers le groupe. Immense, majestueux et terrifiant, son corps était couvert d’écailles bleues pâles, le sol trembla légèrement sous le poids de ses pas. La situation était tendue. Tous avaient la main crispée sur le manche de leurs armes. Une panique s’était emparée, tous se souvenaient du dragon difforme, celui entrevu dans les cieux lors de leur traversée en mer, créature tordue et cauchemardesque qui avait survolé les flots et détruit un navire. Mais quelque chose clochait. Celui-ci… était différent, il ne semblait avoir aucune intention hostile. Pas de difformité. Pas de corruption. Ce dragon-là était majestueux, droit, presque noble dans sa manière de se mouvoir. Son regard glacé n’était pas empli de rage ou de haine, mais d’un calme.

 

« Ne tirez pas… » murmura Feustein, élevant la main.

 

Ses hommes se figèrent, incertains. Le dragon s’arrêta à quelques mètres et, contre toute attente… il parla. Sa voix résonna comme un écho profond.

 

- Qu'est-ce que… vous faites ici ? Vous n'êtes pas d’ici. Je le sens.

 

Feustein s’avança prudemment, gardant la main près de son arme.

 

- Je me nomme Feustein. Moi et mes hommes sommes venus depuis Freiwald. Cette île… elle est en proie à des choses que nous ne comprenons pas. Des hommes disparaissent. Des démons ont débarqué sur cette île.

 

- Vous n’êtes pas comme eux. Aucun d’eux n’a jamais quitté cette île. Vous… vous venez d’ailleurs.

 

Il semblait confus. Un mélange de surprise et de méfiance flottait dans ses propos. Feustein garda le silence, observant la créature avec attention.

 

- Je me nomme Baldreth.

 

Il ne dit rien de plus. Pas de grands titres, pas de récits flamboyants. Il se nommait, simplement. Puis baissa lentement la tête, posant son regard sur l’homme qui lui faisait face.

 

- Quelque chose de terrible s’est réveillé ici.

 

- Tu parles de ce seigneur démoniaque et de son armée… Celui qui a pris cette île ?

 

Baldreth baissa les yeux, presque avec mélancolie.

 

- Il est venu d’ailleurs. D’un plan de l’existence où le chaos règne en maître. Il est apparu à travers un portail, celui situé à l’intérieur de la forteresse. Une faille ouverte par l’avidité. Il a vu en cette île un point stratégique, avec toutes ces vies humaines, et il a compris qu’il pouvait en tirer profit. Il ne cherche rien de particulier. Il veut juste dominer, dévorer, asservir. Par pure avidité. Et ses troupes ont suivi.

 

- Pourquoi Isheim ? Cette île était sans importance…

 

- Parce qu’elle était vulnérable. Isolée du reste du monde. Facile à frapper. Il l’a vue comme une porte d’entrée. Alors, il est apparu devant le souverain d’Isheim. Il lui a promis la gloire, la richesse éternelle, s’il acceptait de livrer son peuple.

 

Feustein pâlit.

 

- Et il a accepté ?

 

- Oui. Il a ouvert les portes de ses propres villes aux démons. Il a empoisonné ses gardes, trahi les siens. Alors les hordes se sont déversées. Elles ont massacré les citoyens pour être transformés en golems de chair animés par la magie noire. Ceux qui n’ont pas été tués ont été enfermés.

 

La colère se ressentait dans la voix du dragon.

 

- Le seigneur démoniaque ne s’est pas arrêté là. Il s’est tourné vers nous, les deux dragons de cette île. Il a tenté de nous séduire, de nous corrompre. Velmorth, mon frère de feu. Lui… il a cédé. Il a reçu une part du pouvoir du démon, une mutation qui l’a transformé en un monstre, bien plus fort, mais corrompu par les ténèbres. Moi, j’ai refusé. J’ai résisté. Alors Velmorth, sous l’emprise de cette chose, a tenté de me tuer. Il m’a gravement blessé, mais j’ai réussi à fuir.

 

- Depuis, le seigneur démoniaque a établi son camp dans la forteresse où il rassembla ses troupes. Il garde les humains prisonniers, les donne en pâture à ses sbires. Mais il viendra un moment où cela ne suffira plus. Je le sais. Il ne s’arrêtera pas à cette île. Il lorgne déjà le continent. Il veut étendre son influence, grossir son armée à l’aide de nécromancie et semer la terreur.

 

- Tous les navires ont été amenés à Givreval, la ville est située non loin de la forteresse. C’est là que se trouve Velmorth en temps normal, il défend désormais la ville pour empêcher quiconque de fuir ou de débarquer. Le démon veut que cette île reste coupée du reste du monde, jusqu’à ce qu’il soit prêt à la quitter, lui et son armée.

 

Feustein serra les poings. L’horreur de ce qu’il venait d’entendre le prenait à la gorge.

 

 

– Chapitre 5 – Le ciel et la mer en guerre

 

Divulgacher

Dans la forêt enneigée, sombre et silencieuse. Feustein, encore secoué par les révélations du dragon de glace, marchait lentement. Baldreth le suivait à distance.

 

Feustein finit par prendre la parole. « Il faut qu’on l’arrête, me rejoindras-tu ? »

 

- Oui. Seul, je ne peux vaincre Velmorth et le seigneur démoniaque à la fois. Mais ensemble, nous avons une chance. Nous pouvons faire pencher la balance.

 

- Alors nous allons nous battre. Il nous faut l’arrêter, lui et son armée, mais il reste aussi de nombreuses personnes à sauver.

 

Baldreth acquiesça.

 

 - Alors l’alliance est scellée. Pas pour une bataille immédiate, mais pour préparer la riposte. Il nous faudra rassembler et planifier.

 

Feustein hocha la tête.

 

- Il faut faire vite. Hier, j’ai affronté Velmorth. Il est reparti blessé. Et il est allé tout raconter au seigneur démoniaque. Je n’ai aucun doute là-dessus. C’est pour cette raison que les troupes ennemies se sont éparpillées sur toute l’île. Il sait que je suis ici et il cherche à m’éliminer avant que je puisse agir. Je dois retourner à Blizbourg. Deux de mes navires y sont amarrés. Avec eux, je pourrai planifier mes prochains mouvements.

 

Baldreth redressa la tête.

 

- Alors, nous nous retrouverons là-bas. Je survolerai les cieux à distance pour ne pas attirer l’attention. Va, humain. Et que le givre te protège.

 

Feustein et ses hommes étaient désormais plus déterminés que jamais. Une alliance impensable venait de naître. Tandis que le dragon s’élançait dans les airs, disparaissant entre les nuages, Feustein et sa troupe se mirent en marche vers Blizbourg.

 

Quelques heures plus tard, alors que le soleil commençait à se coucher et qu'ils marchaient à vive allure à travers les dernières collines boisées, le groupe aperçut la ville de Blizbourg. Ils arrivèrent en ville. Celle-ci semblait toujours silencieuse, mais à peine ils eurent le temps de poser les pieds sur les quais qu’un marin les repéra et courut à leur rencontre.

 

- Amiral ! Vous voilà enfin !

 

Feustein lui posa une main sur l’épaule. « S'est-il passé quelque chose en mon absence ? »

 

- Une trentaine d’ennemis nous ont attaqué, monsieur. Une patrouille démoniaque… Nous avions l’avantage et les avons repoussés en les gardant à distance. Nous avons sept blessés dont deux graves. Par chance, nous n'avons aucun mort à déplorer. On attendait votre retour.

 

Feustein avança sur le vieux quai, saluant les visages familiers qui l’accueillaient avec un mélange de soulagement et de fierté. Le FRN Sherwood et le FRN Chancelier, ses deux navires de guerre, flottaient toujours. Les réparations des deux navires avaient bien avancé en son absence. Non loin d’ici se trouvait un monticule des dépouilles de démons et de golems que les soldats ont abattus plus tôt. Il grimpa à bord du FRN Sherwood et convoqua ses officiers dans la salle de commandement. Là, après avoir raconté tout ce qu’il a vu sur Isheim, il traça sur une carte grossière de l’île son plan avec assurance.

 

- Écoutez-moi bien. Nous, le temps joue contre nous. Un seigneur démoniaque a débarqué sur cette île avec son armée il y a de cela un moment, ils ont abattu des citoyens et fait prisonniers les autres, ils savent que nous sommes sur cette île. Le seigneur démoniaque a envoyé ses troupes pour nous retrouver. Tôt ou tard, il sera que nous sommes au port de Blizbourg.

 

- Nous n’allons pas nous enfuir, nous allons le combattre, détruire son armée et libérer ses prisonniers. Pour que cela fonctionne, nous allons l’obliger à se regrouper, lui et son armée, là où nous le souhaitons.

 

Tous les regards étaient braqués sur lui. Feustein pointa la baie de Givreval du doigt.

 

- C’est là que nous frapperons. Tous les navires de l’île destinés à transporter les troupes du seigneur démoniaque s’y trouvent, entassés comme du bois sec. Nous allons les brûler.

 

Un murmure d’incrédulité traversa la pièce, mais il enchaîna sans hésiter.

 

- Ce geste forcera le seigneur démoniaque à réagir. Il ne peut pas se permettre de perdre sa flotte. Il en aura besoin pour se rendre sur le continent, alors il enverra ses troupes en urgence pour éteindre l’incendie. Une fois ses troupes rassemblées là-bas, nos deux navires bombarderont la baie depuis la mer. Nous détruirons autant de ses forces que possible.

 

Il ajouta ensuite.

 

- Baldreth, le dragon, se tiendra dans les cieux. Il interceptera Velmorth s’il se montre.

 

À ce moment précis, un grondement sourd fit vibrer les coques. Une ombre traversa les cieux. Tous se précipitèrent sur le pont. Là, dans le ciel, Baldreth fit son apparition, ses ailes projetant un souffle glacé à chaque battement. Il descendit en spirale, se posant en douceur sur un quai.

 

« Quand on parle du loup ! » S’exclama Feustein qui le rejoignit, les officiers sur ses talons. Le dragon inclina la tête, et l’amiral lui transmit les grandes lignes du plan. Baldreth, impassible, écouta, puis déclara.

 

- Tu penses comme un stratège. Ce plan, aussi risqué soit-il, frappe là où ça fait mal. Je me tiendrai prêt. Velmorth ne touchera pas à vos navires, j’y veillerai.

 

Le silence qui suivit fut chargé d’une tension presque palpable. Feustein retourna vers ses hommes et leur dit.

 

-Des questions ?

 

Un capitaine se gratta la barbe et lui répondit.

 

- Quand est-ce qu’on commence ?

 

Un sourire traversa brièvement le visage de Feustein.

 

- Dès demain à l’aube.

 

Le plan étant désormais établi, Feustein prit une longue inspiration. Le vent s’était levé et les premières ombres de la nuit commençaient à s’étirer sur Blizbourg. Les lanternes s’allumaient une à une.

 

- Il se fait tard. Nous avons besoin de la lumière du jour, de vents favorables et de navires en état de combattre. Cette nuit, nous allons finir les réparations. Les mâts et voiles ne seront peut-être pas en parfait état, mais ils tiendront. Il faut que ces bâtiments flottent et tirent, c’est tout ce qu’on leur demande.

 

Puis, Feustein désigna l’un de ses officiers.

 

- Toi, rassemble tes hommes et fais vider les entrepôts. Je veux tous les canons possibles sur le pont. Poudre noire, boulets, tout ce qui peut faire du dégât. On ne sait pas combien de temps nous aurons et nos ennemis se comptent par centaines. Alors mieux vaut être prêts à tout.

 

Il se retourna vers la ville. Blizbourg semblait paisible, mais Feustein savait que cette paix était illusoire. Le seigneur démoniaque finirait par apprendre leur présence ici si ce n’était pas déjà fait.

 

- Des éclaireurs ont sans doute vu notre arrivée. Les démons ne resteront pas longtemps sans réagir. Il est probable qu’ils envoient des troupes pour nous attaquer, voire saboter nos navires.

 

Il leva alors le bras, désignant l’horizon marin.

 

- Nous ne resterons pas ici cette nuit. Trop risqué. Dès que les réparations seront terminées et les cales remplies, nous quitterons le port pour mouiller plus loin, au large.

 

Les officiers acquiescèrent sans discuter. Chacun connaissait la nature perfide de l’ennemi, les démons ne frappaient jamais de front quand ils pouvaient frapper dans le noir. Baldreth, qui s’était jusqu’alors tenu à l’écart, s’approcha. Il baissa lentement la tête vers Feustein.

 

- Ils rôdent peut-être déjà autour de nous. Alors il me faut de l’altitude et de l’espace. Je surveillerai vos navires depuis les nuages. Si quelque chose approche, je le verrai.

 

La nuit s’épaissit. Tandis que les ordres étaient exécutés, les hommes couraient dans tous les sens, travaillant sans relâche. Feustein observait ses troupes. Ils étaient déterminés. Après des réparations sommaires et que les deux navires ont été chargés en armes et en munitions, ils levèrent l’ancre pour mouiller plus loin, à l’abri des démons. L’équipage était prêt, les navires avaient été réparés, les cales remplies, les boulets empilés dans les râteliers, les fusils graissés et les sabres affûtés. Au large, les deux vaisseaux de guerre mouillaient désormais dans les eaux profondes. Puis tous passèrent la nuit dans la frustration en raison de la bataille à venir.

 

À l’aube, un ciel gris surplombait l’île d’Isheim. Une brume fine recouvrait encore les collines et les arbres, les eaux, dissimulant les mouvements. Feustein quitta le pont de son navire et descendit silencieusement dans une chaloupe. Dix hommes l’accompagnaient, tous triés sur le volet : vétérans aguerris, discrets comme des ombres, silencieux.

 

La petite embarcation se déplaça en direction de Givreval.

 

Le port de la ville se dessinait à l’horizon. Des silhouettes démoniaques patrouillaient sur les quais, confiantes, comme si elles ne s’attendaient à rien. Pourtant, elles gardaient là une arme capitale, la flotte de l’île, des dizaines de navires amarrés, prêts à transporter troupes et machines de guerre sur le continent. Un atout de taille que Feustein ne pouvait se permettre de laisser aux mains du démon.

 

La chaloupe accosta à l’abri d’un ancien quai, à moitié effondré. Les hommes glissèrent à terre comme des spectres. Se frayant un chemin entre les entrepôts, à travers les ruelles étroites, Feustein et ses compagnons avancèrent vers le cœur du port. Ils atteignirent enfin les premières coques. Principalement des navires de transport et même deux navires de guerre. Tous attachés en rangs serrés, flanc contre flanc. L’endroit était parfait pour semer le chaos.

 

Feustein donna un signe. Trois de ses hommes prirent des tonnelets de poix et d’huile, montèrent à bord d’un des premiers navires, qu’ils arrosèrent discrètement dans la cale et le pont. Les mèches furent posées, prêtes à l’embrasement. Il ne restait plus qu’à attendre le bon moment. Ils passèrent furtivement d’un navire à l’autre et firent la même chose. L’un des gardes démoniaques, s’approchant trop près, trébucha sur un tonnelet vide laissé par les hommes de Feustein. Il eut à peine le temps de grogner qu’un sabre se ficha dans sa gorge. Son corps s’effondra dans un bruit sourd. Mais le mal était fait. Un cri retentit. D’autres gardes accoururent, leurs visages déformés par la surprise et la rage.

 

« Allumez-les ! » hurla Feustein, tirant son épée de son fourreau.

 

Les mèches s’embrasèrent d’un feu vif et rapide. En quelques instants, les premières flammes grimpèrent le long des cordages goudronnés. Le bois sec prit feu si rapidement. Les combats éclatèrent dans le port. Feustein, en tête, contenait les assauts des soldats démoniaques, tranchant dans leurs chairs avec précision. À ses côtés, ses hommes tenaient la ligne. Alors que les flammes dévoraient les navires, une odeur âcre de fumée et de chair brûlée emplit l’air. Feustein ordonna à ses hommes de s’éloigner du brasier. Les combats se poursuivirent au milieu du port. Les démons étaient divisés en petites patrouilles dans le port et arrivaient lentement et progressivement sur le groupe qui parvenait à repousser l’ennemi qui arrivait en petit nombre. Après plusieurs minutes de combat, Feustein leva soudain les yeux.

 

De l’autre côté de la ville, une silhouette terrifiante apparut. Une armée. Des centaines de créatures difformes, armées de lames impies, marchaient en cadence vers le port. Le sol vibrait sous leur pas. Feustein comprit qu’il n’avait plus une seconde à perdre. Il tira de sa ceinture une corne de brume, qu’il porta à ses lèvres. Le son grave de l’appel résonna dans toute la baie. Le signal était donné.

 

À peine le son de la corne de brume s’était-il dissipé que l’horizon maritime sembla s’animer. Les voiles blanches des deux vaisseaux de guerre surgirent au-delà de la brume. Le FRN Sherwood et le FRN Chancelier avançaient à vive allure, leurs coques fendant les eaux. Les canons, déjà chargés et braqués, dépassaient des sabords. À leur bord, les canonniers attendaient, tendus, l’ordre de tirer, et il ne tarda pas.

 

- Feu à volonté ! hurla le maître artilleur.

 

Le rugissement des pièces d’artillerie secoua l’air dans un vacarme assourdissant. Des salves de boulets s’abattirent sur les rangs de l’armée démoniaque, transformant les premières lignes en un amas de chair noire et de charpie. Les explosions s’enchaînaient, détruisant les bâtiments, écrasant les créatures dans une pluie de débris. Des cris bestiaux résonnaient entre les murs de Givreval.

 

Mais la riposte ne se fit pas attendre. Un rugissement, surnaturel, fendit les cieux. Des nuages s’écartèrent soudainement dans un fracas d’éclairs noirs, et une créature monstrueuse surgit des hauteurs. C’était Velmorth. Il fonça vers les navires, gueule grande ouverte, prêt à déchaîner sa furie. Mais un autre rugissement éclata depuis les hauteurs de la ville.

 

Baldreth, le dragon de glace, surgit à son tour des cieux, ailes déployées. Il piqua droit vers son ancien frère d’arme et, dans un choc titanesque, les deux dragons s’écrasèrent l’un contre l’autre, secouant l’air d’un grondement. Leurs griffes s’entrechoquèrent, les crocs claquèrent, et une pluie de givre et de feu s’abattit dans les cieux. Pendant ce temps, Feustein et ses hommes profitaient de la confusion pour se replier.

 

- Par ici ! Quittons cet endroit au plus vite, si on ne veut pas finir tués par nos propres canons ! cria-t-il, repoussant un démon à l’aide de sa lame maintenant noircie par le sang.

 

Ils couraient à travers les ruelles délabrées, poursuivis par des hordes désorganisées mais toujours nombreuses. Des groupes de démons émergeaient des ombres, mais l’escouade de Feustein tenait bon, leur formation serrée fendait l’ennemi avec efficacité. Les flammes des navires brûlaient encore derrière eux. Le sol tremblait sous les bombardements et les coups des dragons qui s’entre-déchiraient au-dessus de la ville. Les cris se mêlaient aux ordres, aux rugissements et au tonnerre des canons. À travers les flammes et la fumée, Feustein savait que chaque minute comptait. Que ce chaos n’était qu’un prélude à un affrontement plus important. Il savait aussi que Velmorth finirait par se libérer… ou par tomber, et que le seigneur démoniaque arriverait bientôt. Lui et ses hommes sont déjà prêts pour l’affrontement.

 

 

– Chapitre 6 – Face au seigneur démoniaque

 

Divulgacher

Le tumulte de la bataille qui s’était abattu sur Givreval faisait rage depuis un moment. Les bâtiments éventrés, les rues en flammes et les cris des démons montraient la violence des combats. Le sol était jonché de cadavres, de débris fumants, parsemé de membres déchirés, de cuirasses broyées. Le plus gros des troupes ennemies, concentrées au centre de la ville, était littéralement pulvérisé sous les salves continues des deux navires de guerre. Chaque tir transformant les pavés et murs en éclats mortels déchiquette les démons.

 

Depuis les proues des navires, les canonniers hurlaient leurs ordres et rechargeaient frénétiquement les batteries. La fumée noire des canons se mêlait à celle des incendies de la ville, obscurcissant le ciel. Mais cela n’entravait en rien leur cadence de tir, la rage les guidait, unies dans une même volonté. Feustein, quant à lui, était en première ligne, sabre à la main, entouré de ses plus fidèles compagnons.

 

- Tenez la ligne ! cria-t-il en transperçant un démon.

 

À ses côtés, les soldats combattaient avec acharnement. Leurs armes lacérèrent les démons, leurs épées s’enfonçaient dans la chair de leurs ennemis. Mais le combat n’avait pas lieu qu’au sol. Au-dessus d’eux, dans un ciel de nuages et de fumée, deux silhouettes s’affrontaient dans un duel dantesque. Velmorth et Baldreth. Les deux dragons s’affrontaient toujours dans les cieux. Velmorth, défiguré par la corruption démoniaque, crachait un feu. Ses ailes, battues par les vents, provoquaient des tourbillons de cendres. En réponse, Baldreth tournoyait avec une agilité, libérant des rafales de givre si puissantes qu’elles gelaient les bâtiments en ruines sous lui. Chaque coup de griffes, chaque impact d’ailes, provoquait un souffle si fort qu’il arrachait les tuiles des toitures et brisait les vitres à proximité.

 

Feustein leva un instant les yeux, essuyant son front couvert de suie. Il vit Baldreth tourner en piqué. Il heurta Velmorth de plein fouet, projetant ce dernier contre la façade d’un ancien entrepôt qui s’effondra dans un nuage de gravats. Mais Velmorth se releva aussitôt, rugissant de rage, ses yeux rougeoyants braqués sur son adversaire. Il replongea dans le combat avec la force d’un ouragan.

 

- On dirait que le ciel va nous tomber sur la tête, les cieux sont devenus un véritable champ de bataille, murmura un des hommes de Feustein, le souffle court.

 

- Et nous, ajouta Feustein sans cesser de tailler à travers les démons, le sol est le nôtre. On ne recule pas !

 

La détermination galvanisa ses troupes. D’un élan, ils repoussèrent une nouvelle vague d’ennemis, exploitant les ouvertures laissées par les bombardements navals. Les canons des deux vaisseaux continuaient de tonner, creusant des cratères dans les rangs adverses. Des golems de chair et des démons s’effondraient sous les impacts, certains en feu, d’autres disloqués par la force pure des projectiles. La bataille semblait basculer, mais tous le savaient, ce n’était pas encore la fin. L’armée ennemie était nombreuse. Et tant que leur chef, le seigneur démoniaque, n’aurait pas été vaincu, le fléau d’Isheim ne serait pas éradiqué.

 

Après quelques minutes, le rugissement des canons faisait toujours rage, c’était un vacarme comme on n’en avait jamais entendu sur l’île d’Isheim. Le port de Givreval était peu à peu réduit en cendres. Le ciel, noirci par la fumée et les cendres, vibrait sous la fureur de la bataille de Baldreth et Velmorth. Baldreth, malgré ses blessures, résistait avec une détermination sans égal. Il évitait les assauts les plus brutaux avec une précision saisissante, contre-attaquant avec des gerbes de givre.

 

Le ciel était devenu leur arène. Puis, dans un ultime rugissement, Baldreth déploya ses ailes, s’éleva dans un tourbillon de glace et plongea avec toute la force qu’il lui restait. Il transperça Velmorth de ses crocs acérés. Le dragon corrompu tenta de résister, mais ses ailes déchirées ne purent plus le soutenir. Il s’écrasa dans les ruines d’un bâtiment en flammes, son corps pulvérisé sous l’impact. Un souffle silencieux s’échappa de sa gueule avant que sa carcasse ne s’immobilise définitivement. Mais la victoire fut de courte durée.

 

À l’instant même où Velmorth s’effondra, le seigneur démoniaque fit son apparition. Il était plus grand et fort que ses congénères. Il portait une lourde armure sombre, ses yeux brûlaient d’une haine, et dans sa main, il tenait une masse d’obsidienne. Sa voix résonna dans l’air, grave et distordue.

 

- Assez joué !

 

Baldreth, essoufflé, en sang, leva la tête vers cette nouvelle menace. Sans attendre, motivé par le devoir et la rage, il s’éleva de nouveau, se déplaçant dans l’air pour se jeter finalement sur cette entité responsable de tant de souffrances. Mais le seigneur démoniaque leva son bras, et une lumière fulgurante l’enveloppa. En un instant, un éclair d'une forte intensité jaillit du ciel et frappa Baldreth de plein fouet. Le cri du dragon se perdit dans le vacarme du tonnerre. Son corps fut traversé par la foudre, son vol se brisa net. Dans une gerbe d’étincelles et un hurlement déchirant, Baldreth s’écrasa lourdement dans un bâtiment, soulevant un nuage de poussière et de débris. La terre trembla sous son poids et un silence s’installa autour du cratère provoqué par sa chute. Feustein, encore engagé dans les combats au sol, s’arrêta un bref instant, le regard figé.

 

- Baldreth !

 

Feustein sentit son souffle se suspendre. Le dragon de glace gisait, inerte. Le choc avait été brutal, et si Baldreth vivait encore, il ne serait pas en état de se relever avant un long moment. Le seigneur démoniaque utilisa son pouvoir pour faire un immense bond et atterrir lourdement non loin de Feustein et de ses compagnons, qui se situaient dans une ruelle en ruine. Des arcs électriques dansaient autour du seigneur démoniaque. Il n’avait pas besoin de parler pour imposer sa supériorité, tout en lui n’était que menace. Mais Feustein ne fléchit pas. Il ajusta la bandoulière de son mousquet sur l’épaule, visa sans trembler et pressa la détente. Le coup partit et la balle siffla dans l’air avant de frapper le torse du démon. L’impact fit reculer brièvement la créature, mais à peine.

 

En réponse, le seigneur étendit le bras. Un cercle d’énergie noire se forma dans sa paume, puis une gerbe de feu verdâtre jaillit, obligeant Feustein à bondir sur le côté. Une explosion pulvérisa les dalles là où il se tenait un instant plus tôt. D'autres projectiles magiques suivirent. Feustein courut à travers des ruines, franchissant une porte éventrée, il se glissa à l'intérieur d'un bâtiment effondré. Le plancher carbonisé craquait sous ses pas. Il savait qu’il n’avait aucune chance en terrain ouvert. Il devait rapprocher le combat, forcer l’ennemi à le suivre dans un endroit confiné, briser l’avantage de sa magie.

 

Et cela fonctionna. Le seigneur démoniaque entra lentement dans l’édifice, ployant à peine la tête pour passer l’encadrement de la porte. Feustein dégaina son épée. Le seigneur démoniaque fit tournoyer sa masse, ils se ruèrent l’un sur l’autre.

 

L’affrontement fut brutal. Feustein esquiva un premier coup, répliqua d’un revers, dévia une attaque, recula pour éviter une fente. Le démon frappait avec une puissance surhumaine, un coup de sa masse brisa une poutre, envoyant des éclats de bois voler comme des flèches. Mais Feustein esquivait chacun des coups de son assaillant et se battait avec une précision Il frappait vite, visait les articulations, cherchait la faille. Les armes s’entrechoquèrent dans un éclair d’étincelles. L’un comme l’autre refusait de céder du terrain. Feustein fut projeté contre un mur. Il se releva aussitôt, essoufflé, et fonça de nouveau, feintant à droite pour frapper à gauche. La lame se planta dans la chair du démon. Un liquide noirâtre jaillit, mais il ne poussa aucun cri et redoubla de violence.

 

Les forces de Feustein déclinaient alors que son adversaire ne semblait jamais se fatiguer, sa masse sifflait dans l’air avec une rapidité effrayante, et chacun de ses coups faisait trembler les fondations de la bâtisse. Dehors, la guerre grondait toujours. Il fallait trouver une faille. Vite. Alors que le démon se préparait à un nouvel assaut, Feustein recula lentement jusqu’à une cloison en pierre décrépie. Il laissa volontairement tomber un genou à terre, haletant, l’air défait. Sa lame pendait dans sa main, comme s’il n’avait plus la force de la lever. Son regard fixait l’ennemi.

 

Le seigneur démoniaque, croyant tenir sa victoire, poussa un grondement de triomphe. Il leva sa masse noire au-dessus de sa tête, s’élança et abattit sa masse avec une puissance titanesque, bien décidé à réduire Feustein en charpie. Mais il n’était pas encore vaincu. En un éclair, il se jeta de côté au dernier instant. La masse démoniaque frappa le mur derrière lui de plein fouet, détruisit la pierre déjà fissurée. Un amas de poussière et de gravats jaillit alors que la structure, affaiblie, ne résistait pas à la violence du choc. Dans un grondement sourd, les murs tremblèrent. Une poutre maîtresse craqua, puis une seconde. Le plafond se déroba.

 

Une pluie de pierres, de bois et de cendres s’abattit sur le seigneur démoniaque, qui tenta en vain de se dégager. Un pan entier du bâtiment s’effondra sur lui dans un vacarme, l’écrasant. Feustein évita l’effondrement, les bras couvrant son visage. Il toussa, recouvert de poussière, mais vivant. Le démon, lui, ne l'était peut-être pas. Ou du moins… plus tout à fait. Sous les décombres, un cri s’échappa, suivi d’un grincement sourd. Feustein se redressa lentement. Le monstre n’était pas mort, mais il avait été grièvement blessé. Sa masse était brisée et il se dégagea des gravats pour se relever.

 

Feustein s’approcha, l'épée à la main, il s’élança parmi les gravats et le duel reprit. Cette fois avec un net avantage pour Feustein. Malgré sa fatigue, il était prêt à en finir pour de bon, chaque coup porté étant destiné à épuiser davantage son adversaire. Lame contre griffe, l’affrontement devint une danse brutale au milieu des ruines. Le seigneur démoniaque, acculé, luttait avec férocité, libérant encore quelques éclairs crépitants de magie noire, mais ses sorts perdaient de leur vigueur.

 

Dans un ultime assaut, Feustein para un coup maladroit et, d’un mouvement vif, transperça le torse du monstre. Un hurlement s’éleva alors. Le corps de la créature s’agita une dernière fois, puis s’effondra. Le seigneur démoniaque était vaincu. Feustein chancela un instant, le souffle court, le bras tremblant. Mais il n’eut pas le temps de savourer sa victoire. Les cris de guerre retentissaient encore dans les rues. La bataille faisait toujours rage. Partout dans le port de la ville, les démons restants se battaient avec une hargne désespérée, refusant de céder le moindre pouce de terrain. Le port était un véritable champ de ruines. Mais alors qu’il pensait devoir se battre encore longtemps, un rugissement familier retentit dans le ciel.

 

Baldreth. Le dragon de glace, dont le corps semblait brisé plus tôt, s’éleva à nouveau dans les cieux. Son corps portait les stigmates du combat contre Velmorth, des écailles arrachées, une aile à demi repliée. Mais dans un souffle glacial, il plongea sur les lignes ennemies. Sa gueule s’ouvrit et un torrent de givre déferla sur les rangs démoniaques. Les monstres, pris au dépourvu, furent figés sur place, transpercés par la morsure du froid. Les plus résistants furent balayés par ses griffes ou projetés contre les murs, réduits en morceaux. Dans les rues, les hommes de Feustein, galvanisés par ce retour inespéré, redoublèrent d’ardeur et achevèrent les derniers ennemis. Le dragon tournoyait dans les airs, déchaîné, pulvérisant les survivants dans une explosion de glace et de fureur.

 

Au loin, les navires de Feustein continuaient leur bombardement, envoyant salves après salves sur le port en flammes. Les canons rugissaient encore, détruisant les dernières lignes de défense démoniaques, écrasant les réserves ennemies. L’armée démoniaque n’était plus qu’un souvenir. Feustein observa la scène, appuyé sur son épée. Il comprit alors que la bataille était enfin gagnée.

 

Finalement, après un long combat, le silence retomba sur Givreval. Le port, jadis empli de hordes ennemies, n’était plus qu’un vaste champ de ruines fumantes. L’intégralité des démons avait été éradiquée. Leurs corps jonchaient les pavés, certains encore gelés par la rage glaciale de Baldreth, d’autres disloqués par les bombardements ou fauchés par les lames des hommes de Feustein.

 

Mais la guerre n’était pas encore totalement achevée. Feustein, le visage couvert de poussières, se tourna vers Baldreth, qui venait de se poser au sol. Le dragon, bien que visiblement affaibli, conservait encore assez d’énergie pour continuer à se battre.

 

- Nous devons terminer ce que nous avons commencé, dit Feustein d’une voix essoufflée. La forteresse… Il reste des prisonniers. Et des démons.

 

Baldreth acquiesça d’un mouvement de la tête. Sans attendre, l’amiral rassembla ses hommes survivants. Éreintés mais résolus, ils se mirent en route, marchant aux côtés du dragon en direction de la forteresse d’Isheim, encore enveloppée d’un épais voile de fumée. Le trajet fut rapide. Le vent portait encore l’odeur du sang et de la cendre. Arrivés devant les imposantes murailles de la forteresse, Feustein leva son sabre.

 

- Pas de pitié. Libérez les prisonniers. Tuez tout démon qui se dresse encore.

 

D’un coup, les portes furent franchies. Les combats reprirent brièvement. Il ne restait qu’une faible garnison démoniaque entre ces murs. Quelques groupes de créatures infernales tentaient encore de résister. Mais face à la fureur vengeresse des hommes et au souffle glacé de Baldreth, leur sort fut scellé. L’intérieur de la forteresse était un véritable cauchemar. Des cellules par dizaines, sombres et puantes, renfermaient les survivants d’Isheim. Hommes, femmes, enfants, affamés, terrorisés.

 

- C’est terminé. Vous êtes libres.

 

Peu à peu, les portes des cellules s’ouvrirent, et les cris de douleur laissèrent place aux larmes de soulagement. Les hommes de Feustein aidèrent les plus faibles à marcher, apportèrent de l’eau, des couvertures. Lorsque la dernière cellule fut ouverte, Feustein gravit les marches de la tour principale et contempla l’horizon. Baldreth le rejoignit, se tenant à ses côtés, silencieux.

 

- C’est fini, dit Feustein.

 

Les jours passèrent. Sur les terres d’Isheim. Le portail de la forteresse fut détruit. La vie reprenait lentement son cours, fragile mais tenace. Les flammes avaient cessé de danser sur les toits, remplacées par les outils des ouvriers et les voix rassurantes des survivants qui tentaient, par petits gestes, de reconstruire ce qui avait été perdu. Feustein supervisait les derniers préparatifs depuis le quai de Blizbourg, le regard posé sur l’horizon. Les deux navires, bien qu’endommagés par la bataille, avaient été réparés grâce à l’ingéniosité et à la volonté farouche de ses hommes. Les voiles battant au vent, les ponts nettoyés de la cendre, ils étaient à nouveau prêts à affronter la mer.

 

Dans les rues du port, les anciens captifs réapprenaient à vivre. Certains revenaient dans leur maison, d'autres pleuraient leurs morts en silence. Leurs regards s’étaient tournés vers Feustein avec respect et reconnaissance. Pour eux, il n’était pas seulement un officier… mais un libérateur. Baldreth se tenait non loin, en lisière de la ville. Les habitants l’observaient avec une fascination mêlée de crainte et d’admiration. Le dragon, fidèle à sa nature, restait à distance, évitant la foule, mais son regard veillait sur eux avec une étrange douceur. Feustein quitta le quai un instant pour rejoindre son allié.

 

- Il est temps, dit Feustein, levant les yeux vers Baldreth. Le peuple d’Isheim est libre. Ma mission ici est terminée.

 

Le dragon baissa lentement la tête.

 

- Tu as fait preuve de courage. Peu d’humains auraient osé affronter une telle noirceur. Tu as sauvé de nombreuses vies et débarrassé ce lieu d’un fléau.

 

Feustein esquissa un sourire.

 

- Tu m’as aidé. Sans toi, tout cela aurait été impossible. Merci.

 

Baldreth souffla doucement, un nuage glacé s’échappant de ses naseaux.

 

- Un lien s’est forgé entre nous. Si un jour tu fais de nouveau face à l’obscurité… je viendrai.

 

Feustein salua Baldreth avec solennité, rendant hommage à son frère d’armes. Quelques heures plus tard, alors que le soleil perçait les derniers nuages au-dessus de la mer, les navires quittèrent le port de Blizbourg, fendillant les eaux calmes en direction du continent. Feustein, debout à la poupe, contempla une dernière fois les rivages d’Isheim. L’île, autrefois brisée, se redressait. Une page se tournait. Le vent gonfla les voiles, et l’aventure reprit son cours, emportant avec elle les cicatrices du passé.

 

Fin.

 

 

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Afin de conclure ma candidature, je tiens à remercier l’ensemble de la communauté du serveur Minefield. Une communauté toujours déterminée, sans laquelle rien de tout cela n’existerait.

 

Je remercie tout particulièrement les membres de la communauté de Freiwald, qui m’ont accueilli à bras ouverts alors que je venais tout juste de poser le pied sur le serveur. Grâce à vous, j’ai vécu des moments exceptionnels. Travailler à vos côtés sur les projets de la Sphère Freiwaldi a toujours été un véritable plaisir. Les amis. Vous êtes tout simplement génialissimes. Ne changez rien.

 

Je souhaite également saluer la communauté de la garde volontaire, qui m’a récemment accepté dans ses rangs. C’est un honneur de faire partie de cette équipe et un vrai plaisir de m’y investir.

 

Enfin, je remercie tous les autres joueurs que j’ai pu croiser sur le serveur, des travaux sur des projets, des évents ou de simples échanges. Chaque rencontre, même brève, a toujours été excellente. Merci à chacun d’entre vous.

 

Merci à tous de m’avoir lu, merci de continuer à faire vivre ce serveur avec autant de passion.

 

Cordialement.

 

Feustein

Modifié par Feustein
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Bonjour,

 

Feustein est quelqu'un que je connais depuis maintenant 7 ans sur le serveur, j'ai fait sa rencontre alors qu'il était parrainé par DarkHoshin dans le cadre de l'ANA. Depuis cette période et à la suite de différentes réalisations de Feustein en Banlieue mais aussi au cours d'event, ce dernier a rejoins les rangs de Freiwald, qui était à l'époque sous les coups de feu verbaux de différentes communautés (le gars avait déjà à l'époque pas mal de cran :p ).


Feustein c'est rapidement révélé être quelqu'un d'appliqué dans ses créations, de créatif, mais surtout de sympathique et plein d'humour.

Ces traits sont toujours présents dans le Feustein de 2025, celui qui vient aujourd'hui présenter sa candidature chevalière.


Feustein est donc investit dans la vie de premier plan du serveur via ses actions sur Freiwald, sur Nydria, sur Honéor, sur Enirispel et sa participation à de nombreux events communautaires. A tel point qu'il est co-dirigeant de projet (aka Freiwald), dans le titre et dans les faits. 

Il est le grand architecte du plus grand projet de musée que le serveur connaisse actuellement. Ce projet lui tient à cœur, et il le fait vivre pour en faire un chef d'œuvre à part entière de l'histoire du serveur, étant même prêt à contacter d'illustres anciens pour enrichir le contenu de son œuvre (je parle bien des discussions que Feustein a pu avoir avec DokMixer par exemple).


Bien que Feustein ne soit pas quelqu'un de très bruyant sur discord ou même IG (ayant un micro pas forcément bien réglé en termes de volume), il n'en reste pas moins un des plus brillants architectes silencieux du serveur, présent de jour comme de nuit, et également toujours là pour faire vivre le serveur par son activité IG (qu'il sublime par ses participations magistrales aux events et à son implication dans l'accueil des nouveaux) chose déjà soulignée par ses maintes citations en tant que joueur du moment.

 

Cependant, cette discrétion de fourmi vos mieux que des chants de cigales (surtout si la cigale raconte de belles âneries), un chevalier est "un grade de prestige" qui représente la communauté dans ses aspects les plus nobles, et dans son style Feustein représente la partie de la communauté qui préfère passer son temps à construire des réalisation majestueuses sur le serveur, plutôt que de paraître.

Sans des réalisations uniques et complètes, le serveur ne serait qu'une coquille vide, pleine de quêtes et de donjons, le serveur à besoin de personnes comme Feustein et en possède un certain nombre, déja reconnus par le grade de chevalier.

 

Feustein n'est pas impliqué en background sur le serveur et il a le mérite de ne pas se lancer maintenant dans un rôle de scribe, histoire de "faire genre que", pour ensuite délaisser ses fonctions (ou même le serveur carrément) une fois le grade acquis.

Le jour où Feustein décidera de s'investir en tant que scribe, il faudra que le pôle concerné s'accroche, car Feustein est un excellent créatif, ayant déjà réalisé de nombreuses œuvres visuelles telles que le blason de Nydria, le logo du Musée de Freiwad ou encore des skins divers et variés.


Feustein est quelqu'un qui termine ce qu'il commence, et j'espère un jour, que l'envie te viendra de participer au développement du serveur, à l'abri des regards et de la fame.

 

 

 

Feustein est à mes yeux quelqu'un qui part sa modestie et sa détermination, mérite amplement le titre de Chevalier.

Sans lui Freiwald, Honéor, Nydria et d'autres projets ne seraient pas ce qu'ils sont aujourd'hui, car c'est une personne qui fait, et qui ne bronze pas sous les projecteurs.


Si certains souhaitent lui reprocher cela, je leur conseil de lire la fable de La Fontaine "La cigale et la fourmi", car ce reproche ne constitue pas une qualité manquante, mais un atout.


Feustein est quelqu'un qui sait être sérieux et drôle quand il le faut, il représente ce que le serveur a de meilleur dans sa communauté.
C'est un honneur de compter Feustein parmi les joueurs actifs de minefield, et une fierté de le compter parmi les membres de Freiwald.

Je suis convaincu qu'il fera honneur au rang de Chevalier, et qu'il inspirera par sa nature et son respect, d'autres joueurs à se comporter comme tel.

 

Bonne soirée !

 

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Hello.

 

Je suis évidement ici pour soutenir Feustein pour sa candidature chevalière. Je ne suis certainement pas celui qui connait le mieux le personnage mais les rares fois ou j'ai eu la chance de le côtoyer, ce fut un moment de qualité. Nul besoin d'être son meilleur ami pour reconnaitre son travail titanesque, ne serait-ce qu'en terme de build et de participation aux builds, j'ai d'ailleurs bien apprécié ma visite a la forteresse de Novi que j'ai vu avancer a grands pas. 

 

Enfin bref, tout ca pour dire que la personne est clean sur tous les aspects, j'ai été très heureux qu'il se joigne aux rangs de la Garde et j'espère qu'il y fera carrière comparable a celle qu'il mène a Freiwald. 

 

Tous mes vœux de réussite pour ta candidature chevalière,

 

Suljii

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Bonjour à tous, 

 

C'est avec grand enthousiasme que j'ai décidé d'apporter mon soutien à Feustein dans sa quête de chevalierisation.

Cela fait quelques temps déjà que nous jouons ensemble sur le serveur, notamment dans le cadre de travaux réalisés à Freiwald. Je commencerais mon plussoiement par là. 

 

Feustein est un membre illustre de la République de Freiwald, pour laquelle il a réalisé d'importants projets dont les captures d'écrans présentes plus haut dans sa candidature lui rendent déjà très bien honneur. À titre personnel, et si ma mémoire est bonne, nous avons travaillé pour la première fois ensemble sur Honéor lors de la construction de la basilique. J'y ai découvert une personne amicale, bienveillante et très impliquée dans le projet. De plus, pour ceux n'étant pas encore convaincus quant à ses qualités en termes de constructions, je vous invite à venir visiter le musée de Freiwald qui fait à mon sens partie de l'une des structures les plus ambitieuses du serveur. On peut également citer le fait qu'il s'implique également à sa manière dans d'autres projets, comme à la Garde Volontaire, plus précisément au sein de la préfecture de Novi. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'il faut une motivation folle pour se lancer dans un nombre aussi important de chantiers à la fois, je te tire mon chapeau.

 

En outre, Feustein est aussi un joueur qui semble n'avoir aucun ennemi. Gentil au possible, il se connecte dans l'unique but de passer de bons moments avec ses amis et camarades de jeu sans se prendre la tête. C'est toujours un plaisir de le croiser en jeu et de discuter avec lui sur Discord. 

 

Et comme il s'agit d'une candidature chevalière, comment ne pas parler de ses compétences martiales. Une chose est sûre, il s'est très bien illustré lors du dernier événement dans les tréfonds, ce qui lui a valu d'être désigné joueur du moment. De ce fait, on peut lui vouer une confiance aveugle lorsqu'il s'agit de mener à bien une mission périlleuse. De plus, nous nous entraînons régulièrement ensemble dans les arènes de Balhaiz. À mon sens, Feustein serait un atout majeur pour la chevalerie de l'Empire. 

 

Pour finir, je pense avoir suffisamment discuté avec Feustein pour affirmer qu'il aime profondément Minefield et a encore de nombreux projets pour le serveur. Cette candidature en est un bel exemple, mais qui sait ce que ce cher Feustein a encore derrière la tête? Seul l'avenir nous le dira. 

Ainsi, pour ses nombreuses qualités, Feustein remplit d'après moi les conditions requises pour prétendre à la chevalerie. 

 

En te souhaitant le meilleur pour cette candidature et tes projets. Je réitère donc encore une fois mon soutien éclairé envers la candidature de Feustein. 

 

black_shift0

 

 

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Bonjour !

 

Les souvenirs passés sur MF, je les chéris tout particulièrement et si je suis fière des constructions accomplies par Freiwald et sa communauté, je le suis surtout des gens qui la composent et qui en font son identité. C’est donc avec honneur que je dépoussière ma plume afin d’apporter tout mon soutien à Feustein, aujourd’hui illustre membre de nos rangs.

 

Inutile de rappeler ses débuts (simplement car ils me sont un peu flous), ni de s’étendre sur le calme du personnage, car la simplicité de cette description ne lui rends pas justice. Quand on a l’opportunité de passer du temps avec Feustein, on peut vite se rendre compte qu’il brille par ses idées, qu’il est motivé pour tout faire (et qu’il vous rasera une forêt dans l’heure si c’est ce dont le projet a besoin), et qu’il contribue à l’ambiance de tous les groupes de joyeux lurons qu’il croise. Alors oui, un peu mystérieux comme bonhomme car il va arriver de nulle part avec des compétences qu'on ne soupçonnait pas, des bâtiments de zinzin quand vous êtes en manque d'inspiration, et des blagues cinglantes quand vous vous y attendrez le moins, tout cela sans jamais perdre en gentillesse. Donc calme peut-être, mais juste assez pour que toute cette palette de volonté, d'ambition et d’humour vous prenne un peu au dépourvu de temps en temps. 

Pour ce qui est de ses accomplissements, se balader parmi les communautés actives illustrera ce point mieux que ce que je pourrai nommer. Il fait un peu de tout et partout, avec tout le monde. Quant à chez nous, son impact - en termes de paysage tant qu’humainement - est indélébile. Merci pour le travail et l’énergie que tu nous donnes, j’espère que tu en es aussi fier que nous le sommes.

Et si un jour tu nous ponds ton petit projet à toi, c'est avec plaisir que j'y poserai une dizaine de blocs (c'est 2x plus qu'à Freiwald !).

Je plussoie un ancien subordonné qui a mérité amplement la place qu’il occupe, et je plussoie également un ami. Le rang de chevalier a été écrit pour les gens comme toi.


A la prochaine !
 

Ewina

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Hello Hello o/

Aujourd'hui je viens soutenir le bon Feustein dans son postulement au rang de Chevalier.
Je n'ai peut-être que peu intéragit avec lui au cours de ma propre carrière Minefield, mais je n'entend que des bonnes choses. Il est investit dans ses projets, il est serviable, et est apprécié par de nombreuses communauté aux quatres coins des mondes.
Un long RP bien fourni, de nombreuses constructions sous son aile, et une carrière globalement bien garnie sur le serveur lui mérite emplement le titre de chevalier.

Je ne peux que venir soutenir sa demande donc.

+1

Cordialement,
Xadrow

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Bien le bonjour (oui c'est mon tour et j'ai du retard),

 

C’est avec un réel plaisir que je viens apporter mon soutien à la candidature du grand Puceronier Feustein à la chevalerie.

 

Cela fait maintenant un bon moment que j’ai l’occasion de jouer ou de créer avec Feustein et de le voir évoluer dans différents projets. Et je peux vous dire que ce n’est pas le dernier pour la déconne. C’est grâce à nos cerveaux (surtout le sien) qu’a pu naître "La Fille du Puceronier" et tout ce que cela implique : musique, skins, affiche, RP, etc.


Au-delà de ça, je le connais aussi pour sa dévotion totale dans les Provinces-Unies au côté du camarade général @nono333, autant du côté RP que build. Car en plus d’être ambidextre sur les notions principales de MF, il est toujours de bon conseil et pas farouche quand il s’agit de faire des retours, que ce soit sur du build ou du RP.

 

Au-delà de ses compétences en roleplay ou même en construction, c’est un joueur qui ne s’interdit rien et propose du jeu à tout le monde, car il est désireux de faire du roleplay qui implique le joueur.

 

Puisqu’il s’agit ici d’une candidature chevalière, il est difficile de ne pas évoquer ses capacités martiales. Les derniers événements l’ont confirmé : Feustein sait tenir sa place sur le terrain, faire preuve de sang-froid et se battre avec efficacité, comme il l’a encore montré lors du dernier event d’Halloween.

 

Ma foi, Feustein est un joueur qualitatif, drôle et engagé. Et c’est pour toutes ces raisons que je lui apporte mon soutien dans cette demande !

 

+1

 

Le Puceronier Rigou

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  • Ghideon a changé le titre en [Accepté] Feustein, Le chevalier septentrion

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