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Cinquième récit: Le retour d'Ulysse Personnages mentionnés: 50 Holevent de l'an de grâce 387, 11 heures, Bourg de Ronoa, Préfecture du Refuge de Pan. Vingt ans. Vingt années s'étaient écoulées depuis son départ du village. Vingt années sous les armes, à marcher de campagne en campagne, de garnison en garnison, de guerre en guerre... et de guerre, après vingt ans, il était las. Du haut de ses trente-huit ans, le sergent-major Sentenac avait parcouru bien des sentiers, combattu dans bien des batailles, vu plus d'homme être arrachés à la vie qu'il n'en avait jamais connu de vivants, et plus d'une fois frôlé lui-même la mort. Et puis, auréolé de la gloire des guerriers, ayant accompli plus que ce que son honneur de garde lui avait commandé, il avait fini par se languir de son clocher. Dans les longues nuits mélancoliques des casernes en temps de paix, il s'était pris à rêver de son village, de sa province, de ses parents qui vieillissaient à la ferme... Son devoir, plus d'une fois, il l'avait accompli. Il savait que, fort de ses campagnes et de ses citations, il était éligible à une "décharge honorable", procédure permettant à un garde honorablement distingué d'être déchargé de ses obligations militaires et rendu à la vie civile en étant versé dans un bataillon de réserve. Après une longue hésitation, partagé entre son mal du pays et la peur de quitter son régiment qui était devenu tant son foyer que son premier cercle d'amis, il avait finir par se décider. En Mériola, il avait officiellement déposé sa demande auprès de son chef de corps, qui l'avait transmise à l'inspection générale de l'armée pour qu'elle soit présentée en commission. un mois plus tard, dans le courant du mois de Cidélia, il avait reçu la réponse positive: il ne lui restait plus alors que deux mois de service. Ces deux derniers mois s'étaient écoulés à une vitesse effroyable. À peine avait-il eu le temps d'annoncer et de fêter son départ qu'il fallut faire ses adieux aux troupes d'active sur la place d'arme de la caserne. Deux semaines de voyage plus tard, cheminant de bourg en bourg à bord d'une diligence de poste, il était enfin arrivé à destination. Devant lui, en contrebas de la grand route, s'étendant dans tout le vallon, le bourg de Ronoa lui tendait les bras. Après une brève pause passée à chercher ce qui avait changé dans le paysage depuis sa dernière permission, il s'était lancé sur le chemin d'un pas lent, semblant presque manquer d'assurance, déambulant comme un enfant perdu sur le retour de l'école. Plusieurs fois, il croisa des villageois qui, reconnaissant l'uniforme, lui adressèrent de chaleureuses salutations. Les enfants du bourg, pour qui le retour d'un soldat était toujours un événement mémorable, ne tardèrent pas à le suivre en posant mille-et-une questions auquel il s'évertua de répondre avec maladresse. traversant la place, il y croisa le vieux prêtre qui, à son départ aux armées, lui avait donné le sacrement des volontaires. Il croisa l'apothicaire, qui n'était d'autre qu'un de ses vieux camarades d'école buissonnière, et la boulangère du bourg qui avait été, le temps d'un été, sa prime amourette. et puis, enfin, au bout de la dernière rue, il trouva la maison de son enfance; la longère de pierre grise de ses parents. Arrivé devant la porte de chêne, il s'y arrêta un instant, songeur, avant de la délaisser pour contourner la bâtisse. De l'autre coté, dans le jardin duquel seule le séparait une modeste clôture, il aperçut sa mère, agenouillée devant un plan de tomates, les mains dans la terre. Puis, de sa droite, à la fenêtre du logis, une voix émue l'interpella. - Martin ? C'est toi ? Tournant la tête, soudainement envahi par l'émotion, le sergent répondit. - C'est moi, papa; je suis de retour.
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Quatrième récit: Le pont de Tahure Personnages mentionnés: MrFalcar (personnage secondaire "Tristan Falcar" différent du Roi de Simurgh) 35 Cidélia de l'an de grâce 387, 14 heures, Rives du Rubicon, Bourg de Tahure, Préfecture de Tolwhig, Dans un grand "plouf" comique, visiblement déséquilibré par une force inconnue, le capitaine Sanson tomba en arrière dans les eaux pourtant calmes de la rivière. Assis dans la vase, l'eau à la taille, il pesta brièvement avant de se relever. - Alors Sanson, tu as trop chaud, peut-être ? Tu piques une tête ? Se moqua un officier depuis la rive. - Tais-toi donc ! J'ai marché sur un truc mou... je crois que c'était un poiscaille. Répondit le capitaine. Resté au sec à quelques mètres de là, pris jusqu'alors par de savants calculs, le colonel Falcar leva les yeux en direction des deux hommes. - Cessez un peu de faire les idiots, voulez-vous ? Et dites-moi plutôt quelle profondeur vous avez. Demanda-t-il d'un ton qui, malgré son sourire, se voulait sérieux. Trempé, son pantalon tâché de vase, le capitaine fouilla un instant devant lui pour repêcher la grande barre graduée qu'il avait perdue dans sa chute. Posant l'imposante règle à ses pieds, il se pencha pour y relever le niveau de l'eau sur sa position. - Ici, j'ai environ quarante centimètres, mon Colonel. Deux mètres plus loin dans le lit, on tombe déjà à un mètre soixante-cinq. La profondeur au centre de la rivière était de quatre mètres. Répondit-il. - bon, c'est bien; il n'y aura pas à faire de grand détour avec la route pour traverser. Reste à s'assurer de la nature du sol sous le lit de la rivière, mais nous devons nous trouver largement sur la grande plaque de granit de l'ouest Tolwhigien. L'édifice aura des bases solides, l'endroit est tout indiqué ! Déclara le Colonel en repliant son cahier. Un geste bref de sa part indiqua au capitaine Sanson qu'il pouvait regagner la rive pour s'y sécher. Un autre geste, en direction de la troupe cette fois, invita auprès de lui la petite poignée de sapeurs, de pontonniers et d'ouvriers du génie qui attendaient au bord du chemin comme des écoliers en classe verte. - Bien, messieurs, ne perdons pas d'avantage de temps. La route qui enjambera bientôt cette rivière doit être prête pour l'ouverture de la grande foire de Saulême, ce qui nous laisse trois semaines. L'ouvrage lui-même doit être achevé sous quinze jours. Commença-t-il. Un sergent, contremaître aux pontonniers, s'avança en tirant sur sa moustache. - Mon Colonel, pour monter l'échafaudage de part et d'autre de la rivière, il nous faudra déjà trois jours ! Au reste, il nous sera difficile de poser des caissons pour isoler les piles du pont avec quatre mètres de profondeur ! S'inquiéta-t-il. - N'ayez crainte, c'est prévu. J'ai d'ores et déjà dépêché le Commandant Burgos en amont de notre position pour établir une déviation temporaire du cours de la rivière. Cela va inonder quelques plaines, mais le niveau de l'eau va baisser de moitié ici. Répondit le Colonel Falcar, en désignant sur la carte l'endroit où allait être installé le barrage temporaire. Le sergent, bien que visiblement satisfait de cette réponse, s'interrogea encore. - Cela n'est-il pas risqué, d'inonder les plaines ? Le coin n'est peuplé, mais un chasseur ou un berger en bivouac pourrait s'y laisser prendre... - Ne vous en faites pas: les gendarmes de la préfecture ont fait le tour des fermes avant-hier pour avertir les locaux. Le Commandant Burgos a aussi pour consigne de surveiller de près la montée des eaux sur place. Au reste, cela aura le mérite d'inonder toutes les grottes et cavernes souterraines des environs et d'y noyer les rares gobelins qu'y peuvent encore s'y terrer. Acheva Falcar. Cette parenthèse terminée, aux ordres du capitaine Sanson qui avait rejoint le groupe, les ouvriers se mirent au travail. Au loin, déjà, apparaissaient en colonne les premières charrettes porteuses des grandes pierres de calcaire et de granit blanc destinées à former le nouvel ouvrage. Le Colonel, de son coté, regagna sa monture où l'attendait déjà son second. - Nous en avons terminé ici pour aujourd'hui. Quelle est notre prochaine étape ? Demanda-t-il, en montant en selle. - Nous sommes attendus par le sous-préfet au hameau de Brives, pour y préparer le forage d'un puits le mois prochain. Après cela, nous devons retourner à Tolwhig avant la nuit pour y rencontrer l'ingénieur Payne qui doit vous présenter ses nouveaux plans pour l'aqueduc de Malherbe. - Diable, nous allons encore nous coucher tard... Ce Payne est agaçant, à n'être pas capable de fournir des plans corrects du premier coup. Je suppose que je ne peux m'en prendre qu'à moi-même pour avoir voulu choisir un ingénieur civil. Si ses plans ne sont pas satisfaisants cette fois, nous en changerons. Autre chose au programme ? - Non mon Colonel. Rien d'autre aujourd'hui. Demain, comme prévu, départ à 6 heures pour le refuge de Pan en compagnie du Lieutenant-Colonel Lauriston et du Commandant Blein. J'ai déjà fait affréter un coche, tout est en ordre. - Bien. Nous pourrons dormir sur le trajet, tant que Lauriston ne se remet pas à ronfler comme un boeuf. En route ! Termina-t-il, en piquant sa monture du pied. Suivant la route qui longeait la rivière, les deux hommes prirent le chemin de Brives.
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Troisième récit: Braquage raté 55 Pampélune de l'an de grâce 387, Forêt de Corinthe, Frontière du marquisat de Férincs, Stendel Sur l'étroite route de terre à demi envahie par la végétation, deux cavaliers doublèrent à brides abattues le petit mont-joie de pierre, qui indiquait la proximité de la frontière. Alors que les deux hommes semblaient s'approcher de leur objectif, visiblement paniqués, un claquement bref vint mettre un terme à leur cavalcade. Blessé par le coup bien ajusté d'un mousqueton, le cheval de l'un d'eux s'écroula net, projetant son cavalier contre un arbre dans un bruyant craquement d'os. - Gaspard ! Cria son compagnon, tirant sur le mors de sa monture pour la faire freiner des quatre fers. Son cheval arrêté, il sauta à terre et se rua vers son comparse blessé. - Imbécile ! Sauve-toi ! Lui hurla ce dernier, tordu de douleur. - Pas sans toi ! Il reste que nous, on y est presque ! - Laisse-moi ! C'est foutu ! Je suis foutu, j'ai les deux jambes pétées, et des côtes aussi ! Tires-toi bordel ! - Fermes-la gasp... Un bruit, derrière-lui, le fit taire. Lentement, haletant, il se retourna et leva la tête. Devant lui, juchés sur d'imposants palefrois noirs, trois dragons de la Garde le tenaient en joue. L'un d'eux, le plus gradé sans doute, à en juger par les deux chevrons rouges ornant ses manches; prit la parole. - Assez cavalé, mes gaillards, vous êtes pris ! Gardez les mains bien en vue, et pas de bêtises ! Déclara-t-il simplement, son mousqueton pointé sur l'homme qui se tenait face à lui. - On se rend ! Je suis désarmé. Mon camarade est blessé, il ne fera rien non plus... - C'est raisonnable. Tenez, attachez-vous ensemble ! Répondit le dragon, jetant à leurs pieds une paire de menottes de fer. - Je vous dit que mon pote est blessé ! À quoi bon s'attacher ? - Bouclez-la et attachez-vous. Si je vous entends encore discuter une consigne je vous fait sauter le caisson, l'artiste. Rétorqua-t-il froidement. Visiblement convaincu, le brigand se baissa pour attraper les menottes, et se retourna vers son comparse blessé... qui semblait avoir perdu connaissance. Constatant, avec soulagement, qu'il respirait encore, il attacha une extrémité de l'entrave à son poignait, et l'autre au sien. - Voilà, vous êtes contents ? Et maintenant ? - On attend. Le reste de la patrouille ne va pas tarder. Vous nous avez bien fait courir, les autres ont eu du mal à suivre sur ces foutues routes de forêt. - Et ensuite ? - On chargera ton pote sur un cheval, et on vous ramènera à la prévôté de Port-aux-chats. Si il a de la chance, le médecin de garde arrivera à temps pour lui. Quant à toi, tu es bon pour la geôle, en attendant que le seigneur décide quoi faire de ta carcasse. - Et nos camarades ? - Si tu parles des trois canailles qui étaient avec vous à l'auberge; deux ont déjà passés l'arme à gauche, et le troisième doit finir poliment de se vider de son sang sur la dalle de la place. - Merde... quelle merde... je le sentais pas ce coup... - Fallait rester sage mon garçon, parce que sans vouloir vous vexer, aucun de vous n'avait l'air assez malin pour faire un bon criminel. Attaquer le relais de poste d'un bourg sous autorité consulaire, il faut dire que c'est singulièrement idiot. Lui asséna le garde d'un ton narquois. Un autre dragon, à cet instant, se rapprocha. - Caporal, le sergent Colson arrive avec les autres au bout du chemin ! Déclara-t-il en pointant du doigt un petit groupe de cavaliers qui venait d'apparaître au loin. - C'est pas trop tôt ! Bon, Jussieu et Loupiot, pied à terre. Relevez le blessé, et chargez-le sur ce canasson. Ordonna le caporal, en désignant du doigt le cheval valide d'un des brigands. Les deux soldats, sans attendre, démontèrent de leurs destriers et se dirigèrent vers le blessé. Empoignant vivement l'homme inerte, aidés de son complice auquel il était attaché, ils le transportèrent devant le cheval et le jetèrent sommairement sur sa croupe. Une fois les blessé en place, un des soldats attacha une longe au mors de la monture, et le second se plaça derrière le prisonnier. Le reste de la patrouille, arrivant à hauteur du petit groupe, harangua le petit groupe. - Belle prise, les gars ! J'ai bien cru qu'on allait pas les rattraper, ces deux lièvres ! S'écria le sergent Colson, visiblement amusé. - Merci sergent ! Ils ont failli nous filer entre les doigts, mais heureusement Jussieu a le compas dans l'oeil ! Il a crevé une de leurs montures en plein galop ! Répondit le caporal, désignant son camarade visiblement gêné. - Beau boulot, le jeune ! On dira ça au lieut', avec un peu de chance il te paiera un coup à boire ! Renchérit le sergent. - Au fait, vous avez eu des nouvelles du bourg depuis la mousquetade de tout à l'heure ? - Un peu, on a croisé l'escouade de Pontluçon qui revenait de la place. Les gendarmes de la préfecture y sont déjà arrivés pour faire enlever les corps des deux guignols qui y ont calanché, et le troisième a survécu parait-il, mais le toubib du dispensaire dit qu'il passera sans doute pas la nuit. Le 'pitaine est allé prévenir le marquis, qui est à la chasse à cette heure. Résuma un des soldats qui venaient d'arriver. - Survécu ? Le type qui s'est fait changer en passoire ? Il avait des trous partout le pauvre gars, comment c'est possible ? - Le toubib dit qu'aucun organe a été touché, une vraie chance de cocu... Enfin, ou pas... vu le pédigré, il va sans doute passer au rasoir, si tu vois ce que j'veux dire. Reprit le soldat. Entendant cela, le dernier brigand encore valide, qui se tenait alors auprès de son camarade blessé auquel il était attaché, intervint. - Attendez, qu'est-ce que vous voulez dire ? On a juste fauché une trentaine de pièces d'argent, vous allez pas me dire que ça vaut la potence ? Demanda-t-il, la voix tremblante. Les soldats, à cette question, se tournèrent dans sa direction, visiblement surpris par sa question. Le caporal, finalement, répondit en se grattant la tête. - Enfin, mon salaud, soit t'es pas du coin soit t'as la tête pleine d'eau tiède; tu sais où on est ici ? - On est au Nord de Stendel ? Le bled d'où on vient à l'instant c'était... Félicie, un truc du genre ? - Tout juste mon nigaud: Félicie, sur le territoire du marquisat de Férincs. C'est un des fiefs du Consulat ici, mon garçon. Chez-nous la justice, c'est fait pour séparer les proies des prédateurs: si tu viens nuire aux honnêtes gens, on te fais passer au rasoir. Toi tu t'en sortiras peut-être, parce qu'on a bien vu que tu étais pas armé et que t'as blessé personne. Avec un peu de chance, le marquis se contentera de t'envoyer expier tes fautes à Mirovitch ou à Middenheim; ou à Terre-Morne, si t'as pas de pot... Ton pote, par contre, celui qui s'est fait cribler sur la place, il est bon pour aller défiler à la caponnière. Répondit le caporal. - Et lui ? Demanda le brigand, en désignant son comparse blessé. - Pareil que toi, si vous la jouez finement, le patron vous épargnera sans doute... Tout dépendra de votre utilité. Vous faites partie d'une bande, par exemple ? Si oui, je te conseille fort de cracher tout ce que tu sais: emplacement de votre camp, nombre de complices, armement, montures... Le patron est rude, mais il est pas vache. Sois honnête et donne-nous un coup de pouce et il allégera ta peine... Par contre si tu te paie sa tête, il se fera un plaisir de séparer la tienne de ton corps. Répondit le sergent. Le brigand, un instant, se tourna vers son camarade précairement affalé sur la croupe du cheval. Rien à faire: ils étaient pris. La perspective de trahir sa bande n'avait rien d'attrayant, surtout en connaissant le châtiment réservé aux traitres... Mais d'un autre coté, les soldats de la garde semblaient plus que serieux, d'autant plus qu'ils avaient déjà abattu trois de ses complices... - Ecoutez, si y'a moyen de moyenner, y s'pourrait bien que je sache deux trois trucs... J'suis sûr qu'on peut s'arranger... Tenta-t-il. - Garde ta salive pour les pandores, canaille. Tu pourras vider ton sac une fois à la gendarmerie, je voudrais pas leur piquer leur boulot et tu vas voir: les interrogatoires, c'est leur spécialité. Répondit le caporal. Le sergent, à ces mots, regarda le soleil qui déclinait lentement au dessus de la cime des arbres. Levant le bras, il coupa court à la discussion. - Les gars, c'est pas qu'on est pressés, mais on a un peu de chemin. Tâchons de ramener ces deux lièvres rapidement avant que le lieut' s'inquiète et envoie une battue à nos trousses. Jussieu, comme c'est ta prise, c'est à toi de surveiller les prisonniers ! Loupiot, tu chevauche bien derrière lui. Garmont et Chaulieu, vous passez devant pour éclairer la route. En colonne par un, homme de base et à suivre, en avant ! Sur ce simple ordre, sans attendre, la petite troupe se mit en branle au pas; en direction de Férincs.
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Bonjour, Création d'un PNJ pour le Consulat de la Garde. Paiement de 300 PA's fait à l'instant.
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Second récit: Les hauteurs d'Albâtre Personnages mentionnés: Jihair, Suljii 32 Nérévard de l'an de grâce 386, État-Major des forces à Arcahelm, 15 heures. Perchée sur les hauteurs au sud des murailles de la haute ville, la forteresse d'Arcahelm offrait sur la basse-ville et sur les vastes mers du sud une vue imprenable. Accoudé sur les créneaux qui surplombaient la caserne, le Général Jihair observait en silence les mouvements de la foule dans les rues en contrebas, et l'agitation coutumière des après-midi de marché. - Et bien, on lambine ? L'interpella une voix familière. Le Général Suljii, qui sortait tout juste de l'escalier conduisant au toit, s'approcha à son tour de la balustrade. - Je peux bien faire une pause ? Ces entêtés de sages ont le chic pour me donner des migraines... Répondit Jihair, qui s'était retourné. - J'avoue qu'ils peuvent vite devenir envahissants... mais je préfère ces nouvelles têtes à l'ancien conciliabule de félons qui les a précédés. - Quelle a été la conclusion de cette petite entrevue ? - Rien de bien intéressant, ils aimeraient que nous levions l'embargo sur les navires du Royaume de Longley, qui était leur principal fournisseur de cuivre. - C'est tout ? Si c'est du cuivre qu'ils veulent, j'en ai fait saisir à tour de bras au comté de Dawn le mois dernier, après la capture des mines. Ils en ont tant besoin que ça ? - J'ai cru comprendre qu'ils s'en servaient pour la confection de certains de leurs outils d'alchimie. J'ai fait envoyer une missive au Consul pour trouver une solution de rechange, mais je sens que ces casses-bonbons vont me faire la pantomime pour avoir leurs fournisseurs habituels. Soupira Suljii, en croisant les bras. Un bourrasque, à cet instant, balaya la vaste coursive. Rattrapant son bicorne de justesse, le général Jihair se tourna de nouveau vers la basse-ville. - Tu t'en sors mieux que moi avec ces têtes de pioche, entre savants vous devez naturellement vous entendre; monsieur l'archéologue. D'ailleurs j'y pense: comment se passent tes fouilles à Cénaria ? Ricana Jihair, qui reposait ses coudes sur le parapet de pierre. - Et bien mon vieux, ça prend forme. Notre bon Consul et le vieux me font venir des forçats de partout pour sortir les ruines de terre et donner un peu vie à ce grand tas de sable. Depuis que je m'y suis installé, la population a pratiquement triplé; et avec la route marchande des Hespérides il y a fort à penser que ça ne fera que croître. J'étais parti là-bas pour déterrer des reliques de ruines antiques, et voilà que je me retrouve de nouveau à gérer un bled et sa populace ! Soupira Suljii, derechef. Jihair s'amusa de la complainte de son ami, dont il devinait sans mal les cernes. Entre les nombreux voyages du Nord au Sud et du Sud au Nord en passant par les conseils de guerre à Fort Herobrine et les impitoyables et permanentes manœuvres du maréchal Pencroff, il était vrai que les généraux de la Garde, à plus forte raison Suljii qui était partagé entre ses responsabilités aux antipodes de l'Empire, étaient mis à rude épreuve. - Cesse de pleurnicher va, je suis certain que Pencroff est content d'avoir de la compagnie dans le Nord et de pas y monter la garde tout seul. D'ailleurs comment il va ? - Oh tu sais, comme d'habitude: il passe le plus clair de son temps à faire pendre des contrebandiers le long des routes et à lancer ses régiments dans des exercices tous azimuts; c'est à peine si il prend le temps de passer par son château ou de prendre l'apéro à mes quartiers. La dernière fois que je l'ai vu, il revenait d'Artelois avec des traités sous le coude et une poignée de bandits attrapés sur la route. Répondit Sulji. - Tiens, en parlant de brigands, la flotte a arraisonné un navire pirate dans les eaux du sud, à quelques miles des roches de Valbont. Ils nous ont ramené le navire et son équipage au port; une trentaine d'hommes et un trésor qui vaut le détour parait-il. - Ah ? Voilà qui est bien irrégulier dans nos parages, rares sont les pirates à s'aventurer aussi près de nos ports et de la citadelle de Terre-Morne. D'où est-ce qu'ils venaient, ces touristes ? - Aucune idée, de plus au sud parait-il. Ils sont tombés sur "Le Chat Noir", une de nos corvettes de 38 canons qu'ils ont prise pour une gabare de commerce ! Ils ont vite déchanté, ces gros peintres: en voyant le drapeau noir, la corvette a viré de bord lof pour lof et leur a foncé dessus en barrant le T. Un peu plus et ils les éperonnaient franco juste pour le plaisir de les casser en deux. L'équipage du Chat Noir fait le tour des tavernes pour s'en vanter à cette heure. Répondit Jihair, qui pointait du doigt le lointain gréement d'un navire qui dépassait au dessus des toits vers le port sud. - Bah, ils ont raison. Qu'ils profitent des lauriers de la gloire, c'est pas tous les jours que la flottille du sud capture des pirates. D'ailleurs, qu'est-ce que tu comptes en faire, des forbans en question ? - Mmh... j'avoue que je l'ignore encore. Pencroff et Zorn me conseilleraient de les pendre, c'est sans doute la chose à faire mais enfin ce n'est pas très festif. Au reste, après toutes ses récentes mésaventures, je pense que la basse-ville a eu son lot d'exécutions et qu'il serait bon de limiter les vagues le temps que la vie reprenne un cours plus calme... Je pensais entre autre les envoyer à Terre-Morne, au final. - Les pauvres, je n'aimerais guère être à leur place; plutôt la corde que cet enfer... Bon, ce n'est pas tout, mais il va être l'heure ! - Déjà ? De grâce, ces réunions n'en finiront donc jamais ? - C'est la rançon de la gloire, monsieur le Marquis ! Félicitations au passage. - Moques-toi va... Quel est le sujet de cette réunion déjà ? Demanda Jihair, qui se frottait déjà les yeux. - Le commandant de notre légion de gendarmerie vient nous faire son rapport sur les opérations de douanes, ça ne devrait pas être long. En suite, le Colonel Rongier du 44e de ligne va venir présenter ses conclusions sur l'étude que tu avais demandé sur le marché de chevaux de réforme. Après ça, il me semble que ce sera au tour du Général Thudor de venir rapporter le bilan de son expédition au duché de Maldonne avec la 17e brigade. Et puis... - Assez, assez, de grâce; tu vas me déprimer. Allons-y, hâtons nous. Si nous ne terminons pas tout ça aujourd'hui, il faudra reprendre ces réunions demain ! Pas de temps à perdre. Rétorqua Jihair, qui quitta brusquement le parapet pour se diriger vers la porte de l'escalier. Sulji, en riant, lui emboîta le pas. Les deux hommes disparurent dans la forteresse, laissant derrière eux les bourrasques et l'imprenable vue.
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Les Brèves histoire du Consulat sont une collection d'histoires courtes relatant divers épisode de la vie au sein du Consulat de la Garde. Trop courtes pour mériter un poste dédié et trop aléatoires pour agrémenter une candidature ou un autre format de poste officiel, ces histoires sont rassemblées ici pour dresser un portrait de la vie sous le consulat à divers endroits, divers moments, dans des contextes variés et sans forcément d'autre trame reliant les récits que leur caractère canon dans la chronologie de la Garde. Premier récit: Le dessous des cartes Personnages mentionnés: GhideonZorn, Pencroff, Wendy4, 54 Tercevent de l'an de grâce 384, Grand Quartier General de la Garde, Aile stratégique Nord, salle "Péridot", Un heure du matin. Il n'avait fallu, en tout et pour tout, qu'une poignée de mois et les efforts combinés des ingénieurs et des ouvriers de la Garde pour que les travaux du nouveau commandement ne soient achevés. Dans une de ces nouvelles salles, plus grandes mais toujours modestement décorées dans le style sobre et élégant qui convient le plus aux militaires; s'affairaient le Premier Consul Zorn, le Maréchal Pencroff et la Major-Générale Marvell, entourés d'une poignée d'aides de camp et d'ordonnances, et des habituels factionnaires du 1er régiment de grenadiers à pieds. Assis à califourchon sur leurs chaises, toisant une série de cartes d'état-major et de croquis topographiques, les trois camarades semblaient aux prises à de sérieuses réflexions. Près de la grande table, tenant d'une main une compilation de rapports et gardant sa main gauche dans le dos, le colonel de permanence au bureau des situations énonçait d'un ton platonique les plus récentes nouvelles des troupes. La Division Lamartine, déployée au marquisat de Tahure, annonce à Son Excellence avoir capturé la ville de Maarbourgh. On annonce soixante-morts et quatre-vingt-deux blessés dans nos rangs. Bien. Il doit rester à Lastritsh un bataillon de dépot du 27e de ligne, ils y puiseront les effectifs pour combler les pertes. Qu'on rapatrie les morts, et qu'on fasse marcher vers Maarbourgh une compagnie de gendarmes pour y maintenir l'ordre. Qu'on fasse savoir à Lamartine que je suis satisfait, et qu'il doit pousser à présent vers Ferlindt pour y terrasser l'armée du marquis. Répondit laconiquement le Consul. La Brigade Marbot, déployée dans le Bois des Colonnes, annonce à Son Excellence avoir achevé la pacification de la zone et avoir chassé par-delà des frontières la bande de brigands qui y avait pris ses quartiers. Chassé ? Ce n'est pas un résultat satisfaisant. Qu'on fasse savoir au général Marbot que je suis mécontent, et que j'attend de lui qu'il m'annonce au plus vite la destruction de cette bande de pitres, dusse-t-il franchir la frontière. Répondit à nouveau le Consul. La Brigade Lasalle, envoyée en manœuvres le long des grandes frontières du Nord, fait mouvement vers ses quartiers. Le général Lasalle fait savoir à son Excellence que ses troupes ont profité de l'occasion pour sécuriser la route marchande de Beryl, où sévissait une bande de contrebandiers. Bien, voilà qui est opportun; même si j'imagine que leur petite virée s'est encore faite au prix de force grabuge dans les tavernes de la région... Bah, ma foi cela fait tourner le commerce local; et puis les hussards ont une réputation à tenir ! Répondit le Maréchal Pencroff, en croisant les bras. Enfin, dernier élément qui nous a été rapporté: la demi-brigade de réaction rapide, détachée du 4e corps d'armée par le général Darkalne pour reprendre le bourg de Port Veccio aux pirates qui y avaient élu domicile, annonce avoir capturé quarante hommes et en avoir pendu le double. Les deux navires de la flotte pirate ont été échoués sur les plages et incendiés. La paix est revenue sur la zone. Acheva le colonel. Excellent. Qu'ils pendent ceux qu'il reste... ou non, qu'ils les envoient à Middenheim ! L'Amiral Wariow a besoin de forçats sur son chantier naval. Est-ce tout, colonel ? C'est tout pour ce soir, Excellence. Bien, passons maintenant aux ordres à faire partir cette nuit. Générale Marvell, êtes-vous prête à noter ? J'allais m'endormir, envoie donc ! Répondit-elle en baillant, avant de se pencher sur ses notes. Bien. Au général Jihair, à Arcahelm, au plus tôt. Je veux qu'il envoie une brigade d'infanterie du 2e corps au comté de Landerive, au sud de la frontière. Le comte nous a fait savoir au courrier de ce matin qu'une bande rebelle menaçait un de ses bourgs et que sa propre garde était insuffisante; quelques bataillons de ligne auront tôt fait de bourlinguer ces rebelles d'opérette. Reprit le Consul. Une brigade ? Comme tu y vas... Ces rebelles de Landerive doivent être des restes de l'ost des deux lunes, qui est revenu vaincu de sa campagne contre le duché d'Herblais. J'ai ouï dire que leur chef avait survécu, et il y a fort à croire que le ribaud tente de prendre la main sur Landerive pour y rassembler des forces. Répondit Pencroff, songeur. Tu as sans doute raison... Mauvaise affaire que cela, il me semble que cet ost était sur notre liste de cibles à détruire à moyen terme, avant qu'il n'aille se ruer à sa propre perte... Il me serait désagréable de le voir réapparaître. Bah, une brigade entière n'en fera qu'une bouchée, mais après tout on est jamais trop prudents. Répondit la générale Marvell, en notant l'ordre. Le Consul, après avoir marqué une brève pause pour laisser à la major-générale le temps de rédiger ses instructions, reprit. Au fait, vieux sac, quelles sont les nouvelles du royaume d'Artelois ? Demanda-t-il. Oh, ma foi, les choses suivent leur cours: le Prince Louen a débloqué des fonds considérables pour moderniser la route commerciale qui traverse le désert des Hésperides vers la Baronnie de Cénaria. Il est question que le général Suljii y fasse organiser des rondes par ses spahis, pour assurer une voie sûre aux marchands du Nord. Comme tu l'as voulu, tout est fait pour que la route de Cénaria devienne un point d'entrée majeur sur le territoire Stendelien, et sous bonne Garde. Répondit le Maréchal Pencroff. Bien, nous avons pris le bon parti, donc. Je compte beaucoup sur l'ouverture de droits de douane sur cette future voie. Rien d'autre dans le Nord ? J'ai récemment fait augmenter les patrouilles sur la route de Médénine, où on a fait état de la présence de monstres, et de plusieurs victimes... m'est avis qu'il s'agit plutôt de l'œuvre d'un détraqué, mais les gendarmes et les gardes de ma prévôté mettront vite la main dessus. Misère... comme si nous n'avions pas assez à faire. Enfin, je connais ton idée de la justice: le salopard ne tardera pas à pendre à un arbre.... Répondit le Consul. La générale Marvell, la plume à la main et visiblement lasse, fit signe aux deux hommes d'en revenir aux ordres. Bien, bien, courage, c'est presque fini pour ce soir. Au général Lecourbe, au plus vite: qu'il fasse rappeler les permissionnaires de sa division et se prépare à faire mouvement sous huitaine vers l'Est, pour faire jonction à Osterode avec la 8e division du général Aurange. Et bien, tu mélanges les corps à présent ? Demanda Pencroff. Disons que c'est plus commode: je voulais mobiliser le 4e corps, mais la 7e division est déjà sur le pied de guerre pour faire pression sur le Duché de Morois, depuis que leur gouvernement a jugé bon de nous menacer de représailles après l'embargo imposé sur leurs navires. De toutes manières, il est utile que les divisions de corps différents apprennent à manœuvrer ensemble ! Expliqua le Consul. Certes. Puisqu'Elise est occupée avec Morois, j'imagine que tu vas confier la direction des opérations dans l'Est au général Daugier ? Exact. C'est un bon stratège après tout, et il y a fort à parier qu'un mouvement dans l'Est implique nos forces navales pour mettre en place des têtes de pont. Enfin, si il s'avère utile de projeter des forces vers le royaume de Cambale. Connaissant le Roi Herlon, il va se dégonfler avant que nos troupes finissent de se regrouper. C'est probable... quel était, d'ailleurs, la raison des tensions de ce coté du monde ? Allons, tu n'as rien suivi au conseil de guerre de ce matin ? Cambale a rétabli la traite des demi-hommes sur son territoire, et le retour de ce genre de commerce sur une mer limitrophe risque de provoquer des enlèvements dans nos provinces. Tu te souviens de l'affaire de Malpasset en 322 ? Diable oui... C'est vrai. Heureusement, le roi Herlon est un véritable invertébré. Il retirera bien vite son projet de loi, sans quoi... Tu as saisi. Enfin, passons au dernier ordre pour la nuit ! Au général Masséna, à Novi, avec une copie pour le général Darkalne. Qu'il mobilise la 9e brigade d'infanterie à l'Est de la chaîne du Grand Saint-Bernard, si possible discrètement. J'ai eu des renseignements quant aux mouvements de troupes du magrave Berkhein. Il aurait stationné tout un ost de cavaliers déguisés en aventuriers près des mines de Roncenoire, en violation du traité de 377. Je veux les y prendre la main dans le sac, et les faire danser un peu. Un de ces jours, il faudra que tu me donnes carte-blanche pour passer la frontière avec une ou deux divisions et aller frotter un peu le Royaume de Bersh; on sait bien que derrière le magrave, c'est bien le Prince qui sème le chaos. Répondit Pencroff. Sois tranquille, c'est prévu ! Pourquoi penses-tu que je t'ai fait descendre dans le sud avec la 5e division de dragons ? Quand Masséna aura besogné les éclaireurs de Berkhein, on en profitera pour faire le bond en avant: Darkalne avec la division de montagne et la 3e brigade de cavalerie, et toi avec la 3e division à pieds de la Garde Consulaire et tes cavaliers ! Voilà qui me plaît déjà plus ! J'ai hâte de voir à l'œuvre tes quatre nouveaux régiments de jeune garde ! Si tu sors l'artillerie lourde, je suppose que nous visons leur capitale ? j'y réfléchis toujours. Je cherche encore quelles cartes jouer là-bas. Le Prince de Bersh m'est singulièrement désagréable mais il n'est pas complètement idiot. Nous pourrions en faire un outil utile... mais bon, si tu devais le sabrer par accident, il sera aussi bien remplacé par son frère... Acheva le Consul, en se levant. Bon, c'est bien pris; je fais des copies des ordres et je fais sonner les ordonnances de service pour aller faire livrer tout ça. Des consignes particulières ? Demanda la générale Marvell. Mmh... les gendarmes de Lonval ont fait savoir que les petites routes contournant la forêt de Surelne ne sont pas sures la nuit. Fais escorter l'ordonnance que tu envoies à Lecourbe par un peloton de carabiniers à cheval. Répondit Pencroff. C'est noté, autre chose ? Non, vous pouvez aller faire un somme. Demain, après les couleurs, rendez-vous à la salle des plans reliefs pour un conseil de guerre sur la situation à Cambale. Nous y serons nombreux, ne prévoyez qu'un aide de camp et un ou deux ordonnances ! Acheva le consul, qui ramassait sur la table sa tasse de café vide. Le groupe, à ces mots, quitta la salle; où seuls restèrent les grenadiers en faction. Dans les couloirs, malgré l'heure tardive, les bougies demeuraient toutes allumées et éclairaient le balai - quoi que ralenti - des officiers et des adjoints de l'état-major qui poursuivaient inlassablement leurs tâches de nuit comme de jour. Les trois généraux, après quelques ultimes discussions sur le pas de la porte, regagnèrent leurs quartiers respectifs pour y observer quelques heures de sommeil, ou de travail dans le relatif calme de la nuit.
- 5 réponses
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- garde
- garde volontaire
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(et 3 en plus)
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[Validée] Candidature Villageois - EdgarLamouille
Pencroff a répondu à un sujet de EdgarLamouille dans Villageois
2 Claircelune de l'an de grâce 386 Bureau impérial de l'état-civil, De par le Gouverneur Pencroff, À l'attention de Mr. Lamouille Edgar. Cher monsieur, J'ai bien reçu votre lettre de candidature au rang de villageois, et le récit de vos aventures sur nos terres. Puisque votre candidature est en règle, j'ai le plaisir de vous accorder le rang que vous convoitez par la présente missive. Puisse votre aventure sur les terres de l'Empire être longue et prospère ! Et puisse votre rêve de couvrir vos parents d'or et d'argent devenir réalité. Avec mes salutations impériales, Gouverneur Pencroff. -
Accès à Freefield - Déclaration des comptes multiples
Pencroff a répondu à un sujet de Squirkiz dans Communiqués officiels
Note sur l'usage des doubles-comptes: Afin de pouvoir utiliser le sceptre de vie, il est possible de demander à un modérateur de vous ajouter l'option directement, sans passer par la quête et sans avoir à changer de map avec le double compte ! De manière générale, pour tout besoin du genre, n'hésitez pas à poser la question ! -
Hello ! Fait pour Glindelhall , Bon jeu !
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Création de 3 PNJs sur FH, Paiement de 900PAs fait à l'instant. PS: ajout d'1 autre PNJ, paiement de 300PAs à 20:58
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Hello, Effectivement, Ghideon m'aura doublé sur la réponse mais il est important de préciser que si je suis le fondateur historique de la Garde, je ne suis aujourd'hui responsable que de Férincs avec Wendy. Les projets de la Garde dépendent de leurs chefs de projets respectifs, qui sont souvent des joueurs distincts, même si on s'entraide. La Garde est une communauté, et non un projet; c'est un ensemble de nombreux joueurs qui ont mécaniquement de nombreux projets sans que cela nous engage tous sur les projets les uns des autres. Je n'ai pratiquement pas posé de blocs à Middenheim, pas beaucoup plus à Arcahelm, je n'ai littéralement jamais touché à Saint-rock qui a été cédé à la Garde en l'état et quant au refuge de Pan, il est important de noter que le projet est terminé, et que ce que nous entreprenons dessus ne relève que de l'ajout/bonus; comme il en a été convenu avec son ancien dirigeant. En somme, la Garde en elle-même n'est pas débordée en ce moment, et les travaux du refuge ne sont pas une entrave; pas plus que les travaux de Suljii sur son propre projet - surtout pour des travaux aussi peu ambitieux que cette extension x) Au reste, cette demande est bien une extension de Férincs, qui n'implique pas Cénaria: Comme je l'ai mentionné dans la fiche technique, les responsables de l'extension sont moi-même et Wendy; Suljii mène sa barque de son coté mais il n'est pas impliqué outre mesure dans cette demande. L'objectif poursuivi est l'harmonisation des frontières, mais c'est bien moi qui gratte le terrain. J'en profite pour remercier ghid pour son soutien ~ Bonne soirée !
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Plus de quatre ans après la reprise de Férincs et deux ans après notre dernière extension, nous voilà de retour pour requérir de l'empire le droit d'harmoniser (et d'agrandir légèrement) nos frontières communes avec la Baronnie de Cénaria. Membres tous deux du Consulat de la Garde, nos projets respectifs sont en effet séparés par une mince langue de terre au terraforming vanilla absolument immonde, dont l'existence seule est une tâche à la naturelle beauté de Stendel. J'aimerais donc retravailler et détailler cette parcelle de terrain, tout en rendant naturelle la jonction entre le désert de Cénaria et la plaine boisée de Férincs. À cela, nous aimerions ajouter des routes, postes frontières, navires de pêche et autres éléments de décoration qui viendront rendre plus vivante la région. => Nom: Marquisat de Férincs => Dimensions: Environ 350x100 => Hauteur: de la bedrock à la couche 250 => Zone de construction: surface, souterrains => Objectif du Projet: Harmonisation de frontières de projets voisins, extension => Personne(s) responsable(s) du projet: Pencroff, Wendy4 La majeure partie du territoire demandé se situe dans la maigre zone de terre jouxtant Cénaria et Férincs. Se trouve également, dans cette extension, une plus large part du Lac de Ligny et une petite bande de terre située à l'Est du canal en direction de Zuccheria. L'objectif de l'extension est tout simplement de travailler au mieux la cohérence des territoires de la région, de sorte à ce que les territoires épousent les frontières les uns des autres et ne laissent plus paraître de no man's land généré en vanilla. Vous trouverez, ci-dessous, quelques visuels des constructions à prévoir. Notez que le terrain demandé n'étant pas énorme, il ne comportera pas beaucoup de structures, mais qu'il s'agira plutôt de terraformation. Accord de Cénaria: Accord du Miko institute: Accord de Zuccheria: (en attente) Pour conclure cette demande, j'en profite pour remercier mon camarade @Suljii, mais également @wendy marvell qui me seconde dans la gestion de Férincs. Je remercie également @Jihair, @Ghideon, @Thalkion, @Darkalne, @SkyKKou, @MrFalcar et @Wariow, résidents de Férincs et camarades de longue date. Enfin, je remercie tous ceux qui auront pris le temps de lire cette candidature. Désolé si le RP n'est pas ma meilleure production, je suis moins bon quand il faut que personne ne meure dans une histoire.
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Quête accessible à tous et non répétable. Récompenses : Cette quête vous donne un accessoire et un item custom. PNJ de départ : Lenny Winters en -435 54 1331, Dans la taverne du port de Stendel Quête rédigée par @Jihair
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Création de 1 PNJs sur FH, Paiement de 300PAs fait à l'instant.
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Bienvenue à bord !
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Création de 2 PNJs sur FH, Paiement de 600PAs fait à l'instant.
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Creation de 6 PNJ's pour la Garde Volontaire. Paiement de 1800 PA's fait à l'instant par Pencroff (15h20).
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Fait pour Freiwald o/
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Garde Volontaire, Fort Herobrine Etat-major général, Inspection générale de l’armée Le 15 Tronvard de l’an de grâce 378, De par le maréchal Bonaventure Pencroff de Férincs, Sous le contrôle et par la volonté du 1er consul Zorn, Avec le concours du Préfet de Tolwhig Etenn Thalkion, Après évaluation des besoins militaires de la préfecture de Tolwhig et, plus généralement, de la région militaire du Grand-Ouest; plusieurs ajustements ont été décidés quant à la distribution des forces et à leur posture dans cette zone. Le camp Davout, qui se situait à l'Ouest du territoire en lisière de la Forêt et qui abritait un bataillon de volontaires; a été dissout. Ses effectifs, composés en majorité de réservistes et d'appelés du contingent, ont été reversés dans les bataillons de réserve des différents régiments stationnés dans la préfecture. Ils y poursuivront leur instruction dans les casernements de leurs unités d'affectation respectives. Dans cette même logique de démilitarisation de la Forêt de l'Ouest, les sentinelles qui avaient été postées en observation aux frontières du territoire ont été rappelées. Leurs postes d'observation, bâtis dans les arbres, ont toutefois été laissés à la demande des chasseurs locaux; qui emploieront ces structures pour la chasse. La protection des biens et des personnes, et la surveillance des routes et chemins sont donc désormais entièrement confiées à la gendarmerie préfectorale de Tolwhig et sur le bataillon de la garde préfectorale. Les régiments de la Garde Volontaire stationnés dans la région restent cependant à disposition du préfet si d'aventure leur concours pouvait être utile dans des opérations ponctuelles d'ordre public. Le 2e corps d'armée, de même que les brigades de cavalerie qui tiennent garnison dans la préfecture, poursuivent leurs missions et leurs manœuvres habituelles, et maintiennent leur présence auprès de la population. Enfin, les douanes et octrois de la préfecture sont désormais confiées, de même, à la gendarmerie préfectorale et aux gardes préfectoraux. La lutte contre le banditisme et la contrebande redeviennent, aux frontières, la tâche principale des effectifs douaniers.
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Hello ! Déplacement du village de Domval au sud de Sabhia, New-Stendel. Je n'ai pas encore modifié les nouvelles frontières de Lyndae mais ce sera fait sous peu ! Bon jeu !
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Animaux décoratifs pour projets
Pencroff a répondu à un sujet de Louvinette dans Services pour projets
Hello, Fait pour Glindelhall ! Bon jeu ! -
[RP][GV-ND] La Grande Guerre - Partie 1: Bataille de la Grande Serpentine
Pencroff a posté un sujet dans La taverne (RP)
La "Grande Guerre", comme la postérité l'aura souvent nommée, a porté bien d'autres noms selon le camp et le point de vue. Reste cependant un état de fait: ce conflit qui opposa, en l'an de grâce 337, les forces de la Garde Volontaire à celles de l'Alliance du Néo-Dominion aura été un des plus terribles et un des plus meurtriers à avoir opposé deux nations des continents Stendeliens depuis la fin de la Guerre Civile. Cette histoire est, avant-tout, le fruit d'une collaboration étroite entre nos deux communautés. Nous voulions depuis longtemps graver dans la pierre un arc RP de guerre inter-projets imposant, mais composé en bonne intelligence et dans un bon esprit. En amont de l'écriture de la trame, nous avons équilibré les forces que nous comptions déployer, mis en place un terrain sur lequel la campagne allait prendre place, et discuté des implications de ce projet dans nos histoires respectives. Le but n'était pas de faire un concours de pointure entre nous, mais de raconter une histoire avec un grand H pour nos deux communautés. Une fois les contours du projet décidés, nous nous sommes accordés sur un ensemble de neuf batailles, dont la dernière avait vocation à clore cette guerre par un coup de tonnerre. Dans un souci de neutralité, nous avons joué l'issue de chaque bataille au lancer de dé, le résultat décidant du vainqueur de chaque étape et des implications pour chaque camp. Troupes anéanties en cours de routes, pertes, déplacements... Les huit batailles qui jalonnaient le chemin vers la bataille finale devaient conditionner l'état dans lequel nos forces respectives allaient se présenter dans leur ultime rencontre. Le hasard des dés aura voulu que cette première bataille soit une victoire de la Garde, dans ce que nous avons établi comme une rencontre d'avant-garde. Désireux de présenter cette guerre du point de vue de nos deux camps, nous nous sommes répartis les récits de batailles, de sorte à ce que l'une soit contée au travers des yeux d'un soldat de la Garde, et la suivante à travers ceux d'un légionnaire du Néo-Dominion. Ainsi, dans les mois à venir, ce premier épisode sera suivi par un second, puis un troisième, un quatrième et ainsi de suite; rédigés par les plumes expertes de @xadrow et d'@HRigou pour le Néo-Dominion ainsi que celles de @Ghideon et moi-même pour la Garde. Je profite de cette introduction pour les remercier de leur participation à ce projet ambitieux, en espérant qu'ils prendront à cet exercice autant de plaisir que moi. En l'an de grâce 337, l'assassinat de l'intégralité des membres des délégations diplomatiques du Consulat de la Garde et du Néo-Dominion provoque une violente montée de tension entre les deux entités. Bien que l'identité des assassins soit restée méconnue; les deux camps, dont la confiance mutuelle s'était déjà trouvée affaiblie par l'affaire de Varnel et la Campagne du Val de Malenque en 334, entrèrent alors en confrontation. Peu après la choc de l'assassinat, l'état-major général de la Garde est informé par des survivants de la Compagnie de Varnel que les Forces armées du Néo-Dominion se sont lancés, en parallèle des tractations diplomatiques de façade, dans la mise en place de recherches visant à doter l'alliance d'une arme à la puissance insoupçonnée. Face à cette menace et à l’ambiguïté de la position des dirigeants Néo-Dominiens, le Premier Consul Ghideon Zorn ordonne la mobilisation de la Grande Armée et sa projection au Nord de New-Stendel, après un rassemblement sur les terres du Bagne de Mirovitch. Débute alors ce qui deviendra la Grande Guerre du Nord, premier conflit intra-frontalier depuis la fin de la Guerre Civile Stendelienne. TLDR: Les deux armées adverses marchant l'une vers l'autre dans les vastes plaines glacées. Dans cette phase d'approche, trois légions de l'armée du Néo-Dominion (équivalent de trois divisions) entrent au contact de l'aile droite de l'armée de la Garde, composée de cinq divisions et de plusieurs brigades. Le combat s'engage donc à l'avantage (par le nombre et le terrain) de la Garde qui opte pour une position défensive. Si l'issue du combat semble jouée d'avance, l'avant-Garde du Néo-Dominion doit ralentir la progression de la Garde et engage donc le combat par une offensive virulente. Si vous avez la flemme de tout lire - et pour faciliter la compréhension - il y a des schémas expliquant le déroulement de la bataille heure par heure. L’avant-garde Néo-Dominienne, composée de trois légions, s’est élancée en avant et intercepte l’aile droite de la Grande Armée qui s’apprête à déboucher de la chaîne de montagne dite de “La Grande Serpentine”. Contrainte par la nature du terrain, l’aile droite de la Garde est encore groupée et dispose, circonstance imprévue, de l’appui du corps de cavalerie. Le maréchal Pencroff espérait en effet pouvoir dépasser l’armée pour se lancer dans les plaines à la recherche de l’ennemi, ce qui ne s'avère pas utile. A l’aube du 22 Radévard 337, l’avant-garde de l’aile droite, assurée par la 11e brigade d’infanterie (5e léger, 6e léger et 25e de ligne) aperçoit devant elle les colonnes de la Magna Draconis. L’avant-garde de l’aile droite se replie alors sur le 4e corps d’armée du général Emile-Bonaventure Pencroff, fils du maréchal éponyme. Ce dernier fait préparer son corps d’armée au contact, et est rejoint par le 5e corps d’armée du général Eugène Daugier, qui prend également ses dispositions. Dès lors, la 6e division du 4e corps prend place au centre du dispositif, la 7e division du 4e corps se poste à l’aile gauche, la 9e division du 5e corps occupe l’aile droite et la 8e division du 5e corps, comptant dans ses rangs deux régiments de grenadiers de marine et deux régiments de fusiliers-marins, se place en réserve. La brigade de cavalerie du 4e corps se poste à l’extrémité gauche de l’armée, et la brigade de cavalerie du 5e corps à l’extrémité droite. En outre, le maréchal Pencroff, informé de la situation, rejoint rapidement la zone avec les 2e et 3e divisions de cavalerie; ayant laissé la 1ère division, plus lente, en arrière avec l’ordre de rejoindre la bataille au plus vite. Il prend alors le commandement des opérations. De son côté, l’armée Néo-Dominienne s’étoffe progressivement. A la Magna Draconis qui occupait l’avant-centre de la force s’ajoutent peu à peu les cohortes de la 5e légion de Myr et de la légion Automne. Si le rapport de force numérique semble indiquer un net avantage pour la Garde, la présence de nombreuses unités lourdes et, selon toute évidence, de nombreux mages dans les rangs adverses pousse le maréchal Pencroff à la circonspection. Désireux de connaître plus en détail la composition des forces adverses, il ordonne au 7e régiment de hussards, de la 3e division de cavalerie, de se porter au devant de l’adversaire pour reconnaître les forces. Le 7e hussards, commandé par le colonel Dax, parvient alors à chevaucher au large de l’armée adverse avec force témérité et, malgré quelques pertes, revient auprès du maréchal vers 11h du matin avec de précieux renseignements. La présence de mages, de lanciers et de cavaliers drake au premier rang de la Magna Draconis laisse entendre que cette colonne va essayer de percuter une des ailes de l’armée pour la rompre par le choc. De toute évidence, par le faible nombre d’unités présentes sur l’aile droite de la Garde (la 9e division ne comptant que quatre régiments contre les six de la 7e division), il est à prévoir que l’adversaire se porte sur cette portion de la ligne en priotité. Vers midi, l’armée Néo-dominienne, toujours en ordre serré, semble en effet continuer sa marche au pas redoublé vers l’aile droite, confirmant les prédictions du maréchal. Par précaution, ce dernier a fait avancer la 2e brigade de marine sur les arrières de la 9e division, réduisant de fait sa réserve à deux régiments d’infanterie mais comblant de manière dissimulée les lacunes de son aile droite. Ce n’est que trente minutes plus tard, alors que l’armée du Néo-Dominion semble enfin cesser sa marche, que la bataille s’ébranle réellement. Désireux de conserver l’initiative, le maréchal Pencroff ordonne aux 4e et 5e corps d’entamer un mouvement au pas en avant, en conservant la cohésion des lignes. Profitant du terrain avantageux offert par la proximité, derrière lui, de la chaîne de montagnes de la Grande Serpentine; il fait également disposer les 6e, 7e, 8e, 12e, 14e, 16e et 21e batteries d’artillerie à pieds sur une colline située sur l’arrière gauche de ses troupes, laissant aux divisions et aux corps le loisir d’user de leurs batteries d’artillerie à cheval au plus près du front. Quant à sa nombreuse cavalerie, il en détache les 5e et 7e régiments de hussards respectivement sur l’aile droite et sur l’aile gauche, et conserve auprès de lui les six régiments de dragons avec l’ambition ferme de porter le coup de grâce au moment le plus opportun. Face à la Garde, et malgré l’épais manteau de neige et les vastes plaques givrées qui entravent sa marche, l’ennemi continue de déferler en rangs serrés à une cadence effrénée. La bataille, selon toute vraisemblance, s’apprête à mesurer l’ordre profond à l’ordre mince; les lignes de feu aux colonnes d’assaut. Chapitre 1: Zenith Midi pile tonna au canon. Une batterie de pièces de 8 livres, juchée sur le promontoire hâtivement surnommé “redoute des engelures”, venait de sonner le début de la bataille. Quelques dizaines de pas à sa droite, le maréchal Pencroff, son fils le général Emile-Bonaventure et le général Eugène Daugier observaient le déploiement des deux armées dans un parfait mutisme. Repliant sa lorgnette et tirant de sa poche une montre gousset, le maréchal resta encore pensif un instant avant de rompre le silence. - Bien. Cela reste encore à confirmer, mais je crois reconnaître à l’avant-garde les bannières de la Magna Draconis. La nombreuse cavalerie qui la devance et la présence des drakes dans leur dispositif conforte cette idée, et il semble qu’ils aient jeté leur dévolu sur la 9e division du général De la Faye. Commença-t-il. - Excellence, il me semble que cette légion compte également un nombre non négligeable de mages, et par dieu nous en manquons. Contre leur cavalerie, j’aurai tôt fait de former des carrés par bataillons, mais je serai dépourvu contre toute forme de magie. Répondit le général Daugier. - Certes, aussi ai-je la ferme intention de faire concentrer le feu des batteries à ma disposition sur leurs cohortes de mages dès que j’en aurai l’occasion, et avant que vous ne vous trouviez à leur portée. Cependant pour parvenir à les disperser efficacement, je vais sans doute devoir y occuper tous mes canons, ce qui ne vous laissera que votre artillerie à cheval pour vous défendre à mitraille contre les assauts des drakes. Répondit le maréchal. Le général Daugier haussa les épaules. - Je ne crains pas trop ces gros lézards. Tout ce qui vit peut mourir, tant qu’on y met assez de plomb dans l’aile. Répondit-il en riant. Le maréchal sourit, et tendit à son camarade une poignée de feuilles volantes couvertes d’ordres gribouillés et de schémas. - Tiens, innocent, voilà tes ordres. J’y détaille ce que j’attend de toi. Va-donc me tenir cette aile droite, et gagnes-y du temps pour que je puisse resserrer mon étau sur leurs flacs. Tu penses t’en sortir ? - Parbleu excellence, je tiendrai deux heures, douze heures, vingt heures s’il le faut ! Le maréchal salua, et le général lui rendit son salut avant de piquer sa monture pour rejoindre, au galop, la 9e division d’infanterie. Le maréchal Pencroff se trouva alors seul avec son fils, qui restait silencieux. - Mon fils, tu vas avoir dans cette bataille l’occasion de faire une bien belle besogne. Le hasard aura voulu que ce soit toi qui commande le 4, ce dont je suis fort aise. - J’aurai plaisir, père, à vous montrer ce dont est capable le seul de vos enfants à n’être point cavalier. Si je fais aujourd’hui un bel ouvrage, vous m’accorderez sans doute l’honneur d’en rendre grâce à l’infanterie. Le maréchal sourit à cette remarque. - Trève de bavardage, veux-tu ? Bien. En ce qui concerne le 4e corps d’armée, j’aimerais que tu attendes, dans un premier temps, que l’ennemi se rapproche de la 9e division. Quand ils seront au contact de nos lignes, Daugier fera reculer l’aile droite en oblique, de sorte à pivoter autour de la 6e division. Quand tu verras l’aile reculer, tu n’auras qu’à réorienter le centre vers l’ennemi qui te présentera son flanc. La 7e division, elle, devra alors tenir ta gauche avant, si l’occasion se présente, de tomber sur leurs arrières. Je t’ai envoyé un régiment de hussards, le 5e, pour renforcer ta cavalerie. Garde un régiment en réserve, les dragons idéalement, et envoie les deux autres à brides abattues harceler tout ce qu’ils pourront et, si possible, prendre leurs mages de court. - Comptez sur moi. Je vais, je pense, accompagner le mouvement de la 6e division avec mon état-major. Si d’aventure vous devez me faire mander par un ordonnance, vous me trouverez sans doute auprès de la 11e brigade. - Bien, mais sois prudent. C’est bien que tu combattes au milieu de tes hommes, mais ne va pas t’exposer inutilement. Tiens, voilà tes ordres écrits. File ! Conclut le maréchal, esquissant à nouveau un salut. Le général Emile salua à son tour, et s’en retourna auprès de ses troupes. Non loin, toujours disposées en un vaste mur de canons sur la “redoute des engelures” les 6e, 7e, 8e, 12, 14e, 16e et 21e battaient à présent un feu d’enfer sur les colonnes du Néo-Dominion, qui s’étaient remises en marche pour entrer au contact des lignes de la Garde. Les canons de tous calibres, aux ordres du général Lambach, tiraient au jugé sur les premières colonnes ennemies, attendant d’apercevoir les mages de la Magna Draconis pour orienter vers eux l’ensemble des tirs. Puis, aux alentours de midi trente, les premiers fantassins du Néo-Dominion arrivèrent finalement à portée des voltigeurs de la Garde. La mousquetade, dès lors, s’ajouta à la canonnade et embrasa en quelques minutes toute l’aile droite. La Magna Draconis, sous ce déluge de boulets et cette grêle de balles, ne se démonta pas pour autant et, afin sans doute de ne pas s’attarder dans la zone létale qui la séparait des fusiliers, accéléra le pas. Chapitre 2: Treize heures Ce fut sur les coups de treize heures, finalement, que le choc eut lieu. Conservant sa cavalerie en réserve, la légion Magna Draconis envoya dans un premier temps ses IIe, IIIe et IVe cohortes de fantassins de la IIe Armata. Dans la plaine enneigée, les solides hallebardiers et leur entourage d’arbalétriers et d’épéistes dispersèrent rapidement les voltigeurs, qui ne faisaient pas le poids face à ces lourdes masses d’armures et de glaives. Les fusiliers-marins, en revanche, offrirent aux ennemis une bien plus farouche résistance grâce à leur bonne maîtrise du feu sur trois rangs qui permettait de déverser un flot de salves presque ininterrompu sur tout ce qui se présentait à eux. La puissance de feu ainsi déployée permit d’interdire aux fantassins du Néo-ominion de se rapprocher trop près des lignes, au prix d’une consommation accélérée des munitions. La 9e division ne s’effraya pas pour autant et les braves fusiliers-marins, qui avaient été habitués au froid par leurs longs séjours autour du bagne de Mirovitch, tenaient ferme au milieu de la brise glaciale qui, sans aucun doute, ne devait pas jouer en faveur des légionnaires en armure de métal. Le vent, d’ailleurs, n’entrava pas que la progression des hallebardiers et des hastartes. Les arbalétriers Néo-dominiens, eux aussi, souffrirent beaucoup des grands vents qui faussaient la trajectoire de leurs projectiles et gelaient leurs armes. Malgré tout, la grande Magna Draconis ne chancelait pas, et tenait ferme face aux lignes de feu qui n’en finissaient pas de brûler leurs cartouches. Enfin, quand les régiments de la 9e division eurent dépensé sur leur adversaire plus de la moitié de leurs munitions, ordre fut donné de ralentir la cadence de feu. La pression se relâcha sur les colonnes d’assaut qui, peu à peu, se remirent à gagner du terrain et s’approchèrent dangereusement des lignes, tant et si bien que le général Daugier dût amorcer le recul de ses troupes. La Ligne de la Garde, sur l’aile droite, commença donc à fléchir sous la pression ennemie. Cet apparent succès galvanisa les légionnaires qui redoublèrent d’efforts, gagnant en audace et en témérité à chaque minute, arrivant finalement au contact. Le choc, entre les fantassins du Néo-Dominion et de la Garde, fut d’une rare brutalité. Dans les premiers instants du combat, les fusiliers-marins eurent toutes les peines du monde à repousser leurs adversaires à force de baïonnettes et de sabres briquets, qui n’étaient pas d’un grand secours face aux hallebardes et aux pics. Malgré tout, formant des carrés pleins par compagnies et hérissant leurs baïonnettes face à eux; ils réussirent à rétrograder sans rompre, suivant le plan dicté par le maréchal Pencroff au général Daugier. La 9e division, en effet, laissait en reculant un interstice entre elle et la 6e division dans lequel la 8e division d’infanterie, restée en réserve, allait pouvoir se glisser. Entre la 6e division au toujours avancée au centre et la 9e division en recul, la 8e division allait pouvoir se positionner en caponière sur le flanc de la Magna Draconis pour l’arquebuser soigneusement, mais surtout pour prendre son côté sous le feu de la 23e batterie d’artillerie à cheval. Ce mouvement, soigneusement exécuté, isola donc la Légion Draconis dans une sorte de corridor de feu, piège mortel qu’elle ne décela que trop tard et qui s’accentuait à chaque seconde. Quand la légate Khardiata Maraevis s’aperçut de cette nouvelle disposition, elle se rendit compte avec horreur que, pressée sur l’arrière par la légion Automne, elle ne pouvait plus faire marche-arrière sans risquer une déroute. Tout n’était cependant pas perdu. Dans ses observations réalisées à l’approche des lignes de la Garde, elle avait remarqué que la 8e division d’infanterie agissait, sur l’aile droite, comme la seule réserve d’infanterie capable de secourir la 9e division. Avec le 8e division activement engagée au combat, il n’y avait donc plus aucune réserve derrière la 9e division, et donc plus de réserve sur l’aile droite. Son seul espoir, dès lors, était de parvenir à rompre l’aile droite de la Garde par le choc. Elle disposait, pour cela, d’un outil tout désigné: les IIIe et Ve cohortes de cavalerie de la Ière Armata. Peu avant quatorze heures, la légate ordonna donc à la cavalerie régulière de sa légion, principalement composée de lanciers, d’archers et de cavaliers légers, de se jeter sur les lignes ennemies pour appuyer les assauts de l’infanterie. Sous le feu et la mitraille, galopant entre les colonnes, les deux cohortes de cavaliers chargèrent alors au son du cor, faisant sous leurs sabots trembler la terre glacée. La 9e division, face à eux, ne put que resserrer ses carrés et prier pour que la tourmente ne dure pas. Chapitre 3: Quatorze heures Le maréchal Pencroff, juché avec son état-major auprès de la redoute des engelures, suivit avec attention la charge des cavaliers de la Magna Draconis. Impassible, il regarda en silence le choc des lances, des chevaux et des hommes sur la frêle 9e division qui reçut le coup de plein fouet. Ses officiers, autour de lui, attendaient ses ordres dans un silence d’angoisse mêlée d’excitation. Finalement, après avoir jaugé le danger qui pesait sur son aile, le maréchal leva le bras. - Ordonnance ! Demanda-t-il. Un capitaine, à cheval, se porta auprès de lui. - Notez. Pour le général Daugier. Faites immédiatement donner vos deux régiments de cavalerie légère pour soutenir les carrés d’infanterie, et envoyez votre 14e batterie d’artillerie à cheval entre la 8e et la 9e division pour soutenir la canonnade sur leurs flancs. Ordonna le maréchal. Le jeune capitaine, après avoir noté l’ordre, s’élança vers l’aile droite à brides abattues. Auprès de l’état-major, sur la redoute, les batteries d’artillerie à pied tonnaient toujours, ayant à présent débuté le bombardement des cohortes de mages que l’on avait décelé plus tôt. Face à la redoute, le centre et l’aile gauche de l’armée étaient à présent pleinement engagés dans le combat, et bien que la pression y fut moindre que celle appliquée par la Magna Draconis sur l’aile droite; les légions d'Automne et de Myr se révélèrent être de farouches armes. La légion Automne, justement, amorçait à ce moment un mouvement en oblique par lequel elle allait venir se porter face aux 6e et 8e division d’infanterie, c’est à dire entre le centre et l’aile droite, de sorte à soulager le flanc de la Magna Draconis qui s’était trop avancée. Cet audacieux mouvement, qui prolongea l’effort de l’armée du Néo-Dominion jusqu’au centre du dispositif, était un paris risqué qui porta rapidement ses fruits. En effet, affrontant à présent les premières cohortes de la légion Automne, la 8e division d’infanterie dût relâcher un temps son emprise sur le flanc de la légion Draconis, qui était à présent engagée dans une véritable mêlée générale. Dans la plaine glacée, lanciers et spahis, fusiliers-marins et hastartes, piquiers et grenadiers se livraient en effet un combat sans mercie et sans cohésion. Chaque homme, tenant ferme son carré de terre, défendait sa vie au milieu d’une indescriptible tourmente. L’intervention de la cavalerie du Néo-ominion avait, un temps, permis d’avancer un peu plus sur la droite de l’armée. Mais le concours des deux régiments de Spahis de la brigade de cavalerie du 5e corps avait interrompu cette progression; et par la mousquetade tant que par le vent gelé qui soulevait la neige, un véritable brouillard de guerre s’était levé sur cette portion de la bataille. Si l’aile droite de l’armée de la Garde semblait bien être devenue le pivot des combats, il parut pourtant que le maréchal Pencroff s’en désinteressait. Depuis le mouvement de la légion Automne qu’il avait observé avec une expression de délectation, il arborait un large sourire que ses plus proches camarades reconnurent comme un excellent présage: la messe était dite. Alors même que dans les rangs de la 9e division la lutte semblait des plus désespérées, le maréchal Pencroff ne semblait plus accorder son attention qu’à l’aile gauche et au centre. Une nouvelle fois, il leva la main, et un officier d’ordonnance se porta auprès de lui. - Pour mon fils, le général Emile ! Notez. Fais battre la charge dans toute la 6e division, et fais-la pivoter sur les lignes de la légion qui est passée auprès d’elle pour soutenir l’assaut de l’aile droite. Ne t’inquiète pas pour tes arrière, je m’en occupe. L’ordonnance, le message écrit à la hâte, salua et disparut au galop. Le maréchal, toujours souriant, retira son grand manteau noir qu’il jeta à terre et ajusta son bicorne. Puis, tirant une pipe de sa poche, il l’alluma en se tournant vers ses généraux. - Vous n’avez pas idée, messieurs, du nombre d’années pendant lesquelles j’ai attendu ce moment. Ajustez vos chapeaux et vos rubans de queue, nous allons avoir l’honneur de charger. Annonça–t-il, goguenard. - Charger, excellence ? Avec quel régiment ? Demanda un des aides de camp. - Mais ma foi… tous, pardieu ! Chapitre 4: Quinze heures Après le mouvement par lequel la légion Automne avait renforcé de justesse la légion Draconis, les deux légions de l’armée Néo-Dominienne s’étaient retrouvées entièrement engagées contre les 9e et 8e divisions de la Garde qui tenaient l’aile droite du dispositif. Sur l’aile gauche et le centre, les 7e et 6e divisions, qui n’avaient pas reculé, restaient donc pleinement engagées contre la légion de Myr et une partie de la légion Automne. Après le mouvement offensif par lequel la légion Draconis avait enfoncé la 9e division, une sorte de marche s’était formée dans laquelle la Magna draconis s’était avancée, et dans laquelle le centre Néo-Dominien s’était engagé à sa suite. Hors si par ce mouvement les armées du Néo-Dominion avait réussi à prendre un net avantage sur l’aile droite de la Garde, jusqu’à mettre en grave péril la tenue de l’armée toute entière; elles avaient par ce même élan commis une grave erreur. En s’enfonçant là où, visiblement, la ligne était la plus molle; les légions Draconis et Automne avaient laissé à la légion de Myr la charge de faire face à deux divisions entières. Cet état de fait n’était, en soit, pas un problème: La légion de myr était en effet réputée pour être une des troupes les plus aguerries, disciplinées et farouches des armées de l’alliance, et elles eurent bien pu tenir des heures entières face aux deux divisions de la Garde sans rompre pour autant. Non pas que la tâche fut facile, mais à force de sang-froid et d’organisation, cette seule légion pouvait rivaliser sans rougir avec une force bien supérieure à elle, et appliquer le plus méticuleusement du monde un des plus vieux principes militaires: être et durer. Mais à la constance d’un combat en ligne contre les deux divisions de fantassins, le maréchal Pencroff avait caressé l’ambition d’un baroud un peu plus digne des braves qui se battaient sur ce front, et avait mis au point un levier pour renverser le centre de gravité de la bataille. L’objectif de la manœuvre, paradoxalement, était moins de trouver un prétexte pour une charge épique que de limiter les pertes. Le maréchal, s’il avait confiance en les chances de victoire des 6e et 7e divisions, savait pertinemment qu’un combat prolongé contre la légion de myr serait coûteux en hommes et en munitions, gâchis inadmissible si tôt dans la campagne. Il fallait en finir vite et, comme souvent, le maréchal allait jouer pour cela de son instrument favori: L’assaut. Plutôt que de laisser les deux divisions d’infanterie s’éroder contre les cohortes de Myr, et contre toute attente, il avait ordonné à son fils, qui tenait l’aile gauche, de dégarnir le centre de la 6e division et de jeter cette dernière sur l’aile droite, dans le flanc de la légion Automne; délaissant la légion de myr. Effectuant au pas de charge ce mouvement de redéploiement sur leur droite, les régiments de la 6e division abandonnèrent en effet le centre du dispositif de la Garde, laissant un trou béant dans les lignes, et isolant la 7e division contre la légion de Myr. Mais cet apparent abandon, insensé au regard de la brèche immense qu’il créait au milieu même de l’armée de la Garde, allait être le clef d’une victoire éclatante. Car si une voie était ouverte entre les deux ailes, ce n’était en rien au profit des troupes du Néo-ominion. Massé derrière la 6e division jusqu’à son redéploiement, rangé en parfait ordre, éclatant, glorieux; Le Corps de Cavalerie fit son entrée en scène. Le corps, commandé par le maréchal en personne, comptait alors non moins que 8 régiments de 800 hommes et 800 chevaux. 6 régiments de dragons et 2 régiments de hussards, soit quelques 6400 cavaliers, attendaient l’ordre la main sur le pommeau. Devant eux, fumant toujours la pipe et la montre en main, le maréchal Pencroff tenait le premier rang de ce formidable fer-de-lance, à la tête du régiment qui portait son nom. L’objectif de toute cette cavalcade: fondre sur la légion de myr, la séparer définitivement de la légion Automne, l’isoler et la rompre; laissant aux 6e, 8e et 9e divisions le soin d’encercler et de battre les légions Draconis et Automne. Couper l’armée du Néo-Dominion en deux, profiter de l’avantage numérique pour briser sa cohésion, et en finir avec cette bataille avant de perdre trop d’hommes. Et puis dans la poudre, la fumée, les cris et la tourmente; arracher quelque drapeau et sabrer quelque général, afin de jeter têtes et bannières capturées aux pieds du consul. Charger, sabrer, vaincre… Le maréchal Leva son bicorne, et six-mille poitrines hurlèrent en coeur: - Vive le consul ! Vive l’empire ! Et la troupe, enhardie, de se lancer au trot. Chapitre 5: Seize heures La terre, bien que gelée, se mit à trembler. Malgré le manteau neigeux et le brouillard qui encombrait la vue des légionnaires de Myr, tous comprirent ce que pareil frémissement pouvait signifier, et l’effroi serra vite les poitrines. Dans les colonnes de fantassins myrmidons, un ordre silencieux se répandit comme une traînée de poudre, porté par les légats et centurions qui prenait position avec leurs troupes: - Cavalerie ennemie ! Les piquiers à l’avant ! À cet appel, dans une sorte de mouvement mécanique et parfaitement synchronisé, les légionnaires cessèrent immédiatement leurs tirs contre la 7e division de la Garde, et se groupèrent en masses compactes qui devaient se garnir de pics et de lances. Malheureusement pour les infortunés, malgré toute la cohésion dont était capable les troupes formiques et le méthodisme de leur exécution de l’ordre, celui-ci était parvenu trop tard. Au moment même où les centuries s’ébranlaient pour se garder de l’assaut, la sonnerie de la charge déchira la brume, portée par plusieurs dizaines de clairons. Le frémissement du sol, déjà, devenait un vrombissement sourd, semblable à celui d’une avalanche ou d’un glissement de terrain. La lointaine rumeur était devenue une clameur frénétique et terrible, et comme une bête sauvage se dévoilant à sa proie; la cavalerie de la Garde fondit sur la légion. Le choc, au premier rang, fut terrible. Ouvrant la voie à la tête du régiment de Pencroff-Cavalerie, le maréchal traversa les premiers rangs de myrmidons à brides abattues, bousculant et sabrant tout ce qui se trouvait à sa portée. Il était poussé, dans son élan, par les quatre régiments de dragons qui passèrent au travers des centuries comme une lame rouge dans la neige. Cette masse compacte, brutale et effrénée d’hommes et de chevaux percuta, culbuta, émonda tout sur son passage, pénétrant profondément dans le dispositif formique et traçant dans leur sillage une véritable saignée. Ils furent suivi, de près, par les quatre régiments de dragons de la division Bonardi, les deux régiments de hussards de la brigade Lasalle et le régiment de Férincs-Cavalerie du colonel Ponticelli. Partout, dans le brouillard et la tourmente, les cavaliers de la garde bousculaient les formations des légionnaires et brisaient leur cohésion, ne laissant aucune marge aux légats pour réorganiser leur défense; anéantissant chaque début de résistance. Le chaos, le fracas, la clameur étaient tels que les malheureux fantassins ne savaient ni comment se défendre ni où fuir. Poursuivis l’épée dans les reins, désorientés, ébranlés; certains tentèrent de s’éloigner de l’incohérente masse de hurlements et de chair; pour être immédiatement cueillis par les hussards qui tournaient maintenant autour de la légion comme une nuée de corbeaux. Quand les cavaliers, enfin, furent ralentis par le contact des légionnaires; une invraisemblable mêlée générale débuta, au net avantage des Gardes qui avaient pris dans cette lutte l’ascendant du nombre comme de l’initiative. Car si les soldats de Myr n’avaient pas leur pareil pour la manœuvre et les actions coordonnées, elles étaient tout à fait dépourvues dès que la chaîne de commandement était rompue. Toutes se défendirent avec rage, chacune pour elle-même, mais elles ne pouvaient plus que subir le combat qui leur était imposé, et qui était perdu d’avance. Profitant de cette situation et de l’excellente ouverture produite par la cavalerie, la 7e division d’infanterie ne resta pas longtemps spectatrice de cette lutte de titans. Traversant la plaine au pas de course, l’arme au bras, les colonnes de grenadiers qui étaient restées en réserve derrière les bataillons se jetèrent dans la mêlée, tandis que les voltigeurs entreprenaient déjà de contourner la légion pour la flanquer. Le général Kléber, lui-même, contourna l’affreuse mêlée avec son état-major suivi du 4e régiment de hussards et du 7e régiment de dragons; pour se porter au plus vite sur les arrières de la légion où il espérait trouver le commandement des troupes Néo-Dominiennes. Le légat, les praetors et les tribuns, justement, réussirent de peu à s’extirper de la masse avant d’être éperonnés par un escadron du 2e régiment de dragons, qui avait réussi à s’enfoncer plus loin que les autres. Comprenant que la lutte était perdue, le légat tenta alors de rallier le plus de ses soldats possible autour de lui pour forcer le passage vers la 6e division de la Garde et, espérait-t-il, la légion Automne où il trouverait secours; mais rien n’en fut. Le 4e régiment de hussards, ayant achevé son contournement, se jeta sur le commandement Myrmidon avec rage. Le colonel De Guiche, chef de corps du régiment et vétéran des guerres de coalition; fier hussard au visage balafré et la pelisse rapiécée flottant à son épaule, galopa même bien au-devant de ses propres hommes pour atteindre en premier le petit groupe d’officiers qui reçut de plein fouet l’estocade du brave cavalier. Tentant de s’en défaire, un des praetors fut sabré sur le champ par le colonel, qui reçut à son tour un coup de glaive à l’épaule. La vue du sang de leur chef ne fit qu’enrager ses cavaliers, qui avalèrent le maigre détachement. Brutalement privée de commandement, la légion, déjà ébranlée, se défit complètement. En moins d’une heure, dans la plaine, une légion toute entière venait d’être massacrée. Le corps de Cavalerie et la 7e division de la Garde, de leur côté, accusèrent bien des pertes mais sortirent non moins victorieux et galvanisés. Au milieu des corps, couvert de sang et haletant, le maréchal Pencroff se tourna vers ses hommes. Dans la tourmente, un de ses aides de camp et deux de ses ordonnances avaient été tués; mais le régiment de Pencroff-Cavalerie avait tenu le choc. - Colonel Ronssac ! Appela le maréchal. - Il est mort, monsieur ! Répondit un capitaine de dragons. - Diable, et où est son second ? - Mort aussi, monsieur - Peste ! Et bien vous serez mon messager à présent. Allez dire au général Caulincourt et au général de Pontmercy de porter leurs cavaliers sur la gauche du 6e corps, il est temps de conclure cette bataille ! Cria le maréchal, par-dessus le fracas ambiant. Le capitaine, les ordres pris, salua et s’éloigna au galop. Le maréchal se tourna alors la générale Ruminescu, son aide de camp, qui l’approchait au trot, sa jument ensanglantée peinant à avancer dans la neige. - Générale ! Ne nous attardons pas ici ! Envoyez la brigade des hussards de Lasalle poursuivre les derniers survivants de Myr, et faites savoir aux dragons de Bonardi et d’Ornano que la fête n’est pas encore finie ! Les dragons de Dalhamm sont déjà en route pour culbuter les deux dernières légions en combat, emmenons les trois brigades de dragons soutenir au plus vite la 9e division ! Et, sur cette ordre, il piqua de nouveau sa monture pour rassembler ses régiments. Chapitre 6: Dix-sept heures Si sur l’aile gauche, la bataille semblait presque gagnée; l’aile droite tenait toujours sous une irrésistible pression. Tenant de pied ferme, brûlant toutes leurs cartouches, remplissant la gueule des canons de pierres pour les faire vomir à bout portant sur les légionnaires; les soldats de la 9e division déployaient dans leur lutte toutes les qualités guerrières qui ont fait la renommée de la Garde. Dans ce véritable baroud d’honneur, le général De la Faye lui même avait été grièvement blessé d’un coup de lance alors que son état-major s’était porté au devant des régiments pour les enhardir. Le général Hulin avait également été touché au crâne par un projectile, et le générale Ferun avait eu sa monture tuée sous lui. Tous trois, pourtant, combattant à présent à pieds, restaient à leur poste. Et tous trois, comme l’intégralité de leurs hommes, accueillirent avec des hourras de soulagement les clairons qui résonnaient bientôt derrière eux. Le maréchal et ses dragons, en effet, chevauchaient maintenant sur les arrières de la division; prêts à lui prêter main-forte. Du côté des légionnaires, ce renfort impromptu fut accueilli avec consternation, et ne fut encore que la première des mauvaises nouvelles. En effet, quelques minutes plus tard, la nouvelle de l’anéantissement de la légion de Myr parvint aux oreilles de la légate, à qui le terrain avait depuis plusieurs heures déjà voilé cette part du champ de bataille. Dès lors, le champ des possibilités qui s’offraient à elle devint dangereusement restreint, et la victoire qui quelques minutes avant semblait encore à portée de main s’échappa entre ses doigts comme une poignée de sable. Avec l’anéantissement de l’armée de Myr, la Garde allait pouvoir concentrer ses forces sur sa légion et la légion Automne. Pire encore, s’étant maintenant trop enfoncée face à la 9e division, flanquée par sa droite par les 8e et 6e divisions, l’armée du Néo-Dominion courrait maintenant le péril de voir la 7e division de la Garde fondre sur ses arrières. Et pire derechef, les messagers qui lui avaient signalé le sort de la légion de Myr lui indiquèrent également que la Garde semblait avoir engagé sa réserve de cavalerie, qui allait maintenant profiter du chaos ambiant pour s’immiscer partout où elle décèlerait des failles. Pressée sur trois flancs, tenir était devenu impossible, et la destruction de la 9e division de la Garde avait perdu tout intérêt stratégique; la perte d’une seule division ne suffisant plus pour inverser le rapport de force. Le seul objectif valable, à présent, était de trouver au plus vite une issue permettant de sauvegarder le plus de troupes possible avant d’être entièrement anéantie. Alors que la légate se faisait ces réflexions, elle fut tirée de ses songes par le son strident d’un clairon. Les dragons de la Garde, engageant le combat, venaient d’entreprendre par un vif assaut de délivrer les soldats de la 4e brigade d’infanterie de marine, dont la situation était la plus précaire. Forts de ce secours, les fantassins de la Garde redoublèrent de hardiesse et se regroupèrent en carrés pleins. Peu à peu, face aux cavaliers et aux fantassins, les légionnaires perdaient pieds et certains centurions commencèrent à organiser le repli pour éviter la déroute qui, dans ces instants de chaos, pouvait se propager comme une trainée de poudre. Le contact, enfin, fut rompu; et les soldats des deux armées s’éloignèrent en s’arquebusant de leurs dernières munitions. Le maréchal Pencroff, au milieu des cavaliers, se doutait sans mal que l’adversaire allait désormais chercher à se retirer pour conserver sa cohésion et, sans doute, s’adjoindre à quelque armée de renfort à proximité. Il était cependant hors de question de les laisser s’échapper sans heurts pour les retrouver sur sa route quelques jours plus tard. Il fallait en finir, et enterrer sous le manteau de neige le plus d’ennemis possible. Ses dragons étant encore frais et combatifs, il entreprit alors de faire reformer la division Bonardi en une gigantesque colonne par brigades, la brigade de Férincs en tête suivie des brigades Loreville et Ornano. La légate, depuis le point où elle organisait son repli, ne manqua pas de repérer le mouvement des régiments de cavalerie, qui allaient sans nul doute fondre sur ses cohortes déjà épuisées et désemparées. Sa seule chance, pour s’en garder, était de compter sur la puissance de feu de la 3e Armata, qui avait précédemment été étrillée par l’artillerie et dont les rangs de mages avaient grandement souffert. Malgré les pertes, nombre de ces derniers étaient encore combatifs et ne demandaient qu’à se venger de la pluie d’acier qui les avait jusqu’alors réduit à l’impuissance. Le calcul était cependant risqué, car il exposait cette ressource précieuse qu’étaient les mages. La légate se résolut donc à doubler leurs rangs de cavaliers drakaires de la 4e cohorte de la 1ère Armata, seule troupe montée à avoir échappé à la tourmente jusqu’alors. - Praetor ! Aux ordres ! Cria-t-elle à l’attention d’un de ses officiers - Oui, légate ? - Faites regrouper les mages offensifs avec les cavaliers de la 4e cohorte montée, qu’ils forment une ligne sur nos arrières et qu’ils ralentissent l’adversaire le plus possible pendant que nous nous replions ! Qu’ils épuisent leur mana tant qu’ils peuvent, mais par le ciel qu’ils fassent reculer ces cavaliers ! Si nous sommes entrainés au contact nous serons immobilisés, et leurs rangs se fermeront sur nous ! Le praetor, ses ordres pris, galopa sans demander son reste. Malgré la confusion, les unités nécessaires étant restées relativement près du commandement de la légion, la ligne défensive fut formée juste à temps. Dans la plaine, les régiments de la Garde s’avançaient effectivement au pas, puis au trot, dans le no-man’s land de neige qui séparait l’armée en fuite de celle en chasse. Au devant de ces colonnes d’hommes et de destrier, le sabre à l’épaule, le maréchal observait avec attention le mouvement qui s’opérait devant lui. La vue des montures drakes en face de ses dragons l’obligea à une certaine circonspection qui retardait l’assaut. Il était effectivement hors de question que les cavaliers à cheval ne se heurtent de front à ces immenses lézards et, surtout, aux nombreux mages qui les avaient rejoints. La charge était retardée, et les soldats de la garde continuaient d’avancer lentement sur les traces de l’ennemi, sans entrer dans le champ d’action des mages. Ils firent pourtant, dans cette étrange interlude, bien des victimes. Alors que ce qu’il restait des légions Draconis et Automne poursuivaient leur repli, elles laissaient derrière elles des grappes de soldats épuisés, blessés, désemparés qui n’arrivaient plus à suivre le rythme de la retraite et se retrouvaient dans le no man’s land. Les légionnaires de la cavalerie drake et des centuries de mages de guerre qui formaient la ligne d’arrière-garde tentèrent bien d’en sauver le plus possible, mais ils ne pouvaient pas ralentir davantage eux-même, au risque de se trouver isolés. Impuissants, dépassaient donc leurs camarades dans leur mouvement rétrograde, et assistaient avec horreur à leur massacre méthodique par les cavaliers de la Garde. Chapitre 7: Fin du jour, tombée de la nuit Le maréchal Pencroff, à la tête de ses six régiments de dragons, poursuivait à pas lent les deux légions Néo-Dominiennes qui abandonnaient à grand peine le champ de bataille. Sur sa route, il donna l’ordre d’abattre méthodiquement tout soldat ennemi qui tombait entre les mains des soldats de la Garde, et de ne faire aucun prisonnier. Pour la Garde, cet acte bien que cruel tenait moins de la froide vengeance ou de la soif de sang que de la nécessité: éloignée de ses bases, ne disposant d’aucun dépôt ou point de repli, ses vivres et ses munitions étant comptées; il était impossible pour l’armée du Consul de s'embarrasser de prisonniers de guerre que nul n’aurait eu le temps et les ressources de garder. Les ennemis les plus faibles, qui n’avaient pu suivre les légions dans leur repli, étaient alors méthodiquement sabrés. Puis, au bout d’une heure de cette étrange course, considérant qu’il serait trop dangereux de s’éloigner davantage et qu’il n’était plus tactiquement rentable de suivre les deux légions; le maréchal fit cesser la poursuite. Les régiments s’arrêtèrent, jaugèrent une dernière fois l’ennemi, en s’en retournèrent auprès des divisions restées sur le champ de bataille de la Grande Serpentine. Quand les cavaliers arrivèrent, les troupes du 4e et du 5e corps d’armée s’étaient déjà regroupées sur le plateau où, plus tôt, le maréchal avait observé les combats. Alors que le jour commençait à décliner, de grands feux furent allumés de part et d’autre de ce sanglant bivouac, aux rivages encore jonchés de dépouilles à demi recouvertes de neige. Au sein de chaque division, de grands postes de secours furent assemblés pour accueillir les blessés, procéder aux amputations, effectuer le triage et prodiguer les premiers soins. Dans la plaine, les soldats les mieux portants relevaient les blessés et fouillaient les havresacs et les gibernes des morts pour en récupérer la poudre, les vivres, les cartouches… Ici on achevait des chevaux, là empilait des dépouilles; partout la mort était omniprésente. Pour les soldats de la Garde, cela n’avait pourtant rien d’effrayant, même si le spectacle des camarades tombés au combat provoquait toujours le même serrement au coeur. Chacun connaissait le risque, et chacun s’en était, depuis longtemps, accommodé. Le maréchal lui-même resta songeur un instant, immobile, sa monture arrêtée devant un petit monticule de corps qui marquait l’emplacement d’un carré où, plus tôt, un régiment de la 9e division avait tenu sa position. Un linceul glacé, déjà, avait recouvert les uniformes et les tâches pourpres; et il lui sembla que dans la pénombre naissante, le monde entier était à présent fait de cendres. Le colonel Coignet, à cet instant, le tira de sa réflexion. - Excellence, un message du consul pour vous. - Qu’est-ce qu’il dit ? - Il vous félicite pour cette victoire, et vous fait savoir qu’il se porte vers nous avec le corps de la Garde Consulaire pour aider au soins des blessés. - Bien. Veillez à ce que les colonels des régiments transmettent leur bilan des pertes et l’état de leurs ressources. Je veux un compte précis des morts, et qu’on fouille les restes de l’ennemi. Nous resterons ici le temps de nous réorganiser. Que les hommes dorment, nous creuserons les tombes demain. Mot de la fin, note de l'auteur; Si vous êtes arrivé jusque là, merci ! Ce premier récit, comme vous l'aurez compris, est raconté du point de vue de la Garde. Certaines choses pourraient être améliorées, mais je vous garantis que c'est tout un exercice, de faire manœuvrer deux armées aux fonctionnements complexes, à plus forte raison lorsque l'on en maîtrise qu'une ^^ J’espère de pas avoir commis d'affront, même si par nécessité scénaristique, il a parfois fallu faire simple. Comme ça a été mentionné plus haut, l'issue de cette bataille avait été décidée par un lancer de dé: J'ai donc eu de la chance en commençant par une victoire tactique, qui se justifie par le déséquilibre des forces qui s'observe souvent en début de campagne: Les deux armées se cherchent et divisent leurs forces pour avancer. L'avant-garde de l'armée du Néo-Dominion tombe ici sur une des colonnes de la Garde qui, manque de bol, est plus nombreuse. La guerre sera longue encore, et quand ce sera de nouveau mon tour de raconter une bataille, j'aspire à faire mieux que ce premier opus !- 1 réponse
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- néo-dominion
- garde volontaire
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(et 3 en plus)
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