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[Outilleur] L'entrepôt des Lamentations


Messages recommandés

Changement de spécialisation :

Enchanteur → Outilleur
BananAmeno → L'Entrepôt des Lamentations

 

Présentation :

Bonjour à tous !

 

C'est plus motivé que jamais que je vous présente cette candidature pour un changement de spécialisation commerçante ! Alors, commençons par le commencement avec un petit bond dans le… présent ! En effet, pas mal de temps s'est écoulé depuis ma dernière présentation et ma petite vie a bien changé durant les dix dernières années qui me séparent de ma précédente candidature.

Alors voilà, je m'appelle toujours Erwann et, en jeu, je suis toujours le super gentil paresseux qui casse des bouches à Balhaiz. Je suis maintenant diplômé et salarié ! Je travaille en tant qu'expert systèmes et réseaux au sein du service informatique interne d'un grand groupe. J'ai récemment changé d'entreprise et je me suis dit que cela collait plutôt bien avec un petit rebranding sur Minefield ! Gibbon, toujours mon grand frère (c'est dingue, je sais), n'a cessé de me raconter les avancées et les ajouts sur Minefield ces dernières semaines. Et il s'avère qu'il a été particulièrement convaincant ! J'en profite donc, avec tous ces changements et le fait que ma vie personnelle soit aujourd'hui plus posée, pour reprendre Minefield de plus belle !

Et que dire, à part : « Ça m'avait manqué, putain ! » Les joueurs sont toujours aussi sympathiques, il règne toujours cette bonne ambiance qui fait du bien, et Nostra est une véritable bouffée d'air frais qui donne envie de rejouer. Aujourd'hui, je profite davantage de la vie après quelques périodes un peu chiantes, et je me donne enfin à fond dans ce qui me plaît. Notamment l'écriture. Alors, quand on me dit qu'il faut faire une candidature et un RP pour changer de spécialisation, ça ne pouvait pas mieux tomber ! Je ne prétends pas être un génie de l'écriture, mais j'aime beaucoup écrire ce que mon esprit loufoque parvient à imaginer ! Vous en saurez plus en poursuivant votre lecture. 

 

Voici les liens vers mes anciennes candidatures :

Les RPs sont un peu difficiles à lire aujourd'hui… On mettra ça sur le compte du jeune âge :P

 

Mes motivations :

Mes motivations pour changer de spécialisation commerçante viennent principalement d'une envie de changement. D'une envie de repartir sur un nouveau parcours, une nouvelle façon de jouer. Et profiter de Nostra pour tout recommencer me donne vraiment envie de me lancer dans cette aventure.

En parallèle, comme énoncé précédemment, j'aime écrire des histoires. Le côté RP de Minefield colle parfaitement avec cette passion. Alors, pour une candidature de projet qui devrait pointer le bout de son nez dans quelques semaines ou quelques mois , rien de mieux qu'un premier plongeon pour amorcer une histoire haute en couleurs.

 

RP petit disclaimer, ce RP est assez sombre :pumpkin:. Âmes sensibles, s'abstenir.

Chapitre 0 : Solitude

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Le silence…

Je n'étais qu'une masse flottante qui se languissait de retrouver le sol… Et pourtant, rien…

Tout ce que j'avais décidé au cours de mon existence m'avait conduit à cet instant précis. Le destin existe, et j'en suis persuadé. Le monde est d'une magnifique froideur qui ne se sublime que lorsque l'on prend le temps de l'observer. Ce vide qui m'entoure est doux, presque palpable et indescriptiblement attirant.

Où suis-je ? Comment suis-je arrivé ici ?

Chapitre 1 : Optophobie

Divulgacher

Depuis la dernière fois où j'ai pris le temps de sortir ma plume, il ne s'est rien passé de particulier. C'est triste à dire, mais c'est pourtant bel et bien le cas. Cela fait maintenant des années que je sers au sein de l'infanterie de la Faille de Sombre Hasard. Mon appétence pour le combat m'a permis de décrocher un poste renommé dans la hiérarchie de la Garde du Sceau du Banni. Les échelons que je n'étais jamais censé gravir se sont finalement révélés n'être que la suite naturelle des choses. Depuis lors, le temps m'a toujours manqué. Entre le développement de mon commerce florissant et les rondes incessantes destinées à préserver le calme du monde, je me suis inéluctablement isolé de mes frères. Ma foi en Chellnd me faisait relativiser. Je me devais de protéger la Faille au péril de ma vie… et de mon temps.
Le brouhaha qui m'entourait était, paradoxalement, silencieux à mes oreilles. La taverne de l'avant-poste battait son plein. Les bières et les chopes de rhum fusaient de table en table. Les chants de victoire se faisaient entendre à des kilomètres à la ronde. D'après les marques taillées à l'épée dans la poutre porteuse de la vieille bâtisse qui nous accueillait, nous en étions à notre dix millième victoire consécutive. Cela représentait plus de vingt-sept années de batailles incessantes durant lesquelles aucun monstre n'était parvenu à pénétrer l'enceinte de Grabah, au prix, bien sûr, d'innombrables vies. La Garde existait depuis bien plus longtemps que moi et, pourtant, on ne cessait de me rabâcher que j'en étais devenu l'un des piliers. Cette dix millième victoire avait au moins le mérite de donner une raison, un peu plus justifiée qu'à l'accoutumée, de se remplir la panse en chantant et en dansant.
Malgré tout, mon cœur n'était pas à la fête ce soir-là. Les nombreuses tapes dans le dos et les coups d'épaule de mes comparses pour que je me joigne à eux n'y changeaient rien. La défense de la Faille ce soir avait été étrangement simple. Elle me laissait un goût amer. Au fil des années, elle nous avait habitués à s'endurcir, à s'adapter, à devenir toujours plus complexe à contenir et à comprendre. Comme si ce tunnel reliant notre monde à celui du Banni était doué d'une conscience propre et parvenait sans cesse à se renouveler.
Lassé des tentatives désespérées de mes camarades pour m'entraîner dans la fête, je décidai de sortir respirer l'air frais du désert. Le ciel était à nu et la lune baignait les dunes d'une lumière cristalline. Le vent soufflait doucement, emportant avec lui les chants et les odeurs de la taverne. Les coudes appuyés sur la rambarde de la terrasse, j'observais ces reliefs d'une couleur uniforme en réalisant à quel point je ne les avais jamais vraiment contemplés. À mes yeux, le temps était la plus puissante des énergies comme la plus précieuse des monnaies. Cette fascination avait fait de moi l'un des plus fervents adeptes de Chellnd.
Et alors que je m'apprêtais à rejoindre ma tente pour mettre un terme à cette épuisante journée, une présence hérissa soudain tous les poils de mon corps. Mes yeux rougis par la fatigue balayèrent l'horizon à la recherche de cette mystérieuse sensation.

Puis je la vis.

Une immense silhouette se dressait au sommet d'une dune. Elle ressemblait à un être humain d'environ trois mètres de haut, dont le regard brûlait d'une braise oscillant entre le rouge et le violet. Elle se trouvait à près de deux cents mètres de moi et, bien que je ne distinguasse pas clairement ses vêtements, je vis sa bouche s'ouvrir pour aspirer la douce brise que j'étais venu chercher. Le fond de sa gorge resplendissait de la même couleur que ses yeux, comme si son corps n'était que l'enveloppe d'une énergie d'une beauté aussi fascinante que terrifiante. Au moment précis où ses lèvres commencèrent à bouger, comme si elle s'apprêtait à parler…

Le monde se tut.

Oui.

Le monde.

Plus un bruit. Les chants disparurent. Les rires aussi. Même le craquement du vieux bois de la bâtisse s'évanouit. Je me retournais. La fête continuait. Les lèvres des chanteurs, les joues rougies par l'alcool, remuaient toujours au rythme d'une musique devenue inexistante. La fatigue devait probablement me jouer des tours. Mais lorsque je reportai mon regard vers l'étrange silhouette… Mon cœur se figea.

Elle courait.

Vers moi.

J'étais tétanisé. Mon corps refusait de répondre. À mesure que la silhouette fondait sur moi à une vitesse folle, j'en distinguais enfin les détails. Sa course était rapide. Brisée. Ses mouvements semblaient hachés, contre nature. Je m'étais trompé sur sa taille. Elle paraissait grandir à chaque pas. Toujours plus grande. Toujours plus proche. Ses vêtements n'étaient que des haillons. Sa peau, lacérée de profondes blessures, formait des reliefs difformes. Son visage affichait un sourire ensanglanté. Et ce son… Plus elle approchait, plus un cri aigu semblait s'échapper de ses entrailles. Ses pas étaient immenses. Disloqués. Lorsque je repris enfin mes esprits, elle ne se trouvait plus qu'à quelques dizaines de mètres.

« Un garde ne sort jamais sans son arme. »

Telle était la devise de la Garde de Sombre Hasard. Jamais je n'avais été aussi heureux de l'avoir respectée. Mon épée quitta son fourreau d'un mouvement vif, sa lame raclant le métal dans un silence absolu. Je pris une posture défensive. Je n'avais aucune intention de me jeter dans la gueule de cette chose. Puis… Elle s'immobilisa. À trois mètres de moi. Quelques secondes plus tôt, je distinguais parfaitement chacun de ses détails. À présent, elle était redevenue une simple silhouette noire. Seuls demeuraient visibles son regard incandescent et la lumière qui s'échappait lentement de sa bouche. Ma respiration était devenue irrégulière. Face à moi se tenait un être que je n'avais jamais vu. La peur. C'était tout ce que je ressentais. Une peur si profonde que mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes. Je ne trouvai pas la force de les rouvrir. Cette chose semblait en être imprégnée. Sa simple présence suffisait à l'insuffler à quiconque croisait son regard. Sa bouche s'ouvrit une nouvelle fois. Une voix rauque s'en échappa.

Une seule phrase.

« Il t'attend… et si tu ne viens pas, il viendra. »

Ces quelques mots suffirent à refroidir l'air de plusieurs degrés. Lorsque je parvins enfin à rouvrir les yeux, quelques secondes plus tard, la créature était déjà loin. Elle courait vers les dunes. Vers la Faille. Son cou demeurait tordu sur le côté. Son visage, quant à lui, continuait de me fixer alors même que son corps disparaissait derrière les collines de sable. Elle venait de la Faille. J'en étais certain.

Cette nuit-là, je ne parvins pas à dormir. J'étais incapable de fermer les yeux, hanté par les images de cette créature et par cette unique phrase qui tournait en boucle dans mon esprit. Le plus étrange, dans toute cette histoire, était que j'avais été le seul à assister à cet effroyable spectacle.

Chapitre 2 : Message

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Le soleil finit finalement par se montrer, apportant avec lui l'accablante chaleur du désert de Grabah. Les premières âmes courageuses commencèrent à sortir de leurs tentes, le crâne maintenu entre leurs paumes, trahissant une soirée bien trop arrosée. Quant à moi, un bourdonnement incessant résonnait dans ma tête. La voix déformée de la créature me répétait inlassablement de la rejoindre. J'entendis alors une voix derrière moi qui me fit sursauter.

C'était Lumière.

La jeune recrue de la Garde. J'avais été désigné comme son mentor, comme si j'avais déjà le temps de m'occuper de moi-même. Elle ne put s'empêcher de s'exclamer, fière d'être parvenue à me faire peur. À moi. Je la cite : « Le vaillant paresseux ! ». Cela faisait maintenant un mois qu'elle nous avait rejoints, et ce soir serait le grand saut. Sa première défense de la Faille. Elle connaissait désormais nos stratégies d'attaque comme de repli, le maniement de nos armes et les rudiments de la magie. Cette dernière partie était un petit privilège de ma part. Lumière était indéniablement douée et promise à rejoindre un jour les grands noms des combattants de ce camp. Je reconnaissais en elle la même rage de vaincre qui m'animait à mes débuts, lorsque j'étais persuadé que ma pierre serait plus solide que celle des autres. J'étais égoïste à cette époque. Elle ne l'était pas. Je n'avais jamais eu besoin de lui répéter que nous étions un groupe soudé. Elle l'avait compris dès son arrivée. Une victoire ne pouvait être considérée comme telle que lorsqu'aucune vie n'était à déplorer.

Cette journée fut consacrée aux derniers préparatifs. Nous répétâmes une ultime fois les positions de combat, les postures de duel et les différents mots-clés destinés aux formations groupées. Elle se sentait prête. Et j'en étais convaincu. Comme chaque soir avant de prendre position, le banquet précédant la bataille fut servi. Au menu, pas d'alcool. Seulement un plat quelconque dont les potions de renforcement avaient fini par rendre le goût totalement insipide. Après tant d'années, plus personne n'était capable de boire ces potions directement. Les mélanger au repas était devenu le seul moyen de s'assurer que chaque soldat consomme la sienne avant d'aller combattre. Ce repas se déroulait presque toujours dans le silence. L'atmosphère y était lourde. Quelques boute-en-train tentaient bien une plaisanterie de temps à autre, arrachant parfois quelques sourires ou de simples soufflements amusés, mais rarement davantage. Lorsque les dernières lueurs du soleil disparaissaient derrière la plus haute des dunes, il était temps de rejoindre la Faille.
Puis, au moment où la lune dépassait son sommet, les épées étaient déjà dégainées, les arcs bandés et les arbalètes chargées. Les premiers hurlements montaient du brouillard. Cet épais voile blanc que personne n'avait jamais osé traverser. Puis venaient les premières mains. Des bras de chair verdâtre, rongés par une putréfaction qui semblait remonter jusqu'à la mort elle-même, s'agrippaient lentement au rebord de la falaise. Alors les premiers cris des soldats déchiraient le silence. Je hurlai avec eux. Mon épée pointa un instant vers le ciel étoilé avant de s'abattre de toute sa vitesse sur les premières créatures. Le sang éclaboussa mes bottes. Leurs râles nourrissaient l'espoir de nos troupes. Nos tactiques étaient parfaitement rodées. Les archers couvraient les premières lignes tandis que les porteurs de boucliers repoussaient les créatures vers le vide. Les mages renforçaient les positions les plus exposées et les fantassins terminaient le travail. Une mécanique parfaitement huilée. Ce soir encore…Aucun mort.
Lumière se tenait devant moi, l'épée à la main. Elle aussi était couverte de sang. Elle aussi. Ce n'était pas le sien. Elle affichait un sourire de fierté. Elle venait de réussir sa première bataille. Comme tous les autres, elle entreprit de nettoyer sa lame avec un morceau de tissu encore à peu près propre trouvé au sol. Je l'observais. Fasciné par une telle dévotion malgré son jeune âge. Du moins, je supposais qu'elle était jeune. À la Garde, nous ne parlions jamais de nous. C'était une règle.
Elle releva la tête. Et me sourit. Puis son sourire disparut. Ses yeux s'écarquillèrent. Sa main tremblante se leva lentement derrière moi. Elle tentait de désigner quelque chose. Je me retournai aussitôt, dégainant mon épée dans le même mouvement. Je m'attendais à voir un monstre ayant survécu à un coup mal porté.

Mais il n'y avait rien. Le champ de bataille était vide.

Je souris malgré moi. Ce n'était pas la première fois que Lumière me faisait ce genre de plaisanterie. Et quoi de mieux, après une première bataille victorieuse, que de pouvoir raconter avoir fait sursauter son mentor deux fois dans la même journée ? J'allais lui rendre la pareille.


La silhouette.

Dans sa main gauche pendait la tête de Lumière, arrachée à son corps, suspendue par sa chevelure d'or. Ses joues étaient encore humides. Elle n'avait même pas eu le temps de laisser ses dernières larmes terminer leur course. La créature, toujours noyée dans l'obscurité, laissa tomber le corps à mes pieds. Puis elle parla.

« Il t'attend…Et si tu ne viens pas… Il viendra. Ce n'est que le début. Tout est de ta faute. »

...

Une bouffée de chaleur m'envahit. Il faisait atrocement chaud. Un cri aigu déchira mes oreilles. Mes yeux s'ouvrirent brusquement. J'étais dans ma tente. Les rideaux étaient grands ouverts. Dans le halo de lumière… Elle était là. Vivante.

Se pouvait-il que tout cela n'ait été qu'un cauchemar ?

« Ehhh ! Ooooh ! C'est pas bientôt fini de dormir ? Je sais que t'es un paresseux, mais y a une bataille ce soir, et je tiens pas à finir coupée en rondelles ! »

Sa voix. Son sourire. Elle était bien vivante. Son expression changea cependant lorsqu'elle remarqua quelque chose chez moi. Elle comprit. Sans que j'aie besoin de prononcer un mot. Elle quitta la tente en traînant les pieds, marmonnant probablement quelques insultes à mon égard. Lorsque les rideaux commencèrent à retomber, je sentis enfin la sueur ruisseler sur mon front. Ma main passa dans mes poils. Je profitai des derniers rayons du soleil pour consulter ma montre. L'heure du banquet approchait. Les rideaux finirent de se refermer. L'obscurité revint.

Et elle était là. La créature. La vraie. Pas dans un rêve.

Chapitre 3 : Bonté

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Le silence était palpable. Nos regards se fixaient. Puis, de la même manière que la première fois, lorsque sa bouche s'ouvrit, plus aucun son ne se fit entendre.

« Qu'en as-tu pensé ? Crois-tu que Maître n'en serait pas capable ? Tu ignores ses réclamations. Il n'est pas trop tard. Ce soir, pendant la bataille, rends-toi dans le creux de l'abysse et rejoins-le. Si tu le fais, il arrêtera les vagues de monstres… pour toujours. Tu seras le héros, et plus personne n'aura à souffrir. Tous pourront reprendre leurs vies. Ou la commencer. Comme cette jeune fille. »

« Que me voulez-vous ? »

À peine ma question terminée, une sensation glaciale parcourut mon corps. Je ressentis ce froid dans mes veines, dans mon cœur, dans mes poumons.

« Il ne t'a pas autorisé à parler. »

La créature marqua un silence pesant avant de terminer :

« Ce soir, pendant la bataille. Ou il tuera chacun des êtres les plus chers à tes yeux jusqu'à ce que tu te décides. »

Un courant d'air souleva les rideaux de ma tente, laissant à nouveau entrer la lueur du jour. Avec elle venait le départ de la bête. Je parvins tant bien que mal à me redresser pour sortir. La main posée sur le front afin de protéger mes yeux de la lumière, je réalisai que, malgré ma réputation de paresseux, il ne m'était jamais arrivé de me lever aussi tard depuis que j'avais rejoint la Garde.
L'odeur du banquet était si forte qu'il était facile de comprendre qu'il était sur le point d'être servi. L'appétit ne me vint pas. Pourtant, je m'efforçai de manger afin de donner l'exemple à Lumière. Elle qui arborait habituellement un sourire permanent affichait cette fois un visage dur et mélancolique. Comme si elle savait ce qui allait se passer ce soir. L'ensemble des soldats se munirent de leurs armes et partirent en direction de la Faille. Lumière me retint par le bras, me demandant si elle était prête. Je ne lui répondis qu'avec un simple sourire.

« Tout va bien se passer. »

La lune apparut, et avec elle les hurlements s'élevèrent depuis la Faille. Ils étaient bien plus forts que d'habitude. Lorsque les premiers damnés émergèrent, nous comprîmes rapidement qu'ils étaient également bien plus nombreux. Bien plus nombreux même que lors de la vague de l'Apocalypse, ainsi nommée par les grands prêtres de Grabah après avoir découvert l'effroyable nombre de pertes humaines. Il ne faisait aucun doute que la créature mettait ses menaces à exécution. Il fallait que je saute. Je m'y étais résigné. Pourtant… Je n'en étais pas capable. Aimais-je la vie à ce point ? Au point de mettre en péril toutes ces personnes que j'avais appris à connaître et à comprendre ? Ma tête devint lourde. Avec elle vinrent les retentissements d'une cloche lointaine. Mon équilibre vacilla. Le monde tournait autour de moi.Puis, en relevant la tête…Je la vis. Une nouvelle fois. Au bord du précipice.

La silhouette.

 

Pris d'un excès de rage, je brandis mon épée et me ruai vers elle. Toute ma force. Toute ma détermination. L'entièreté de ma réserve magique. Tout partit dans un unique coup. Lorsque j'arrivai à son contact, sa tête légèrement penchée sur le côté, elle me fixa. Un sourire dément étira ses lèvres. Le monde se tut.

 

« Félicitations.Tu viens de sauver Stendel. »

 

Puis elle disparut. Ma charge continua dans le vide. À peine eus-je le temps de me retourner que je croisai le regard de Lumière. Puis une horde de monstres me percuta. Leurs corps m'étreignirent avec une violence inouïe, me faisant perdre l'équilibre. Je glissai. Vers le fond de la Faille. Le monde ralentit. Chaque sensation devint plus claire. Chaque seconde sembla durer une éternité. Alors que je chutais, atteignant presque le brouillard, le ciel s'assombrit. Il se recouvrit de monstres. Comme s'ils avaient tous sauté à leur tour pour m'empêcher de remonter. Pourtant…Je ne luttais pas.

 

Le destin existe. J'en suis persuadé.

Chapitre 4 : Résurrection

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Le silence… Je n'étais qu'une masse flottante qui se languissait de retrouver le sol… Et pourtant rien.

Les monstres qui m'avaient agrippé avaient disparu. Le décor qui m'entourait était somptueux. On se serait cru parmi les étoiles. Des points lumineux constellaient les environs, et les couleurs qui m'entouraient étaient innombrables. J'avais l'impression de flotter dans un océan de lumière, pourtant je sentais mon corps prendre de la vitesse. Après quelques longues minutes que je ressentis comme des heures, je finis par m'écraser au sol dans un fracas monumental. Le choc fut si violent que j'entendis chacun des os de mon corps se briser. Pourtant, je ne ressentis aucune douleur.

 

Étais-je déjà mort ?

 

Puis je l'entendis. Une voix bien différente de celle de la créature. Plus posée, plus réfléchie, imprégnée d'une sagesse terrifiante. J'étais incapable de me relever. Même si la souffrance semblait avoir quitté mon corps, il m'était toujours impossible de bouger. C'est alors que je sentis une pression au niveau de mes épaules. Quelque chose me souleva. Une main. Une main si grande qu'elle parvenait, par un simple pincement de doigts, à me maintenir droit afin que je puisse apercevoir mon interlocuteur. Les yeux à peine ouverts, je le vis. Il n'y avait aucun doute. Je l'avais vu tant de fois. Sur les fresques de Grabah, dans les recueils du passé, dans les histoires racontées aux enfants pour leur apprendre ce qu'il ne fallait jamais devenir. C'était lui. Celui dont il ne fallait jamais prononcer le nom. Celui qui tue. Celui qui avait instauré la fin et la mort dans le cycle de la vie.

 

Sombre.

 

Son souffle brûlait mes poils à mesure qu'il approchait son visage du mien. Sa tête, à elle seule, était plus grande que le palais de Grabah. Ses yeux possédaient cette même couleur que ceux de la créature, une lueur oscillant entre le rouge et le violet, une lumière qui ne semblait pas appartenir à ce monde. 

« Bienvenue dans mon monde, primate. Tant que Sombre ne t'aura pas autorisé à le faire, il te sera impossible de parler. »

De toute manière, j'étais bien trop faible pour en être capable.

 

« Sombre a de grandes ambitions, et tu vas le servir. Ta misérable vie s'achève ici. Tu as depuis toujours prié le dieu du temps, n'est-ce pas ? Ne réponds pas. Sombre sait. N'est-il pas paradoxal que le destin t'ait mené jusqu'à Sombre ? Vers ta mort certaine ? Sombre n'est pourtant pas si cruel. Sombre souhaite te proposer un marché. En échange d'une partie de sa force et de sa liberté, Sombre souhaite que tu prépares son avènement. Qu'en dis-tu, mortel ? Sombre t'autorise à parler. »

 

Mon corps, comme animé par une force inconnue, parvint à ouvrir ma bouche et à répondre.

 

« Jamais. Et quand bien même je le souhaiterais… La relique de Jebsuh t'a scellé à j— »

 

« SILENCE ! »

 

Sa voix résonna dans l'immensité.

 

« Sombre n'accepte pas d'être contredit. Sombre n'accepte pas d'être interpellé. Sombre te demande si ta vie n'a pas été qu'un mensonge. Sombre te rappelle que tu as prié pour rien. Combattu pour rien. Commercé pour rien. Rien. Tu as ri. Tu as mangé. Tu as dormi. Tu as respiré. Pour rien. Sombre dirige le monde dans lequel tu te trouves, et Sombre peut te faire vivre un enfer éternel. Réponds à Sombre. »

 

« Qu'il en soit ainsi. »

 

Un silence. Puis :

 

« Sombre ne doit pas se faire comprendre. »

 

L'instant suivant, toute la douleur que j'avais ignorée jusqu'à présent s'abattit sur moi. Elle explosa. Chaque os, chaque muscle, chaque parcelle de mon corps semblait brûler de l'intérieur. La souffrance était telle que je ne pus la contenir. Un gémissement m'échappa. Et cela le fit sourire.

 

« Sombre peut recommencer. Encore et encore. Sombre peut amener d'autres primates ici et les torturer devant toi. Sombre est prêt à tout, mais Sombre souhaite que le choix vienne de toi. Car Sombre ressent ce que tu ressens. Cette impression d'abandon. Cet isolement. Sombre ne connaît que trop bien tout cela. Sombre n'a pas choisi d'être ainsi. Sombre veut sortir. Mais Sombre ne peut pas. Sombre sait que tu as toujours servi les autres sans jamais rien recevoir en retour. Sombre sait que tu n'as jamais été aimé à ta juste valeur. Ceux qui possèdent le pouvoir sont ceux qui ont emprisonné Sombre. Ce sont les mêmes qui te laissent souffrir. Tu n'es qu'une pièce sur l'échiquier à leurs yeux. Tu n'es rien pour eux. Mais pour Sombre… Tu es une victime. Sombre te reconnaît. Sombre veut t'aider. Sombre veut te tendre la main. Tout ce que tu dois faire… C'est laisser Sombre rentrer. »

 

Le bout de sa griffe tapota lentement le centre de mon front. Un simple contact. Pourtant, je sentis une énergie capable de me dépasser entièrement.

 

« Sombre reconnaît ton courage. Sombre te tend la main. Sombre te l'assure. Dans l'antre de Sombre, le temps s'écoule plus rapidement. Les Dieux ont voulu que Sombre contemple la mort des siens et de toutes leurs générations. Sombre a laissé une sortie. Une possibilité pour que les tiens viennent te chercher. Mais il n'en est rien. Car Sombre sait que tu n'es que de la chair à canon. Une simple corde suffirait à te faire sortir. Mais personne ne viendra. Personne n'oserait venir. La vie d'un pion n'a aucune valeur à leurs yeux. Mais Sombre n'a qu'une parole. Tu es venu. Alors Sombre cessera d'attaquer. Sombre est ton allié. Car Sombre est lui aussi une victime. Les faibles dirigent en faisant passer les plus forts pour les monstres. Sombre a créé ce monde magnifique pendant qu'au-dessus, les primates donnent tout ce qu'ils possèdent pour détruire. Tout détruire.Sombre n'a pas choisi de représenter la mort. Mais sans la mort, la beauté du monde n'existerait pas. N'est-ce pas la mort qui rend le temps réel ? Sans fin, comment peut-il exister un début ? Un pendant ? Sombre est juste. Sombre accorde à ceux qui le méritent la chance de vivre plus longtemps. Et Sombre voit en toi un élu. Un être que Sombre n'a jamais reconnu auparavant. »

 

L'énergie revint peu à peu dans mon corps. Je me mis à parler avec une certaine appréhension. Je craignais de ne pas avoir été autorisé à le faire, pourtant je sentais que j'en avais le droit. Comme si Sombre voulait entendre ma réponse.

« Je ne sais pas… Et si tout ceci n'était qu'un mensonge ? »

« Sombre ne ment pas. Sombre ne sait pas mentir. Sombre peut te montrer. Mais Sombre ne veut pas te faire de mal. »

Mon regard, perdu entre les effets de la douleur et de l’aura du titan, ne trouva pas la force de le contredire. Alors il souffla et un écran de fumée se forma devant moi. À travers celui-ci, je distinguais le monde. Un monde sans moi. J'y vis Lumière. Debout devant une tombe. Elle déposait des armes au-dessus de celle-ci, comme on le faisait pour honorer les soldats tombés au combat. La nuit était tombée. Et pourtant… Aucun monstre ne sortait de la Faille.

Se pouvait-il qu'il dise vrai ?

Puis l'image changea. Les chants. Les rires. Une taverne perdue dans les ruelles de Grabah battait de nouveau son plein, comme si rien ne s'était passé. Comme si mon absence n'avait jamais existé. Mon regard se posa sur un mur. Une affiche y était accrochée.

« Lumière devient mage de guerre. »

Ce titre. Celui que j'avais mis tant d'années à obtenir. Celui qu'elle venait d'obtenir grâce aux efforts que j'avais consacrés à la former. La fumée continua de s'étendre et me montra ensuite le conseil des Grands Prêtres de Grabah. Ils parlaient de reboucher la Faille, comme si elle n'était désormais plus une menace. Ils pensaient pouvoir la remplir grâce aux golems de sable. Puis la fumée se dissipa lentement. Une dernière image apparut. Chellnd. Flottant au-dessus de mon frère. Lui murmurant des paroles qu'il ne pouvait entendre.

Celui qui fut.

Celui qui est.

Celui qui sera.

Le plus fidèle de ses disciples.

Le grondement de la respiration de Sombre résonna. Il fut si puissant que l'ensemble de la fumée disparut. Il était de nouveau seul dans mon champ de vision. Imposant. Immense. Inévitable. Et dans ce monde magnifique, il me dit :

« Sombre ne veut pas te forcer. Sombre veut simplement te donner l'opportunité de te venger. Sombre désire que ta place soit parmi les tiens. Parmi les conquérants. Sombre sait tout. Sombre ressent tout. Sa prison est devenue l'une de ses plus grandes forces. Sombre comprend que sa puissance revient. Sombre sent que sa prison se fragilise. Sombre sait qu'un nouveau monde a été découvert. Et Sombre sait que la relique de Jebsuh n'y a pas été utilisée. Sombre a commencé à ouvrir une nouvelle Faille. Mais Sombre a besoin de quelqu'un sur place pour assurer son avènement. Sombre te donnera une partie de sa force. Sombre te libérera. Sombre te guidera. Sombre te laissera lui parler lorsque tu le souhaiteras.Tout ce que tu dois faire…

C'est laisser Sombre rentrer. »

« J'accepte. »

Chapitre 5 : Eloge

Divulgacher

Respire. Réfléchis. Cède. Détruis.

Mes yeux s'ouvrirent avec une facilité déconcertante. Mon corps était intact. Mes bras, mes jambes, chaque partie de moi semblait comme neuve, comme si la chute dans la Faille n'avait jamais existé. Aucune blessure. Aucune douleur. Pourtant, quelque chose avait disparu. Cette faiblesse que j'avais toujours ressentie. Cette fatigue constante. Ce poids invisible qui accompagnait chacun de mes jours. Tout cela n'était plus là.
Ma tenue avait changé. Je ne portais plus de haut, comme dissous par la fumée environnante. Il ne restait qu'un pantalon de toile large d'un bleu sombre et mes bottes étaient devenues d'un blanc immaculé. Je savais que je devrais être effrayé. Je savais que je devrais fuir. Mais une autre sensation dominait tout le reste : la colère. Une rage profonde, ancienne, comme si elle avait toujours attendu d'être libérée. Avec elle venait une énergie débordante, une énergie capable de destruction. Le monde pouvait tenir dans le creux de ma main et je pourrais l'écraser sans aucune pitié.
La fumée m'enveloppa et me souleva lentement dans les airs pour me ramener jusqu'au rebord du précipice. La bataille qui avait eu lieu quelques heures auparavant pour moi semblait appartenir à une autre époque. Il ne restait rien. Pas un squelette, pas une trace de sang, pas une arme abandonnée. Le vent avait tout balayé. J'aime le vent. J'aime quand il efface. J'aime quand il détruit.
Je gravis la dune qui surplombait le désert. Néméryth m'attendait. Sombre ne m'avait jamais donné son nom, mais elle était devenue mon bras droit. Son silence me convenait. Je hais le bruit. Je hais ce qui remplit inutilement le vide. Je veux le détruire. Au loin, sur les vestiges du campement qui accueillait autrefois les fêtes de victoire, une silhouette se tenait immobile. Elle regardait dans ma direction, comme j'avais pu le faire lorsque j'avais aperçu Néméryth pour la première fois. L'espace entre nous ne me plaisait pas. Je voulais qu'il disparaisse.

Lumière. Elle était là.

Ses yeux étaient remplis de larmes. Elle me croyait mort. Je le suis. Je crois. Je n'aime pas croire. Je ne crois plus. J'agis. Son visage était figé par la peur. Pourtant, derrière cette peur, je voyais encore quelque chose. De la tristesse. Elle ne voyait pas un monstre. Elle voyait celui qui l'avait formée. Celui qui lui avait appris à survivre. Je tendis la main vers elle, comme avant, comme lorsque je voulais l'aider, mais elle la repoussa. Néméryth s'impatientait. Je hais attendre.

« Qu'es-tu devenu ? »

Sa voix tremblait, mais elle rassemblait chaque morceau de courage qu'elle possédait. Elle savait. Elle avait compris.

« Ce que vous avez décidé que je devienne. »

Le monde se tut. Dans son regard empli de terreur, je distinguais la lueur qui émanait désormais de mes yeux. La même que celle de Sombre. Pendant un instant, je voulus lui dire que je n'avais pas changé. Que j'étais toujours celui qui l'avait protégée. Que je voulais encore éviter des morts. Mais aucun mot ne sortit, parce qu'une partie de moi savait que c'était faux. Lumière leva alors son arme. Elle hésita une seconde, comme si une partie d'elle-même cherchait encore celui qu'elle connaissait derrière ce visage devenu étranger. Puis sa lame vint se loger dans mon épaule. Le coup ne fit rien. Pas une douleur. Pas une blessure. Elle lâcha son arme, essuyant ses larmes, mais son visage resta fier. Ce visage. Celui qui m'avait donné envie de la prendre sous mon aile. Ce jour-là, elle m'avait tenu tête.

Pourquoi ? Je lui ai tout donné.

Je regardai Néméryth qui commençait à s'approcher. Je la retins d'un geste.

« Non. »

Elle s'immobilisa.

« Les forts ne doivent pas mourir. »

C'était la doctrine de Sombre. Mais ce n'était pas uniquement pour lui. Lumière vivrait. Elle finirait par comprendre. Je lui avais tout appris.
Les instructions données par Sombre étaient claires. DÉTRUIRE. Rejoindre ce nouveau monde et préparer son retour. Faire comprendre au monde ce qu'il refusait d'accepter. Le plus fort d'entre tous allait revenir. Mais il était hors de question que quiconque sache que j'étais encore en vie. Pas avant que tout soit prêt. Il fallait préparer le terrain. Il fallait construire son empire avant de tout raser. Je me souvenais alors de mon ancienne vie. Mon commerce. Mes marchandises. Mes contacts. Pendant longtemps, j'avais considéré cette activité comme secondaire. Un simple moyen de financer la Garde, de subvenir à mes besoins ou parfois d'aider ceux qui combattaient à mes côtés. Pourtant, en arrivant ici, je compris que cette partie de moi-même était probablement l'une des raisons pour lesquelles Sombre m'avait choisi.

Je n'étais pas uniquement un guerrier.

J'étais un bâtisseur. Les épées détruisent. Les armées conquièrent. Mais les réseaux construisent des empires. L'argent ouvre des portes. Les hommes suivent ceux qui leur donnent une raison d'avancer. Une cause. Une promesse. Une place dans quelque chose de plus grand qu'eux-mêmes. Et Sombre avait besoin de quelqu'un capable de bâtir. Il fallait rejoindre Nostra. Sombre savait. Une fois passé par le portail, il était impossible de revenir en arrière. Mais plus rien ne me retenait ici. Alors je partis.
À peine avais-je quitté Lumière que je savais qu'il fallait agir rapidement. Elle parlerait. Elle raconterait ce qu'elle avait vu. Mais personne ne devait encore savoir la vérité. Pas avant que tout soit prêt. Néméryth pensait que c'était une erreur de l'avoir laissée vivre. Je ne le pensais pas.

Le destin existe.

À Nostra, personne ne savait ce qu’il s’était passé mon histoire. Personne ne savait d'où je venais de réapparaitre. Pour eux, j'étais un homme revenu de loin, un survivant ayant choisi de recommencer son existence dans ce nouveau monde. Ma couverture était parfaite. Alors je repris cette vie. Mon commerce. Mes marchandises. Mes échanges.
Je reconstruisis ce que j'avais autrefois abandonné, mais avec un objectif différent. Je vendis les outils en surplus. Je négociais avec les habitants, je créais des relations, je me rendais utile. Aux yeux de tous, je n'étais qu'un marchand parmi d'autres, un homme cherchant simplement à trouver sa place. Personne ne devait voir ce qu'il y avait derrière ce visage. Personne ne devait comprendre que chaque échange servait une cause. Pendant que je construisais cette façade, les fidèles de Sombre travaillaient dans l'ombre. Des groupes se formaient peu à peu. Des ressources étaient rassemblées. Des hommes et des femmes rejoignaient la cause sans même toujours comprendre l'ampleur de ce qu'ils contribuaient à créer. Les premiers sites d'excavation apparurent. Des zones choisies avec précision. Des endroits où la terre devait être ouverte, où les profondeurs de ce nouveau monde pouvaient révéler ce que Sombre cherchait depuis si longtemps.

La nouvelle Faille.

Je leur fournissais ce dont ils avaient besoin sans attirer l'attention. Les outils pour creuser. Les matériaux pour construire. Les ressources nécessaires pour agrandir notre influence. Chaque transaction renforçait notre position. Chaque personne rencontrée représentait une nouvelle possibilité. Je n'étais plus un soldat chargé de défendre un monde. Je préparais l'arrivée de celui qui allait le changer. Je continuais à sourire aux habitants de Nostra. Je continuais à commercer. Je continuais à vivre une existence que personne ne questionnait. Mais sous cette apparence de normalité, quelque chose grandissait.

Une armée.

Une idée.

Un retour.

Sombre reviendrait.

Et cette fois, je serais à ses côtés.

FIN ?

Présentation de l'Entrepôt des Lamentations :

L'Entrepôt des Lamentations vous invite à entreprendre une lente descente dans les profondeurs de l'Appel de Sombre. Chaque outil qui y est forgé est imprégné de l'énergie occulte que Sa Magnificence a eu la grande bonté de me confier. À cette puissance s'ajoutent de longues années de pratique, de maîtrise des arts de la forge et de la magie, permettant de façonner des ouvrages dignes de servir une cause supérieure.

Les fours de spécialité de l'Entrepôt ne connaissent aucune limite. Leur chaleur rivalise avec celle du domaine de Sombre, où seuls les faibles périssent. Là, les chants des condamnés résonnent sans jamais s'éteindre, trempant les métaux les plus résistants jusqu'à leur conférer une robustesse que nul artisan ordinaire ne saurait égaler.

Le tranchant n'est pas seulement l'instrument de la destruction. Il est également le garant de l'efficacité. Chaque lame, chaque pioche, chaque pelle et chaque hache est façonnée avec le même soin afin de répondre aux exigences les plus extrêmes, qu'il s'agisse d'abattre un obstacle, d'extraire les richesses de la terre ou de préparer les fondations d'un avenir nouveau.

Afin d'accélérer le glorieux avènement de Sombre, l'Entrepôt des Lamentations met à disposition les outils forgés en surnombre lors des grandes excavations de Terre Morte. Chaque acquisition contribue directement au financement du culte et au développement des chantiers destinés à retrouver la Faille. Chaque pièce versée rapproche notre monde du retour de son véritable souverain.

Tarifs

L'Entrepôt des Lamentations est une institution entièrement dévouée à la cause de Sombre. L'intégralité des bénéfices est réinvestie dans le financement des excavations, l'approvisionnement des fidèles et la préparation de Son retour.

Outils enchantés

Pioche — « Richesse de Sombre  »
Efficacité V • Solidité III • Raccommodage • Fortune III
300PA

Pioche — « Pureté de Sombre »
Efficacité V • Solidité III • Raccommodage • Toucher de soie
300PA

Hache — « Force de Sombre »
Efficacité V • Solidité III • Raccommodage • Toucher de soie • Tranchant V
300PA

Pelle — « Liberté de Sombre »
Efficacité V • Solidité III • Raccommodage • Toucher de soie
300PA

Outils parfaits

Pioche parfaite — « Excellence de Sombre »
Efficacité V • Solidité III • Raccommodage • Fortune III
400PA

Hache parfaite — « Délicatesse de Sombre »
Efficacité V • Solidité III • Raccommodage • Toucher de soie
400PA

Fours de spécialité : 2.5PA/u

Les fours de l'Entrepôt des Lamentations sont accessibles à ceux qui souhaitent profiter d'une chaleur capable de venir à bout des matériaux les plus récalcitrants. Alimentés par les flammes offertes par Sombre, ils permettent de fondre, purifier et façonner les alliages les plus exigeants.

Que vous soyez artisan, bâtisseur ou fidèle désireux de participer à l'œuvre de Sa Magnificence, ces installations sont mises à votre disposition afin que chacun puisse apporter sa pierre à l'avènement du nouveau monde.

Échoppes :

Sombre désire désormais étendre son influence jusqu'au cœur même de la capitale. Là où les langues se délient plus vite que les lames ne se croisent, où les rumeurs naissent avant les vérités et où chaque voyageur apporte avec lui un fragment du monde. Un avant-poste y est nécessaire. Un lieu discret, capable d'observer, d'écouter et de préparer son avènement sans jamais attirer les regards.

Ainsi, voici l'échoppe que j'ai imaginée pour établir la présence de Sombre au sein même de la capitale.

Divulgacher

2026-07-21-20-19-49.avif

 

2026-07-21-20-19-55.avif

 

2026-07-21-20-19-59.avif

 

2026-07-21-20-20-08.avif

Sombre a entendu parler d'un projet nommé Espoir, un refuge où les faibles viennent chercher protection. Les faibles sont faciles à guider lorsqu'on leur tend la main au bon moment. Peut-être y trouverai-je de futurs adeptes en quête d'un sens à leur existence. Et si, au passage, mes actions me permettent de bâtir une réputation irréprochable auprès du peuple.

Ainsi, le bateau commerçant "Le Bat'O Dragon" fournira a qui en a besoin de outils d'exception (quel gâchis).

Divulgacher

2026-07-22-20-17-03.avif

 

2026-07-22-20-17-14.avif

 

 

 

2026-07-22-20-17-19.avif

 

2026-07-22-20-17-29.avif

En vous remerciant d'avoir pris le temps de lire cette candidature. Sombre, quant à lui, ne daignera probablement pas le faire.

Le Paresseux

Modifié par paresseukid
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Hellow là dedans !

 

Rip la mise en page précédente qui était bien mieux.

 

Je viens apporter mon soutien au paresseux, trop content que cette banane soit revenue tenter l'aventure Minefield avec moi ! 

Et tryhard comme tout, nul doute que son commerce va dépoter ! D'autant que, de ce que j'ai compris, ce n'est que la première pierre de son aventure sur Nostra...

 

+1 !

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Coucou,

 

Un grand soutiens pour Paresseux dans sa démarche de changement de métier!

De retour sur Minefield, il est très motivé à se réinvestir sur le serveur et surtout, il se propose d'être commerçant outilleurs et ça c'est cool!

 

+1

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Mais non! le retour, plussain pour cette candidature assurément, c'est d'autant mieux que ça soit une façon d'avoir un changement pour lui aussi. un bon moyen de se relancer sur des projets ! 

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Hello !

 

Big soutien au Paresseux, en plus on commençait à manquer d'outilleurs ! Son offre à l'air intéressante, je pense que je pourrais être un excellent client une fois que les affaires marcheront pour le mieux concernant La Masonica !

 

Bonne réussite à toi homme Paresseux !

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Oh mon Paresseux ! Quel plaisir de voir cette candidature et ton retour parmi nous ! En plus pour nous sortir une belle candidature pour un métier plus que nécessaire en ce moment. Tu nous régales en sortant un rp des ténèbres ! 
Un OG parmi les OG, membre de la communauté Grabahek et Symiène : le grand Paresseux du désert et des hauts arbres mérite totalement son rang de commerçant ! Il saura mettre en pratique son expérience pour nous fabriquer les plus beaux outils et des fours flamboyants qui raviront nos artisans de Nostra ! 
 

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Mesdames, Messieurs, bonsoir !

 

Je viens soutenir ce cher paresseux dans sa démarche ! Nous manquons cruellement d'outilleurs et voir un vieux de la vieille se relancer à corps perdu sur Nostra et qui plus est avec une nouvelle spé ça ne peut être que de bonne augure !

Tout mon soutien mon cher paresseux, hâte de tester la qualité de vos fours souffleur !

 

Valky

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--- Entrée°13666 ---

Alors que ma caravane progressait lentement sur les chemins côtiers de Nostra, je pris quelques instants pour observer l'horizon à l'aide de ma longue-vue. Au loin, une silhouette fendait les flots. Un navire marchant! Je demeurai quelques secondes à le suivre du regard avant d'esquisser un léger sourire.

La bienveillance des marchands n'a pas de limite. Je me demande bien ce qu'il peut vendre...

---
+1

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Tagazok !

 

Ah voilà ce bon vieux Paresseux qui vient de finir de farmer et sort de sa jungle pour push la lane.

Hein ? Comme ça, ce que je dis n'a aucun sens ? Vous savez qui je suis ? Non mais lâchez-moi !!!!

 

Hum hum, je suis content de voir Paresseux revenir dans le coin et proposer l'ouverture d'un magasin outilleur ! Voilà une spécialité rare par ici et je suis sûr qu'il trouvera rapidement sa clientèle !  

 

+Nain pour le paresseux (cette phrase n'a aucun sens).

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