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L'écho des Mines


gazmask
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Ici sont et seront exposées des petites histoires et tranches de vie de différents citoyens Galéors. Apprenez-en plus sur la vie des nains de ce prestigieux royaume, les différentes strates de leur société complète et complexe, ainsi que quelques petites anecdotes et clins d’œil sur nos aventures respectives.

N'hésitez pas à en proposer de nouvelles à The_Dionysos et moi-même, afin que nous puissions enrichir cette section.

Le vieux nain mineur (pauvre, 250 ans) : Deux siècles que je fais ce métier et je n’arrive toujours pas à me faire à ce réveil. Huit heures. J’enfile mes habits de travail, je prends une tranche de pain sec sur la table, et je m’en vais doucement à la mine. Une fois sur place je prends mon vieux casque tout bosselé, ma lampe, et surtout ma bonne vieille pioche. Puisqu’elle est sertie de runes, elle m’avait coûté une vraie fortune, mais en un siècle je l’ai rentabilisée. Les mineurs ont deux choix : utiliser des pioches fournies qui, une fois cassées, sont retenues sur la paye déjà bien mince, ou investir dans sa propre pioche. Dix heures pétantes, les mineurs sont envoyés aux différents endroits de la mine, et on allume la bougie. La bougie est notre repère temporel. Chaque bougie dure cinq heures. Deux bougies par jour marquent notre temps de travail. Chaque coup de pioche que je donne me fait sentir le poids des années, et me fait regretter de ne pas avoir plus mangé ce matin. Je regarde avec dépit le golem mineur qui, bientôt, nous remplacera tous. Des décennies de labeur pour être oubliés par de simples tas de ferraille. Mais c’est dans l’ère du temps. La première bougie est enfin finie. La pause de deux heures nous permet d’aller manger. Certains s’amènent à manger, d’autres, comme moi, vont à la taverne. Je m’autorise une viande et deux Galianörge supplémentaires, que je regretterais plus tard. Le temps de tout avaler, et je retourne à la mine. Les chefs allument la deuxième bougie. Encore cinq heures à se tuer à la tâche. Parfois je me dis que j’attends la mort avec impatience, mais au final la bougie s’éteint à vingt-deux heures, et le temps de reposer mes affaires et de me laver les mains, la fatigue me fait tout oublier de mes réflexions. Une fois chez moi, je pose ma pioche, mon tablier, me prépare un peu de soupe, et après l’avoir avalée en trois coups de cuillère à pot, m’endors finalement, maudissant les lendemains qui s’annoncent.

 

La jeune naine tavernière (classe moyenne/pauvre, 45 ans) : Il est six heures du matin, et alors que ma mère s’affaire déjà en cuisine, je me prépare calmement à nettoyer la salle principale.  Les patrons des mines aiment prendre une bière et un bon repas avant d’aller travailler. Les mineurs, eux, viennent plus tard. Une fois habillée et prête pour la journée, je nettoie les quelques tables avant l’arrivée de nos premiers clients.  Il est déjà sept heures.  Je sais que ma mère va encore hurler parce que j’ai mal rangé les choppes. Ont-elles déjà été bien rangées ? La porte aussitôt ouverte, Les premiers clients affluent déjà. Le service doit être rapide, je dois toujours rester concentrée, battre le fer tant qu’il est chaud. Mon père complèterais bien « et servir les plus riches jusqu’à ce qu’ils soient froids ! » Enfin les trois quarts sont de simples ouvriers, mineurs ou simplement élèves de l’académie. J’ai parfois l’impression de les escroquer, à les voir vider leurs maigres économies dans la Galianörge. Mais mes remords disparaissent vite une fois que l’alcool révèle leur idiotie. Alors que la première vague semble enfin se dissiper, je m’attarde un peu en cuisine, cherchant un petit quelque chose rapide à manger.  Ma mère y est encore. Elle me sert un fond de marmite avant de me laisser repartir en salle. Son ragoût de lapin est délicieux, et permet au moins d’assurer le service du soir, où les ouvriers boivent plus qu’ils ne mangent. Fatiguée, je nettoie une dernière fois le sol de cette fichue salle, que quelques poivrots trouvent de bon ton d’arroser de Galianörge. Les clients du soir sont bien moins regardant que ceux du premier service, mais pas question de se relâcher non plus. Cinq tonneaux écoulés cette fois, un jour creux. Le temps de jeter dehors les quelques derniers ivrognes affalés sur leurs tables avec l’aide de mon père, et il est enfin l’heure d’aller se coucher. Je regarde l’horloge une dernière fois avant de m’endormir enfin : minuit.

 

La naine Ingénieure (pauvre, 80 ans) : Bon, mes tentatives de réparer cette maudite horloge ont encore dû échouer. Je tombe de mon lit à sept heures trente. C’est trente minutes de trop. Mon patron va encore me passer un savon. Je mange quelques tranches de pain avant de courir rejoindre l’atelier. A peine arrivée, il est déjà à deux doigts de me jeter ses outils à la figure. J’enfile vite mon tablier en cuir et je m’attelle à mon établi, mais mon patron me rappelle. Aujourd’hui est un jour spécial. En effet un golem mineur doit être réparé. Ni une ni deux, je prends ma caisse à outils et nous nous dépêchons d’aller aux mines. Nous avons assez de retard comme ça. Je préfère me déplacer plutôt que le travail vienne à moi. Qui dit déplacement dit grosse machine, gros chantier, et gros revenus. Pour une apprentie payée à la tâche, c’est du pain béni. Nous arrivons sur les lieux, et ce n’est pas beau à voir. La machine s’est complètement empalée le pied sur des stalagmites, en plein dans l’articulation. Ça sent mauvais, en plus de l’odeur de soufre de la lave non-loin d’ici. On commence à stabiliser le golem, puis à démonter toute sa jambe. D’habitude j’ai affaire à de petites pièces, mais c’est mieux ainsi, il faut que je sois formée à tout. Déjà l’heure de manger. En déplacement, c’est le patron qui paye le repas. Générosité oblige, ce sera pain, tranches de viande et bière. Retour au travail. Certaines pièces ont juste besoin d’être réparées, d’autres doivent être changées. Chaque minute passée dessus est une pièce d’or en moins, car l’inactivité de la mine est intolérable. Trois coups de marteau, des rouages changés, des pistons redressés, un blindage ressoudé, et la jambe est prête à être replacée. Le temps de tout refermer, et le golem repart. Déjà presque vingt heures. Le patron retourne fermer l’atelier, de mon côté je rentre chez moi. Fatiguée, je me lave les mains, avale un morceau de pain, et retourne me coucher, en oubliant de réparer l’horloge.

 

La ménagère (classe moyenne, 135 ans) : Il est six heures et demie lorsque mon mari me réveille doucement. Les enfants sont encore couchés, mais pas le temps de traîner. Je m’attelle à leur préparer un petit-déjeuner comme ils l’aiment, ni trop léger, ni trop consistant. Après que nous avons mangé tous ensemble, j’aide les enfants à se préparer pour l’école, et souhaite bonne chance à mon mari, qui travaille au stockage dans les mines. Une fois tout ce beau monde parti, j’en profite pour faire un peu de ménage et de vaisselle. Je pars finalement laver les vêtements avec les autres femmes du quartier. Cela nous permet de discuter de la routine quotidienne, des potins. De retour à la maison, il faut déjà préparer à manger pour les enfants, qui vont revenir de l’école. Aujourd’hui, ragoût de lapin. Mon fils adore ça. Ma fille préfère la soupe de champignons, je lui en ferais donc ce soir. Le repas avalé, les voilà repartis. Je nettoie nos trois assiettes, et me mets à ma passion : la couture. Je couds toutes sortes de vêtements, que je vends ensuite en fin de semaine. La voisine, elle, préfère confectionner des bijoux, alors nous partageons la même étale, et les bénéfices. Cela nous permet de gagner un peu d’argent en faisant quelque chose de tranquille et d’agréable. Mince, je manque de tissus ! Tant pis, je cours en acheter au tisserand  du village avant qu’il ne ferme boutique. Ses prix ont (encore) augmenté, les autres femmes m’avaient prévenu. Je sors les pièces d’or nécessaires, et retourne à la maison avec la précieuse marchandise. Les enfants vont bientôt rentrer. Le menu est déjà rédigé, alors aux fourneaux. Une fois que la soupe cuit, j’aide mes enfants, qui viennent de rentrer, dans leurs devoirs. A l’arrivée de mon cher et tendre, nous passons à table. « Enfin ! » me dit ma fille. Cela suffit à faire rire son père, qui en ferait presque tomber sa bière. Après la vaisselle, il est finalement l’heure d’aller se coucher. Et je m’endors en entendant «  bonne nuit ma douce ».

 

Le vétéran de la garde régulière (140 ans) : Neuf heures. Les jeunots et leur barbe courte, ainsi que les officiers sont déjà tous levés, mais personne ne me dit rien. De toute façon qui va déranger un vieux loup de guerre comme moi ? Je prends mon petit déjeuner à la taverne, le mess est déjà fermé de toute façon. Je discute un peu du bon vieux temps avec le patron, un ami du service militaire, qui me remets une choppe gratuite. Les gardes qui font des rondes en ville deviennent fous de me voir paisiblement en train de boire, mais j’ai gagné ce droit à la guerre, et j’y ai perdu mon œil et un morceau de mon bras, alors la récompense est bien maigre. Je rejoins la caserne afin de m’entraîner un peu avec les jeunes. Je suis peut-être un peu violent, mais les gobelins ne se battent pas avec des éponges, alors mieux vaut avoir appris à résister aux coups avant. Il est déjà l’heure du déjeuner. Je mange à ma table près de l’entrée. Dernier servi, mais premier sorti. Je me souviens avoir vu le mess plein, et les jeunes gardes que nous étions chanter des chansons paillardes, avant notre prise de service. Aujourd’hui il ne reste que moi encore dans la garde régulière. Les plus estropiés ont été renvoyés, non sans une compensation d’or. Beaucoup d’autres sont morts. La tête dans mes souvenirs, je reçois mes ordres de la journée : ronde au quartier longue-barbe. Par les titans, ça promet d’être long. Autant les nouveaux ne m’aiment pas à l’entraînement, autant ils apprécient être au même poste que moi. Au moins on discute. Ils aiment entendre mes histoires de la « bonne vieille époque ». La ronde dure jusqu’à minuit normalement, mais hors de question de faire des heures sup’. Minuit, c’est l’heure à laquelle je vais dormir. L’autre n’ose pas quitter son poste. Tant pis, il finira tout seul quinze minutes plus tard. Je rejoins les baraquements, sans oublier de chercher à manger et à boire à la taverne sur le chemin. Encore une nuit de cauchemars en perspective.

 

Le prêtre-professeur de l'académie (classe moyenne, 150 ans) : Il est sept heures lorsque je me lève. Je me suis encore endormi en travaillant. Distrait je manque de renverser mon précieux objet d’étude ainsi que mes ouvrages. Pas le temps pour le petit déjeuner. Je coiffe ma barbe, essuie mes lunettes et garde de côté un peu de tabac pour la journée. J’arrive avec une bonne dizaine de minutes d’avance dans ma salle de classe, et pourtant beaucoup d’élèves sont déjà présents. J’attends huit heures cinq pour véritablement commencer le cours. La journée est scindée en deux, le matin est centré sur les cours théoriques, et l’après-midi sur la pratique magique et les prières. Je préfère donner mes cours magistraux sur des livres, afin de ménager les jeunes apprentis. Après tout ils passeront malgré tout la journée à étudier des cristaux. Je m’inquiète pour mes élèves, car des rumeurs courent sur la disparition de cristaux rouges. Je ne manque donc pas de les mettre en garde entre deux sujets. Après quelques leçons sur les différentes méthodes d’études, de profondeur de marquage, et d’écriture, il est déjà temps de déjeuner au réfectoire. Celui-ci est très grand et bruyant, car il s’agit de réunir toutes les robes (bleues et rouges). Le repas de midi est assez copieux, mais la pratique des runes, comme l’étude des cristaux, exige une grande concentration, et on ne peut réfléchir le ventre vide. A la reprise, je donne des cristaux à chacun de mes élèves, et leur demande de les étudier. Chacun doit traduire avec exactitude les différentes couches du cristal, un travail simple et basique, mais qui doit être appris par cœur. Je repense parfois au temps ou j’étais, comme eux, un simple disciple. Mais après réflexion il me reste, à moi aussi, beaucoup à apprendre. C’est ce qui fait de moi un enseignant-chercheur. Puis vient l’heure des prières finales, que je préfère pour le calme et la sérénité que celle-ci nous apporte. Il est déjà temps de se coucher, mais pas avant de corriger leurs travaux.

 

La vieille maîtresse des runes (classe aisée, 210 ans) : Sans aucune horloge, et comme tous les matins, je me lève à huit heures et quart. Avec le temps la routine s’installe. Mon âge avancé a au moins un avantage : je suis beaucoup moins sollicitée, et j’ai donc des horaires plus souples. Après un petit-déjeuner vite avalé, j’enfile ma robe, que les siècles ont, comme moi, usé. Je rejoins mes bureaux de l’académie et examine mes dernières commandes. Bien que l’essentiel de celles-ci viennent, au choix, de mineurs ou de militaires, le domaine des golems nous a permis de gagner en activité. Je travaille souvent avec des jeunes à peine sortis de l’académie, ça me permet de travailler tout en jouant les professeures. Cette fois il s’agira d’armes runiques. Je passe en revue l’ensemble de la commande, des armes et leur état, avant de me mettre au travail. Sertir les armes leur confère une puissance bien plus grande, mais aussi une solidité déconcertante. Enfin malgré ma longue carrière, je n’ai jamais vu une seule de mes armes directement à l’œuvre sur le champ de bataille, ou même dans un duel. A peine quelques runes taillées qu’il est déjà temps de déjeuner. Nous mangeons au réfectoire de l’académie, entre robes de la même couleur. Non pas que nous soyons spécialement sectaires, mais cela facilite les échanges sur le travail. La vie des prêtres n’a rien en commun avec la nôtre. Le repas fini nous retournons travailler. La commande en cours ne concerne que quatre armes, il faudra donc une petite semaine pour la boucler, et passer à la suivante. Mais c’est que l’heure tourne, et après avoir fini presque entièrement la première du lot, il est déjà temps de rentrer chez soi. Une fois dans ma maison, je réchauffe une soupe préparée la veille, que je m’en vais manger devant la fenêtre, pour admirer le passage des gens dans la rue. Cette routine est imperturbable. Je quitte enfin ma robe rouge abîmée, et rejoins finalement mon lit. Vivement demain matin, huit heures quinze.

 

La jeune recrue de la garde royale (65 ans) : L’Horloge doit être décalée. Levée à huit heures (deux minutes ?) Le petit déjeuner est toujours aussi atroce, mais il permet de tenir l’entraînement du matin. Course en armure,  parcours d’obstacles et combat à la rondache jusqu’à onze heures. Toute notre vie est réglée sur une horloge à deux cadrans. Le premier donne le rythme de la première section, qui garde le palais le matin et s’entraîne le soir. Le second organise  la deuxième section (la mienne).  Après notre déjeuner, onze heures trente minutes, c’est l’heure de la première relève, midi pile. Les jeunes recrues de la garde régulière viennent parfois nous observer. Mais pas le temps pour les autographes. La section évolue dans le palais et prends son poste, qu’il ne quittera qu’une fois qu’une recrue aura acquis suffisamment de force pour lui succéder après un combat singulier. Le garde royal déchu devient instructeur. C’est cette étape que j’ai récemment franchi pour atteindre le poste auquel je suis. Même si cela peut être humiliant pour le perdant, il n’y a plus de compétition entre gardes après, et le respect s’installe rapidement avec les nouveaux en poste. Une fois à mon poste il ne suffit pas de rester immobile. Il y a les rotations de poste régulières, et les postes mobiles, notamment la surveillance de couloirs. Ma section reste en poste jusqu’à deux heures du matin, mais la section est divisée en quatre escouades pour deux secteurs, ce qui permet une pause entre dix-sept et dix-huit heures. La pause ne permet que de manger et de boire de l’eau, pas de sortie de poste. Une fois deux heures sonnées, la deuxième relève se fait, et ma section a enfin gagné le droit de se reposer, jusqu’au lendemain. La garde Royale, contrairement à la Garde régulière, ne permet pas de fonder une famille à côté. Un garde royal ne doit vivre que pour deux choses, et ne meurt que pour deux choses, les Dieux et son Roi. C’est là dessus que je m’endors enfin.

 

Le maître des runes du royaume (noble, 200 ans) : Il est huit heures lorsque mon disciple toque à ma porte, m’annoncer que le petit-déjeuner est prêt. Je sors péniblement de mon lit, et enfile ma robe rouge brodée d’or. Je me souviens encore du jour où je l’ai reçue. Elle était beaucoup plus lourde et inconfortable que celle de l’académie, mais le prestige de la porter efface vite tous ces futiles défauts. Le petit-déjeuner est vite avalé, la tête dans un livre de l’empire. Notre art les interroge au plus haut point, il faut croire. Place au travail maintenant. Nous nous attelons au marquage de runes sur la future nouvelle armure du roi. Une de ses épaulières pour être précis. Mon élève observe plus qu’il ne fait, mais c’est déjà un très gros travail. Il était, comme moi avant lui, le meilleur élève de l’académie, et a donc été choisi pour me succéder après ma mort, comme j’ai succédé à l’ancien maître royal des runes. La cour se doit d’avoir le meilleur des arts magiques. Une fois le travail achevé il est déjà temps d’aller déjeuner avec le reste de la cour. Le roi préfère manger dans ses appartements, mais le grand prêtre et le chef de la garde royale sont là. Cela promet d’être long. Je ne supporte pas ces deux là. L’un est un véritable fou, l’autre est froid comme la pierre. Nous ne nous éternisons pas, et dépêchons de retourner au travail, non sans les saluer. Aujourd’hui le programme est un peu spécial, puisque nous allons graver des runes pièges sous les dalles de certains couloirs. Le palais a beau être une place forte, et la garde excellente, il faut parer à toute éventualité. Je laisse mon disciple s’entraîner toute l’après-midi, et les placer de manière stratégique. Déjà dix-neuf heures. Nous retournons à nos appartements, et pendant que mon élève s’attelle à la cuisine, je me concentre sur un autre ouvrage, celui laissé par mon prédécesseur. Nous soupons non sans discuter un peu. Puis vient l’heure de se coucher, de laisser la robe et de s’endormir le nez dans un vieux bouquin.

 

Le banquier Longue-Barbe (bourgeois, 180ans) : la magnifique horloge d’or sonne cinq heures trente. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. J’enfile mes plus beaux vêtements, et demande à ma domestique de laver les autres. Hors de question de parler or et argent habillé comme un gueux. D’autant que la transaction d’aujourd’hui est très importante. Une fois préparé, je m’enferme dans mon bureau, et m’active à boucler mes trois dossiers brûlants de la journée. Ici tout se négocie et se marchande. Certains vendraient même leur femme, s’ils le pouvaient. Comme le disait mon père, « si tu gagne une pièce d’or, gratte un peu et tu pourra en gagner une deuxième ». Une fois mes premières affaires réglées, je vois mon rendez-vous de midi arriver à la banque. Bien sûr qu’il est en retard, mais quand il s’agit d’un riche commerçant venu parler affaire autour d’une cervoise et d’un bon repas, on est tout de suite plus conciliant. Après des négociations un peu rudes, je conclus avec lui un marché très juteux (pour moi), mais pas sans une bonne choppe. Une fois le contrat signé et enregistré à la banque, je secoue un peu les autres employés de la banque. Il faut savoir motiver les troupes. Et puis qui va prendre un crédit dans une banque ou personne ne se bouge. Il faut être dynamique, et toujours en pleine possession de ses moyens. La fin de l’après-midi se passe gentiment, paisiblement, à par quelques prêts refusés à des mineurs. C’est une banque, pas un dispensaire. Hors de question de prêter de l’argent à quelqu’un qui peut mourir le lendemain. Bientôt la fermeture de la banque. J’envoie deux employés ranger les archives, et me concentre sur l’inventaire. Comme d’habitude, pas une pièce d’or, pas une pépite, pas un joyau ne manque. Je peux rentrer chez moi l’esprit tranquille. Je mange le diner que m’a préparé ma servante, et rejoins finalement ma femme avant de m’endormir. Vivement les transactions de demain !

Edited by gazmask
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