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erache97

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  1. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco ! En retard ? Non, j'ai six jours d'avance ! Bon, le prochain chapitre sera certainement pas pour le quinze. On se retrouvera le premier Avril (ça sera pas une blague, je vous le promets). Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 32 : PARTIE DE PÊCHE « Rapport d’avaries ? -Lésions légères. Elles ont été colmatées. -Plongée ? -Ballastes remplies à vingt huit pourcents. » Le requin disparut sous la surface de l’eau. Aujourd’hui avait été choisi pour le jour où McFly devait déployer tout son arsenal. Le sobrement appelé « requin » était un nouveau véhicule de la conception du maire de Babylone. Plus petit qu’un navire de la flotte Stendelienne, la nouveauté de l’appareil est qu’il s’agit d’un submersible. Utilisant des compartiments se remplissant ou se vidant d’eau, l’engin peut régler sa profondeur de plongée. Equipé d’une armure solide et d’un aileron supérieur tranchant, il s’agit d’une forteresse spécialisée dans l’éperonnage de vaisseaux ennemis. Après ce premier test spectaculaire, McFly était extatique. « Passez à la cible suivante ! » Ordonna-t-il à ses hommes. Ses soldats répondirent par l’affirmative. A la surface, le sommet de l’aileron acheva de s’enfoncer parmi les flots. Ghosthand et Velouttine avaient assisté à la scène depuis les jardins suspendus. Suivant les ordres de leur général, les Stendeliens se réorganisaient pour affronter la nouvelle menace. Ils avaient tout de suite compris qu’il s’agissait d’un appareil sous-marin. L’engin étant dissimulé sous l’eau, ils s’étaient résignés à attendre l’attaque suivante. Chacun se tenait prêt à son poste. La surface de l’eau demeurait désespérément plane. La première attaque ne vint pas du côté de la mer. Les coups de feu provinrent de la station pyramide. Des soldats étaient remontés à la surface et avaient lancé l’assaut. De leur position retranchée, ils bénéficiaient d’une excellente couverture, mais ils ne pouvaient pas avancer tant qu’ils étaient sous l’abondant feu Stendelien. Ayant minutieusement examiné les plans des lieux, Velouttine avait fait placer des hommes aux endroits les plus avantageux pour immobiliser leurs ennemis. Dans cette situation, impossible que leurs adversaires tirent avantage de leurs fusils à verrou. Cependant, maintenir la pression autour de la station venait à un coût : les munitions. Les Stendeliens devaient se dépécher de venir à bout du submersible avant qu’ils n’aient plus assez de munition pour retenir l’autre attaque. Malheureusement, la surface de la mer restait désespérément calme. Mediaco avait fini de balayer la scène avec sa longue vue. Repliant l’objet télescopique, il annonça : « Messieurs, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser les Stendeliens perdre la ville. Il est l’heure d’une petite partie de pêche. » La Lune de Midi se mis en mouvement. Quelques minutes plus tard, l’appareil se trouvait au dessus de la mer, amorçant une longue descente. Regardant vers l’ouest l’on ne voyait plus le Soleil, qui avait disparu sous l’horizon. Le paysage s’obscurcissait de seconde en seconde. Je rejoignis Mediaco. « Comment va-t-on faire pour repérer le sous-marin ? » Mediaco attira mon attention sur la position des vaisseaux de la flotte Stendelienne. « Regarde, leurs navires sont postés de telle sorte à se protéger mutuellement. Si le submersible éperonne l’un d’eux, il devient vulnérable aux autres le temps de se dégager et de replonger. » Je me rendis alors compte de la descente que nous étions en train de faire, loin de la flotte Stendelienne. « Nous allons servir d’appât ? -Et de hameçon », répliqua Mediaco avec un sourire. Le son de la coque fendant les flots se fit entendre. Avec du roulis, la Lune de Midi se stabilisa sur al surface de l’eau. Les vagues s’estompèrent vite avant de disparaitre. Un silence pesant s’était installé. Chacun scrutait la mer sombre pour y voir notre cible. L’attente parut interminable. Quand soudain… « Là ! » S’exclama l’un des soldats. Tous les regards se tournèrent dans la direction qu’il pointait du doigt. Au milieu de la surface, un aileron tranchant émergeait tout en se dirigeant vers notre navire. Mediaco donna son signal. D’un coup, nous commençions à reprendre de l’altitude. Les hommes postés sur les lance-harpons se tinrent prêts. L’aileron s’approchait de plus en plus en continuant d’émerger, pendant que la Lune de Midi poursuivait son élévation. La coque était presque hors de la mer lorsque l’aileron percuta. « Tirez ! » Cria Mediaco. En une fraction de seconde, des dizaines de harpons se fichèrent dans le submersible. Les cordes se tendirent d’un coup par-dessus les balustrades. Alors que le craquement de la coque heurtée par l’aileron se faisait entendre, il s’interrompit. Soudain, une force invisible nous projeta sur le côté. Quelques secondes me furent nécessaires pour comprendre ce qu’il se passait. Entrainés par les cordes tendues, le requin nous emportait. La Lune de Midi glissait perpendiculairement à son axe de marche normale. Ce mouvement empêchait la coque de se disloquer en immobilisant relativement le mouvement de l’aileron, mais l’équilibre était précaire. Plus bas, dans les entrailles du navires, nos hommes s’acharnaient à colmater les fissures. Me penchant par-dessus la balustrade, j’observais la situation. A ma grande surprise, nous continuons notre élévation, à un rythme réduit cependant. De plus en plus de la surface du requin émergeait aux milieux des flots sombres nocturnes. A l’intérieur du submersible, la panique s’était installée, même si les soldats démontraient leur sang-froid à toute épreuve en ne laissant rien paraitre. A cause de la position dans laquelle ils étaient soulevés, le requin penchait. La proue était à présent complètement à l’air libre, tandis que la poupe, plus lourde avec le système de propulsion, s’enfonçait toujours sous l’eau. « Coupez les moteurs ! Ordonna McFly. Dans notre position ils nous entrainent vers le haut. Et remplissez-moi ces ballastes ! Activez le remplissage d’urgence s’il le faut ! » De la balustrade, je constatais que quelque chose n’allait pas. Petit à petit, la sensation de montée se dissipait, et la faible poussée ressentie comme lorsque l’on se trouve sur un monte-charge s’estompait. D’un coup, nous ne gagnions plus en altitude. Je me retournais vers Mediaco, mais il était déjà conscient de la situation. Il cria : « Jetez tout ce que vous pouvez par-dessus bord ! Vite ! Nous devons diminuer le poids ! » Les hommes s’exécutèrent. En un instant, des objets divers volaient par-dessus la balustrade, ou au travers des sabords ouverts. Six sbires s’étaient mis ensemble pour prendre les lourds bureaux de la cabine de McFly et les envoyer dehors à travers ce qu’il restait de la baie vitrée. Plusieurs canons furent renversés par-dessus bord. Le spectacle frisait le ridicule. Malgré cela, le plan fonctionnait comme escompté. Au fur et à mesure que divers objets quittaient le navire, nous reprenions de l’altitude. Dans le submersible, l’ambiance était bien moins euphorique. « Les ballastes ? -Remplies à cent pour cent, monsieur. » McFly baissa la tête. « Alors c’est terminé, messieurs. Nous n’arriverons pas à replonger. Nous avons perdu. » L’accablant constat sonna comme un requiem à l’adresse de l’équipage. Le requin était à présent totalement hors de l’eau, accroché à la coque de la Lune de Midi. Nous repartions vers le rivage. Les Chapeliers Blancs étaient sortis de la forêt. Guidés par les cavaliers de tête, qui éclairaient le chemin avec des lanternes, ils chevauchaient dans la nuit, vers Babylone. Maintenant que la voie était libre, ils avançaient au triple galop. Alors que chacun gardait sa bouche fermée, une clameur remonta en tête du cortège depuis l’arrière-garde. Aurélia et White Hat se retournèrent. « Nous sommes poursuivis ! Des cavaliers sont derrière nous ! » White Hat leva le poing, le coude plié, pour ordonner à la troupe de ralentir puis s’arrêter. Alors que son plan devait permettre d’atteindre Babylone avant les troupes de Sabre, ces derniers venaient de les rattraper. Aurélia et White Hat rejoignirent l’arrière du groupe. « Messieurs, sortez vos lames et fusils, et préparez-vous au combat. Il vaut mieux se battre ici et maintenant, qu’épuisés et dos au mur de Babylone. » Les Chapeliers Blancs dégainèrent leurs lames, armèrent leurs fusils et pistolets, et se mirent en position de combat. Au loin retentissait le fracas des sabots, et Aurélia apercevait les lanternes qu’ils utilisaient pour s’éclairer. White Hat, profitant du fait que leurs adversaires étaient encore loin, sortit la longue vue du compartiment prévu à cet effet derrière sa selle. Il la déplia et la porta à son œil, pour scruter leurs assaillants. White Hat faillit laisser tomber sa longue vue de surprise. Il tendit l’objet à Aurélia. « Je crois avoir identifié des cavaliers, mais je ne suis pas sûr. Vous pouvez confirmer ? » Aurélia acquiesça, même si elle ne savait pas où il voulait en venir. Elle comprit vite. « C’est la Triade. » Il lui avait fallu moins d’une seconde pour reconnaitre les deux cavaliers menant la charge : Yug et Elyso. « Rangez vos armes, c’est des agents de la Triade ! » Les soldats obéirent et se préparèrent pour repartir. Alors que les cavaliers de la Triade continuaient à s’approcher, White Hat réalisa quelque chose. « Attendez, pourquoi ne ralentissent-ils pas ? » Plus que quelques dizaines de mètres séparaient les deux groupes. Par réflexe, White Hat dégaina son épée. Au dernier moment, ils firent une embardée, et continuèrent leur charge en contournant les Chapeliers Blancs. A la hauteur de White Hat, Yug s’exclama : « Fichez le camp ! »
  2. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco ! Avec la suite du chapitre précédent ! Pas mal, hein ? Hé bien célébrez pas trop vite, car je ne sais pas si je pourrais poster le prochain chapitre dans les temps. Mais si j'y arrive, ça sera le premier mars. Donc on se reverra au mieux le premier mars. Voilà. Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 31 : PRISONNIERS Joft et Filerd, maintenant prisonniers des Stendeliens, avaient été emmenés dans une zone à part des jardins suspendus. Sous haute garde, ils attendaient qu’on vienne les interroger. Ils n’eurent pas à attendre longtemps, car quelques minutes plus tard, Velouttine parut devant leurs yeux. Joft s’inclina pour saluer l’arrivante, et, voyant que Filerd ne faisait rien, lui envoya un coup de coude pour qu’il s’incline également. « Je ne m’attendais pas à vous voir ici, déclara Velouttine. -Je ne m’attendais pas à venir ici. -Comment êtes-vous entrés ? -On a profité des activités de Dark Shadow et de celui qui l’accompagne. » Velouttine s’avança vers le duo. « Vous travaillez avec eux ? -Bien sûr que non. Par contre j’espère que vos hommes sont prêts, car ils ont des renforts avec eux. » Velouttine sembla surprise par la remarque. « Ce n’est pas quelque chose qu’il est préférable de ne pas révéler ? Nous ne sommes pas alliés. -Je ne sais pas encore ce qu’il se trame, mais je ne suis pas plus l’allié de Dark Shadow que des Stendeliens. » Velouttine jeta un œil aux armes que les soldats avaient confisquées. Autres les armes que le duo avait avant de monter dans le train, il y avait les fusils qu’ils avaient récupéré à bord. Velouttine examina lesdits fusils. « Qu’est-ce que c’est ? -Une nouvelle arme. Elle a l’air bien plus pratique que la plupart des fusils actuels. » Velouttine demanda à l’un des soldats d’emmener ces armes pour que des ingénieurs en comprennent le fonctionnement. Joft eût un petit rire, pas du tout au goût de l’impératrice. « Qu’est ce qui vous fait rire ? -Oh, pas grand-chose. Je me disais juste que vous avez fait fort avec votre flotte, pour prendre la ville, avec le requin… -Le requin ? » Joft manqua de peu de perdre son aplomb. Velouttine ne savait pas de quoi il parlait. Cela signifiait qu’il restait des cartes dans les manches de McFly, pour retourner la situation. Joft ne devait pas vendre la mèche, comme il venait presque de le faire. « Oui, McFly. Improvisa Joft. J’aime bien l’appeler le requin, car… Vous savez… Il est intelligent… Et agressif… » Joft se tourna vers Filerd pour qu’il soutienne son mensonge, mais il constata avec horreur que son acolyte le regardait avec un air de totale incrédulité. Heureusement, Filerd compris ce qu’il devait faire lorsque Joft lui adressa un clin d’œil rapide, qui passa inaperçu à tous les autres. Il enchérit : « Mais c’est vrai qu’il n’aime pas ce surnom. » Velouttine regarda les deux d’un regard douteux. Mais elle n’avait pas de temps à leur consacrer. Si des renforts étaient arrivés, ils devaient préparer leurs troupes autour de la station pyramide. Elle ordonna qu’on les attache et que les soldats continuent de les surveiller. Elle prit ensuite congé des deux prisonniers. Sur le pont de la Lune de Midi, Inno essayait d’aligner son tir. Il regardait à travers les lentilles de son fusil, observait la girouette et l’anémomètre du coin de l’œil, et faisait des ajustements de quelques degrés à la fois. Tout autour, il n’y avait que le bruit du vent, et le craquement des planches qui s’accommodaient au tangage. Après un dernier ajustement, Inno posa son fusil, et empoigna le lance-harpon avec fermeté. Il posa ses yeux sur la girouette et ne la quitta pas des yeux. Tout le monde avait retenu sa respiration. Le vent soufflait vers le nord, puis se dirigea vers l’ouest, doucement. Soudain, Inno bloqua sa respiration, et appuya sur la détente. La tige métallique fut projetée dans les airs, amorçant une trajectoire parabolique en direction des jardins suspendus. Mediaco ramassa le fusil d’Inno et utilisa les lentilles pour suivre le harpon des yeux. Il prit de l’altitude, puis commença à redescendre. Tout le monde essayait de suivre le projectile des yeux, même si c’était presque impossible dans le ciel de ce début de nuit. Voir un harpon parcourir une telle distance était inimaginable. Dans le silence, Mediaco s’exclama : « Ah ! » Tout le monde se tourna vers lui, alors qu’il reposait le fusil. Avec un grand sourire, il annonça : « En plein dans le mille ! » L’annonce fut accueillie par des exclamations de joie, qui s’interrompirent au moment où Inno s’avança vers Mediaco. « Il est l’heure de respecter votre part, maintenant. -Bien sûr ! » Déclara Mediaco en ouvrant en grand les bras. Le silence retomba. Personne n’avait bougé. « Hé bien ? Demanda Inno. Libérez les prisonniers. -C’est déjà fait, répondit Mediaco en abaissant les bras. Tous les prisonniers libérés sont tout autour de vous ! » Inno leva son pistolet et appuya sur la détente sans hésiter. A sa surprise, il n’y eût aucune détonation. Juste un craquement métallique lui indiquant que le pistolet était cassé. Quatre hommes se jetèrent sur le tireur pour le désarmer et l’immobiliser. L’instant d’après, Inno était à genoux. « Vous pouvez remercier Yug pour ce coup là. C’est une technique de son invention. Il y a une manière de saboter les pistolets Minoriviens de telle sorte qu’ils puissent tirer une fois puis se briser quand l’on essaye de tirer une seconde fois. -Alors vous m’avez filé un pistolet déchargé pour que gâche mon premier tir. » Mediaco répondit juste avec un sourire. « Si j’ai l’occasion de vous tuer, Mediaco, sachez que je n’hésiterai pas. -Et c’est tout à votre honneur. Au plaisir ! » Inno fut emmené rejoindre les autres prisonniers. Je rejoignis Mediaco. « Vous pensez que le message va fonctionner ? -Je l’espère. Ca serait vraiment un calvaire de devoir prendre la ville d’assaut. » Le harpon était fiché dans un arbre. Le projectile inattendu avait surpris tous les soldats Stendeliens. Mais rapidement, ils décrochèrent le message attaché à la tige de métal, puis, passant de main en main, il remonta jusqu’à Ghosthand. Le général fit tourner l’enveloppe. « Le message vient de Mediaco. Dit-il à l’adresse de Velouttine. -C’est donc pour ça que la Lune de Midi a arrêté son assaut. Il a réussi à capturer le navire. » Ghosthand acquiesça, ouvrit l’enveloppe, puis commença à lire : « Mon cher Ghosthand, Mes amitiés à l’impératrice Velouttine, qui doit sans doute se trouver à votre côté. Je vous contacte afin de solliciter votre concours aux opérations à venir. Je pense que nous pouvons mettre un terme à ce conflit de manière plus rapide et moins coûteuse, au bénéfice de tous. De plus, si tout se passe bien, mon plan permettrait de mettre en place presque immédiatemment des accords entre Stendel et Minorive. Si vous le souhaitez, je suis prêt à en discuter au moment qu’il vous conviendra. Le commandant White Hat et ses Chapeliers Blancs, qui travaillent avec nous, ne devraient pas tarder à arriver ici. Il pourra vous garantir lui-même notre alliance. A bientôt je l’espère, Mediaco » Ghosthand posa la lettre d’un geste négligent. Il déclara : « S’il veut montrer qu’il est de notre côté, il ne va pas lancer d’attaque contre nous. Cela signifie que, pour le moment, nous sommes tranquilles à l’est, comme les gardes ont arrêté leur assaut quand la Lune de Midi a cessé le feu. Nous devons nous consacrer pleinement à Dark Shadow et Jatern à présent. D’après les deux prisonniers, ils ont fait venir des renforts ? -En effet, confirma Velouttine. Equipés d’un nouvel armement plus performant. -Nous n’avons pas d’information sur leur nombre ? -En effet, rien. » Ghosthand réfléchissait sur comment gérer la situation à présent. Il décida de rester sur une position défensive jusqu’à l’arrivée de White Hat. Lorsqu’il allait l’annoncer à ses hommes, le son d’une énorme explosion l’arrêta. Toutes les personnes présentes se précipitèrent au dehors. Sur l’océan, une formidable gerbe de flammes commençait à diminuer, même si elle s’élevait encore à des dizaines de mètres de hauteur. Ghosthand et Velouttine constatèrent avec horreur que l’un des navires de la flotte venait d’être détruit de manière spectaculaire. Ghosthand s’écria : « Redéployez immédiatement les navires amarrés ! Qu’ils se reculent de la côte ! Ramenez des canons vers le port ! » Par chance, Joft et Filerd avaient également une bonne vue sur l’océan. Joft murmura à Filerd : « McFly a déployé le requin. »
  3. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco ! Yeah, c'est dans les temps ! Ce coup-ci on retrouve un peu tout les personnages à Babylone, avec un peu d'action. Si tout se passe comme prévu, on se retrouve le quinze pour la suite. Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 30 : TERMINUS Le train venait de s’arrêter. Joft et Filerd regardaient l’endroit où ils étaient. La locomotive s’était arrêtée dans ce qui ressemblait effectivement à une gare. L’architecture du lieu leur donnait l’impression qu’ils étaient sous une pyramide, à cause de la forme du haut plafond. Les choix décoratifs, avec du grès ciselé et un éclairage aux pierres lumineuses, indiquait définitvement qu’ils se trouvaient à Babylone. Joft ne perdit pas une seconde, et grimpa sur le toit. A plat ventre sur le wagon, il tendit la main à Filerd pour l’aider à faire de même. « Allez viens ! On sera dans un angle mort ici. Il faut qu’on trouve une sortie, et qu’on aille prévenir la garde de ce qu’il se passe. » Filerd prit sans hésiter la main de Joft. Quelques secondes plus tard, ils étaient tous les deux à ramper sur le toit du train alors que des hommes descendaient de certains wagons. Les soldats se chargeaient en armes et munitions. Joft et Filerd purent constater que les caisses des autres wagons contenaient également des explosifs en tout genre, mais aussi des canons miniatures et les boulets associés. Soudain, un horrible crissement résonna dans la gare. Joft et Filerd jetèrent un œil d’où il provenait. L’une des entrées était verrouillée par une lourde porte en fer à double battant. Quelque chose poussait de l’autre côté. Dans l’entrebâillement parurent deux hommes. Joft reconnut Dark Shadow. Il ne connaissait pas l’autre, Jatern. Il ignorait également quelle technologie ils s’étaient procurés dans le laboratoire de McFly. Tout ce qu’il pouvait constater était l’aisance relative avec laquelle ils purent faire basculer les deux lourds panneaux métalliques. Les deux nouveaux venus rejoignirent les hommes qui s’équipaient. Dans le bruit ambiant, ni Joft ni Filerd ne comprenaient leur conversation. Jetant un coup d’œil à l’entrée, Joft se rendit compte qu’elle était ouverte, et sans surveillance. « Filerd ? -Quoi ? » Joft fit un mouvement du menton vers la sortie. « On descend et on sort par là. » Filerd ouvrit grand les yeux. « C’est une blague ? On va être troué de balles sans avoir fait dix mètres ! -Non, non, il suffit qu’on ait l’air convaincus. Le temps qu’ils se rendent compte de ce qu’on fait, on sera assez proches de la sortie pour l’atteindre en courant. » Filerd regarda autour de lui. « T’es vraiment sûr de toi ? » Joft hocha la tête. Filerd patienta un instant, puis répondit : « D’accord. Je te suis. » Le duo continua jusqu’à la locomotive. Une fois devant, ils s’assurèrent que personne ne se trouvait dans la cabine de pilotage, et se laissèrent tomber sur la rampe d’accès. Joft respira un grand coup. « D’accord. Je te suis. » Le duo continua à avancer jusqu’à la locomotive. Une fois devant, ils s’assurèrent que personne ne se trouvait dans la cabine de pilotage, et se laissèrent tomber sur la rampe d’accès. Joft respira un grand coup. « T’es prêt ? -Faut bien. » Joft s’engagea sur les hautes marches jusqu’au sol, Filerd derrière lui. La tête haute, le pas décidé, les deux hommes marchèrent droit vers la sortie comme s’ils savaient ce qu’ils faisaient. Comme Joft l’avait prédit, personne ne fit attention à eux. Aux trois quarts du chemin, Filerd s’apprêtait à féliciter Joft pour son idée, lorsqu’une voix résonna dans le bâtiment. « Hé, vous deux là-bas ! Vous fichez quoi ? » Joft avait reconnu la voix de Dark Shadow. Il ordonna tout de suite à Filerd : « Continue, fais comme si on avait pas entendu. » Ils accélèrent le pas. « Arrêtez-vous immédiatement ! » Ils firent deux pas de plus : un coup de feu retentit. La balle les manqua de peu. Cette fois-ci, ils s’arrêtèrent. « Bien. Revenez ici un moment, pour voir. » Filerd jeta un coup d’œil à Joft. Ce dernier avait l’air décidé. Filerd craignait ce que ça pouvait signifier. « Filerd, tu es prêt à courir ? » Filerd hocha la tête. « Je ne répèterai pas ! » S’exclama Dark Shadow, visiblement à court de patiente. Joft lança « Go ! » puis commença sa course vers la porte. Il n’y eût pas qu’un coup de feu. D’autres soldats avaient mis les deux fuyards dans leur ligne de mire. Par miracle, aucun des projectiles n’atteignirent leur cible. L’instant d’après, ils franchirent la porte. Le duo grimpa les marches quatre à quatre en direction de la surface. Juste après, ils étaient à l’extérieur. Dans le ciel de la ville brillaient déjà les premières étoiles. Alors qu’ils reprenaient leur respiration, en supposant à raison que les soldats en bas ne s’étaient pas lancés à leur poursuite, ils s’interrompirent lorsque plusieurs fusils furent braqués sur eux. Les Stendeliens venaient de faire une bonne capture. Velouttine avait observé la scène à travers des jumelles depuis les jardins suspendus. En attendant le rapport de ses troupes pour comprendre comment ces deux hommes s’étaient retrouvés là, elle reporta son attention sur la Lune de Midi. Le dirigeable avait cessé de faire feu depuis une bonne dizaine de minutes déjà. De plus, il s’était élevé de telle sorte à être hors de portée de toute tentative d’assaut Stendelien. Malheureusement, impossible de savoir ce qu’il s’était produit pour le moment. A cause de l’angle d’observation, ce qu’il se passait sur le pont était une inconnue. Velouttine jeta un coup d’œil en direction des prisonniers. Prêtant une attention plus grande à leur observation, cette fois-ci elle reconnut Joft. Elle ne connaissait toujours pas la personne qui l’accompagnait. Sur le pont de la Lune de Midi, la situation était de nouveau calme. Les membres d’équipage étaient désormais prisonniers, et les évadés membres d’équipage. Le coup de Mediaco a profité de la grande cellule à présent vide pour mettre ces nouveaux détenus à l’ombre. Un seul n’avait pas été emmené, sous l’ordre de Mediaco : Inno. Attaché et sous haute surveillance, le tireur d’élite était toujours sur le pont. Inno se demandait se qu’il allait se passer. Mediaco mis fin à son attente en s’adressant à lui. « Alors, nous avons là le meilleur tireur de Minorive ? -Surtout le plus malchanceux, j’ai l’impression. » Mediaco haussa les épaules. « Je pense que la malchance est la marque des meilleurs. Il faut composer avec qu’importe à quel point elle ruine les plans les mieux conçus ! » Inno ne semblait pas disposé à la conversation. Avec un regard noir, il dit à Mediaco : « Qu’est-ce que vous voulez ? » Mediaco claqua des mains en souriant. « Ah, nous avons quelqu’un de perspicace. Si j’ai besoin de vous, Inno, c’est pour transmettre un message. » Si Inno était surpris, il ne laissa rien paraître. « Voyez-vous, je doute que l’on réussisse à se poser en pleine ville avec tous les Stendeliens. Par conséquent, j’aimerais votre aide pour utiliser ceci. » Mediaco fit un pas sur le côté et montra d’un geste du bras l’un des lance-harpon sur pivot monté sur la balustrade du navire. Inno eût un petit rire. « Vous voulez que je colle un harpon dans le crâne de Ghosthand ? C’est ça le message ? -Haha, non, bien sûr que non. Il y a une lettre fermement attachée au harpon. Ce que je veux c’est que ce harpon atterisse sans blesser personne dans les jardins suspendus ; sachant, bien sûr, que l’on ne peut pas s’approcher sans nous retrouver sous ennemi. » Inno regarda le harpon, puis Mediaco. « Je pense pouvoir faire le tir, ouais, mais qu’est-ce que j’y gagne ? -La libération des prisonniers. » Inno ouvrit grand les yeux. « C’est une blague ? -Bien sûr que non. -Tous les prionniers ? -Jusqu’au dernier ? Vous pouvez considérer que c’est même déjà acté, et qu’il s’agit d’un remboursement pour les problèmes auxquels nous avons fait face. -C’est bien beau, mais j’ai quelles garanties ? -Je peux vous en donner qu’une. » Mediaco décrocha le pistolet à sa ceinture, le fit tourner entre ses doigts, et le tendit à Inno, qu’il puisse saisir la crosse. Inno porta son regard sur l’arme. Il s’agissait d’un pistolet à silex standard de la garde Babylonienne. « Si jamais je manque à mes engagements, vous pourrez me coller une balle dans la tête. » Inno se saisit de l’arme d’un geste lent et doux. Dès que Mediaco eût à peine relaché son étreinte sur le canon du pistolet qu’Inno fit un brutal geste vers le haut, pointant l’arme entre les deux yeux de Mediaco. Sans le moindre moment d’hésitation, il appuya sur la détente. Le claquement du silex rompit le silence, mais il n’y eût aucune détonation. Inno baissa le bras. « Quelle sacrée garantie, dis donc. » Dit-il. Mediaco éclata de rire. « Je m’attendais à ce type de réaction, mais pas aussi rapidement ! Mon dieu, Inno, vous auriez votre place à n’importe quel diner diplomatique s’il s’agit là de votre capacité à négocier. Une chance que je m’y attendais. Tenez, voilà de quoi charger votre arme. » Mediaco remit une cartouche à Inno. Dès qu’il l’eût en main, il la lança par-dessus bord, sous les yeux ébahis de tout le monde. « Je n’aurais pas essayé si l’on m’avait donné un pistolet chargé. Vous pensez vraiment que je ne l’aurais pas remarqué ? Les armes à feu sont un peu mon domaine, si vous en doutiez. Hors de question que j’accepte un autre cadeau de votre part après ça. » Il parcourut des yeux l’assistance et pointa du doigt l’un des soldats. « Toi, là, donne-moi une munition. » Inno reporta son regard sur Mediaco. « Au moins je suis sûr qu’il n’y aura pas d’entourloupe ce coup-ci. » Mediaco acquiesça, tout en disant : « Comme il vous convient. » Le soldat s’approcha, remettant une munition à Inno, qui chargea l’arme d’une série de gestes experts. Une fois le pistolet prêt, il l’arma, et le pointa de nouveau sur Mediaco. Alors que les soldats amorcèrent un mouvement pour l’arrêter, Mediaco leur ordonna de s’arrêter. « Qu’il tire s’il le désire. Il est dans son droit. » Un lourd silence s’installa sur le pont. Inno baissa son arme. « Je suppose que la garantie vous convient. -En effet. » Inno pointa le lance-harpon d’une geste. « Par contre si vous voulez que j’atteigne ma cible il y a des trucs à faire. -Nous vous écoutons. -Il me faut une chaise, la girouette ainsi que l’anémomètre de l’arrière du navire, mais aussi mon fusil. Je compte pas m’en servir pour tirer mais j’ai besoin des lentilles. Elles sont bien mieux que les longues vues que l’on a sous la main. » Le silence retomba, tout le monde immobile. Mediaco regarda l’assistance, et s’exclama : « Hé bien, vous l’avez entendu non ? Au travail ! »
  4. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco ! Un chapitre bien centré cette fois-ci, pas de saut d'un point de vue à l'autre. C'était limite pour que ce chapitre arrive aujourd'hui avec le boulot que j'ai, mais j'ai réussi ! Normalement, vous aurez droit à un chapitre tout les premier et quinze de chaque mois. Me connaissant, je prendrais pas cette promesse au mot, mais je pense que ça devrais le faire. Du coup on se retrouve le premier Février. Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 29 : DUEL EN CABINE Inno pressa la détente. Alors que tout le monde s’attendait à une détonation, un simple cliquetis résonna dans l’air. Par miracle, Inno était arrivé à court de munitions. Paniqué, il chercha des yeux de quoi recharger son arme. Mediaco lança : « A l’attaque ! » Et les soldats se lancèrent dans un combat avec des cris rageurs. Mediaco prit son élan. Il se rua vers le côté gauche du navire, évitant au passage les tentatives des gardes Babyloniens pour l’arrêter. D’un bond, Mediaco se tint sur la balustrade. Alors que son élan semblait l’entrainer dans le vide, il trancha l’une des cordes soutenant le ballon du dirigeable, et s’y agrippa. Poussé par la force de sa course, Mediaco fut un instant suspendu au dessus du vide, à plusieurs dizaines de mètres du sol. Faisant une trajectoire en arc de cercle vers l’arrière du navire, Mediaco fut aussi entrainé vers le haut. En effet, la corde n’étant plus retenue par le poids du navire du côté gauche, elle glissait sur les ballons, entrainée par la masse plus importante du côté droit. Par pur génie ou par une chance incroyable, Mediaco revint sur le navire à la bonne hauteur au niveau de la partie supérieure du pont, là où se tenait Inno. Mediaco lâcha la corde, encore au dessus du vide. Il continua son mouvement, posant le pied sur la balustrade. Puis, se servant de cet appui, Mediaco se projeta vers l’avant. Croisant les bras devant son visage, il se protégea de l’impact qui arrivait. L’instant d’après, Mediaco percuta Inno de plein fouet. Ce dernier, surpris, fut projeté en arrière par la force du choc. Il heurta le gouvernail, avant de tomber par terre. La roue dirigeant le navire commença à tourner, faisant tanguer la Lune de Midi vers tribord. Chacun, sentant le sol s’incliner sous ses pieds, chercha un moyen de garder son équilibre, tout en faisant attention à ne pas être atteint par une attaque adverse. Un soldat Babylonien, visiblement plus prompt que les autres, se saisit du gouvernail et le redressa, permettant au navire de revenir à l’horizontale. Mediaco se releva d’un bond, l’épée à la main, et engagea le combat contre les gardes qui l’encerclait. Pendant ce temps, les soldats et moi essayaient de libérer la voie pour le rejoindre. De tous les étages du navire, c’était celui-ci qui était le plus chargé de gardes Babyloniens. Chacun dû user de sa meilleure dextérité pour ne pas être mis à terre. Mediaco reculait. Malgré l’étendue de sa technique, il était difficile de lutter contre un grand nombre d’adversaires en même temps. Alors qu’il faisait glisser son pied en arrière pour reculer, son talon heurta la balustrade à l’arrière du pont. Il fit une grimace. Mediaco avait compris qu’il était dos au mur. Il bondit sue la rambarde. Ensuite, de grands mouvements de son épée, il écarta ses adversaires. Une fois que ces derniers furent à une distance respectable, Mediaco s’inclina. « Messieurs, ce n’est pas que votre compagnie m’insupporte, mais je m’éclipse. » Mediaco donna une toute légère impulsion dans se jambes, sautant de quelques centimètres, avant de retomber à la verticale derrière la barrière. Les soldats se précipitèrent. Regardant par-dessus la balustrade, ils purent constater, médusés, que Mediaco avait planté son épée dans le bois, et se tenait suspendu ainsi. Mediaco adressa à ses spectateurs un signe de la main. « Je vais dire bonjour à mon hôte ! S’exclama-t-il. Il serait mal amené de ma part de ne pas le faire, non ? » Donnant un mouvement de bras dans le pommeau de sa lame, Mediaco bascula contre le navire. A pieds joints, il brisa la vitre qui le séparait de la cabine de McFly. Au milieu des débris de verre, Mediaco réussit sa réception. Sans perdre le moindre instant, il se mis en garde. L’endroit semblait désert. Les seuls sons que Mediaco entendait provenait de la bataille. Mediaco s’avança, les morceaux de verre crissant sous ses chaussures. La grande pièce était richement décorée. Sur des tables reposaient diverses cartes et outils de navigation. Tout était si finement lustré que les surfaces en brillaient presque dans l’obscurité ambiante. Mediaco s’était avancé jusqu’au centre de la pièce. Soudain, il entendit un bruit sur sa gauche, hors de son champ de vision. Par instinct, il plongea au sol. C’était juste. L’une des tables venait d’être projetée sur Mediaco, et elle passa à quelques centimètres au dessus de sa tête, grâce à son esquive in extremis. Mediaco ne perdit pas un instant pour se relever. Le sifflement caractéristique de la vapeur s’échappant par une soupape se fit entendre, avant s’interrompre avec un claquement sec. Devant Mediaco se dressait à présent McFly, droit et fier dans son Armure Motorisée à Vapeur, modèle trois. D’un mouvement des bras, deux lames sortirent des avant-bras de l’armure, s’étendant au dessus des poignets de McFly. « Merci de me donner une occasion de tester cet appareil, Mediaco. » Mediaco sourit à McFly, puis il éclata de rire. « Tout le plaisir est pour moi. Mais tu sais, c’est pas bien de me tenter avec des jouets pareils. Une fois que j’aurais pris ce navire, tu m’offres aussi une super armure ? Je te remercie de ta générosité ! » McFly adressa à Mediaco un sourire dédaigneux. « Cette fois c’est fini. » Le maire chargea. Mediaco recula en évitant coup sur coup. Voyant une ouverture, Mediaco envoya un coup d’estoc. A sa surprise, McFly se saisit de la lame d’une main, protégé par l’armure. D’une torsion du poignet, la lame se plia légèrement avant de se briser. Alors que McFly levait els yeux pour voir la réaction de son adversaire, il se prit un coup au visage. Mediaco n’avait pas hésité, utilisant même la garde de sa lame pour que le coup de poing soit plus violent. McFly, sonnée et surpris, fut paralysé un instant par le choc. Alors que Mediaco s’apprêtait à lui asséner un second coup de plein visage, le maire bondit en arrière pour s’écarter. Se remettant vite les idées en place, McFly se rendit compte qu’il tenait toujours un morceau d’épée de Mediaco. Vif comme l’éclair, il lança le morceau de lame sur son adversaire. N’ayant pas le temps de l’esquiver, Mediaco para l’acier avec ce qu’il lui restait de lame. Le projectile glissa contre la demi épée, érafla l’épaule de Mediaco, puis finit sa course en se fichant droit dans le mur derrière lui. Mediaco regarda le résultat de l’attaque, puis se retourna vers McFly. Il s’écria en soulevant les bras : « Je peux faire la même chose aussi ! » Mediaco lança son épée sur McFly. Croisant les bras, ce dernier para l’attaque de ses avant-bras protégés par l’armure. McFly ouvrit ensuite les bras. « Je m’attendais à un combat plus… » McFly arrêta sa phrase. Mediaco n’était plus là. Il était occupé à décrocher du mur deux épées, suspendues là de manière décorative, plusieurs mètres plus loin. Les deux épées glissèrent de leur support avec un son satisfaisant. Mediaco fit de nouveau face à McFly, avec deux épées cette fois-ci. « Un combat plus quoi, McFly ? Facile ? Désolé, je tourne déjà à bas régime, je n’arrive pas à croire que tu ne puisses pas suivre ! » Mediaco chargea cette fois-ci. Une fois assez proche, il fit une fente en avant, sa la gauche pointée droit sur l’ennemi. McFly attrapa la lame comme précédemment, ayant la ferme intention de briser de nouveau l’épée. Il arrêta la lame, mais n’eût pas le temps de la tordre : Mediaco lui assénait un coup de taille avec sa seconde épée. McFly lâcha l’acier et recula pour éviter. Mediaco, quelque peu emporté par son élan, et ne s’attendant pas à une réaction si rapide de la part de son adversaire, fut soudain ouvert à la contre-attaque. McFly ne laissa pas passer cette opportunité, et bondit sur Mediaco, toutes lames dehors. Mediaco se laissa tomber en arrière, évitant l’assaut. A pieds joints, il envoya ses jambes droit dans le ventre de McFly, qui chancela. Ensuite, Mediaco tourna sur lui-même, de telle sorte de pouvoir saisir la jambe McFly, qu’il tira vers lui avec force. Déjà déséquilibré, le maire tomba à la renverse. Mediaco essaya de se relever. McFly, n’ayant rien perdu de ses moyens, envoya un coup de pied dans la mâchoire de Mediaco, qui fut sonné sous le choc. Les deux adversaires se relevèrent, un peu gauche des coups qu’ils s’étaient portés l’un à l’autre. Mediaco se mis en garde avec ses deux épées. « Alors, McFly va-t-il enfin rétablir la justice en vainquant le grand Mediaco ? -J’y compte bien. » McFly tendit le bras vers Mediaco, sa lame pointée sur lui. Mediaco comprit trop tard. Dans un nuage de vapeur, la lame fut soudain projetée vers lui. Mediaco bondit sur le côté pour tenter de l’esquiver. Il plia les bras pour se protéger. Alors qu’il pensait avoir échappé à l’attaque de la plus fine des marges, l’acier trancha sa peau. La lame, à peine déviée de sa trajectoire par le contact, continua sa course jusqu’au mur. Mediaco jeta un œil aux dégats : une blessure longue, sur presque toute la longueur de son avant-bras, mais superficielle. La plaie saignait cependant bien, et la douleur ne s’arrêtait pas à un simple picotement. McFly leva son autre bras. Il lui restait un projectile. Mediaco se prépara à l’esquiver. Pendant un court instant, il ne se passa rien. Puis, soudain, la porte de la cabine s’ouvrit à la volée, presque arrachée à ses gonds. Les évadés entrèrent dans la pièce, leurs fusils pointés sur McFly. Mediaco haussa les épaules, en lançant un regard entendu à son adversaire. « Je l’avais bien dit ! » McFly, les dents serrées, baissa son bras. Alors que les soldats commençaient à s’approcher, il attrapa la table qui se trouvait à côté de lui et la lança sur ses assaillants. Dans la panique, des coups de feu partirent. Mediaco chargea pour intercepter McFly ? Au lieu de l’affronter, ce dernier courut vers la fenêtre par laquelle Mediaco s’était entré. McFly se jeta dans le vide. Mediaco se pencha par la fenêtre. Alors qu’il chutait, McFly tira sur une manette pour activer la paire d’ailes qu’il avait dans le dos. Il commença à planer doucement en direction du sol. Mediaco se retourna vers ses troupes, en train de se dépêtrer de la dernière attaque de McFly. Il s’exclama : « Messieurs, nous pouvons célébrer. C’est une victoire ! »
  5. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco ! Je vous souhaite un joyeux Noël avec un peu de retard et une bonne année avec un peu d'avance. Mes résolutions pour 2019 ? Réussir à faire un chapitre tous les quinze jours. Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 28 : LA REMONTÉE DES ÉTAGES Sur le pont de la Lune de Midi, les gardes Babyloniens s’activaient. Cela faisait un petit moment qu’ils avaient lancé l’assaut contre leur ville, passée sous contrôle ennemi. Les canons crachaient du feu dans une tonitruante cacophonie. Inno se promenait sur le pont principal. Non affecté à la manipulation des canons, il commençait à s’ennuyer. Malgré le bruit, il réussit à interpeller McFly, qui se trouvait plus haut, près de la barre. « Ohé, monsieur le maire ! Je peux prendre quelques tirs ? J’aurais besoin de la girouette ! » McFly lui fit signe de le rejoindre là où il se trouvait. Inno se dépêcha de grimper les marches pour rejoindre le maire. « Inno, tu peux tirer à volonté. Par contre, j’ai besoin que tu renseignes tout ce que tu vois des lignes ennemies. » Inno eût une mine réjouie, et salua le maire. « A vos ordres. » Inno se posta sur l’arrière du navire. A cet endroit, il y avait une girouette et in indicateur de la vitesse du vent, normalement utilisés pour la navigation. Inno posa le canon de son fusil sur la rambarde puis commença le laborieux travail de régler les lentilles de l’arme. Une fois qu’il avait une parfaite vue sur ce qu’il se passait en contrebas, Inno commença à enchainer les tirs, tout en récitant de manière laconique la position et l’organisation des troupes visibles. Rapidement, les troupes Stendeliennes passèrent d’une stratégie aggressive contre le dirigeable à une stratégie défensive. Alors que le fusil d’Inno était déjà équipé du meilleur système de visée imaginable, McFly avait ajouté un nouveau système pour le recharger : le mécanisme à verrou. « Qu’est ce que c’est que ce truc ? » Demanda Filerd, en observant l’un des fusils qu’il avait sorti de la caisse. Joft observa l’objet. Une petite manette se situait au niveau de la culasse. L’empoignant, il la fit pivoter, puis il la tira vers lui, révélant une petite ouverture. « Oh, c’est brillant ! S’exclama-t-il. On a des munitions pour ces trucs ? » Joft remis le nez dans la caisse. Il trouva ce qu’il cherchait. Joft sortit une boite de munitions qui se situait contre l’un des bords de son conteneur. Sortant une balle de la boîte, il montra à Filerd ce qu’il pensait être correct. Avec un cliquetis satisfaisant, la cartouche pris sa place dans le canon du fusil. Joft poussa puis pivota une nouvelle fois la poignée. « C’est tellement plus efficace comme ça. Si on doit affronter une armée équipée de ces fusils, on serait mal… » Voilà ce qu’était un fusil équipé d’un mécanisme à verrou. Filerd réfléchit. « Vu la situation, ce sont des Minoriviens qui vont s’en servir, non ? -Tu as raison, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont dans notre camp pour autant. » Le train continuait à ralentir, alors que la luminosité augmentait de plus en plus. Joft attrapa toutes les munitions qu’il pouvait porter, et invita Filerd à faire de même. Les deux compères attendirent encore, cette fois parés à affronter quiconque se dresserait contre eux. Au quartier général Stendelien établi provisoirement dans les jardins suspendus de Babylone, la situation n’était pas réconfortante. Au nord-ouest, Dark Shadow et Jatern, équipés d’un armement expérimental fabriqué par McFly, abattaient tout ce qui se trouvait sur leur passage. A l’est, haut dans le ciel, la Lune de Midi pilonnait les murs de la cité. Velouttine se chargeait de transmettre les ordres pour gérer les deux combattants en AMV, tandis que Ghosthand gérait le front est. Face à Dark Shadow et Jatern, la stratégie était simple. Velouttine avait ordonné un repli : personne ne devait se mettre en travers de leur chemin. En revanche, un périmètre d’observation avait été établi pour les suivre. L’impératrice avait ainsi décidé de protéger la vie de ses hommes, au sacrifice de laisser faire leurs ennemis. Du côté de la Lune de Midi, les Stendeliens avaient pris une formation défensive. Ils n’avaient de toute façon pas grand moyen d’atteindre le dirigeable. Les soldats prenaient couverture comme ils le pouvaient, derrière les créneaux des murailles. Quand ils pouvaient, ils quittaient leur couverture pour tenter de mettre un tir dans le mille. La plupart du temps, la balle n’atteignait pas la cible voulue, s’écrasant contre la coque, ou disparaissant vers l’horizon. La garde Babylonienne restée au sol, galvanisée par l’assaut de la Lune de Midi, venait de repartir à l’attaque. Après avoir assuré l’évacuation de la ville dans les abris de la banlieue ils avaient maintenant les mains libres pour forcer leur entrée dans la cité. Comme les défenses Stendeliennes étaient incapacitées par l’attaque aérienne, les hommes de la garde commencèrent à enfoncer la porte est. Jamais les soldats n’auraient imaginé devoir assaillir leur propre ville. L’ironie de la situation n’avait en tout cas pas échappé à Mediaco. Alors qu’il avait pu accéder à la réserve d’armes et de munitions du navire, tous les prisonniers étaient désormais équipés pour participer au combat. Mediaco riait à voix basse, puis il me dit : « C’est pas génial ? On combat des Minoriviens du gouvernement avec des Minoriviens trahis par le gouvernement, et eux se battent contre des Stendeliens qui ont volé leur ville ! -Je n’aurais jamais osé écrire une histoire aussi farfelue. » A ma réponse, mediaco se mit à rire de plus belle. « Il faudra bien, vu que c’est vrai ! » Après cette réplique, Mediaco sourit quelques instants, avant de reprendre son sérieux. Je compris qu’il allait à présent ordonner l’assaut. Je m’efforçais de me concentrer pour la bataille qui allait arriver. Mediaco leva la main pour attirer l’attention de tout le monde. Une fois tous les regards posés sur lui, il expliqua son plan : « Très bien, messieurs, il est l’heure de passer à l’attaque. Nous devons remonter les étages jusqu’au pont principal, et faire capituler l’ennemi. Faites prisonnier tous ceux qui se rendent. S’ils ne se rendent pas, forcez-les. Il faut qu’on avance le plus vite possible. Plus on les prendra de vitesse, moins ils auront les moyens de répliquer. Il nous faut plusieurs escouades. On a besoin d’une avant-garde pour lancer l’assaut, et une arrière-garde pour éviter que ceux qui se sont rendus ne changent d’avis. C’est clair ? » Des affirmations répondirent. Déjà, les soldats se formaient en groupes. Je restais près de Mediaco. Quelques instants plus tard, les escouades étaient fermées. Mediaco appela ensuite les rôles, et les escouades eurent leurs missions attribuées. Une fois cela fait, Mediaco claqua ses mains l’une contre l’autre et les frottas ensemble. « Messieurs, nous allons à présent débuter l’attaque. » Chacun prépara ses armes. Mediaco ouvrit le bal en se précipitant dans l’escalier donnant l’accès aux niveaux supérieurs. Dès qu’il se retrouva au milieu des soldats à l’étage d’au dessus, il s’écria à pleins poumons : « Le grand Mediaco va prendre le contrôle de ce navire ! Rendez-vous ou préparez-vous à vous battre ! » Tous les gardes Babyloniens se figèrent, comme s’ils venaient d’être foudroyés par la surprise. Puis, en un mouvement presque uniforme, ils tirèrent leurs épées. Mediaco éclata de rire. « Voilà, c’est l’esprit ! En avant ! » Du bas des marches surgirent les escouades qui venaient d’être libérées, déclenchant le début d’une formidable mêlée générale au cœur du navire. Lame contre lame, acier contre acier, la bataille faisait rage. L’étage ne tint pas longtemps. L’équipage se trouvant là composé principalement des opérateurs des canons, ils étaient moins capables que les gardes qui nous attendaient au dessus. Nous montâmes les marches. Cette fois, les soldats nous attendaient de pied ferme. Alors que je faisais de mon mieux pour ne pas me faire désarmer par un soldat adverse, Mediaco en affrontait trois simultanément. Ayant ramassé une seconde épée, Mediaco tenait en retrait les gardes. De sa main gauche, il faisait tournoyer sa lame dans des mouvements désordonnés et irréfléchis. De sa main droite, il agrippait fermement son épée, et enchainait parades et coups d’estoc, témoignant de sa dextérité sans pareille. Malgré son style très personnel, Mediaco était un bretteur hors de pair. L’avancée fut soudain plus difficile. Nous étions au dernier étage avant le pont principal, et les soldats en face s’étaient vite organisés. Cependant, notre avancée continuait. Un par un, les soldats ennemis étaient contraints de cesser le combat. Au bout d’un moment, le plus haut niveau de cale finit sous notre contrôle. Sans ralentir le rythme, nous avons escaladé les dernières marches jusqu’au pont principal. Dès que Mediaco arriva à l’air libre, il balaya l’endroit des yeux. Des soldats et des artilleurs, visiblement en même nombre que pour les étages précédents, se tenaient sur les planches, prêts à en découdre. Surprenamment, McFly n’était pas en vue. Alors que je me préparais à échanger des coups contre de nouveaux adversaires, une lueur attira mon attention. Debout, à côté du gouvernail, et surplombant la scène, Inno se tenait droit, fusil à la main. Les rayons du Soleil couchant se reflètaient sur les lentilles de verre de l’arme. Lentement, Inno baissa le canon de son arme, qu’il pointe droit sur Mediaco.
  6. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco ! Et voilà le gros chapitre ! Si tout ce passe bien, il y aura un autre chapitre avant la fin de l'année, et pour Noël avec un peu de chance (taille normale cette fois-ci). Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 27 : L’ARRIVEE A BABYLONE Après quelques minutes, le Soleil avait complètement disparu derrière la muraille ouest de Babylone. La journée de bataille allait se terminer sur la victoire des Stendeliens. Malgré la résistance farouche que la garde leur avait opposée, les derniers retranchements dans les habitations étaient tombés. Les derniers gardes entre les murs s’étaient rendus. Toute la zone intra-muros était passée sous contrôle Stendelien. Sans attendre un instant, les envahisseurs installèrent leur camp de base dans la ville, et le déchargement du matériel fut lancé. Ghosthand et Velouttine descendirent du vaisseau amiral, mettant pied sur les pontons du port. Se dirigeant vers l’emplacement du nouveau quartier général, un capitaine se présenta devant ses supérieurs, les saluant, puis les suivant alors qu’ils continuaient à avancer. « Général, votre majesté, la situation est totalement sous contrôle. Nos meilleurs tireurs sont à présent postés sur les murailles. La ville est une forteresse sous notre contrôle. Cependant, nous n’avons pas pu accéder au sous-sol de la villa de McFly et au laboratoire de McFly. Nous avons tout essayé. -Très bien. Assurez-vous que cela reste verrouillé alors. Il ne vaudrait mieux pas que ce qu’il y a là-dedans soit récupéré par quelqu’un d’autre que nous. » Le capitaine salua une dernière fois avant de s’éclipser. Ghosthand et Velouttine poursuivirent leur marche vers les jardins suspendus. La grande structure, au centre de la cité, avait été convertie en quartier général. Au milieu des plantes grimpantes et des arbres exotiques se décidaient les actions qui allaient suivre. Lorsque le général et l’impératrice arrivèrent, ils n’eurent pas besoin de réclamer le silence. Tous els chefs d’escouade présents ne purent que s’incliner devant les deux concepteurs du plan ayant permis la prise de la ville en une journée. Ghosthand posa ses deux mains à plat sur la table, et balaya du regard les personnes présentes, dans un silence pesant. Chacun s’attendait à une déclaration dramatique. Ils furent surpris. « Messieurs. Félicitations à tous. Cette opération a été une véritable réussite. Mais nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. Il faut que nous préparions la prochaine offensive contre Minorive. De plus, nous devons… » Une détonation interrompit le général. Avant qu’il puisse demander quoi que ce soit, l’excalamation « Dirigeable Minorivien en vue ! ». Ghosthand quitta l’endroit, s’exclamant : « Tout le monde à son poste ! » « Babylone est en vue ! » A bord du dirigeable, chacun essayait d’aperçevoir la ville. « Tout le monde à son poste ! Gardez une altitude suffisante pour que l’on soit hors de portée. Chargez les canons ! Préparez vos fusils ! » McFly, sur le pont principal, donnait tous ses ordres. Plusieurs étages plus bas, le remue-ménage qu’il y avait au dessus n’avait pas échappé à Mediaco. Alors que les gardes devant sa cellule semblaient morts d’ennui à leur tâche, Mediaco décida que c’était le bon moment pour s’évader. Il commença à tousser violemment. Les deux gardes le regardèrent : « Hé, c’est pas une bonne stratégie de faire la comédie, tu nous auras pas. » Mediaco s’écroula, se tapant le crâne sur l’un des barreaux en fer. Au sol, il fut pris de convulsions. « C’est pas vrai ! S’exclama l’un des gardes. Va chercher le médecin de bord ! » Alors que le second quittait la pièce, le premier garde déverrouilla la porte en toute hâte. Dès que la porte pivota sur ses gonds, Mediaco bondit sur son adversaire, lui décochant un formidable uppercut au menton. Assommé sur le coup, le soldat Babylonien tomba à la renverse. Mediaco, sans perdre une seconde, le délesta de son épée et de son pistolet, et se mis en quête de la cellule principale, qui se trouvait à l’étage d’au-dessus. Réussissant à ne pas se faire repérer, il gravit les escaliers, puis entrouvrit la porte menant à la pièce de la cellule commune. Il restait seulement deux gardes, les autres ayant été appelés sur le pont principal. Mediaco repéra la clé de la cellule qui pendait à un crochet sur le mur. Alors que les gardes avaient le dos tourné pour surveiller les occupants de la cellule, Mediaco entrebâilla suffisamment la porte pour se glisser dans la pièce. Il longea le mur jusqu’au crochet sans un bruit. Ensuite, il décrocha la clé de son support. Plusieurs prisonniers l’avaient remarqué, moi compris. Mediaco lança la clé de la cellule. Le petit morceau de fer glissa entre les barreaux, et fut rattrapé au vol par l’un des prisonniers, qui l’a immédiatement relancé au prisonnier le plus proche de la porte. Au même moment, les deux gardes s’étaient retournés pour faire face à l’intrus. Sans laisser le temps à Mediaco d’agir, ils bondirent sur lui en dégainant leurs épées. Mediaco fut plus prompt avec la sienne. Il para l’assaut des deux hommes et les poussa en arrière. Ils diversifièrent leurs coups, attaquant simultanément de deux angles différents. Mediaco bondissait de droite à gauche, se baissant, se relevant et parant au rythme des attaques adverses. Pendant ce temps, la porte avait été déverrouillée. Les gardes étaient si concentrés sur leur affrontement qu’ils n’avaient pas pensé que ce qu’avait lancé Mediaco était la clé. Deux des prisonniers se saisirent des chaises de la table à côté de la cellule et les fracassèrent sur les crânes des deux gardes. Mediaco les remercia. Puis il brandit son épée au dessus de sa tête pour avoir l’attention de tout le monde. Il parla d’une voix assez forte pour se faire entendre de toute l’assistance, mais suffisamment faible pur ne pas alerter tout le navire. « Bien, messieurs, loyaux soldats de l’armée de Minorive, vous avez été arrêtés par votre propre gouvernement pour avoir connu ou servi sous les ordres du commandant White Hat. Messieurs, ne mâchons pas nos mots : vous avez été trahis ! Vous avez donné pour votre nation, et l’on vous a craché au visage. Je ne prétendrai pas être juste ou vertueux, d’autant que certains d’entre vous ont dû participer à mon arrestation. Mais je collabore actuellement avec le commandant White Hat. Vous devez tous savoir à quel point il aime Minorive. Il est même monté au créneau pour empêcher le conflit. Si ma Triade se bat pour son propre intérêt, les Chapeliers Blancs se dressent pour l’avenir de Minorive. Je vous demande aujourd’hui, et pour la dernière fois de votre vie, de me faire confiance. Vous avez tous le moyen de prouver votre valeur. Et pas pour moi, pour White hat. Alors préparez-vous à suivre mes ordres, et nous pourrons gagner cette bataille. Messieurs, je compte sur vous. White Hat compte sur nous. Minorive compte sur nous ! » Une fois la phrase terminée, le silence retomba. Lentement, une main se leva dans la foule, le poing fermé, droit vers le ciel. Puis une seconde, une troisième, cinq, dix, vingt… Quelques instants plus tard, tout le monde avait silencieusement répondu positivement à la déclaration de Mediaco. Bien entendu, je suivis le mouvement. Mediaco balaya du regard la pièce, avec un grand sourire, comme un enfant découvrant ses cadeaux au pied du sapin le matin de Noël. Il claqua une fois dans ses mains pour signaler à l’assistance de reporter son attention sur lui. « Très bien, il me faut deux hommes avec moi, qui prennent les armes des gardes. Il faut qu’on aille chercher de quoi équiper toute cette troupe. Ensuite, deux autres, enfilez leurs tenues, et montez la garde. Si un soldat arrive, piégez-le et vous aurez son équipement. Il ne faut surtout pas que l’alerte soit lancée avant que nous nous soyons armés. C’est clair ? » Un murmure affirmatif parcourut l’audience. « Très bien, alors en avant ! » Une nouvelle fusée de détresse s’envola dans le ciel de Babylone. Velouttine pointa ses jumelles droit d’où elle provenait. « Alors ? Demanda Ghosthand, debout à ses côtés. -Je ne vois rien, c’est un angle mort. Mais c’est l’entrée du laboratoire de McFly. » Velouttine ordonna l’envoi de renforts à cet endroit. « Un coup secret de McFly, tu penses ? -Ce dont j’ai plus peur, c’est qu’il s’agisse de Dark Shadow et son compère », répondit Velouttine. Elle reposa les jumelles sur la table à proximité. « S’ils ont trouvé l’un des joujoux de McFly je suis sûre qu’ils peuvent faire beaucoup de dégâts contre le monde. » Le soldat Stendelien mis en joue Jatern. Il n’eut pas le temps de presser la détente, que sa cible l’avait percuté d’un coup d’épaule. Le soldat fut projeté plusieurs mètres en arrière, avant d’atterrir avec un bruit sourd sur le sol de grès. Jatern agita sa main devant son visage pour dissiper les nuages de vapeur d’eau qu’il y avait autour de lui. Jetant un coup d’œil à Dark Shadow, Jatern constata qu’il se débarrassait des soldats aussi aisément que lui. Une journée : c’était le temps qu’il avait fallu pour que les deux hommes comprennent et maitrisent le fonctionnement de l’une des dernières inventions de McFly. Et quelle invention ! L’Armure Motorisée par Vapeur, raccourcie en AMV, était une armure de combat conçue pour améliorer la puissance et la défense de son porteur. L’appareil, composé de barres en acier et de nombreuses attaches en cuir, était un véritable exosquelette. La machine était conçue pour accompagner les mouvements de son porteur, et, depuis le réservoir se trouvant dans le dos, délivrer via des tuyaux flexibles de la vapeur. Cette vapeur d’eau sous pression, via un ingénieux système de pistons, permettait tout simplement d’améliorer les capacités physiques du porteur en accélérant ses mouvements, et en permettant de porter l’armure comme si elle ne pesait pas plus lourd que des feuilles de papier. La complexe machine présentait cependant deux inconvénients : le premier est la maitrise de l’appareil. Extrêmement difficile à utiliser, il faut un temps incroyable pour prendre en main l’AMV. Ensuite, l’armure a un grand problème d’autonomie. Avec le réservoir équipé, l’utilisateur ne peut utiliser que durant une demi-heure à une heure au maximum. Cependant, ce temps semble bien suffisant à Dark Shadow et Jatern, qui passaient à travers les ligues Stendeliennes sans aucun problème. Alors qu’il venait tout juste de se débarrasser d’un groupe de soldats, Dark Shadow interpella Jatern. « Allez, on bouge, il faut qu’on rejoindre la station avant que ces merveilles soient à cours de jus. » Jatern répondit par l’affirmative, puis ils s’élancèrent vers la station pyramide. Les roues tournaient à pleine vitesse sur les rails. Le train dans lequel Filerd était monté poursuivait sa course. Cela faisait un bon moment qu’il était parti. Afin d’être plus confortable, Filerd s’était allongé sur les caisses, et, ayant ôté son manteau, l’utilisait comme coussin. Soudain, il entendit un bruit, le faisant se redresser d’un coup. Il tendit l’oreille. Parmi tous les sons dus au train en marche, le dernier était différent. Comme si quelqu’un avait frappé sur un panneau de bois. Filerd attendit, se demandant s’il ne l’avait pas imaginé, ou si quelque chose au dehors n’avait pas cogné le wagon. Il s’apprêtait à baisser sa garde, lorsque le même bruit se fit entendre, plus intense cette fois-ci. Puis une troisième fois. Filerd essayait, dans l’obscurité, de localiser l’origine de ce bruit. Avec le quatrième coup, il y eût soudain un rayon de lumière. Un instant ébloui, Filerd eût le réflexe de dégainer la dague qui pendait à sa ceinture, puis il s’approcha de la source lumineuse. Les yeux s’habituaient à l’obscurité, il se rendit compte que la lumière sortait de l’une des caisses, et que quelqu’un se trouvait à l’intérieur. Le bruit de coups qu’il entendait n’était autre que la personne ouvrant la caisse de l’intérieur. Alors que Filerd s’approchait, un canon de pistolet émergea de la boite, pointé sur lui. Filerd se figea, levant instinctivement les mains en l’air. La personne dans la caisse s’exclama : « Ouais, garde tes mains en l’air là où je peux les voir, partenaire. » Filerd resta sans bouger, se demandant s’il n’avait pas déjà entendu cette voix quelque part. Alors qu’un nouveau coup était porté au couvercle de la boîte, Filerd demanda : « Joft ? » Il y eût un silence de la part de l’inconnu. « Ca dépend qui le demande. -Filerd. » Le canon du pistolet disparut dans la boîte. « Viens m’aider à ouvrir ce truc alors ! » Filerd agrippa le sommet de la caisse et tira de toutes ses forces. Les clous maintenant le couvercle finirent par céder. Depuis la boîte, éclairé par la lampe à huile qui reposait sur le sol, Joft se leva. Clignant des yeux pour voir ce qu’il y avait dans l’obscurité, il s’épousseta. Le troisième dirigeant de Minorive se tenait droit, solennel, comme s’il allait prononcer un discours. Il était dans son habituelle tenue d’apparat hors de prix aux épaulettes surdimensionnées. Il rangea son pistolet à sa ceinture. Joft et Filerd se conaissaient car ils étaient tous les deux bons amis de Neah, mais également amateurs de paris. Les deux se sont souvent croisés à la foire de la Citadelle, pour parier sur divers évènements qui s’y déroulait. « Je peux savoir ce que tu fais ici, Filerd ? -J’ai filé Zikku ce matin. Il travaillait pour mettre ce train en marche. Je me suis glissé à l’intérieur. » Joft se gratta le menton. Il considérait s’il devait parler à Filerd de ce qu’il savait. Il se résolut à une idée : « Filerd, nous sommes tous les deux dans le même bateau. Enfin, wagon. Mais tu as compris le concept. Alors maintenant, tu vas suivre mes instructions, c’est clair ? Considères-toi maintenant officiellement comme mon bras droit. -Très bien. » Joft s’assit sue le rebord de la caisse dans laquelle il était dissimulé. « Filerd, ce que je vais te révéler est confidentiel. Donc personne ne doit être au courant. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? -Tout à fait. » Joft réfléchit par où il devait commencer. Après un moment de réflexion, il se lança : « Très bien… Filerd, je suis en train de mener mon enquête sur une organisation nommée les cinquante-cinq. Je les suspecte d’être derrière l’attentat qui a commencé la guerre entre Stendel et Minorive. » Filerd fouilla dans sa mémoire. « Ah, l’explosion lors de la rencontre diplomatique, c’est ça ? J’ai l’impression que ça fait des années qu’on n’en a pas entendu parler. Tu connais leurs motivations ? -Malheureusement non. » Joft se laissa un nouvel instant de réflexion. « Tu m’as dit que Zikku avait quelque chose à voir avec ce train. Tu as vu autre chose ? -Des gardes de la Citadelle s’occupaient de l’entrée de la cachette. Ah, et Ixylls était là. » Joft se leva d’un geste, ouvrant grand les yeux, regardant Filerd droit dans les yeux. « Tu es sûr de toi ? -Absolument certain. » Joft se rassit. Les yeux dans le vague, il était pensif. Il redirigea ensuite son regard vers Filerd. « Il est bien possible que ce que je craignais soit vrai. -Et c’est ? » Joft réfléchit à nouveau, avant de répondre : « Je crois que je ne vais rien dire, avant d’être définitivement certain que ma théorie soit vérifiée. » Alors que Filerd comptait insister, pour savoir le fond de la pensée de Joft, les deux hommes sentirent quelque chose. « Le train… Ralentit ? Demanda Joft. -J’ai l’impression aussi. » Joft se précipita hors de sa caisse pour atteindre la porte coulissante du wagon. Avec l’aide de Filerd, les deux compères réussirent à ouvrir la porte. Ils constatèrent qu’ils étaient toujours dans un tunnel, mais la paroi qui défilait sous leurs les yeux était plus éloignée du train qu’au départ. Joft se risqua à pencher la tête au dehors, en essayant de voir pourquoi leur transport ralentissait. Alors que le tunnel était plongé dans l’obscurité, la lumière perçait au bout du tunnel. A l’aide de la lanterne de Joft, Filerd fit une remarque : « Les parois du tunnel sont en grès. » Joft se redressa, ne laissant plus sa tête hors du train. « Oui, et alors ? -Ca veut dire qu’il y a du sable au dessus de nous. » Joft réagit au quart de tour. « Le terminus est Babylone. » Joft fit ensuite un signe à Filerd, lui demandant de l’aider à ouvrir une caisse. « Vu que nous sommes bientôt arrivés… » La caisse s’ouvrit. Elle était remplie de fusils. « Je crois qu’il est temps de nous armer, Filerd. »
  7. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco ! J'annonce tout de suite, le chapitre suivant (le 27, pas celui d'aujourd'hui) va être plus long que les chapitres habituels. J'étais presque arrivé à la fin de mon cahier, et il n'y avait pas la place pour deux chapitres complets, donc il y aura un gros chapitre 1,6 fois plus long environ... Mais pour aujourd'hui, un peu de bataille, et des plans biens mystérieux... Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 26 : BATAILLES ET PLANS Depuis plusieurs minutes, l’air était empli de fumée, et le son des détonations résonnait dans les rues de Babylone. Alors que l’assaut sur la ville avait été prévu pour être rapide, la bataille n’était pas si facile pour les Stendeliens. A leur grand désarroi, McFly n’avait pas laissé les gardes présents aussi démunis qu’ils imaginaient. Toutes les rues étaient équipées de systèmes de défense mécaniques. Par l’action d’un levier, les gardes pouvaient déployer des barricades depuis le sol, leur offrant d’excellentes couvertures et de points défendables. Alors que l’avancée de l’offensive devait être rapide, elle était à présent ralentie sur tous les fronts. Depuis les navires, les coups de canon se poursuivaient, même s’il n’y avait plus de cible. En effet, les troupes ayant réussi leur avance dans les rues, toute la partie côtière de la ville était tombée sous contrôle Stendelien. Ghosthand ordonna l’arrêt des tirs de la flotte. Il était inutile de gâcher poudre et boulets. Cependant, Ghosthand avait besoin d’accélérer l’assaut. Il ne savait pas quand de potentiels renforts ennemis allaient arriver. S’ils devaient percer les défenses adverses, c’était le moment. Réfléchissant à ce qu’ils pouvaient faire, il eût alors une idée. Etant donné que les docks étaient sécurisés, il ordonna l’amarrage de deux des navires de la flotte. Une fois les navires prêts au débarquement, il ordonna que l’on décharge les canons. Devant la carte de la cité, il indiqua les endroits où les hommes devaient déployer l’artillerie. Lentement mais sûrement, les canons rejoignirent les zones de combat, pour un résultat dévastateur. Qu’importe les défenses imaginées par McFly, les boulets passaient au travers. Rapidement, la situation tourna à l’avantage des Stendeliens. Poussant la garde à travers les jardins suspendus, les Stendeliens avançaient sur tous les fronts. Une fois les jardins intégralement sous leur contrôle, ils montèrent les canons à travers les différents étages. Profitant de leur nouvelle position en hauteur, l’artillerie transforma le lieu luxuriant en forteresse improvisée. La garde, à découvert dans les rues, amorça un repli dans les bâtiments. Quand il s’agissait d’habitations, ils utilisaient les meubles, poussés sans ménagement, pour barricader portes et fenêtres. De nouveau, l’assaut ralentit. La garde avait formé de nombreuses petites places fortes, empêchant la progression ennemie, même si ça cela ne leur rendait pas l’avantage pour autant. En l’état, les troupes Babyloniennes n’avaient rien pour retourner la situation en leur faveur. Ayant compris que seuls des renforts pourraient leur permettre de s’en tirer, ils faisaient tout leur possible pour gagner du temps jusqu’à leur arrivée. A l’autre bout de la grande forêt du sud de Minorive, la situation était tout autre. Le messager et son escorte de l’escadron Faucon venaient d’arriver au camp. Après une courte entrevue avec Sabre, un assaut fut lancé avec toutes les forces disponibles. En moins d’une heure de combats, la ville fut reprise, sous la célébration des soldats, qui n’avaient aucune idée de ce qu’il se passait à Babylone. Une fois un rapide compte des morts, blessés, disparus et prisonniers, Sabre ordonna le départ pour rejoindre Babylone, laissant sur place quelques escouades pour garder la ville. Ainsi, l’armée Minorivienne se remit en mouvement pour contourner la forêt et se dirigea vers Babylone. De longues colonnes rangées se formèrent, et ils furent partis. Plus au nord, à la bordure d’un lac, se tenait la ville d’Old Main City. Dans le Skywalker Building, la situation était revenue sous contrôle pour la Triade. Alors que les dames rouges, ayant échoué dans leur tentatives de nuire, étaient reconduites dans les cellules du sous-sol, Yug et Elyso se retrouvèrent seuls dans la salle des archives. Elyso ayant mentionné les documents qu’il avait dérobé à Zikku avant son départ de la Citadelle, Yug voulait jeter un coup d’œil. « Tu ne les as pas regardés ? -Pas de près, non. Dès que j’apercevais un titre ou un mot pouvant mener à une piste intéressante, je l’ai mis dans le sac. » Yug tournait page après page, priant que les documents finissent par mener à une explication concernant le rôle caché de Zikku, l’ayant mené à attaquer Elyso, ou à quelque chose pouvant servir la Triade. Au détour d’une page, Yug se rendit compte que le papier avait été plié pour rentrer dans le dossier. Il extrayait le papier concerné, puis le déplia. Une fois, deux fois. Un grand rectangle blanc se dressait devant ses yeux. « Oh ! S’exclama Elyso, de l’autre côté de la table. Un train ? » Il avait posé sa question en inclinant la tête. Yug retourna le papier pour le regarder, puis l’étala sur la table. « En effet, c’est une… Locomotive. » Il s’agissait des plans techniques pour une locomotive à vapeur. Dans un cartouche, en bas à droite, les plans étaient signés de la main de McFly. Les dessins détaillés décrivaient la structure de l’engin. « Il y aurait pas une erreur sur l’échelle ? » Yug jeta un œil sur l’endroit qu’Elyso pointait du doigt. « Trente-cinq mètres de long ? -C’est gigantesque, non ? -Pas qu’un peu. Mais surtout qu’est-ce que ça fait là dedans ? » Yug parcourut les autres documents qu’il y avait avant et après l’emplacement du plan dans le dossier. Contre toute attente, aucun des documents ne semblait lié au mystérieux plan. Yug se mordit la lèvre, agacé. En creusant un peu, il était sûr de pouvoir trouver quelque chose, mais ils n’avaient pas le temps. Ils devaient sans attendre rejoindre les Chapeliers Blancs, qui étaient déjà en chemin pour Babylone. Yug commença à ranger les documents dans le sac, en invitant Elyso à faire de même. « Nous devons y aller. Si on peut, j’aimerais jeter un nouveau coup d’œil là-dessus en chemin. -Pas de pro… » Elyso interrompit sa phrase alors que des détonations retentirent en bas, suivis d’éclats de voix. Yug abandonna immédiatement ce qu’il faisait pour se précipiter dans le couloir. Sortant son pistolet d’une main, il ouvrit la fenêtre de l’autre. Se penchant au dehors, il chercha des yeux l’origine du vacarme. Un peu plus loin sur la place, deux personnes sur un cheval s’éloignaient au triple galop. Yug comprit : les dames rouges. Il visa avec son arme et fit feu. Elles étaient déjà trop loin. Alors qu’ils venaient juste de les arrêter à nouveau, elles leur avaient filé entre les doigts. Yug retourna dans la salle des archives. « Les dames rouges viennent de s’enfuir. » Elyso ne manqua pas de signaler son mécontentement. « Dans tous les cas, nous devons partir. -J’ai tout remis dans le sac. » Elyso mis ledit sac sur ses épaules, non sans sentir sa blessure. La douleur s’estompait progressivement, mais ce n’était certainement pas guéri. Les deux hommes descendirent ensuite, Yug donnant ses instructions pour que les agents de la Triade se préparent au départ. « Commandant ! Des nouvelles du camp Minorivien ! » Alors que les Chapeliers Blancs se déplaçaient à travers la forêt dans la direction est-nord-est, un cavalier venait de remonter toute l’expédition pour aller trouver White Hat, interrompant les réflexions du commandant. Aurélia, à cheval à côté de White Hat, écouta la conversation. « Qu’y a-t-il ? Demanda White Hat. -Bowerstone a été reprise par les troupes de Sabre. -Vous plaisantez ? -Malheureusement non, Commandant. Sabre a eu connaissance de l’assaut sur Babylone. Profitant des défenses réduites de Bowerstone, l’attaque a été un succès. Le camp a été levé tout de suite après. Le plus gros des troupes est parti pour rejoindre Babylone. -Ils contournent la forêt ? -En effet. » Aurélia vit White Hat serrer les rennes de son cheval dans ses poings. Cette nouvelle n’était pas bonne. White Hat réfléchissait déjà aux ramifications de la situation actuelle. En contournant la forêt, Sabre et ses hommes prenaient une route plus longue, mais ils étaient libres d’aller aussi vite qu’ils le désiraient. Ils pouvaient les rattraper. C’était même possible qu’ils coupent le chemin aux renforts de la Triade que Yug et Elyso étaient partis chercher. Le commandant pris un instant pour réfléchir. Ce développement allait faire changer ses plans de bataille. Il finit par annoncer, en s’adressant surtout à soldat qui l’avait prévenu : « Faites passer le message. Tous les cavaliers vont venir avec moi. Nous allons rejoindre la route le plus vite possible, puis foncer vers Babylone. Tous les autres devront continuer dans la forêt, et s’assurer de ne pas se faire repérer par l’armée Minorivienne. Qu’ils continuent selon le tracé prévu initialement. » Le messager salua son supérieur, puis repartit en direction de l’arrière du convoi, interpellant au passage les cavaliers qu’il croisait. Aurélia ordonna à son cheval de s’approcher de White Hat. Elle l’interpella : « Vous comptez charger jusqu’à Babylone sans aucun soutien ni matériel supplémentaire ? -Vous avez une meilleure idée ? Je ne fais pas ça par plaisir, vous savez. -Je sais. C’était pour savoir si vous étiez sûr de vous. -Je le suis toujours. -Tant mieux, car je vous accompagne. -Pardon ? -Vous avez demandé tous les cavaliers, non ? Alors j’en fais partie. Et pas question que je reste ici de toute façon. » White Hat lui répondit par un sourire entendu. Puis, ordonnant à sa monture d’aller plus vite, il dit : « Très bien, mademoiselle Aurélia. En avant alors ! » Aurélia, faisant claquer ses rennes, suivi le mouvement initié par White Hat.
  8. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco Filerd ! Dans quelle situation notre Citadelien préféré va-t-il se retrouver aujourd'hui ? Vous allez pouvoir le découvrir tout de suite ! Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAIPTRE 25 : LES AVENTURES DE FILERD A la Citadelle, le Soleil éclairait déjà les rues, et ceux dont les travaux étaient les plus matinaux se rendaient déjà sur leur lieu de travail. Des agents de la municipalité s’occupaient d’éteindre les lampadaires, la lumière naturelle prenant le relai pour la journée. A la villa de Zikku, Filerd, Neah et Elyso, la journée commençait également. Il n’y avait cependant plus que deux habitants dans la résidence, Neah étant en mission et Elyso s’étant enfui. Alors que les rayons du Soleil traversaient les fenêtres de la chambre de Zikku, ce dernier se leva. Après de rapides routines matinales, il était prêt à partir. Il quitta alors la villa, s’engageant d’un pas rapide dans les rues de la cité, exactement comme il avait toujours l’habitude de faire. Cependant, Zikku ignorait que la situation n’avait rien d’habituelle. En effet, se mêlant au flot des passants, un homme le suivait. C’était Filerd. N’ayant reçu aucune information de la part de Zikku ou de la garde de la Citadelle sur ce qu’il s’était passé la nuit du départ d’Elyso, Filerd avait pris la décision d’agir. Il comptait obtenir ses réponses qu’importent les moyens. Sachant très bien la routine de Zikku, il était sorti de la villa peu avant son réveil, afin de pouvoir le filer. Filerd se demandait s’il allait découvrir quelque chose de cette manière. Il ne fut pas en reste. Au bout de quelques minutes, Filerd se rendit compte que Zikku ne se dirigeait pas vers son lieu de travail. Il continua à le suivre pendant une dizaine de minutes. Au détour d’une ruelle, Zikku se présenta devant un bâtiment gardé par deux hommes. Zikku et les deux gardes s’échangèrent un bref salut, puis ils laissèrent le premier passer. Filerd resta là un moment, attendant de voir si Zikku ressortait. Après une longue attente, il décida de changer de stratégie. Quittant sa planque, il se dirigea d’un pas rapide vers la foire. Quand il était presque arrivé, il changea de direction pour aller se présenter devant une bâtisse peu accueillante. Il se saisit du gros heurtoir en fer qui pendait de la porte et cogna trois fois. Un instant plus tard, une trappe s’ouvrit vers le haut de la porte. Une paire d’yeux sombres se posèrent sur Filerd, depuis l’autre côté du panneau de bois flotté. La trappe fut refermée. La personne à l’intérieur déverrouilla la porte et l’ouvrit. Filerd n’eût le temps de faire ou de dire quoi que ce soit qu’il fut empoigné par le col et trainé avec force à l’intérieur. Alors que la porte d’entrée était refermée d’un claquement, Filerd se retrouva plaqué contre le mur. Le temps que ses yeux s’habituent à l’obscurité ambiante, il se rendit compte qu’il était entouré par plusieurs hommes à la mine patibulaire. « T’as du culot de te revenir te pointer ici, Filerd, dit l’un des hommes. Avec tout ce que nous dois… -Ouais, vous pouvez me lâcher ? Je veux voir le patron pour le payer, justement. » Après un instant de silence, l’homme qui le plaquait au mur relâcha son étreinte, avant de pousser Filerd sans ménagement hors du vestibule, et dans la pièce principale. L’endroit, mal éclairé, n’inspirerait la confiance à personne. La pièce, qui occupait presque tout le rez-de-chaussée, servait de bar, et salle de jeux. L’escorte de Filerd l’accompagna jusqu’à la table du fond. A cette heure de la matinée, il n’y avait aucun client. La personne attablée n’était autre que le propriétaire de l’endroit, en train de faire ses comptes de la journée précédente, tout en savourant un verre de spiritueux préparé spécialement pour lui. Le patron était un homme d’âge moyen, qui, comme le lieu dans lequel il se trouvait, laissait peu de place à l’imagination. Sa paupière droite était tombante, masquant pour moitié sa pupille sombre. Malgré l’arrivée de Filerd, il n’avait pas levé les yeux de son travail. « Patron, Filerd est là. » Sans relever la tête, le patron prit une gorgée de sa boisson, reposant, il dit : « J’espère que c’est pour payer. Sinon il peut sortir. » Filerd décrocha la bourse qui pendait à sa ceinture, et la jeta nonchalamment sur la table, qu’elle heurta en faisant résonner le bruit de la monnaie à l’intérieur. Le patron posa les yeux sur le petit sac en cuir. « Je crois que tu as mis trop d’argent là dedans, Filerd. Tu veux acheter quoi ? -Un service. -Et tu crois qu’il faut l’extra que tu as mis ? -Oui. -Alors parle, et j’en jugerai moi-même. -Il faudrait attirer l’attention pour que je rentre quelque part. -C’est des gardes de la Citadelle ? -Oui. -Alors tu payes pas assez pour des emmerdes comme ça. -Allez, je paierai le reste plus tard. » Le patron leva les yeux et perfora Filerd du regard. « Tu veux reprendre le risque ? Si tu es encore en retard pour le paiement, tu accepterais une pénalité de mille pour cent de la somme totale, suivi de dix pour cent d’intérêt par semaine de retard sur une durée indéfinie ? -Tout ce que vous voudrez. Vous aurez votre argent en temps et en heure. » Le patron se leva à moitié de sa chaise, et attrapa la bourse, avant de reprendre sa place. Etalant les pièces dorées sur la table, le patron les compta, disant à Filerd : « Je vais te faire un contrat standard. Hormis pour les taux d’intérêts. » Alors que Filerd était caché, il pouvait toujours bien voir ce qu’il se passait. L’un des hommes du patron, blessé, se présenta devant les gardes, appelant à l’aide. L’un des deux se pencha pour aider le blessé, et l’autre courut dans la direction que la victime indiquait dans le but d’appréhender les coupables. Quand le garde eût disparu au coin de la ruelle, le faux blessé attrapa son bienfaiteur derrière la tête, et l’assomma d’un violent coup de poing sur la tempe. Il se releva ensuite comme si de rien était, et fit un signe à Filerd, avant de s’éclipser en trainant le corps du garde inconscient derrière lui. Filerd s’avança jusqu’à la porte. Poussant sur le panneau de bois, il fut soulagé de constater qu’ils ne l’avaient pas verrouillé. Ils avaient dû se dire que seuls les gardes suffiraient. Derrière la porte, des escaliers s’enfonçaient dans l’obscurité. Filerd les descendit en s’assurant de ne pas faire de bruit. Plus bas, il y avait du bruit et de la lumière. Filerd arriva dans une grande pièce souterraine, d’où venait la lumière et le bruit. La charpente qui soutenait le plafond était accessible depuis les escaliers. Filerd en profita pour monter dessus. Cela lui donnait une bonne vue sur ce qu’il se passait en contrebas, tout en étant dissimulé par l’obscurité ambiante. Deux douzaines d’hommes s’activaient, chargeant des caisses à bord d’un immense train. Les rails sur lesquels le train était placé s’enfonçaient dans un tunnel. Il aperçut ensuite Zikku, en pleine discussion avec le capitaine de la garde, Ixylls. Il fit de son mieux pour tendre l’oreille, mais il ne perçevait presque rien d’audible de leur discussion. Il les observa avec attention cependant. Au bout d’un moment, les deux hommes se séparèrent. Ixylls se dirigea vers les escaliers pour ressortir, tandis que Zikku s’exclama d’une voix forte : « Préparez-vous au départ, allez ! Tout doit être parti pour la mi-journée ! » Des cris affirmatifs répondirent à l’ordre donné. Filerd décida de s’approcher du train. Il bondit de poutre en poutre, en s’assurant que personne ne regardait dans sa direction. Une fois qu’il était au dessus du train, Filerd longea la poutre sur laquelle il était, jusqu’à se trouver au dessus de la locomotive. Il entendait les diverses pièces de l’immense machine fonctionner, plusieurs mètres sous lui. Filerd attendait le bon moment, observant le va et vient des hommes en contrebas. Puis, sentant que c’était l’occasion, il bondit dans le vide. Il se réceptionna tant bien que mal sur le toit de la locomotive, avant de se laisser glisser contre la paroi de cette dernière et descendre jusqu’au sol. La voie ferrée étant au bord d’un mur dans cette station souterraine, Filerd s’était mis du côté de la paroi en pierre, sa présence dissimulée par le train lui-même. En faisant attention de ne pas faire de bruit, il s’avança vers l’arrière du train. S’arrêtant au premier wagon, Filerd ouvrit la porte, révélant ce qu’il contenait. Des caisses, similaires à celles qui étaient chargées, étaient empilées à l’intérieur. S’agrippant à la poignée, Filerd se tracta à l’intérieur. Par chance, il y avait assez d’espace pour qu’il s’installe confortablement. Il referma la porte derrière lui, se plongeant dans l’obscurité. Après un long moment où le chargement des autres wagons se poursuivait, le train se mit en mouvement. En crissant bruyamment, les roues commencèrent à tourner autour de leur axe, entrainant le transport vers l’avant. Filerd et la cargaison venaient de partir pour une destination inconnue.
  9. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite, yay ! Je me suis rendu compte d'un truc intéressant : on a atteint, pour le tome 2, le même nombre de chapitres que le tome 1. Cependant, alors que le fichier du tome 1 fait 34 pages, celui du tome 2 en fait déjà 70. Je félicite les gens qui ont tenu jusque là. Et je vous conseille à tous de bien vous accrocher, car c'est pas fini ! Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 24 : DISCUSSIONS Yug et Elyso grimpèrent avec prudence les marches les séparant du premier étage. Yug, qui ouvrait la marche, s’arrêta au sommet de l’escalier. Ils se mirent en position pour lancer leur assaut. « Qui coupe la mèche ? Demanda Elyso. -Tu n’as pas envie de le faire ? -Pas vraiment, non. -Moi non plus. On tire à pile ou face ? -D’accord. Je prends face. » Yug fouilla une par une les poches de ses vêtements. Une fois la recherche terminée, il dit : « Tu as une pièce ? -Non, j’en ai pas. -Descends et demande si quelqu’un en a une. -Pourquoi moi ? C’était ton idée de faire pile ou face. -Parce que t’es plus bas dans l’escalier. -Pierre feuille ciseaux alors ? » Yug et Elyso se mirent en position. Yug sortit ciseaux, et Elyso feuille. Se maudissant de ne pas avoir choisi pierre, Elyso concéda : « Très bien, je m’occupe de la mèche. » Leur épée à la main, ils étaient prêts à lancer leur attaque. Après une courte attente, Yug donna son signal d’un geste de la main et ils se précipitèrent dans le couloir de l’étage. Dès qu’ils mirent un pied dans le couloir, la dame de cœur alluma la mèche. Elyso plongea sur le fil, tandis que Yug chargeait leur adversaire. La dame tira son épée et s’avança pour confronter Yug. Elyso envoya un coup d’épée sur la mèche. Il trancha le filin un centimètre trop tard. L’étincelle poursuivait sa course. Elyso plongea sur la mèche, laissant tomber son épée. Il empoigna la mèche à deux mains. Tirant de toutes ses forces, il déchira le fil en deux parties. Il avait réussi à arrêter la progression de la mèche. Au même moment, Yug se ruait sur son adversaire. Leurs épées s’entrechoquèrent avec violence. Yug enchaina les coups avec toute la puissance et la dextérité qu’il pouvait déployer. Au même moment, Elyso ramassa son épée et se releva, allant porte assistance à Yug. Cependant, le couloir était bien trop étroit pour que deux personnes se battent côte à côte. Lorsqu’Elyso envoya son coup de taille, son épée se ficha dans le mur. La lame coincée, le manche lui échappa des mains, son bras entrainé dans le mouvement de son attaque. Maintenant qu’il était vulnérable, la dame de cœur tenta de contre-attaquer. Yug protégea son ami d’une parade bien placée, avant d’enchainer avec une nouvelle attaque. « Chérie, j’ai besoin de toi ! » Lança la dame de cœur. Soudain, derrière cette dernière, surgit son acolyte, pointant un fusil droit sur Yug. Ce dernier se plaça devant la dame de cœur, suivant ses mouvements : ainsi, son adversaire bloquait la ligne de mire de la tireuse. La dame de carreau finit par s’impatienter, et visa Elyso, qui était occupé à déloger sa lame du mur dans lequel elle était encastrée. Au moment où elle pressa la détente, Elyso réussit à extraire son épée du mur. Entrainé en arrière par la force qu’il avait appliquée, la balle du fusil ne fit que lui frôler le visage. Surpris par la détonation, la dame de cœur flancha un instant. Ce court instant fut suffisant pour que yug saisisse son opportunité. D’un geste expert, il désarma son adversaire. Alors qu’il se préparait à mettre sa lame contre la gorge de la dame de cœur, cette dernière s’écarta d’un bond en arrière. En même temps, la dame de carreau s’était saisie d’un autre fusil qu’elle mit en joue vers les deux membres de la Triade. Les deux hommes se ruèrent vers l’avant pour l’atteindre avant qu’elle ne tire. Ils plongèrent tous les deux au moment où elle fit feu, la balle les manquant de peu. Eux, en revanche, n’avaient pas manqué leur cible. Yug et Elyso plaquèrent les deux dames rouges au sol. Quelques secondes plus tard, elles étaient maitrisées et attachées. Une fois qu’Inno avait posé les yeux sur moi, il s’était relevé d’un bond. Puis il s’avança droit vers moi. Arrivé à la table des gardes, il prit une chaise avec lui, pour la coller contre les barreaux, juste à côté de moi. « Erache ? -Inno ? -Oh, bien renseigné. Qu’est-ce qu’ils vous ont dit ? Attendez, pas un mot. Tout est vrai. -Vraiment ? -Ils racontent toujours la même chose. J’ai acheté un exemplaire des "Aventures de Mediaco". Une lecture passionnante. -Vous trouvez ? -Vous en doutez ? -Je me demande surtout comment vous vous êtes procuré un exemplaire. -Disons qu’on trouve ce qu’on recherche si l’on cherche vraiment. Et que l’on paie le bon prix. -Et vous avez aimé ? -Oh, assurément. Vous savez, j’étais dans le stade, à Babylone, lorsque vous avez affronté la DTHF. -Mais pourtant nous nous en sommes sortis. On vient juste de me vanter vos capacités de tireur. -Attendez, on s’est mal compris. J’étais spectateur. C’était mon jour de repos. -Et l’arrivée du dirigeable dans le stade n’a pas éveillé en vous votre appel du devoir ? -Hé, je passe mes jours de repos comme j’ai envie, non ? -Tout à fait. -Ah, je suis content que vous me compreniez. Et c’était tant mieux pour vous, d’ailleurs. De quoi parlions-nous déjà ? -De ce que vos camarades racontent sur vous : par contre, ils ne m’ont pas dit d’où vient cette cicatrice sur votre visage. » Inno parcourut la balafre du bout de son index. « Ils ne le savent pas ? Vraiment ? C’est pas un grand secret, pourtant. J’ai énervé un type dans un bar et il m’a fait ça avant que j’aie le temps de réagir. Mais si arrêtions de parler de moi et que nous parlions de vous ? -Je ne suis pas aussi intéressant. -Oh, je suis sûr que vous pouvez répondre à au moins une question. -Tout dépend de la question. -Pourquoi avez-vous décidé de travailler pour la Triade ? -Disons… Qu’il s’agit d’un heureux concours de circonstances. -C’est une vision intéressante. » Inno finit sa phrase par un petit rire, avant d’ajouter : « Mediaco ne doit pas être en train de passer un bon moment. » Plus bas dans les étages de la Lune de Midi, Mediaco ne passait effectivement pas un bon moment. Depuis que le navire avait décollé, il était interrogé par la garde, supervisé par McFly. Mediaco n’était plus au meilleur de sa forme, mais lança : « Si vous continuez de cogner, je risque d’oublier des trucs que vous voulez savoir. » Alors que l’un des gardes s’apprêtait à le frapper à nouveau, McFly l’ordonna de s’arrêter. « Bien. Cela ne mène à rien. Remmenez-le. » Mediaco éclata de rire. « C’est pas moi qui suis censé abandonner en premier ? » McFly fit semblant de n’avoir rien entendu. « Hé, McFly, je veux bien te dire quelque chose ! » McFly posa ses yeux sur Mediaco. « J’écoute. » Mediaco eût un sourire en coin. « J’espère que vous êtes tous prêts à vous battre, car à l’heure actuelle, votre précieuse ville est attaquée par les Stendeliens. » Il y eût un instant de silence, McFly réfléchissant à ce que signifiait cette information. « Ha ha, ria Mediaco, vous croyez que Ghosthand aurait manqué une opportunité pareille ? Fallait pas quitter la ville en emportant tes meilleurs hommes, McFly. » McFly tapa du poing sur la table devant laquelle il était assis. « Emmenez-le. Et faites-le taire. » Pendant que les gardes s’occupaient de Mediaco, McFly se rua vers les étages supérieurs. Une fois sur le pont principal, il appela : « Escadron Faucon, au rapport ! Il me faut un messager et deux en escorte. » Un instant plus tard, trois hommes se présentèrent devant le maire avec leur salut militaire. « Vous devez rejoindre le camp au nord de Bowerstone aussi vite que possible. Dites à Sabre de lancer l’assaut sur la ville immédiatement, et de rejoindre Babylone tout de suite après. Les Stendeliens attaquent la cité. Allez-y. » Les trois soldats saluèrent une nouvelle fois leur supérieur, avant de se diriger vers l’arrière du navire. D’un geste, ils ramenèrent leurs lunettes de protection devant leurs yeux. Ensuite, ils actionnèrent la manette reliée à l’appareil qui se trouvait sur leur dos. D’un coup, des ailes mécaniques se déployèrent, et les trois hommes se jetèrent dans le vide. L’instant d’après, ils se mirent à planer silencieusement en direction de Bowerstone.
  10. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Et voilà la suite. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 23 : LE TIREUR Le soleil pointait à l’horizon, éclairant de ses timides premiers rayons la côte de Minorive. A l’ouest, le désert s’étendait jusqu’à la ligne d’horizon. Et, sous les yeux des soldats Stendeliens dans leurs navires, la lumière de l’astre du jour découpait la silhouette de la cité de Babylone. Sur le pont du navire amiral, Ghosthand ordonna le début de l’assaut en tirant une fusée de signalisation. Dans une cacophonie d’explosions, la première salve fut tirée, puis les canons furent rechargés. Au sol, la garde s’activait à finir l’évacuation vers la banlieue nord de la ville, qui avait commencé dès que les navires Stendeliens avaient été aperçus. La seconde salve ne tarda pas à frapper la cité. Sur le pont d’un autre navire, plus proche de la côte, Dark Shadow et Jatern venaient de finir leurs préparations. Ayant enfilés leurs scaphandres, ils se jetèrent à l’eau. Ils atteignirent sans difficulté le fond, en se laissant couler. Ils se mirent ensuite à avancer vers le rivage, en passant sous les pontons du port, dont les longs piliers plongeaient dans les entrailles de la terre. Le duo arriva au niveau des fondations de la ville. Un grand mur de roc, s’élevant presque verticalement, se dressait devant eux. A sa base, ils venaient de trouver ce qu’ils cherchaient. Une porte en métal circulaire était incrustée dans la roche. Agrippant à deux la poignée circulaire au centre de la porte, ils la firent pivoter pour la déverrouiller. Tirant ensuite sur celle-ci, la porte pivota sur ses gonds, révélant une petite pièce se terminant par une porte similaire. Dark Shadow et Jatern entrèrent dans la pièce en refermant la lourde porte derrière eux. Dark Shadow parcourut des yeux le tableau de commandes qui était au mur. Il actionna l’un des leviers. Un bruit de machinerie se fit entendre tout autour d’eux, puis l’eau de la pièce commença à se vider. Quand le niveau descendit à leurs torses, les deux hommes retirèrent leurs casques, qu’ils laissèrent tomber. Une fois la pièce vidée de son eau, ils retirèrent le reste de leurs scaphandres. « Je n’en reviens pas que McFly laisse une entrée pareille, dit Jatern en dépliant son chapeau et en l’enfonçant sur sa tête. -Il nous a quand même fallu les scaphandres des Stendeliens. Il ne pouvait pas s’attendre à tout, et tant mieux pour nous. » Ils ouvrirent la deuxième porte du sas, donnant sur un couloir désert, dont les murs de grès étaient éclairés par des torches. Ils suivirent le couloir. Arrivés au bout, ils débouchèrent sur le laboratoire de McFly. Alors que le lieu accueillait généralement des assistants et des gardes, il était désert suite à l’évacuation. Le duo avait le champ libre pour se servir comme bon leur semble. Sans attendre, ils se mirent en quête de ce qu’ils cherchaient. Au bout de quelques minutes de remue-ménage, ils finirent par trouver. Dark Shadow murmura : « C’est encore meilleur que ce que j’imaginais. » Yug et Elyso mirent pied à terre. Sous les premières lueurs du jour, ils venaient d’arriver à Old Main City. Ils s’étaient mis à l’écart du Skywalker Building. Un garde les avait prévenus que les dames rouges, postées à une fenêtre, tiraient sur tous ceux qui passaient en contrebas. Personne n’avait osé intervenir sachant qu’elles pouvaient faire sauter une partie du bâtiment si elles le désiraient. Yug et Elyso firent le tour de Skywalker Building en passant par les petites ruelles de la ville, et atteignirent la porte arrière de l’immeuble sans se faire repérer. Une fois entrés, un de leurs hommes leur expliqua la situation à l’étage. Comme ils le savaient déjà, elles s’étaient retranchées dans la poudrière. Ce qu’ils ignoraient, c’est qu’elles avaient tendu un fil relié à de la dynamite qu’elles ont placé dans la salle des archives. « Pourquoi ne pas trancher le fil ? Suggéra Elyso. -Il s’agit des nouvelles mèches d’allumage rapide, informa le sbire. A cette distance, il suffirait d’à peine deux secondes pour que toute la longueur soit consommée. -C’est tout ? » Demanda Yug. Le soldat acquiesça. Yug réfléchit un instant, puis dit à Elyso : « Nous allons pouvoir nous en occuper alors. Nous avons juste qu’à arrêter la mèche avant qu’elle atteigne sa cible. -Facile à dire, mais comment ? -Notre section de recherche venait de finir de développer leur nouveau jouet. Je pense qu’il pourra nous être utile. -Mais attends, même si nous coupons la mèche, elles seront toujours dans la poudrière. Elles pourront quand même tout faire exploser. -Elles ne le feront pas. Elles n’ont pas envie de se suicider. -Tu en es sûr ? » Yug fit une grimace. « Pas à cent pour cent. Mais on ne peut pas attendre indéfiniment. » Il tira son épée. « Tu me suis ? » Elyso tira la sienne. « Sans hésiter. » La Lune de Midi venait de décoller, quittant le camp avec à son bord une bonne quantité de gardes babyloniens, McFly, les prisonniers minoriviens, Mediaco et moi-même. Mediaco et moi venaient d’être séparés. Alors qu’ils m’ont mis dans la cellule commune avec les autres prisonniers, Mediaco a été emmené à l’écart à un autre étage de l’imposant appareil. Tandis que chacun restait dans son coin dans la grande cellule, je profitais de la petite liberté de mouvement autorisée pour aller m’asseoir contre les barreaux juste à côté de là où un trio de gardes s’était attablé, pour écouter leur conversation. Au bout de plusieurs minutes, selon ils discutaient étant d’aucun intérêt, je laissais mon regard dériver sur ce qu’il y avait de l’autre côté des barreaux. Je finis par tomber sur un soldat Babylonien assis dans un coin, par terre. Il avait les cheveux noirs plaqués vers l’arrière. Il avait l’air de dormir, dans une position semi-allongée, le dos contre la paroi du navire. Sa joue droite était parcourue d’une immense balafre, commençant au dessus du bout de ses lèvres, et se finissant devant son oreille, à mi-hauteur de celle-ci. D’après l’uniforme qu’il portait, il avait le grade de soldat. Ce qui attira mon attention était le fusil qui reposait contre son épaule. Il apparaissait être d’une excellente facture, et le canon était surmonté d’une dizaine de lentilles, espacées par des intervalles de longueurs variables. Pendant que je poursuivais mes observations, l’un des gardes attablés m’aperçut. Comme j’étais à portée de bras, il me donna une bourrade sur l’épaule, et dit en riant : « Hé, fais pas l’idiot, ou il va te zigouiller ! » Surpris, il me fut quelques instants pour saisir la situation. Je levais alors les mains en l’air, et, avec le même ton de plaisanterie, je répondis : « Ne tirez pas, je me rends ! -Ouais, j’aime mieux ça. » Comme l’ambiance semblait détendue, je demandais au garde, en esquissant un mouvement de tête vers l’intéressé. « Qui est-ce ? -Lui ? Il s’appelle Inno. Ca fait des années qu’il a rejoint la garde Babylonienne. C’est un tireur hors pair. Je l’ai jamais vu rater sa cible. » J’acquiesçais une seconde, avant de me rendre compte de quelque chose. « Attendez, comment se fait-il qu’il n’ait pas monté de grade, s’il est si bon ? -Parce qu’il refuse de monter de grade. Certains disent que sans ça, il aurait peut-être atteint le rang de commandant en second. -Et il est autorisé à refuser les promotions ? -Le maire est d’accord. C’est lui-même qui à filé son fusil à Inno. Même s’il n’en a pas vraiment besoin. -Comment ça ? » Le garde bougea sur sa chaise. « C’est une histoire un peu longue. Ca vous intéresse quand même ? » Le garde avait vraiment piqué ma curiosité. « Allez-y, je veux en savoir plus. » Le soldat croisa les bras et commença à raconter. « Lorsqu’Inno a rejoint la garde, il s’est tout de suite fait remarquer pour ses capacités de tireur. Sauf que ça ne plaisait pas vraiment à son capitaine d’escouade, qui craignait se faire prendre sa place par un nouveau venu. Du coup, le capitaine a fait monter contre lui les autres hommes sous ses ordres, et lui refourguait du matériel pourri. Ca m’aurait mis hors de moi, mais Inno laissait faire. Il laissait la rage s’accumuler… Jusqu’au moment où il eût sa chance et laissa exploser. -Et ? -Il a collé une balle dans la tête de son capitaine. -McFly a laissé couler ça ? -Oh non, il est passé en cour martiale. McFly était le juge sur cette affaire d’ailleurs, si je me souviens bien. Ils ont conclu à un accident, même si je n’y crois pas. -Comment ça ? -Il a tiré une seul fois, et à une distance… Imaginez le tireur sur le toit du Skywalker Building de Babylone, et la cible dans le jardin de la villa de McFly. Personne n’arriverait à toucher à cette distance avec un fusil de première qualité, alors avec la pétoire qu’il était forcé d’utiliser… -Et vous pensez pourtant qu’il aurait réussi ? -Je suis pas le seul à le penser. Inno n’aurait pas tiré s’il pensait manquer sa cible. Je vous le dit, ce type, c’est le meilleur tireur de tous les temps. » Je reposais mon regard sur Inno. Si il était à la hauteur de sa réputation, le plan de Mediaco allait tout de suite être plus compliqué. Soudain, comme s’il avait entendu mes pensées, Inno ouvrit les yeux, puis il tourna la tête vers moi.
  11. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Pour aujourd'hui je n'ai rien en bonus. L'histoire continue comme d'habitude, j'espère que le chapitre d'aujourd'hui vous plaira ! Comme je suis à court de trucs intéressants à dire dans ces messages, je vais commencer à parler de trucs au hasard. Vous saviez qu'il existe une pâtisserie appelée camembert ? Ça a l'apparence d'un camembert, mais c'est fait avec de la meringue et de la crème au caramel ; et c'est bon en plus ! Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97  CHAPITRE 22 : SOUVENIRS Yug et Elyso chevauchaient à toute allure vers Old Main City. Ils devaient arriver le plus vite possible pour empêcher les Dames rouges de tenter quelque chose contre les réserves de poudre et de munitions. Depuis leur départ du camp des Chapeliers Blancs, ils ne s’étaient pas échangés une parole. Elyso fut le premier à rompre son mutisme : « Alors, ça fait quoi d’avoir Aurélia qui bosse avec toi ? Après tout ce temps, tu as dû être content de la revoir ! -Vu les circonstances, pas vraiment. -Comment ça ? -Elle se met bien trop en danger. -Tu peux pas lui faire confiance ? Elle sait très bien se défendre toute seule non ? -C’est pas la question. C’est… » Yug hésitait. Elyso compléta sa pensée : « C’est juste que tu tiens à elle, c’est ça ? » Yug ne répondit pas, mais les deux connaissaient la réponse. Le bruit des sabots qui martelaient le sol redevint le seul son autour d’eux, alors que Yug plongeait dans ses souvenirs. Yug venait de finir son éducation à la prestigieuse académie de la Citadelle. Au détour d’une célébration, il avait rencontré Aurélia. L’entente fut rapide. Ils se retrouvèrent deux, trois, des dizaines de fois. Ils devinrent proches. Yug commença sa carrière militaire dans la garde de la Citadelle. Honnête, efficace et zelé, le parfait soldat destiné à une carrière brillante. Cependant, ça ne c’est pas passé tel qu’il le désirait. Des supérieurs corrompus ne voyaient pas sa présence comme bienvenue. Coincé au niveau le plus bas, alors que se camarades grimpaient les échelons, il devint amer. S’enfermant dans son travail pour essayer de rattraper les autres, il perdit Aurélia. Des au revoir sobres mais sans mauvais sentiment. Ils se souhaitèrent de faire de leur mieux. C’est après qu’il fit la connaissance de Mediaco. Alors que l’équipe de Yug était envoyée l’arrêter après un larcin à la Citadelle, Yug était le dernier encore debout, après un long combat où tous avaient attaqué Mediaco en même temps. « Tu as l’air d’être d’une autre trempe que que les gardes de cette escouade. T’es sûr de pas t’être gouré de carrière ? -Qu’est-ce que ça peux te faire ? » Ils échangèrent des coups avec violence. « Tu te bats bien. J’aurais bien besoin de quelqu’un pour couvrir mes arrières. Ca te dirait de travailler pour moi ? -Je ne suis pas un criminel. -Et c’est tout à ton honneur. Mais sérieusement : tu penses que ta carrière va quelque part ? Si ta hiérarchie était honnête, tu ne devrais pas être encore à un rang aussi bas. La preuve, je n’ai pas toujours pas réussi à te mettre au tapis. » Mediaco esquissa alors un mouvement pour montrer tous les autres membres de l’escouade étalés par terre. « On peut pas en dire autant pour tes petits camarades. » Ensuite, il porta de nouveau toute son attention sur Yug. « Je souhaite t’offrir une place de choix, où tu seras respecté à ta juste valeur. » Mediaco rengaina son épée et tendit la main vers Yug. « Qu’est-ce que ça veut dire ? -Tu peux ranger ton épée, et me serrer la main, et tu pourras vivre une vie bien meilleure. » Yug resta immobile. Il hésitait. Après quelques instants dans un lourd silence, Yug brandit son épée, puis la planta dans le sol. De sa main à présent libre, il serra celle de Mediaco. Alors que Yug continuait à se remémorer ses débuts dans la Triade, il fut sorti de sa rêverie par Elyso. « C’est qui du coup, ces prisonnières qui causent des problèmes ? -Il s’agit de la Dame de Cœur et de la Dame de Carreau, deux membres haut gradés apparetenant à une organisation portant le nom de Cinquante-Cinq. On s’est affrontés à Tenghzou, et nous les avons emmenés à Old Main City. Mais voilà qu’elles ont réussi à s’enfuir. -Et vous savez ce que veut cette organisation ? -Non. Nous mettre des bâtons dans les roues ne semble pas les déranger, par contre. » Les deux hommes replongèrent dans le silence, poursuivant leur course vers Old Main City. Autour du camp Minorivien, les soldats avaient érigé des tours de garde, pour prévenir en cas d’une éventuelle attaque. Cependant, le système était beaucoup moins performant quand le garde était endormi. Mediaco et moi étions arrivés au pied de la tour sans déclencher la moindre alerte. Mediaco sortit son pistolet. « Je pense qu’il est l’heure de rappeler cet homme à son poste. » Visant le sol, il fit feu. La détonation se fit clairement entendre dans la nuit noire, et le lourd silence qui suivit n’en fut que plus assourdissant. En haut de son perchoir, le soldat se réveilla en sursaut, attrapant son fusil qu’il pointa dans notre direction. Il s’écria : « Personne ne bouge ! » Mediaco jeta son pistolet et mit ses mains en l’air. Je suivis son geste. « Nous nous rendons, dit Mediaco. -Qui va là ? -Le grand Mediaco, et son biographe. Hé, ça te dirais de nous emmener jusqu’à ton camp ? Nous souhaitons nous rendre en bonne et due forme. » Le garde réfléchit un instant, puis il commença à descendre l’échelle jusqu’au sol, tout en s’efforçant de garder son fusil pointé dans notre direction. « Ce n’est pas la peine de te donner autant de mal : nous ne comptons aller nulle part. » Le soldat ne prit pas en compte la remarque de Mediaco. Une fois au sol, il nous ordonna de descendre de cheval et lui remettre nos armes. Il nous somma alors d’avancer en direction du camp, les mains sur la tête. Après quelques minutes de marche, nous furent dans le camp ennemi. Dès notre arrivée, des têtes se tournèrent, les discussions s’arrêtèrent, et un murmure anxieux parcourut le camp. Mediaco s’arrêta net, un sourire au lèvres. Il balaya l’endroit du regard. Tous les yeux étaient posés sur lui. « Messieurs, s’exclama-t-il, un tonnerre d’applaudissements pour votre collègue, je vous prie. Il vient de capturer le grand Mediaco ! » Contre mon attente, les soldats s’exécutèrent. Quelques secondes plus tard, ils étaient tous à féliciter bruyamment le soldat qui nous avait amené ici. Attirés par le tumulte, deux personnes sortirent de la tente de commandement. Cela n’avait pas échappé à Mediaco non plus : c’était Sabre et McFly. Le premier éleva sa voix au dessus du bruit : « Tous à vos postes ! Que les tireurs mettent en joue ces deux hommes ! » Le silence retomba en une fraction de seconde, de suite remplacé par le bruit des fusils que l’on armait. Une vingtaine de canons étaient pointés vers Mediaco et moi, qui attendions toujours les mains sur la tête. « Hé, ce n’est pas un peu excessif ? Nous ne comptons pas nous enfuir. » Sabre s’avança droit vers nous. McFly avait disparu sous la tente, visiblement pour aller chercher quelque chose, mais était vite ressorti. « Bonjour, Sabre ! Je vous remercie d’avoir transmis mon message à White Hat. J’ai été un peu surpris quand le directeur Neah est venu nous apporter la réponse, par contre. » Sabre sembla retenir une exclamation. Puis, d’un geste, il s’avança avec la ferme intention d’empoigner Mediaco par le col. Un « Stop ! » de McFly, qui arrivait derrière Sabre, suffit à le figer. « Où est le directeur ? Demanda Sabre. -Je ne savais pas que vous teniez autant à lui. -Répondez. -Il va bien, vous n’avez pas à vous en faire. Enfin, il doit avoir pris un sacré coup à son amour propre mais il n’est pas en danger. -Votre parole ne vaut rien. -Hé bien il va falloir faire avec, mon brave. » Mediaco se pencha vers la droite pour avoir une meilleure vue de McFly. « Bonjour, McFly. Ca faisait un bail dit donc ! » McFly ne répondit pas, et sortit deux paires de menottes qu’il nous passa aux poignets. « Emmenez-les dans une cellule à part. Je vous déconseille d’essayer de vous dégager de ces menottes. Je les ai conçues moi-même. Plus vous essayerez de vous libérer, et plus elles se resserreront. Vous pouvez toujours tenter, si vous voulez vous briser les poignets. » Mediaco fit la moue. « C’est pas du jeu ça ! -Bâillonnez-les. » Un instant plus tard, nous ne pouvions plus parler, et nous furent emmenés. Sabre et McFly s’étaient retrouvés à l’écart. « Vous pensez qu’il s’agit d’un piège ? Demanda Sabre. -Evidemment que oui. Mediaco et White Hat ont dû penser que ça serait une bonne stratégie pour me faire rester ici. Les Chapeliers Blancs donneront sans doute l’assaut sous peu. -Et donc ? -Je ferais décoller la Lune de Midi dès que nous aurons fait monter Mediaco et Erache. Avec les renforts que j’ai fait amener, vous tiendrez. Tous les prisonniers seront transférés à Babylone. -Et si nous ne tenons pas ici ? -Vous allez tenir, commandant. Je ne vous donne pas d’autre choix. Quant au directeur Neah, il est evidemment leur prisonnier. Nous devons poursuivre nos opérations en gardant à l’esprit qu’ils se serviront peut-être de lui. Sur ce, au revoir, commandant. » McFly s’en alla alors, ordonnant que la Lune de Midi se prépare au départ.
  12. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Comme promis, voilà un petit guide des références de la deuxième moitié du Tome 1 ! Chapitre 16 : Récit d'aventure "La plupart des tueurs à gages..." : Cette réplique de Dark Shadow est inspirée du dessin animé Iron Man (Saison 1, épisode 17 - le contrat). Prise au personnage du Fantôme, dont le design a aussi inspiré Dark Shadow. Chapitre 20 : L'important, c'est de se tirer Discussion entre Mediaco et Ghosthand : Inspirée de la discussion entre Arsène Lupin et Ganimard lors de la seconde arrestation d'Arsène Lupin. Chapitre 22 : La fin est proche "dit White Hat qui n'avait pas l'air désolé du tout" : Il s'agit d'une formule tirée de Harry Potter à l'école des sorciers, utilisé pour une réplique de Drago Malefoy Chapitre 23 : Les dernières minutes avant la fin du monde Thleze : Le nom de l'éditeur d'Erache est un anagramme de Hetzel, le nom d'un éditeur existant (qui était notamment l'éditeur de Jules Verne). Le discours de Mediaco : inspiré du discours de la Pandorica du Docteur dans Docteur Who. Chapitre 24 : La bataille finale Phrase finale du tome 1 : Il s'agit d'une citation de Winston Churchill Et voilà ce qui clôture cette section ! La prochaine fois, on verra ? Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97 CHAPITRE 21 : LE PLAN DE MEDIACO « Alors ? -La porte est gardée, deux hommes, probablement verrouillée, et visiblement impossible à forcer. » Les deux dames rouges s’étaient faufilées jusqu’au premier étage, et jetant un œil à l’angle du couloir, la dame de carreau venait de décrire la situation. La dame de cœur se mordit les lèvres, avant de dire : « Tu crois qu’ils ont la clé sur eux ? -C’est possible. Elle est peut-être même là-dessus. » Tout en disant ces mots, la dame de carreau avait soulevé l’immense trousseau qu’elles avaient dérobé à leur geôlier quelques minutes plus tôt. Elle rangea ensuite le trousseau à sa ceinture, en ajoutant : « Dans tout les cas il faut qu’on se débarrasse de ces hommes dans causer trop de grabuge. Nous trouverons bien comment entrer après. -Une idée ? -Aucune. -Laisses-moi faire alors. » Sans avertissement supplémentaire, la dame de cœur attrapa son acolyte par la taille d’un bras, et utilisa son autre bras pour lui coller la lame de son épée contre le cou. S’avançant dans le couloir, elle s’adressa aux deux hommes surpris, sans crier pour ne pas que d’autres gens puissent l’entendre. « Hé ! Venez m’aider, j’ai chopé une intruse ! » Au pas de course, les gardes s’avancèrent vers elle, ne se doutant pas un instant de ce qu’il se passait en réalité. Quand ils furent à portée, c’était déjà trop tard. La dame de cœur relâcha son étreinte, et la dame de carreau s’agenouilla pour ne pas se mettre en travers de sa route. D’un geste, un éclair argenté fendit l’air. L’instant d’après, les deux gardes étaient par terre, sans un bruit, la dame de carreau ayant ralenti leur chute. « Je veux que tu me préviennes avant, la prochaine fois où tu as un plan. Surtout quand je sers de leurre. -Si tu veux. Mais dans tous les cas ça a bien marché non ? -C’est vrai. » Elle désarma les deux hommes par terre. « Et maintenant, j’ai une épée. On va pouvoir se charger de leur poudrière. » Mediaco, Yug, Aurélia, Elyso et moi, guidés par le capitaine, entrèrent dans le camp des Chapeliers Blancs. Avec les autres cavaliers, Neah, notre prisonnier, était isolé. Nous furent guidés vers la tente principale du camp, sous laquelle nous attendait White Hat. Il fut surpris de voir autant de monde se glisser sous la tente. Gardant sa stature et son calme, il nous salua, et la capitaine nous introduisit, avant de lui expliquer le déroulé des évènements. Il écouta attentivement. Quand son second eût terminé les explications, il le remercia avant de l’inviter à partir. Le soldat salua son supérieur et quitta la tente. White Hat prononça calmement : « C’est une chance que tout se soit aussi bien passé. » Il s’inclina légèrement en direction d’Elyso. « Merci d’avoir fait sortir de la Citadelle les complices de mon évasion. Nous vous en sommes reconnaissants. -Hé, j’ai juste fait mon travail. » Alors qu’Elyso souriait, fier de lui, Mediaco lui envoya une grande tape dans l’épaule, en faisant attention qu’il ne s’agisse pas de celle blessée. « Un travail rondement mené, scanda-t-il de sa voix forte avant d’abaisser le ton poursuivre. White Hat, vous avez des choses à nous dire, et nous vous écoutons. » White Hat nous fit signe d’approcher. Nous nous mîmes en cercle autour de son bureau sur lequel était étalée une carte détaillée des alentours de Bowerstone. White Hat montra successivement différents emplacements sur la carte en résumant : « Nous sommes ici. Là, c’est Bowerstone et le camp Stendelien. Juste au nord se trouve le camp Minorivien. McFly est arrivé avec des troupes dans un nouveau dirigeable. Alors qu’il était immobilisé au sol à cause de la météo, nous avons tenté une attaque, et ce fut un échec. A présent, McFly doit être en train de faire débarquer ses hommes au camp Minorivien. De plus, il récupère des prisonniers : le directeur Neah a fait arrêter tous les hommes qui auraient pu se rallier aux Chapeliers Blancs. Ils doivent être transférés à la prison de Babylone. C’est notre dernière chance pour intervenir. Nous devons empêcher le dirigeable de partir et libérer les prisonniers. J’espère que vous vous joindrez à nous. » Tous les regards se posèrent sur Mediaco. Ce dernier croisa les bras, bomba le torse, et regarda White Hat droit dans les yeux. « C’est pas mal, votre plan. Mais j’ai mieux. » Mediaco s’avança, pour être bien visible de tous. « Vous pensez vraiment qu’un assaut va fonctionner ? En plus cette fois-ci ils sont dans leur camp, avec l’ensemble de leurs troupes. -Quelle est votre alternative ? » Mediaco passa son bras par-dessus mes épaules. « Nous allons nous rendre ! » Tout le monde resta silencieux : personne n’en croyait ses oreilles. White Hat parla le premier. « Le moment n’est pas à la plaisanterie, Mediaco. -Mais je suis tout a fait sérieux, mon ami. Je ne parle pas bien sûr que l’on se rende tous, si vous imaginiez ça. » Mediaco resserra alors son étreinte. « Je parlais d’Erache et moi. Nous allons être faits prisonniers pour embarquer à bord de leur dirigeable. Je trouverai alors un moyen pour libérer les prisonniers une fois à bord. Et Erache doit être là, en première loge, pour assister au triomphe qui s’en suivra ! -Vous pensez que McFly vous laissera monter ? -Il sera bien obligé. Il ne va pas me laisser si près du front, avec la menace des Chapeliers Blancs dans les parages. Il va sans doute veiller à me tenir à l’œil. -Ce qui rendra votre tâche bien plus ardue. -Rien d’insurmontable. » White Hat pris une position plus fermée, croisant les bras. Il semblait réfléchir au plan de Mediaco, et à imaginer toutes les alternatives possibles. Il finit par demander : « J’imagine que nous devrions commencer à nous mettre en route, nous aussi ? Vous souhaitez faire tomber Babylone ? -Ce sera déjà fait avant notre arrivée. » Alors que tout le monde se demandait de quoi Mediaco parlait, White Hat était déjà au courant. « En effet, les troupes Stendeliennes ont une chance de réussir leur assaut. » Mediaco applaudit, puis dit : « Moi qui pensais pouvoir vous surprendre, l’effet est raté. -Vous parlez de quoi ? Demanda Elyso. -Les navires Stendeliens, avec des renforts, ont mis les voiles vers Babylone. L’objectif est de prendre la ville pendant que McFly ne s’y trouve pas. Cela doit n’être plus qu’une question d’heures avant que l’attaque commence. Comment êtes-vous sûr de leur victoire ? -Voyons, doutez-vous que les troupes de Babylone aient la moindre chance sans McFly ni un membre de la DTHF pour les guider ? Je ne dis pas que ce sera un affrontement inintéressant, mais au final les Stendeliens l’emporteront. -Alors vous souhaitez que l’on prenne le chemin de Babylone pour barrer le passage aux troupes de la Citadelle ? -C’est un plaisir de parler avec vous, White Hat. En effet, vous comprenez tout ! -Vous avez oublié un détail. -Lequel ? -Le directeur Neah. » Apollo avait passé sa journée dans une cage en bois hautement gardée. Après que, sous les ordres de Neah, il eût remis à White Hat la lettre de Mediaco, il fut jeté dans cette cellule qu’il n’avait pas quitté depuis. Malgré la faible activité qui régnait dans le camp à cette heure aussi tardive, il n’arrivait pas à dormir. Dans une position semi-allongée contre les barreaux du fond de sa cellule, Apollo somnolait tant bien que mal. Les yeux clos, il attendait que le sommeil le gagne. C’est alors qu’il entendit que l’on ouvrait la cage voisine. Apollo ouvrit les yeux quand Neah fut poussé entre les barreaux, et que l’on refermait la cellule derrière lui. S’appuyant sur les barres de sa cellule, Apollo se releva. « Bonjour directeur. Je vois que vous n’avez pas réussi ce que vous espériez. » Neah soupira. Il voulait donner un coup de pied rageur dans les barreaux qui l’entourait, mais il savait que ce serait inutile. Il se résigna en s’asseyant. Sans jeter un regard dans la direction d’Apollo, il lui dit : « Je suis désolé. » Apollo, qui se voulait railleur l’instant d’avant, ne pouvait être que compatissant à présent, devant le ton défait de son supérieur, témoin de l’échec don son plan et de sa profonde déception. « Je ne voulais pas vous manquer de respect, directeur. -Ce n’est rien. J’ai bien peur que je mérite amplement les railleries. » Apollo reposa sa tête contre le bois de sa cage. « J’imagine qu’il n’y a plus de plan maintenant. -En effet. On va devoir attendre. Nous verrons bien ce qu’il se passe. » Neah essayait de paraître résigné, mais il était désespéré. Qu’importe ce qu’il allait se passer après, sa carrière entière venait de finir à la poubelle. L’un de ses proches amis travaillait pour la Triade sous son nez. Son plan avait échoué. Pire, il avait rempli lui-même le rôle qu’il était sensé usurper, permettant la rencontre entre White Hat et Mediaco. Neah doutait que quiconque puisse encore le soutenir après ça. Il était tellement pris dans ses pensées qu’il n’entendait pas ce qu’Apollo lui demandait. « Directeur ? » Finit-il par entendre. Neah sursauta, venant de se rendre compte qu’il était appelé. Il se tourna vers Apollo. « Qui a-t-il ? -Vous allez bien, directeur ? -Bien évidemment que non. Vous vouliez ? -Discuter. J’aimerais bien passer le temps et je me sens pas de dormir. -Si c’est ça… De quoi voulez-vous parler ? » Apollo s’assit dans la position la plus confortable qu’il puisse trouver. « Vous ne trouvez quand même pas incroyable que White Hat soit devenu, d’un héros qui a capturé Mediaco et du meilleur commandant des armées de Minorive, un ennemi public numéro un ? -C’est un traitre à la nation. -Vous croyez ? Il n’a rien fait d’autre que de démissionner lorsque la guerre a éclaté. A ce que je sache, c’est le fait de l’avoir mis dans une cellule qui a convaincu ses hommes, ceux qui croyaient en lui, à former un groupe pour le libérer. -C’est vrai que ce n’était pas la meilleure idée, rétrospectivement. -Mais pourquoi l’avoir fait enfermer ? -Pour éviter que sa démission en entraine d’autres. -C’est pas un peu gros ? -Pardon ? -Directeur, vous ne pensez pas qu’il s’agissait d’une décision disproportionnée ? -C’était une directive non contestable de Punisher. » La discussion fut alors interrompue lorsque l’attention des deux prisonniers fut captée par l’arrivée au camp d’un groupe de cavaliers. Accompagnant un nouveau venu, ils firent entrer se dernier sous la tente de White Hat. Le capitaine que nous avions rencontré précédemment refit irruption dans la tente. Il salua de nouveau son supérieur, puis dit : « Excusez-moi de vous interrompre, mais nous avons intercepté un messager de la Triade. Il souhaite vous transmettre un message. » L’homme fut invité à s’engager sous la tente. Faisant un salut rapide à toutes les personnes présentes, avant de transmettre son message : « Nos deux prisonnières se sont évadées. Elles se sont enfermées dans la poudrière, et menaçent de se faire sauter avec. -Qui sont ces prisonnières ? Demanda White Hat. -Ce n’est pas une information que je souhaite partager, pour le moment, répondit Mediaco. Yug, Elyso, je compte sur vous pour vous occuper de cette situation. Dès que ce sera réglé, rassemblez tous les hommes que vous pourrez pour rejoindre les Chapeliers Blancs. Je pense que de l’aide ne serait pas de refus. White Hat… -Nous lèverons le camp dès que vous serez partis. Je connais l’itinéraire. Mais la question de Neah reste toujours en suspend. -Vous n’avez qu’à l’emmener ! Si ça tourne mal, un otage sert toujours. Aurélia, le choix de votre destination vous appartient. -Je vais rester en compagnie des Chapeliers Blancs, si cela ne pose pas d’inconvénient. -Cela me convient, déclara White Hat. -Bien, alors tout est décidé, nous pouvons y aller ! » Nous quittèrent alors la tente, et, enfourchant nos chevaux respectifs, nous nous sommes souhaités bonne chance. Mediaco et moi partîmes en direction du camp Minorivien. Elyso et Yug s’en allèrent vers Old Main City. White Hat et Aurélia restèrent au camp, se préparant pour le départ. « Alors Erache, ça te plait de repartir à l’aventure à deux ? Interpella Mediaco, une fois que l’on fut sorti du camp. -Vu que l’on se jette dans la gueule du loup, pas vraiment, non. -Allons, tu ne crois pas qu’on va bien s’amuser ? -Nous verrons bien. -Ah, bien dit. » Après quelques secondes de silence, Mediaco demanda : « Peux-tu me donner l’heure ? J’aimerais savoir si nous devons nous dépêcher ou pas. » Sans fouiller mes poches, je tendis la main vers lui, silencieux. Il prit une mine étonnée. Je lui dit : « Vous avez ma montre, comme à chaque fois que vous m’avez demandé l’heure, n’est-ce pas ? » Mediaco eût un sourire. Il sortit la montre de sa poche, jeta un coup d’œil à l’heure, puis déposa l’objet dans ma main tendue. « On dirait que je ne serais plus capable de refaire ce coup sans que tu le saches. En tout cas on pas en avance. Il faut que l’on accélère le pas. » Nous mettant au trot, nous poursuivîmes notre avancée à travers les sous-bois.
  13. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! C'est officiel, je crois que j'annoncerai plus de date pour le chapitre suivant, puisque de toute façon je ne tiendrais pas les délais^^. Voilà donc la suite, où nous retrouvons un duo de personnages que je vais commencer à étoffer... Comme promis, voilà un petit guide des références de la première partie du Tome 1 ! Chapitre 0.5 : La banque d'Azur "Objection !" : La réplique, tout comme tout le procès d'ailleurs, est dû à la série de jeux Ace Attorney. "Le coupable c'est vous !" : Toujours dans les références aux jeux vidéo, cette fois Professeur Layton, l'une mes séries vidéoludiques favorites. Je recommande également le film, canon avec les jeux. Chapitre 2 : La prison de Bowerstone Bowerstone : Le nom de la ville est issue de la série de jeux Fable, auquel je n'ai jamais joué. Chapitre 3 : L'expédition Velouttine : Il s'agit bien entendu d'un anagramme de Louvinette. Chapitre 5 : Entrée à Falise L'idée d'avoir le narrateur comme étant l'auteur et le biographe du criminel est directement issu des romans Arsène Lupin, de Maurice Leblanc. En effet, dans ces derniers, Maurice Leblanc est le biographe du gentleman cambrioleur Arsène Lupin. La grande différence est que le rôle de Maurice Leblanc dans ses livres est minime, tandis que je participe à l'action. Chapitre 7 : Combat et fuite "Cinq cents ? Ah ! S'ils n'avaient été que trois cents !" : C'est une réplique directement plagiée inspirée d'un roman de Maurice Leblanc : Arsène Lupin contre Herlock Sholmes. La réplique originale était la suivante : "Combien êtes-vous, mes amis ? Vingt-cinq ? Trente ? C'est beaucoup... Rien à faire. Ah ! Si vous n'aviez été que quinze !" Et voilà ce qui clôture cette section ! La prochaine fois, la suite et fin des références pour le tome 1, ça vous dirait ? Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97 CHAPITRE 20 : RENCONTRE SUR LE SENTIER La dame de carreau tournait en rond, dans sa cellule voisine à celle de sa compère, la dame de cœur. Après leur capture à Tenghzou, elles avaient passé leur temps dans les sous-sols du Skywalker Building d’Old Main City. Bien sûr, elles ignoraient où elles se trouvaient exactement. Désarmées, elles avaient eu la vue obstruée durant tout le trajet jusqu’à leur cellule, bien placées dans un lieu sans fenêtres. Fatigué de voir la jeune femme tourner en rond comme une lionne dans sa cage, le geôlier de garde à cette heure de la nuit quitta sa chaise et vint se poster à la porte de la cellule. « Hé, t’as pas fini de tourner en rond ? » La dame le défia du regard. « Viens m’en empêcher. » Le geôlier d’apprêtait à ouvrir la porte de la cellule, alors que la dame s’en approchait. Alors qu’il allait prendre les clés qui pendaient à sa ceinture pour ouvrir la porte, il arrêta son geste. « Attends, c’est un piège c’est ça ? Tu veux que… » Il était déjà trop tard. Depuis l’autre côté, la dame lui avait attrapé le col, et, d’un violent mouvement de bras, l’avait assommé contre les barreaux de la cellule. La dame de cœur, dans la cellule voisine, avait assisté au spectacle. « Héhé, l’idiot. Ta ruse était grossière. C’est un miracle qu’il soit tombé dans le panneau. Surtout pour le temps que ça a pris ! -L’important est que ça aie marché. » Rétorqua la dame de carreau d’un ton cassant, faisant taire son acolyte. Elle avait déjà récupéré le grand trousseau de clés de la ceinture du garde inconscient, et, se tordant presque le bras pour accéder à la serrure de sa porte, elle essayait les clés une à une. A la cinquième clé, alors qu’elle commençait à fatiguer de sa posture inconfortable, un joyeux déclic lui indiqua qu’elle avait réussi. Elle poussa la porte qu’il s’ouvrit en silence. Sans attendre une seconde, la dame de carreau délivra celle de cœur. Dans le plus grand calme, elles retirèrent son épée au garde, avant de le bâillonner et de l’enfermer dans l’une des cellules. La dame de cœur eût le privilège de garder l’épée qu’elles avaient récupéré. « Vraiment, tu ne la veux pas ? Demanda-t-elle à la dame de carreau, surprise qu’elle ne réclame pas d’utiliser leur seule arme. -J’aimerais bien, mais je sais que tu es meilleure que moi à l’épée. Si l’on doit se battre, il vaut mieux que tu l’aies. -Merci, c’est gentil ! -J’ai surtout envie de sortir d’ici en un seul morceau. » Pas à pas, elles gravirent les marches de l’escalier en colimaçon qui menait vers les étages supérieurs. Ignorant les autres sous-sols, elle montèrent jusqu’au rez-de-chaussée. Alors qu’elles scrutaient les alentours, deux personnes franchissaient le couloir de l’entrée, presque en courant. Elles ignoraient qui était l’homme, n’ayant jamais vu Elyso, mais elles connaissaient la femme qui l’accompagnait : Aurélia. Restant immobiles pour ne pas se faire remarquer, elles attendirent que le duo s’en aille. Alors qu’elles s’avançaient dans le rez-de-chaussée, la dame de cœur jeta un coup d’œil autour d’elle. Accroché au mur, il y avait la liste des étages avec les différentes sections. La dame de carreau s’arrêta également pour regarder. « Tu connais un bâtiment avec autant d’étages ? -On est pas à Babylone, donc c’est le Skywalker Building d’Old Main City. » La dame de carreau ajouta, en tapotant le panneau : « Je pense que l’on va leur laisser un petit cadeau avant de mettre les voiles. » La dame de cœur lui répondit par un sourire en coin. Son acolyte venait d’indiquer la poudrière du premier étage. Aurélia et Elyso avaient réquisitionné les deux meilleurs chevaux de l’écurie avant de se lancer sur notre piste, à Mediaco, Yug et moi. Elyso était sûr, à raison, que Daulop était un imposteur : il s’agissait de Neah. Sans trop savoir où réellement aller pour suivre notre psite, l’obscurité de la nuit n’aidant pas, le duo avait suivit les sentiers en direction du Sud, sachant très bien que le camp minorivien et celui des Chapeliers Blancs se trouvait dans cette direction. Alors qu’ils arrivaient à l’orée de la grande forêt du Sud de Minorive, ils commençaient à désespérer de pouvoir nous rattraper. Ils firent une halte. « Tu penses qu’on s’est approchés d’eux ? Demanda Aurélia. -S’ils ont suivi le même trajet, je suis sûr que l’on a été plus rapide. » C’est alors qu’Elyso eût une idée. Ouvrant la sacoche accrochée à sa selle, il sortit le pistolet à fusées éclairantes qu’elle contenait. Il regarda Aurélia. « S’ils sont dans les environs, déclara Elyso, ils verront la fusée, et se douteront de quelque chose. Tu crois que ça peut marcher ? -On ne perd rien à essayer. » Elyso pointa l’arme vers le ciel obscur. Auréllia se boucha les oreilles. Il pressa sur la détente. Avec une forte détonation, suivie du sifflement caratéristique du projectile fendant l’air, la boule de lumière s’éleva vers la voute céleste. Elyso rangea l’arme, dont le bout du canon était encore fumant. « Espérons qu’ils l’ait vu, pria Aurélia. » Depuis que nous étions rentrés dans la forêt en suivant Daulop, nous avions significativement réduit notre allure. L’obscurité rendait difficile la progression dans els sous-bois. Daulop ouvrait la marche. Quelques pas derrière lui, Yug se tenait baissé sur son cheval, pour ne pas se prendre le visage dans des branches basses. Mediaco le suivait, et je fermais la marche. Alors que seuls les bruits des sabots et des animaux nocturnes se faisaient entendre, il y eût soudain une détonation. Un éclair de lumière s’éleva vers le ciel, même s’il n’était pas très bien visible à travers les feuilles et les branches. J’entendis Mediaco murmurer : « C’est une de nos fusée ça ! » Yug l’avait identifié lui aussi. Avant que Daulop n’ait eu le temps de réagir, Yug avait bondi de son cheval et avait entrainé le cavalier à terre. Sonné, Daulop n’eût pas le temps de sortir sa lame : Yug avait collé la sienne contre son cou, et Mediaco pointait son pistolet vers lui. Daulop fut désarmé, et finit avec les mains attachées dans le dos. Pendant que Mediaco et Yug se chargeaient de notre nouveau prisonnier, ce premier me demanda : « Erache, peux-tu aller voir d’où la fusée a été tirée ? Si on nous y attend, ce serait bête de manquer le rendez-vous. On te rejoint après, on va aller plus lentement pour escorter notre nouvel ami ici présent. » Acquiesçant, je pris la route vers l’orée de la forêt. Sorti des sous-bois, j’aperçus deux cavaliers sur le sentier. Je reconnus sans problème la première, il s’agissait d’Aurélia. Cependant, j’ignorais qui était l’homme qui l’accompagnait. « Erache ! S’exclama Aurélia lorsqu’elle m’aperçut. Où sont les autres ? » Je lui expliquai alors la situation. Quand j’eus terminé, Elyso s’exclama : « Ah, on va pouvoir vérifier si j’avais raison. -Qui est-ce ? » Demandais-je à Aurélia. Elyso me tendit la main en se présentant. Je la serrais avant de m’introduire à mon tour. « Et pourquoi vous êtes ici tous les deux ? -Attendons Mediaco et Yug, proposa Elyso. Je n’ai pas tellement envie d’expliquer la situation plusieurs fois de suite. » J’acquiesçais et nous attendîmes un instant. Mediaco et Yug sortirent des sous-bois, en compagnie de notre prisonnier. Dès que les regards d’Elyso et Daulop se croisèrent, ce dernier manqua de peu de tomber à la renverse de surprise. Cependant, les deux restèrent silencieux. Mediaco réagit par contre, en s’exclamant : « Elyso ! Ca fait combien de temps que l’on ne s’est pas vus ? -Bien trop longtemps, Mediaco. Et Yug, ça va ? » Yug ne dit rien, mais répondit avec un sourire et un léger hochement de tête. « Alors, quelle est la situation ? » Demanda Mediaco, reprenant un sérieux très professionnel. Elyso raconta les évènements qui avaient mené à sa fuite de la Citadelle. Il termina son récit en nous disant : « Et messieurs, ce messager des Chapeliers Blancs n’est autre que Neah, directeur de la sécurité intérieure de Minorive. » Tous nos regards se dirigèrent vers lui. « Hé bien, s’exclama Mediaco, c’est qu’on s’est presque fait avoir, hein ? » Neah ne dit rien, gardant la tête basse. « Bien que cette réunion soit touchante, il ne vaudrait mieux pas nous attarder. La fusée de tout à l’heure risque fort d’avoir attiré une compagnie indésirable. -Où allons-nous alors ? Demanda Yug. -On s’éloigne. Se battre ici ne me semble pas être une perspective très enviable. De plus… -Chut ! S’exclama soudain Aurélia. Vous entendez ? » Nous firent le silence. Hormis le craquement irrégulier des flammes de nos lampes, tout semblait calme. Cependant, après quelques instants, je finis par percevoir un son de martèlement brutal et irrégulier. « C’est des chevaux, réalisa Elyso. Ils viennent vers nous. » C’est alors que Yug pointa le doigt vers quelque part derrière moi. Je me retournai. Plus loin sur le sentier, des lueurs avançaient dans notre direction. Il s’agissait de cavaliers, éclairés par leurs lanternes. Alors que nous n’avions pas encore décidé ce que nous allions faire, Neah leva soudain ses mains menottées vers le ciel, et s’agitant frénétiquement, il s’écria : « Je suis sauvé ! Oh ! Par ici ! Wouhou ! Wouhooouuu ! Au secours ! S’il vous plait, au secours ! » Pour le faire taire, Yug l’envoya par terre d’un crochet du droit. « Merci Yug, le congratula Mediaco. Bon, on ne peut plus se cacher et il est trop tard pour fuir. Nous n’avons pas le choix, sortez vos armes ! » Chacun dégaina épée, dague, couteau ou pistolet, tout en se mettant en position. Le groupe des cavaliers, qui nous avaient à présent repérés, s’étaient arrêtés, à quelques dizaines de mètres de nous. Malgré le fait qu’ils étaient baignés dans la lueur de leurs torches, la pénombre et la distance qui nous séparait rendait impossible l’identification. L’un des cavaliers se sépara du groupe, s’avançant de quelques pas dans notre direction. D’une voix forte, l’homme demanda : « Qui va là ? » Mediaco eût un sourire en coin, puis porta ses mains en porte-voix. « Une poétesse, un membre de cellule dormante, un écrivain, un haut gradé de la Triade, et moi, le plus grand voleur de tous les temps ! Aussi on a le directeur Neah prisonnier ! » Le cavalier resta immobile un instant, avant de tourner la tête vers le reste du groupe, avec, je l’imaginais, un regard de parfaite incrédulité. Il se retourna vers nous pour dire : « Je… Je ne suis pas sûr d’avoir très bien compris. » Elyso ne put s’empêcher de rire, bien qu’il gardait son hilarité la plus silencieuse possible. Mediaco répondit : « Je suis le grand Mediaco, et je suis accompagné de mes hommes. Nous avons fait prisonnier le directeur Neah. » Le cavalier leva les mains en l’air. « Je ne suis pas armé, dit-il. Je suis un Chapelier Blanc. Je vais m’approcher, d’accord ? -D’accord. » Répondit Mediaco. Au pas, le cavalier avança sa monture vers nous. Une fois qu’il fut assez proche, la lueur de nos lanternes permis d’attester de la véracité de ses dires. Son uniforme était bien celui d’un Chapelier Blanc. Mediaco nous fit signe de ranger nos armes, et rengaina son épée. Il se présenta comme étant le capitaine de l’une de leurs escouades de cavaliers. « Vous pouvez donc nous conduire à votre camp ? » Demanda Yug. Le capitaine acquiesça et nous invita à le suivre. Mettant nos chevaux en marche, nous nous engagèrent après lui.
  14. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco ! Une bonne nouvelle, le chapitre suivant est terminé en manuscrit, il faut que je trouve le temps de le recopier. Je pense que la semaine prochaine il sera publié ! Si cela intéresse des gens, je vais faire un petit point rapide sur ma méthode pour écrire ce RP. Je me balade toujours avec un cahier 17x22 dans lequel il y a le manuscrit. Dès que j'ai moment tranquille, comme une pause entre deux cours, j'avance un peu dessus. Le format du cahier est intéressant pour moi pour plusieurs raisons. Tout d'abord c'est plus transportable et ça prend moins de place. Ensuite ça me permet de mesurer la longueur de mes chapitres en fonction du nombre de pages (jusqu'à récemment je faisais six à huit pages, maintenant je suis passé à dix pages). Enfin le format est très "gratifiant". Cela peut sembler bizarre à dire, mais sachant que c'est plus petit qu'un grand format, je finis les pages plus vite, donc ça me donne la satisfaction d'avancer quand je tourne les pages et vois toutes celles remplies. Quand un chapitre est terminé, je le laisse "reposer", c'est-à-dire que je n'y touche pas pendant un moment (de quelques jours à une semaine, en gros). Généralement je continue quand même sur le chapitre suivant. Une fois cette attente terminée, je passe à la recopie. Je me relis tout en copiant mon manuscrit sur ordinateur. Cela me permet de corriger tout ce que je souhaite pour passer au chapitre tel que vous les lisez. J'effectue enfin une dernière relecture avant de poster. Voilà, j'espère que ce petit point vous a intéressé ! La prochaine fois, un résumé sur les références sur la première moitié du tome 1, ça vous intéresse ? Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97 CHAPITRE 19 : DEPART VERS LA BATAILLE Nos chevaux étaient sellés. Nous allions rejoindre le camp des Chapeliers Blancs. Guidés par Daulop, Mediaco, Yug et moi étions partis vers le sud. Mediaco avait demandé à Aurélia de rester au quartier général, car il estimait que son aide ne serait pas nécessaire et parce qu’elle devait encore s’habituer à la vie à la base. « Nous ne sommes toujours pas occupés d’interroger nos prisonnières. » Après que je lui ai dit cette phrase, Mediaco me lança un regard entendu et me répondit : « Erache, pas d’inquiétude. Il faut qu’elles profitent elles aussi de la vie ici. Nous n’allons pas les déranger tout de suite. Pour l’heure, nous devons rencontrer White Hat. » Il mit alors le pied à l’étrier et monta en selle. Daulop, Yug et moi firent de même. « Très bien, Daulop. Guide-nous ! » Daulop acquiesça, puis donna un coup d’étrier pour ordonner à sa monture d’avancer. L’un après l’autre, nous le suivirent hors de la ville. Les conditions climatiques s’étant améliorées, la Lune de Midi avait pu prendre son envol vers la ligne de front. Alors que le Soleil se couchait sur l’horizon, le vaisseau avait atterri à l’arrière du camp. Dès lors, le débarquement des hommes et l’embarquement des prisonniers avaient commencé. L’ensemble des hommes soupçonnés d’avoir des liens avec White Hat, dont Neah avait aidé l’arrestation, étaient embarqués pour être transférés à la prison de Babylone. Depuis le camp, McFly et Sabre donnaient leurs instructions pour coordonner l’opération. Une fois les ordres distribués, ils se rejoignirent, un peu à l’écart du tumulte ambiant. « Vous avez eu des nouvelles du Directeur Neah ? Demanda Sabre. -Aucun signe de lui. Il n’était pas à compter dans les décès de la bataille. J’ai envoyé une escouade de recherche avant le départ. Je n’ai aps encore eu de leurs nouvelles, mais cela ne saurait tarder. » Ils se séparèrent de nouveau, transmettant leurs ordres à leurs soldats. Le vaisseau venait de mettre les voiles, quittant Bowerstone. A son bord, Ghosthand, Velouttine, Dark Shadow et Jatern, ainsi que des soldats Stendeleins, en route pour Babylone. Après quelques manœuvres, le navire rejoignit le reste de la flotte, avant de mettre les voiles vers l’ouest. Sous la voute céleste nocturne, les vaisseaux glissaient sur les flots calmes et sombres de l’océan. Alors que dans les cales, ceux qui n’étaient pas de garde se reposaient, en prévision de la bataille qui les attendait, Ghosthand avait fait réunir les capitaines d’escouade dans sa cabine. Avec Velouttine et les deux assassins, il exposait le plan pour l’assaut. Sur une grande table, au centre de la pièce, avait été posée une grande carte représentant le plan de la ville. Alors que des infrastructures s’étendaient extra-muros, pour augmenter la capacité d’accueil de nouveaux habitants, l’essentiel se trouvait entre les murs. Le début de l’assaut allait s’avérer crucial. Leur force armée devait réussir à bloquer la flotte Babylonienne avant qu’elle ne puisse se déployer, ainsi que sécuriser le débarquement pour la suite des opérations puisse avoir lieu. Ensuite, l’avancée des soldats dans les rues de la ville allait devoir être rapide, pour sécuriser les différents objectifs et progresser jusqu’aux portes Est, Nord et Ouest de la cité, afin de verrouiller l’endroit de manière effective. Montrant sur le plan les différents chemins que les escouades allaient emprunter, ainsi que les emplacements pour les lignes de ravitaillement ou les lieux sûrs pour se replier, Ghosthand et Velouttine détaillèrent le déroulement de l’attaque. Une fois la présentation terminée, les différents chefs d’escouade saluèrent leurs supérieurs avant d’aller se préparer. Les gardes venaient de finir leur inspection. Ils avaient investi la villa après le départ d’Elyso, et avaient trouvé Zikku au bas des marches de la cave, attaché à une chaise. FIlerd dormait encore. La situation était tellement surprenante qu’Ixylls, le capitaine de la garde de la Citadelle, vint lui-même sur place. Lorsque le mandat d’arrêt contre Elyso fut émis, ce dernier avait déjà quitté la ville depuis un bon moment. Durant la journée, les gardes avaient fouillé l’ensemble des affaires d’Elyso, sous la directive d’Ixylls. Rien d’incriminant ne fut découvert. Zikku et FIlerd avaient été emmenés au poste, dans le but de prendre leurs témoignages. Filerd avait vite été congédié du fait qu’il n’était au courant de rien. Zikku était resté car Ixylls voulait lui parler en tête-à-tête. Cela faisait déjà quelques heures que la nuit était tombée. Alors que Zikku se demandait si Ixylls voulait n’avait pas décidé de partir se coucher, ce dernier entra dans la petite salle pour les interrogatoires. Ixylls verrouilla la porte en entrant, et se retourna vers Zikku. Il resta debout. « Que s’est-il passé ? Demanda-t-il d’une voix autoritaire. -Attends, pourquoi tu m’as fait poireaut… -C’est moi qui pose les questions pour commencer. Coupa Ixylls. Alors, que s’est-il passé ? » Zikku lui raconta les évènements. Ixylls ne bougea pas, et ne l’interrompit pas avant qu’il ait terminé. Une fois le récit terminé, Ixylls prit un moment, visiblement pour réfléchir. Après un instant de silence, il demanda : « Tu penses à quelle faction ? -La Triade, assurément. -C’est ce que je pense aussi. Elyso s’est servi dans tes documents. Il n’a pas l’air d’avoir eu le temps de lire, par contre. Il y avait des documents compromettants ? -C’est possible. -Cela ne s’annonce pas bien. Il ne devrait pas rester longtemps avant que l’on doive passer à l’action. » Ixylls déverrouilla la porte et l’ouvrit. « Je me charge du reste. Vaudrais mieux faire profil bas un moment. Tu peux rester à ta résidence. » Zikku se leva et se dirigea vers la porte de sortie. S’assurant que personne n’était dans le couloir, il demanda : « Et Filerd ? -Il ne sait rient et n’a pas l’air de vouloir en savoir plus. S’il fouine, il faudra juste me le signaler, et nous aviserons. » Zikku acquiesça, et fut libre de quitter le bâtiment. Un cheval épuisé et son cavalier qui l’était tout autant entrèrent dans Old Main City. Maintenant que la nuit était tombée depuis plusieurs heures, les lumières avaient été allumées dans la cité, si bien que le cavalier fut ébloui en arrivant, car ses yeux s’étaient habitués à la seule lueur de la Lune pour l’éclairer. De nombreuses heures auparavant, l’homme avait fui la Citadelle en emportant avec lui des documents appartenant à Zikku : il s’agit d’Elyso, le membre « dormant » de la Triade. Alors qu’il avait manqué de peu de se faire capturer par les gardes de la ville, avant de se faire attaquer par l’un des copropriétaires de sa villa, Zikku. Après avoir vaincu ce dernier, Elyso s’était servi dans ses documents, puis avait quitté la Citadelle avant que la garde ne puisse l’identifier. Ainsi, Elyso avait chevauché depuis les premières lueurs de l’aube, jusqu’au milieu de la nuit, où il venait enfin d’atteindre sa destination. Devant le Skywalker Building, il mit pied à terre. Alors qu’il décrochait le sac suspendu à la selle, une grimace lui tendit les traits du visage. Durant ses précédentes altercations, il avait été blessé à l’épaule, et n’avait pu se faire que des soins de fortune, même si le résultat tenait bien la route, tout à sa surprise. Le sac en main, il s’approcha de l’entrée, seulement pour être interrompu par l’un des membres de la Triade, seul garde à l’entrée de nuit. « Hola ! Pas un pas de plus ! T’es qui ? -Je m’appelle Elyso. Vas chercher Mediaco, il sait qui je suis. -Je vois pas pourquoi je le ferais. -Oh, par pitié… » Grinça Elyso entre ses dents. Il posa le sac puis fouilla dans sa veste. Sortant une lettre cachetée mais pliée en de nombreux endroits, Elyso la tendit au garde. Ce dernier regarda l’enveloppe d’un air circonspect avant de l’ouvrir. Il parcourut le message des yeux. Arrivé en bas, il regarda de nouveau Elyso. Cherchant ses mots, il finit par lui dire : « Je vais voir ce que je peux faire. » Il tourna les talons et entra dans le bâtiment. Elyso priait qu’il aille chercher quelqu’un de plus éloquent. Quelques instants plus tard, une jeune femme franchit la porte. Depuis l’embrasure de la porte, elle lui fit signe d’entrer. Sans attendre, il prit son sac et entra dans le Skywalker Building. Il croisa le garde, qui allait reprendre sa place à l’extérieur. La jeune femme lui tendit la main. Il la serra. Elle se présenta : « Je suis Aurélia. J’ai vu la lettre que Mediaco t’a confié, Elyso. Malheureusement il n’est pas ici. -Où est-il ? -Une rencontre importante avec les Chapeliers Blancs. -Oh, d’accord. » Elyso souleva son sac. « J’ai d’importants documents à remettre à la Triade. Il y a probablement une organisation dont nous ignorons tout qui trame quelque chose. » Le sac contenant les documents de Zikku fut emmené à la section de documentation et d’archives pour lecture et analyse. Elyso raconta à Aurélia les évènements qui l’avaient poussé à fuir la Citadelle. Inquiète, Aurélia le força à aller à l’infirmerie pour qu’il se fasse immédiatement ausculter, en réveillant au passage le médecin de garde. Elle resta dans la pièce pendant que le docteur défaisait les bandages de fortune du blessé, en lui félicitant d’avoir tenu le coup pendant une journée complète à cheval. Il souligna aussi sa chance de ne pas avoir eu d’infection. Le médecin commença alors à nettoyer la plaie puis à refaire les bandages : d’une manière professionnelle cette fois-ci. Alors que le docteur faisait son office, Elyso demanda à Aurélia : « Tu m’as fait confiance incroyablement vite, comment ça se fait ? -La lettre de Mediaco n’était pas falsifiée, sinon je m’en serais rendu compte. » Une fois les soins finis, Aurélia et Elyso quittèrent l’infirmerie et discutèrent de choses et d’autres. La discussion finit par tomber sur l’absence de Mediaco. « Un messager des Chapeliers Blancs est venu jusqu’ici ? Demanda Elyso. -En effet, un nommé Daulop. Une forte tête. » Aurélia en décrivant le messager. A l’écoute de la description, le visage d’Elyso se décomposa. Il compléta lui-même la description, et ajouta : « Il avait une épée à la garde finement ciselée, je me trompe ? -Non, c’est exact, comment… » Sans attendre une seconde, Elyso se précipita vers le rez-de-chaussée, Aurélia tentant de le suivre. « Il me faut un cheval, et vite ! -Attends, que ce passe-t-il ? » Elyso s’arrêta et se retourna vers Aurélia. « Le messager était un imposteur. C’est quelqu’un que je connais bien : Neah, directeur de la sécurité intérieure de Minorive. -Tu es sûr de toi ? -Si on a de la chance, c’est une coïncidence. Mais si ça ne l’est pas, il faut les rattraper immédiatemment : ils vont droit dans un piège. -Je t’accompagne. -D’accord. Où est l’écurie ? »
  15. Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs ! Voilà la suite des aventures de Mediaco ! J'ai mis beaucoup plus de temps pour écrire ce chapitre que prévu. A partir de maintenant, je ne vais plus indiquer de délai pour le chapitre suivant, ça arrivera quand ça arrivera... Je vais toujours essayer de voir si je ne peux pas produire du contenu supplémentaire comme la carte de Minorive que j'ai fait la dernière fois. Dans tous les cas, je n'arrêterai pas l'histoire avant sa fin. Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable lecture. À la prochaine ! Erache97 CHAPITRE 18 : DES NOUVELLES DU FRONT Au moment où la nuit tombait sur Old Main City, un messager des Chapeliers Blancs entra en ville sur sa monture. Les gardes à l’entrée de la cité, ayant compris la raison de la présence du messager, l’avaient aiguillé dans la direction du Skywalker building. Une fois devant l’entrée du bâtiment, il mit pied à terre. Il fut rapidement entouré des membres de la Triade chargés de la surveillance du lieu. Un homme sortit du Skywalker building. D’une voix calme mais intimidante, il ordonna aux hommes de baisser leur garde. Il s’approcha du cavalier. Ce dernier avait l’air nerveux, mais gardait sa constance. Le membre de la Triade inspecta le nouveau venu des yeux. Il le balaya du regard de haut en bas. Le cavalier faisait de même. L’homme de la Triade avait une haute stature. Malgré la cape qu’il portait par-dessus ses vêtements pour se protéger du froid, cela ne concédait pas la présence de larges épaules carrées et d’une musculature robuste. S’il n’arborait pas une mine aussi détendue, il aurait les traits du visage biens durs. L’homme dégageait une légère aura de quiétude malgré son teint un peu blafard. Ses jambes droites et longues se terminaient par une paire de chaussures noires. Ces dernières, quoique de bonne facture, montraient des traces d’usure et des tâches qu’un nettoyage assidu n’avait pas réussi à faire partir. Le dernier détail que nota le cavalier était le pli caractéristique qu’avait pris la cape, indiquant que l’homme portait une épée. Avec toutes ses informations, le membre de la Triade n’avait pas besoin de se présenter. La cavalier savait de qui il s’agissait : Yug. Ce dernier s’adressa au messager : « Quel est ton nom ? -Daulop » Répondit-il en inclinant la tête. C’était bien entendu un mensonge : le cavalier n’était autre que le directeur Neah. Parti en avance du camp des Chapeliers Blancs, il avait réussi à intercepter le messager chargé par White Hat de transporter la réponse à la lettre de Mediaco. « Dis donc, Daulop, ça m’a l’air d’être une épée à la garde bien faite pour un soldat, que tu as à la ceinture. -J’ai fait les gravures moi-même. -Ah, intéressant. Puis-je voir de plus près ? » Yug avait tendu la main pour qu’il lui remette l’arme. Neah resta immobile. « Non. Je ne montre ma lame de près qu’à ceux que j’empale. » Neah tentait le tout pour le tout avec cette réplique. Il savait que Yug avait travaillé pour l’armée avant de rejoindre la Triade. Il aurait rapidement constaté que l’acier de son épée était de trop bonne qualité pour une arme de soldat et aurait posé d’autres questions. Neah se maudissait intérieurement de ne pas avoir également changé son épée avec celle du messager, alors qu’il avait récupéré le reste de son uniforme. Yug fit un pas en avant, pour apparaitre plus menaçant. Neah garda sa composition. « Je vois que White Hat apprécie les durs à cuire. -Nous ne sommes pas amis. Dès que notre alliance de circonstance sera terminée, le commandant se remettra à votre poursuite et je serais là pour l’aider. -C’est une charmante attention envers un supérieur. Ta tête me dis quelque chose. Nous sommes nous déjà vus ? -Possible. J’ai participé à l’assaut sur votre île. » Neah se congratulait mentalement de cette excuse. Il avait de la chance que son visage ne soit pas connu. Il était possible que Yug et lui se soient croisés par le passé, mais Neah priait que Yug ne s’en souvienne pas si tel était le cas. « Ca doit être ça, finit par dire Yug. Donc, j’imagine que tu as un message, c’est ça ? » Yug tendit la main et attendit l’enveloppe. « Je dois remettre ce message à Mediaco en personne et à nul autre. » Yug soupira. « Alors il va falloir patienter un peu. -Pourquoi ? -Mediaco est actuellement absent. Il reviendra sous peu. » Mediaco leva le canon de son fusil. Il mit sa cible en joue. Aurélia et moi l’observaient depuis un peu plus loin. Il coupa un instant sa respiration et pressa la détente. Dès qu’il eût tiré, nous nous précipitâmes tous les trois pour aller voir le résultat. Mediaco chercha des yeux l’objectif de l’excursion. L’instant d’après, il poussa un cri de joie. Il souleva alors son prix : un magnifique lapin, abattu d’une balle dans la nuque. « Joli ! s’exclama Aurélia. -Ha ha ! C’est une belle prise, hein, Erache ? » Arpès un repos suivant notre retour de Tenghzou, Mediaco nous a emmené, Aurélia et moi, à une petite partie de chasse, au bord du grand lac se trouvant à côté d’Old Main City. Nous y avons passé la journée entière. « En effet, c’est une belle prise. Il ne serait pas temps de rentrer ? Il commence à se faire tard. » Le soleil était déjà passé sous l’horizon, et les alentours s’assombrissaient à vu d’œil. « Tu as raison, répondit Mediaco. Rentrons. » En entrant dans les rues de la ville, nous croisons l’un de nos hommes : « Monsieur Mediaco, je viens de la part de Yug. Un messager de White Hat est là pour vous. » Mediaco lui mit sur les bras tout le matériel de chasse qu’il portait. Il semblait fou de joie. « Prends-ça, dit-il, et range les pour moi. (Il se tourna vers Aurélia et moi :) Aurélia, Erache ! Vous vous rendez compte ? Il a déjà répondu ! Nous allons bientôt pouvoir organiser notre intervention dans cette guerre ! » Il s’élança d’un pas rapide vers le Skywalker Building, Aurélia et moi sur ses talons. A l’entrée du bâtiment, c’est au tour de Yug de croiser notre chemin. « Ah, vous êtes enfin rentrés. On a un messager de… -On est déjà au courant, coupa Aurélia. On a croisé le type que t’as envoyé. -Où est-il ? » Demanda Mediaco. Yug nous guida au premier étage. Un garde avait été placé devant la porte. Mediaco entra, me demandant de le suivre et à Yug et Aurélia de rester dehors. Dans la pièce, il n’y avait que deux chaises, et une petite table. Le messager était assis sur l’une des deux chaises. Avant d’entrer dans la pièce, Mediaco avait demandé à Yug de lui décrire sa rencontre avec le messager, qu’il n’hésita pas à détailler. Mediaco, en entrant dans la pièce, pris un air décontracté, et s’assit sur l’autre chaise, qu’il avait préalablement écarté d’un coup de pied. D’un geste nonchalant, il balança ses jambes par-dessus la table, puis plaça ses mains derrière la tête. Pendant ce temps, je m’étais placé en retrait, d’un endroit où je pouvais voir tout ce qu’il se passait. Me jetant un coup d’œil, Mediaco me fit un sourire en coin avant de se focaliser de nouveau sur le messager. « Tu t’appelles Daulop, c’est ça ? -Oui, c’est mon nom. -Ok, Daulop, tu as quelque chose pour moi, c’est ça ? -En effet. » Le messager sortit une enveloppe cachetée de la poche intérieure de son manteau, et la posa sur la table, en face de Mediaco. Mediaco la décacheta et parcourut le contenu des yeux. Par-dessus son épaule, je pus la lire en même temps que lui. Le contenu de la lettre était formulé avec une écriture fine et appliquée. « Mediaco, Vous devriez préparer vos hommes. Nous ne pourrons pas nous rallier aux troupes de Minorive. McFly a rejoint le front, avec un nouveau navire volant. D’après les informations que j’ai obtenu, il souhaite procéder à l’extraction de prisonniers au camp principal de l’armée Minorivienne. Il s’agit d’ancien de mes hommes et collaborateurs. L’objectif est de les transférer à la prison de Babylone. De plus, les soldats en provenance de Babylone serviront de renfort au front. Je pense qu’il est l’heure d’intervenir. Afin de mettre fin au conflit, plusieurs choix s’offrent à nous. Mais nous devrions en discuter en face à face. Le messager ici présent vous conduira au nouvel emplacement de la base des Chapeliers Blancs. Je vous attends au plus vite. White Hat » Mediaco replia la lettre qu’il reposa sur la table. Il sortit ensuite son pistolet de son holster et posa son poignet sur la table, le canon pointé vers le messager. Il arma le pistolet. « Alors comme ça, on pensait pouvoir tromper le grand Mediaco ? » Je n’en croyais pas mes yeux et mes oreilles. Malgré le contenu impeccable de la lettre, Mediaco doutait du messager. Mais il s’agissait d’un bluff. Mediaco pariait sur le fait que s’il y avait la moindre chance que le messager ne soit pas celui qu’il prétendait être, il devait faire tomber les masques sans attendre. Je reportais mon attention vers le membre des Chapeliers Blancs. Il restait impassible. Une magnifique performance d’acteur. Neah pensait qu’il y avait de vrais risques que sa couverture ait été découverte. Il devait se trouver une excuse qui sonnait vrai, sinon il ne risquait pas de faire long feu. Il resta d’un calme olympien tout en cherchant une réponse. Il regarda Mediaco droit dans les yeux et dit : « C’est un beau bluff. Je peux savoir ce que vous me reprochez ? -Oh, c’est simple. Votre nom ne correspond pas à celui du messager indiqué dans la lettre. » Neah prit sur lui-même pour ne pas paraitre inquiété. Il énonça la première chose qui lui passa par la tête, au tac-au-tac : « C’est impossible. Le commandant n’a indiqué le nom d’aucun messager. Il ne savait pas lequel d’entre nous serait chargé de cette mission avant de cacheter l’enveloppe. » Un long silence suivit la réplique. Mediaco rangea son arme. Toujours assis, il s’adressa à l’homme en face de lui. « Bien, Daulop. Nous allons pouvoir nous préparer. Conduis-nous à White Hat. » Alors que la nuit était tombée, le camp Stendelien était très actif. Une par une, les caisses d’équipement étaient embarquées à bord du vaisseau amiral. A côté du ponton d’embarquement, Dark Shadow, Jatern et quelques soldats étaient assis autour d’un feu de camp. Un des hommes distribuait les cartes afin qu’ils puissent jouer. Cependant, les soldats commençaient à désespérer de voir Jatern et Dark Shadow rafler les mises une par une. Les joueurs regardèrent leurs cartes. Dark Shadow jeta un coup d’œil aux soldats chargés de s’occuper de l’embarquement. Il était presque terminé. Il posa ses cartes, et se leva. Il poussa la pile des pièces qu’il avait récoltées en direction des autres joueurs. « J’arrête là. Vous n’avez qu’à vous partager mon argent comme bon vous semble. » Jatern lui lança un regard interrogatif. « Tu peux continuer à jouer, il reste un peu de temps, si tu veux tant de cet argent de poche. Je vais faire un tour. » Il quitta le lieu du jeu et monta sur le pont du navire. Il croisa Ghosthand. Seul dans un coin, il observait les allées et venues de ses hommes. Dark Shadow s’approcha. « Le départ est pour bientôt, général ? » Ghosthand lui répondit d’un regard mauvais. « Hé, on se calme, le général. C’est une vrai question. -Nous partirons bientôt. Le reste de la flotte est à portée de longue vue. Il faut attendre la fin du chargement. Vous êtes prêt, avec votre sbire ? -C’est vous qui avez des sbires. Moi j’ai un assistant. -Qui c’est exactement, ce Jatern ? -Je vous l’ai dit, mon assistant. Vous n’avez rien à savoir de plus. On ne compte pas se mettre en travers de votre route. Vous prendrez la ville, et j’aurais ce qui m’intéresse. » Ghosthand allait répondre quelque chose, mais au même instant, un soldat s’approcha des deux hommes, saluant son supérieur. « Mon général, nous sommes prêts à lever l’ancre à votre commandement. -Très bien. Que chacun rejoigne son poste. J’annoncerai le départ sous peu. »
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