Ankorkibil Posté(e) le 3 février Partager Posté(e) le 3 février Chroniques de l’archi-maître des runes Yter-Kazran à propos de la disparition du Roi La nouvelle se répandit tel un vent d’hiver, glacial, au point de sembler figer jusqu’aux forges elles-mêmes : le Roi avait quitté ce monde. Plusieurs maîtres des runes rapportèrent qu’au moment exact de la mort du Roi, certaines glyphes ancestrales perdirent leur éclat, comme si la montagne elle-même retenait son souffle. Les Nains accueillirent l’annonce avec tristesse et gravité. Il est vrai que la quasi-totalité d’entre eux était née, avait grandi et vieilli sous son regard protecteur. Dans les quartiers ouvriers, les marteaux furent déposés sans qu’aucun ordre ne soit donné. Même les plus jeunes, qui n’avaient connu que la prospérité, comprirent instinctivement qu’un pilier du monde venait de céder. Avec la disparition de Balazûr quelques années auparavant, il ne restait alors guère plus d’une dizaine de Nains ayant connu la restauration du royaume, entamée trois siècles auparavant. Plus de douze générations d’humains s’étaient succédé depuis son accession au trône, et sa disparition marquait, à n’en point douter, la fin d’une ère. Au même instant, le palais dut faire face à une situation aussi redoutée que sans précédent. Jamais le royaume n’avait connu la mort de son monarque, ni l’organisation du couronnement d’un nouveau souverain. Lorsque Sa Majesté Ankorkibil accéda au trône, Galianör était en pleine renaissance, encore plongé dans les vastes chantiers de sa reconstruction. Aujourd’hui, le royaume n’avait jamais atteint un tel degré de prospérité et de puissance. À la fois les funérailles du feu Roi Ankorkibil et la préparation du couronnement de la reine Alniria constituèrent de lourdes épreuves, que la nouvelle souveraine dut traverser en plein deuil. Elle dut apprendre, en un seul jour, à pleurer comme une fille et à gouverner comme une reine, sans que l’un n’entrave jamais l’autre. Les funérailles du Roi furent organisées avec une solennité grandiose. Les Nains ne reculèrent devant aucun effort pour montrer au monde entier, venu assister à son inhumation, la grandeur de son règne. Des chants furent entonnés durant près de deux semaines et, fait inédit, aucun acier ne sortit des forges durant tout le temps du deuil. Des représentants de presque toutes les terres connues étaient présents. Les alliés vinrent rendre hommage au Roi ; les ennemis, eux, vinrent jauger la nouvelle souveraine. Des témoins rapportèrent que certaines délégations étrangères, pourtant venues en observateurs prudents, parlèrent à voix basse dans les galeries, comme si la Montagne pouvait encore entendre. Le cercueil fut placé au centre du temple, sous la hanche des Titans. Lors de la cérémonie, Alniria marqua profondément les esprits lorsqu’elle entonna, aux côtés de l’ensemble de la famille royale, des chants d’hommage dédiés au Roi et aux Titans. Face à la beauté de leur chant, chargé d’émotion et de chagrin, il sembla que les Titans eux-mêmes pleuraient la disparition du Roi sous la Montagne, la hanche flottante vibrant doucement au-dessus du cercueil. Ainsi s’acheva le règne d’Ankorkibil Branazril, Roi sous la Montagne. Et ainsi débuta un âge nouveau, dont nul ne pouvait encore mesurer la forme, mais dont la pierre porterait à jamais la trace. Poème chanté lors des funérailles du Roi, retranscrit en langue commune : Le monde était jeune et les monts argentés, Lorsqu’il quitta Ultharik pour l’antique cité. Réveillée par la Hanche, Galianör s’éveillait, Quand Ankorkibil fut appelé à régner. Longtemps il fut roi sur son trône ouvragé, Dans ses salles aux piliers d’or et de marbre taillé. Sous mille marteaux, les enclumes chantaient, Battue était l’or, et fondue était l’acier. Golems et artisans, d’un labeur acharné, Bâtirent la splendeur de la plus grande des cités. Les ans s’écoulèrent, lourds comme la pierre, Et le roi veillait, patient, sur ses terres. Ses yeux voyaient loin, vers un âge déclinant, Où même l’acier plie sous le poids du temps. Les chants se firent doux, les feux moins ardents, Mais son cœur battait fort, fidèle et constant. Hélas ! Le monde est gris, les montagnes sont pâles, La forge s’est tue, et le gouffre est abyssal. Sous la pierre dort le Roi, son regard s’est éteint, Mais son souffle persiste, au cœur du destin. Son nom roule encore sous la voûte sonore, Dans la flamme et le fer, il résonne encore. Le marteau repose, mais la flamme attend, Sous les voûtes de pierre, un souffle latent. Car de la cendre jaillit la lumière, Guidant la main d’une reine fière. Le feu des Branazril ne s’est point éteint, il brûle en elle, la flamme du destin. Et voici l’aube sur Galianör levée, L’heure est venue pour Alniria de régner. Reine des forges, au cœur d’acier trempé, Les nains s’inclinent, fiers, pour te jurer loyauté. Que ton règne s’élève, fort et fécond, Et que ton nom résonne comme un chant profond Lettre du roi sous la montagne, Ankorkibil Branazril. Ma chère enfant, Si ces lignes te parviennent, c’est que j’ai déjà rejoint les Titans. Ne sois pas trop triste : l’heure est venue pour moi de retrouver ta mère, qui m’a tant manqué au fil des ans. Dans le coffret joint à ma lettre, tu trouveras la clé du Coffre du Roi. Nul autre que la Reine sous la Montagne ne doit en connaître le contenu. Tu y découvriras mes travaux magiques, les cristaux renfermant mes recherches, ainsi que les grimoires alchimiques de Balazûr. Mais écoute bien ce que je vais te dire : Le dernier cristal et le dernier tome ne doivent jamais être consultés… sauf si un péril mortel menace notre peuple. Certaines connaissances n’existent que pour servir de dernier rempart et non pour être maniées à la légère. L’heure est désormais venue pour toi de prendre ma place. Bientôt, les ambassadeurs, les monarques, les émissaires de l’Empire comme des royaumes libres, amis ou ennemis, se presseront à Galianör. Ils diront venir me rendre hommage… mais la plupart ne chercheront qu’à confirmer que le vieux nain qui les a tant contrariés depuis près de trois siècles est bel et bien mort. Ce sera pour toi ta première et ta meilleure occasion d’affirmer ton autorité. Beaucoup ne te connaissent pas ; certains tenteront de jauger ta force. Montre-leur sans hésiter que ma disparition ne leur offrira aucun répit. Fais-leur comprendre que la lignée Branazril ne faiblit pas : elle se renouvelle et se renforce. Avant de conclure, je veux te laisser un dernier mot concernant tes fils, Ankorkibil et Ulmir. Veille sur eux comme j’ai veillé sur toi. Le premier porte déjà dans ses yeux la lueur des bâtisseurs, et le second la malice des érudits. Ils seront, chacun à leur manière, des piliers du royaume. Apprends-leur la patience, la fermeté et l’humilité, et ils deviendront des nains dont même les Titans seraient fiers. Sois grande, ma fille. Fais rayonner notre peuple, Je t’embrasse tendrement, Ton vieux père. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
HRigou Posté(e) le 4 février Partager Posté(e) le 4 février À l’intention de la Maison Branazril, Le Royaume de Lyndaë a appris la disparition de Sa Majesté Ankorkibil Branazril. Cette mort marque la fin d’un règne qui a donné à Galianör stabilité, puissance et continuité. Le Roi a été un allié sûr ainsi qu’un bon ami de mon père feu “Le Bourdon”. Il a tenu ses engagements et protégé les siens comme ses traités. Cela suffit à mesurer ce qui est perdu. Au nom de la Couronne de Lyndaë et de ses Domaines sacrés, je présente à la Reine, à la famille royale et au peuple nain nos condoléances formelles. Nous savons ce que signifie gouverner dans la durée, et nous savons aussi ce que coûte une succession ouverte par le deuil. Lyndaë reconnaît votre légitimité et salue votre accession au trône. Notre alliance demeure. Elle n’est pas une formule : elle est un fait politique et militaire, et elle sera honorée. Une délégation officielle de Lyndaë assistera aux funérailles. En outre, un jour de deuil sera observé à la Cour du Saint Soleil en hommage au Roi défunt. Si vous le jugez utile, nos chancelleries sont prêtes à coordonner toute mesure nécessaire pour assurer la continuité de nos engagements communs durant cette période. Que la pierre garde la trace de son règne. Que votre couronne s’affermisse sans délai. Rédigé au Palais du Saint Soleil, sous le Sceau d’Or de Lyndaë, par la main de Carnáran Ri Arandil, Roi de Lyndaë, dit “le Printemps”, Héritier de Lybu et Gardien de l’Imperatum Aelfe. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
xadrow Posté(e) le 4 février Partager Posté(e) le 4 février À l’attention de Sa Majesté la Reine Alniria Branazril, Votre Altesse, C’est avec une profonde affliction et une sincère tristesse que nous tenons à présenter nos plus respectueuses et dévouées condoléances à Votre Majesté, à vos fils ainsi qu’à votre époux, à la suite de l’annonce du décès de votre auguste père, Sa Majesté le Roi Ankorkibil. Nous ne méconnaissons nullement l’épreuve que traverse votre peuple, ayant nous-mêmes perdu deux de nos plus éminentes figures il y a moins d’un demi-siècle. Nous mesurons également la douleur plus intime qui est la vôtre : celle de la perte non seulement d’un souverain, mais aussi d’un père, guide et repère. Bien que nous n’ayons pas toujours partagé la même vision que feu Sa Majesté, les années de divergence ne représentent à nos yeux qu’une ombre infime dans le vaste sablier de stabilité que votre royaume et notre alliance ont su préserver au fil des générations. Le Roi Ankorkibil était un nain de caractère, franc, direct et sans artifice : une rare qualité parmi ceux qui occupent des charges semblables, mais qui permettait une clarté diplomatique inestimable. Ses efforts acharnés de reconstruction et de revitalisation du royaume ont suscité à la fois admiration et débat, mais nul ne saurait contester l’empreinte monumentale de son labeur. La splendeur actuelle du Royaume de Galianör constitue, à elle seule, un héritage sans équivalent. Il n’est pas rare que les héritiers estiment que les pas de leurs prédécesseurs sont trop vastes pour être suivis ; toutefois, l’expérience nous a appris qu’une fois investis de vos responsabilités, ces mêmes pas vous sembleront inévitablement trop étroits pour contenir toute l’ampleur de votre propre destinée. Aussi souhaitons‑nous réitérer les serments solennels émis par le Conseil et assurer Votre Majesté de notre volonté indéfectible de poursuivre une collaboration étroite avec votre Couronne, afin de préserver et de renforcer l’essor commun qui unit nos nations. Nous renouvelons à Votre Majesté l’expression de nos condoléances les plus profondes et vous informons que nous serons présents dans notre intégralité lors de votre cérémonie de couronnement. Veuillez agréer, Votre Altesse, l’expression de notre très haute considération. Le Conseil de l’Alliance du Néo‑Dominion Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
FeuTarse Posté(e) le 12 mars Partager Posté(e) le 12 mars Message de la Couronne namnète À Sa Majesté Alniria Branazril, Reine sous la Montagne, La Couronne namnète a appris avec tristesse la disparition du roi Ankorkibil Branazril. Son long règne restera gravé dans l’histoire de votre peuple et dans la mémoire des royaumes qui ont connu son époque. Nous adressons à Votre Majesté ainsi qu’au peuple de Galianör nos condoléances pour cette perte. La Couronne namnète prend également acte de votre accession au trône et vous souhaite sagesse et force dans l’exercice de vos nouvelles responsabilités. Que la stabilité et la prospérité demeurent sous votre règne. Au nom de la Couronne namnète. Per mare perveniemus. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Messages recommandés
Créer un compte ou se connecter pour commenter
Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire
Créer un compte
Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !
Créer un nouveau compteSe connecter
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.
Connectez-vous maintenant