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Pencroff

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Tout ce qui a été posté par Pencroff

  1. Hello, Fait pour Napo, Je m'occupe bientôt de Tungestne. Bon jeu !
  2. Pencroff

    3, Rue Rhale

    Parcelle vendue !
  3. Pencroff

    3, Rue Rhale

    Hello, Est-ce que tu pourras faire un ticket dessus vite fait ? je passerai t'ajouter dans le cubo !
  4. Du coup, concernant le manoir, L'actuel manoir, d'une superficie de 17x37 Il servira plus de manoir mais d'école militaire sans doute, ou de caserne (ça impliquera des changements dans la cour surtout) Le nouveau manoir, d'une superficie de 50/60x25 C'est une version améliorée/agrandie du premier, avec une plus grande cour Et un modèle de navire qui mouillera dans les eaux environnantes, en l’occurrence une petite goélette
  5. Hello ! Je fais ça soon pour le manoir, je mettrai un modèle de bateau avec aussi o/ Pour le reste, à part le petit village, ce sera surtout de la foret dans la continuité du bois actuel; avec probablement quelques chemins; à part le manoir et le village il y a pas beaucoup de structures.
  6. 16 Holevent de l'an de grâce 316, Fort Herobrine, commandement, De par le maréchal Pencroff, inspecteur général de l'armée. C'est avec plaisir que j'accepte votre candidature. Comme convenu, vous intégrerez l'école militaire avec le grade d'aspirant; et serez affecté à l'arme du génie à l'issue de votre formation. Bonne journée, Maréchal Pencroff.
  7. 12 Tronvard de l'an de grâce 315, Château des empereurs de Stendel, Autorité Impériale de l'état-civil, À l'attention de monsieur Elxist, à Stendel. Cher monsieur, J'ai bien reçu votre candidature au rang de citoyen. Puisque les candidatures ne sont pas légion sur mon bureau en ce moment, et puisque la votre semble en règle; je me permets donc de la traiter sans attendre d'avantage. Je m'en voudrais d'oublier de m'en charger si je remettais à plus tard cette formalité, et vous semblez mériter ce titre que vous convoitez. C'est donc avec plaisir que je vous l'accorde par la présente missive. Avec mes félicitations, puisse votre aventure sur nos terres être longue, paisible et prospère. Salutations impériales, Gouverneur Pencroff, pour l'état-civil impérial.
  8. Date griffonnée Ordres à l'attention des escouades du 13e Groupe Franc, 2e demi-brigade d'exploration. De par le Capitaine Maxime Lamarque, commandant d'unité. Soyez avisés que l'état-major général de l'armée nous a, à l'instant, communiqué ses ordres pour la poursuite des opérations. Le rendez-vous des groupes de la 2e DBE est fixé à, au plus tard, dans deux semaines. Notre groupe fera pied-à-terre au port de Nocha, sur la côte Est de Caltabello, et rejoindra à cheval les autres groupes du 3e BE aux frontières du royaume de Cerdène. La rencontre avec les autres groupes se fera à 2 lieues au nord du village de Ponteria pour être exact. N'y manquez pas, les groupes n'y resteront pas longtemps. Vous prendrez les mesures nécessaires à la sûreté et à la continuité de la mission jusque-là, mais interdiction d'engager quelque combat que ce soit. Fuyez le contact, et voyagez de nuit tant que faire se peut. Vous veillerez à ne pas vous attirer l'hostilité de la population par d'inutiles vols de subsistance. Une fois la jonction effectuée, les groupes se sépareront de nouveau pour gagner leurs zones de déploiement respectives. Un maillage sera ainsi formé par les zones d'opération des groupes, qui établiront sur la région une surveillance accrue. Les informations de chaque groupe seront remontées au commandement du bataillon, qui établira la jonction avec l'état-major général de l'armée. Sachez, à ce titre, que vos rapports ne seront pas modifiés d'une virgule pour ne pas altérer leur substance lors de leur remontée dans la chaîne de commandement. Veillez donc à ne pas écrire de connerie - je pense singulièrement à vous, sergent Louvin. Au moment de ce déploiement, sauf ordre contraire reçu entre-temps, le 13 groupe sera affecté à la surveillance des routes reliant les localités d'Oube et Vitolme. Notre attention devra notamment se porter sur un ouvrage en particulier: le pont de Sarlant. Un poste d'observation sera établi au sud du pont, dans le relief, et concentrera donc ses observations sur le pont en lui-même. Les autres escouades s'établiront de part et d'autres de la route. Favorisez les zones boisées, repérez rapidement un point d'eau claire à l'abri des regards pour vous y ravitailler; et tâchez encore une fois de n'être vus de personne. Une fois en place, vous effectuerez des rotations de sorte à ne jamais laisser votre secteur sans surveillance. Vous accorderez une attention singulière à toute forme de convois, militaires ou civils, qu'il s'agisse d'hommes, de matériel ou de vivres. Vous consignerez vos observations et, dans le cas où vous repéreriez un convoi, vous en rendrez-compte immédiatement par messager au poste de commandement situé au sud du pont. Dans le cas où vous n'observiez aucun mouvement, vous tâcherez tout de même d'envoyer un messager au rapport toutes les six heures au poste de commandement pour faire le rapport de l'état de l'escouade et de toute autre observation. Une fois ces instructions lues et comprises, veuillez brûler la présente missive. Si vous devez noter des éléments, veillez à ne noter que le strict nécéssaire. Pour la mission, pour le devoir et pour l'empire; Capitaine Maxime Lamarque, commandant du 13e groupe-franc, 2e demi-brigade d'exploration.
  9. Ajout de l'accord d'ArthurBn pour le Kubnigera, merci à lui !
  10. Depuis l'an de grâce 278, j'ai l'honneur et le privilège d'être le gérant du marquisat de Férincs, petit territoire du Nord de Stendel peuplé de chimères, de pêcheurs, et de marchands de tous bords venus des terres nordiques. Au moment où je rédige ces lignes, le territoire actuel du projet a adopté ce que je considère comme sa forme optimale en terme de ratio constructions/espace naturel. Le bourg termine lentement de s'agencer alors que déjà six maisons ont trouvé un occupant, aussi est-il temps que je me penche sur la suite; et ce possible agrandissement du territoire. Cette extension du territoire que je sollicite ici a pour vocation de s'inscrire dans la continuité de ce qu'est déjà Férincs: Un territoire à dominante naturelle peuplé par une petite communauté d'individus de la race des Felinxiens qu'avait originellement créé Supercat. Je rassure donc d'emblée: il n'y aura pas de forteresse de la Garde sur ce terrain, qui sera en majorité re-terraformé et couvert d'une forêt faite à la main plutôt que l'infâme foret de génération MC. Quelques structures sont toutefois prévues, au nombre de trois pour être précis: Une poignée de maisons venant agrandir l'actuel bourg; Un nouveau manoir, qui me servira de résidence et remplacera l'actuel petit manoir de la commanderie; Et un petit village portuaire nommé "Félicie". Quelques clairières dans le Bois des Colombes accueilleront peut-être des enclos de vaches laitières, mais c'est incertain. En somme, cette extension sera surtout forestière, les principale "nouvelles" structures étant le nouveau manoir et le bourg de pêche. Le manoir, comme en attestent les plans dont je joint les images, ressemblera à l'ancien mais en plus grand et possédera un plus grand parc, chose logique puisque c'est son remplaçant. Nom : Férincs, bois des colombes Personnes responsables du projet : @Pencroff, @wendy marvell Dimensions: environ 300x500 Hauteur: une trentaine de blocs tout au plus au dessus du niveau de la mer Zone de construction : Surface essentiellement Objectif du Projet : Complément au projet actuel en habitation et décoration, terraformation du territoire Plan : En Vert : La surface couverte par le Bois des Colombes. Constituée de Chênes, de Fresnes et de buissons divers. En Violet : Le bourg de Félicie, un hameau de pêcheurs bordé de quelques quais. En Cyan : Le Manoir de Bonne Aventure, résidence principale de la famille Pencroff, une version relocalisée et agrandie de l'actuel manoir de la commanderie. En Jaune : L'extension du bourg de Férincs lui-même, quelques maisons et un phare. En Sable: La plage de Terremer, juste une plage. Accord du Miko Institute: Accord de Port-Estroit: Accord du Kubnigera: Accord de Zuccheria: (en attente) Pour finir cette demande d'extension, j'aimerais remercier @wendy marvell, ma chère marquise et adjointe dans ce projet; ainsi que @Ghideon, @Thalkion, @Wariow, @Jihair, @Darkalne, @SkyKKou, les chers et honorables habitants de Férincs. Je remercie aussi particulièrement @imouff et @Okuubokuu pour leur réponse rapide et leur accord pour cette extension. Enfin, je remercie également tous ceux qui auront pris le temps de lire cette demande et qui sont arrivés jusqu'à cette dernière ligne. Je reste à l’affût de toute question, demande ou suggestion ici, par mp forum où par mp discord. Il est possible que j'ajoute d'autres visuels au fil de la demande. Bon jeu !
  11. 36 Cidélia de l'an de grâce 314, Château des empereurs de Stendel, Autorité Impériale de l'état-civil, À l'attention de madame Wendy Marvell, à Stendel. J'aurais bien cru ne jamais recevoir cette candidature; mais l'adage "comme quoi, tout arrive" est parfois taquin. Il aura fallu nombre d'années, tout de même, mais enfin c'est chose faite. La candidature est en ordre et largement soutenue, aussi est-il inutile d'attendre d'avantage: J'ai l'honneur et le plaisir d'accepter votre candidature et de vous nommer séance tenante au rang de Citoyenne. En outre, vous conservez donc pour l'instant votre métier de bûcheronne qui vous tient tant à coeur. Avec mes salutations les plus impériales, Le gouverneur Pencroff.
  12. création de 2 PNJs sur Fort Herobrine, Paiement de 600PAs fait à l'instant.
  13. Pencroff

    7, Rue Rhale

    Parcelle remise en vente !
  14. Hello ! Je laisse à Ghideon le soin de revenir en détail, mais concernant la zone marquée en vert foncé, il n'est pas prévu d'y construire de structures particulières; ce sera une zone de transition que l'on va terraformer pour la rendre plus cohérente avec son environnement proche (dans la continuité de la forêt). Ce sera donc essentiellement des arbres/buissons avec, éventuellement, quelques cabanes de bûcherons. La route qui y passe ne sera pas particulièrement changée, sinon de manière minime pour l'adapter au terraf' et en adapter les matériaux. Concernant l'extension en général, elle a pas vocation à accueillir de nouvelles structures militaires du genre forteresse etc. Il s'agit principalement d'étendre la campagne, de construire le bourg de Saulême, la partie du canal qui nous incombe et le pont qui traversera ledit canal; et d'emménager le petit port au bout du pont de terre-morne (il y aura un peu de Construction à ce niveau là mais ça restera collé à l'embouchure du pont). En somme, il s'agit surtout d'aménager et d'harmoniser le territoire et de tirer partie de cette bande de terre qui séparait Tolwhig et Terre-morne.
  15. Isaac Metayer, récit 2 – Les trois jours 25 radévard de l’an de grâce 309, La nuit, sous les combles du bâtiment des incorporations, fut relativement paisible. Éreintés par leur longue marche, tous les volontaires dormirent comme des souches, couchés par grappes dans le foin qui constituait une bien modeste literie. Pour ces hommes et ces femmes dont la plupart étaient des paysans, ce relatif inconfort n’était pas bien différent d’une nuit passée à l’étable, aussi seuls les quelques enfants de bonnes familles, dont le jeune Auguste, n’eurent à se plaindre ; et aucun ne le fit. Le lendemain, aux aurores, une sonnerie de clairon tira le groupe du sommeil. Tous s’habillèrent en hâte en dévalèrent l’escalier de bois pour gagner la cour, où les attendaient déjà l’adjudant Santon, le sergent Magyar et le sergent Castier. Quand tous se furent mis en rang, le clairon sonna une nouvelle fois, et un des sergents hissa le drapeau au mât qui trônait devant la bâtisse. Au premier rang, droits comme des I, se tenaient alors le jeune Isaac, Champmathieu, Paoli et Auguste. Le sommeil voilait encore leurs visages, mais un mélange d’excitation et d’appréhension les tenait toutefois alertes et fermes. L’adjudant les jaugea un instant, sans mot dire. Puis, quand les sergents eurent terminé de lever les couleurs, il débuta ses explications. - « Volontaires, j’espère que vous avez passé une bonne nuit. Sachez-le, vous n’aurez plus ce plaisir au cours des trois prochains jours. Dès ce matin vous allez être testés, éprouvés, mis à l’épreuve et jugés. Mes adjoints et moi-même allons scruter chacun de vos gestes, noter vos réactions, et définir si oui ou non vous avez ce qu’il faut pour rejoindre la garde. Pour ceux de vous qui êtes jeunes et de bonne constitution, ces épreuves seront éprouvantes mais n’auront rien d’insurmontable. En revanche, pour ceux dont la force fera défaut, sachez que tout échec ici sera éliminatoire. Votre motivation à nous rejoindre vous honore, mais il vous faudra trouver un autre moyen de servir la communauté. Est-ce bien clair ? » - « Oui, mon adjudant » Répondirent en chœur les volontaires. - « Bien, pour commencer, vous allez tous déjeuner ! Quand ce sera fait, nous débuterons le premier exercice. Allez-y ! » Et, comme la veille, tous vinrent s’asseoir aux tables de bois disposées dans la cour. Ils y remplirent leur panse de pain, de lait et de diverses confitures, comprenant que la journée allait être fort demandeuse en énergie. Ce premier repas se fit dans un silence religieux, une atmosphère fébrile et survoltée naissant déjà dans les esprits. Puis, quand ils eurent terminé, ils reformèrent un rang devant leurs instructeurs, qui leur intimèrent l’ordre de les suivre hors de la cour en colonne par trois. Quelques minutes de marche plus tard, ils arrivèrent aux abords d’une sorte de terrain jonché d’obstacles de toutes tailles. Même sans culture militaire très développée, tous reconnurent sans mal le fameux « parcours du combattant », discipline ô combien emblématique des entrainements militaires. Après tout, quel enfant ne s’est pas déjà amusé à simuler ce parcours avec les autres gamins de son village ? Courir, sauter, escalader, ramper ; il y avait dans l’esprit populaire une certaine image amusante et presque enfantine de ce genre d’épreuves ; mais les volontaires ne se laissèrent pas duper pour autant : cette fois, ils avaient en face d’eux la véritable épreuve. Celle-ci, visiblement destinée à des recrues, ne semblait heureusement pas présenter de difficultés insurmontables. Depuis le début du parcours, on pouvait apercevoir que la série d’preuve s’articulait ainsi : Après une série de petites haies à sauter au pas de course, un premier mur était dressé, visiblement trop haut pour être franchis seul. Ce mur était suivi d’une série de cordes à laquelle il allait falloir se suspendre pour parcourir une vingtaine de mètres, avant d’enchainer sur une sorte de plafond de cordes sous lequel il faudrait ramper, avant de terminer par un second mur à barreaux d’une huitaine de mètres à escalader et désescalader avant de recommencer le parcours. L’adjudant, voyant que les volontaires analysaient méthodiquement chaque étape, vint interrompre leur réflexion. - « Alors ? Tout le monde a compris à quoi vous avez à faire ? » - « Oui mon adjudant ! » - « Bien, parce que vous allez y passer la matinée ! Interdiction de s’arrêter jusqu’à l’appel, ce qui vous laisse quatre heures ! Pas besoin de courir comme des ânes, mais vous devez rester en mouvement : ce premier exercice va mesurer votre endurance ! » Les volontaires poussèrent un cri à demi étouffé à l’évocation de ces quatre longues heures d’exercice, mais ne s’y engagèrent pas moins. Le groupe s’élança bille-en-tête, en entama ses premières circonvolutions sur le parcours. La première heure s’écoula sans trop de mal, la jeunesse des candidats jouant grandement en leur faveur. Le groupe comprit rapidement comment franchir les murs à force de courte-échelle, et évolua avec souplesse entre les divers obstacles. Mais dès la seconde heure, le groupe commença à s’étirer, une certaine distance s’établissant entre les premiers et les derniers à achever les tours. Les instructeurs notèrent méthodiquement les évolutions du groupe, les noms des éléments les plus endurants, et ceux des plus lents. Mais avant et surtout, ils scrutèrent chez les volontaires certains traits qui laissaient deviner leur personnalité et leurs réactions en situation de fatigue. Et ils ne tardèrent justement pas à voir se manifester, chez certains des candidats, des signes qui éveillèrent leur intérêt. Entre autres, bien qu’il se trouvât parmi les derniers, le jeune Isaac fit sur ses évaluateurs une singulièrement forte impression. En effet, bien qu’il fût pourtant fort endurant et d’une constitution solide, il ne semblait pas chercher à se démarquer par une prestation exceptionnelle ni à finir dans les premiers. Au contraire, si il avait pris du retard, c’était en grande partie parce qu’il restait systématiquement en arrière au niveau du mur pour aider les autres candidats à l’escalader. Pareillement, il accompagnait les volontaires les plus essoufflés, et communiquait son calme naturel à l’arrière du peloton. A l’inverse, Champmathieu et Paoli semblaient se battre en duel pour le podium, et rivalisaient de force et de vitesse, impressionnant leurs camarades et s’attirant également les bonnes appréciations des sous-officiers. Le jeune Auguste, de son coté, ne s’illustra pas particulièrement mais sembla progresser sur le parcours d’un pas régulier et assuré. Au bout des quatre heures, bien qu’ils semblassent tous à bouts de forces, aucun des candidats n’avait encore abandonné ou n’était tombé inanimé. Le parcours du combattant avait été un succès pour tout le monde, aussi avaient-ils mérité les félicitations de l’adjudant Santon, qui les autorisa à s’asseoir dans le sable. Il leur accorda un instant pour reprendre quelques forces, et vint se placer devant eux. - « Félicitations, les jeunes. Il est rare de voir un groupe d’engagés finir entier à la fin de ce premier exercice. Quand vous serez sur pieds, il sera temps d’aller nous restaurer. Cet après-midi, nous enchainerons sur un cours théorique sur le fonctionnement de l’armée, les grades, les unités et nos missions. Vous serez interrogés sur le contenu de cette leçon demain, avant la suite des exercices. Demain, la journée sera dédiée au combat au corps à corps et aux manœuvres en groupe. Le dernier jour, quant à lui, consistera en une marche forcée avec un équipement complet, suivi d’une nouvelle séance de parcours du combattant. Si vous survivez à tout ça, vous gagnerez vos tricornes et vos vestes bleues ; c’est bien clair ? » Et tous, d’une seule voix, répondirent : - « Oui, mon adjudant ! »
  16. Quête accessible à tous et non répétable. Récompenses : Cette quête vous donne un accessoire. PNJ de départ : Elise de Villarmois en -2940 / 76 / 2845, à Tolwhig sur Stendel. Quête rédigée et payée par @Pencroff.
  17. création de 2 PNJs sur Fort Herobrine, Paiement de 600PAs fait à l'instant. + création d'un autre PNJ en plus, paiement de 100PAs de ma part et 200PAs pris sur la commu de FH
  18. Oyez oyez braves habitants de New Stendel, Comme vous le savez, les récents travaux de la capitale ont temporairement mis hors-service le réseau de splash de la capitale. Maintenant que la nouvelle tour est disponible, nous allons progressivement rebrancher une-à-une les lignes allant et venant des projets. Cette opération prendra du temps, aussi nous sommes désolés pour la gène occasionnée et vous remercions de votre patience. Les nouvelles lignes de splash opérationnelles seront accessibles via votre nouvel aiguilleur du ciel, Felix Nadar, qui vous proposait déjà un trajet permettant de descendre de l'ile volante. Les lignes réparées seront progressivement ajoutées à son répertoire. Si d'aventure vous avez urgemment besoin que votre ligne soit remise en service, n'hésitez pas à contacter @Pencroff pour qu'il s'en charge en priorité. Toutes les lignes seront refaites, mais si c'est urgent je tâcherai de faire celles qu'on me remonte en priorité. Ce-dessous, vous trouverez une liste exhaustive des projets reliés à la capitale par voie aérienne. En rouge, les lignes encore hors service; En vert, les lignes réparées et disponibles ! Picbois Riverousse Domval Aigen Nevah Ysera Azur Harmonia Chnafon Le comté Kelaïre Galianor Sedannah Boréalis Illumia Kutzenbach L'ambassade des vieux croulants EST Manoir de Torval Royaume de Fingelberg Amaterasu Kherinops Windalis Akuma kyodai Ulgrim Symia Miklagard Kalanos Myr Confrérie de l'obsidienne Castel Wakeau Citadelle du Neo-dominion Hypérion Yasumi no Shima Foddaska Bon jeu à tous !
  19. Garde Volontaire, Fort Herobrine, Caserne du 7e Léger 5 Mérolia de l’an de grâce 309, A l’attention du Soldat de 1ère classe Beaumanoir, J'ai bien reçu votre lettre du 2 mérolia dans laquelle vous m'avez formulé votre demande de réaffectation. J'avoue être surpris de vous voir si déterminée à poursuivre votre carrière après les blessures que vous avez enduré, mais puisque vous êtes encore dans nos rang je suppose que l'on peut considérer que votre baptême du feu est un succès. Plus encore que cela, vous qui avez été confrontée à des ennemis insaisissables et impitoyables en êtes aujourd'hui riche d'une expérience qui ne manquera pas d'être utile dans votre carrière comme dans vos prochaines unités. Pour être franc, j'avais l'intention de soumettre votre dossier à notre colonel pour vous faire rapidement promouvoir au grade de caporal, attendu que vous disposez déjà d'une instruction poussée et que votre expérience aurait été fort bénéfique aux futures troupes que le régiment déploiera dans la brume. Votre lettre aura finalement devancé mon initiative, et vous semblez vouloir quitter le régiment. Je ne pourrai pas appuyer votre promotion dans une autre unité, mais je peux effectivement y appuyer votre candidature. Puisque vous désirez rejoindre les demi-brigades d'exploration, j'accepte votre choix et enverrai sous peu une lettre de recommandation à votre égard à l'attention du général Auxonne. J'ai en effet ouï dire que ce dernier rassemblait à cette heure de nouveaux effectifs pour la 2e demi-brigade, qui se reforme au Fort herobrine. Pour finir, sachez que notre chef de bataillon vous a fait inscrire pour la croix du sang versé; la perte de votre oeil vous y rendant éligible. Une cérémonie se tiendra dans les semaines qui viennent, pendant laquelle vous et d'autres blessés serez décorés. Sachez qu'au delà de la décoration, cette croix vous donnera une certaine préséance sur les autres candidats qui postuleront pour entrer dans la 2e demi-brigade, augmentant vos chances d'y être acceptée. Votre choix de retourner au feu malgré vos blessures vous honore, aussi je vous souhaite gloire et courage dans vos prochaines missions. Avec mes salutations, Capitaine Clémenceau, Commandant de la 3e compagnie de chasseurs du 7e régiment d'infanterie légère.
  20. Isaac Metayer, récit 1 – l’incorporation 24 radévard de l’an de grâce 309, Voilà quatre jours déjà que le 2e corps d’armée avait quitté le village de Dordonne. Le jeune homme, qui s’était joint à la colonne spontanément, s’était depuis lié à un petit groupe de soldats et au sergent-major qui l’avait pris sous son aile dès le départ de son village natal pour ces terres inconnues qu’étaient le sud Stendelien. Enfin, après ce long périple et une marche éreintante à laquelle il n’était pas encore habitué, il apercevait devant-lui les murailles et les premiers abords du but de son voyage : le Fort Herobrine. Le 2e corps, longeant le territoire Simurgeois, entra alors par la porte Nord de l’immense territoire militaire, et les soldats vinrent finalement faire halte sur une vaste plaine de sable qui servait visiblement à cet usage spécifique. Là, pendant que les hommes de troupe se posaient déjà par ordinaires autour de leurs caporaux et croisaient leurs fusils en rameaux ; le sergent-major s’approcha du jeune homme, et lui fit signe de l’accompagner. - « Tu veux toujours t’engager, le jeune ? » - « Oui sergent. » - « Alors suis-moi ». Et les deux hommes quittèrent la masse de soldats pour se rapprocher d’un second groupe, infiniment plus petit, d’hommes et de femmes en tenue civile. - « Ces oiseaux-là ont eu la même idée que toi. Nous vous rassemblons ici pour que vous passiez ensemble au bureau du recrutement. Attends ici avec eux, on viendra vous chercher. » - « Je ne peux pas rester avec votre peloton ? » - « Pas encore, moustique. Il va falloir te faire soldat avant, et ça va prendre quelques temps. Mais n’aie crainte : quand ce sera fait, je glisserai un mot pour toi à mon capitaine, pour qu’il te prenne dans sa compagnie. On se reverra entre temps !» Acheva le sergent, qui opérait déjà un demi-tour. Le jeune homme se retrouva alors seul, quoiqu’au milieu de ce groupe d’inconnus, dont la plupart restaient muets et circonspects. Une demi-heure s’écoula, sans qu’aucun d’entre eux ne sache où aller ou à qui s’adresser, aussi restèrent-ils tous à leur place, ce qui se trouvait être la chose à faire. Finalement, trois hommes s’approchèrent d’eux, et leur firent signe de former un rang. - « Messieurs, mesdames, volontaires ; bienvenue à Fort Herobrine. Je suis l’adjudant Santon, responsable des admissions, et voici le sergent Magyar et le sergent Castier. Si vous voulez bien nous suivre… » Et les trois sous-officiers, sans rien ajouter, firent demi-tour en entrainant le groupe derrière eux. Bientôt, tous arrivèrent devant un long bâtiment de grès, de deux étages, encadré par un fin muret et sur le portail duquel on pouvait lire « Service des incorporations ». Le groupe entra alors dans la petite cour au centre de laquelle tenait la hampe d’un grand drapeau, et les deux sergents firent former la vingtaine de civils en deux lignes de dix personnes. L’adjudant, une fois les lignes formées, vint se poster devant elles. - « Bien, permettez-moi de vous expliquer comment les choses vont se dérouler à partir de maintenant. Vous formerez, devant la porte située derrière-moi à ma droite, une colonne par un. Vous y entrerez chacun votre tour à l’appel, pour vous y faire enregistrer. Une fois que cela sera fait, vous irez vous présenter au poste médical qui se trouve au bout du couloir pour y être examiné par notre médecin. Ceci fait, vous monterez au premier étage où l’on vous fournira une paire de brodequins, une pantalon, une chemise et un veston. Vous enfilerez alors cet uniforme et déposerez vos effets personnels dans un coffre qui sera scellé et remisé. Une fois habillé, vous reviendrez ici dans la cour, où l’on vous servira à manger. Vous coucherez au deuxième étage cette nuit, et demain nous débuterons des exercices physiques destinés à mesurer si vous êtes aptes à porter les armes. Ces exercices dureront trois jours. Est-ce clair pour tout le monde ? » - « Oui ! » Répondirent en cœur les candidats. - « Alors en file, tout le monde, devant la porte ! » Et le groupe, sur cet ordre, vint se ranger en file indienne devant la porte du bureau. L’adjudant y entra suivi du sergent Magyar, et se sergent Castier resta dehors. Le jeune homme de Dordonne, qui se trouvait en quatrième position dans la file d’attente, n’eut pas à attendre très longtemps avant que son tour ne vienne. Quand il se trouva devant la porte, et que l’adjudant appela « Au suivant », le sergent Castier lui fit alors signe de s’engouffrer dans le bureau. Il s’agissait, contrairement à ce que l’aspect extérieur du bâtiment aurait laissé croire, d’une grande pièce décemment meublée et organisée. Au pied d’une grande fenêtre du mur du fond, faisant face à la porte et encadré par deux drapeaux, l’adjudant était assis à un grand bureau de bois sur lequel trônaient déjà plusieurs piles de dossiers. Le sergent Magyar, assis sur un bureau à droite de la pièce, fit alors signe au jeune homme d’aller s’asseoir face à l’adjudant ; ce qu’il fit sans broncher. Quand il se fut assis, il resta un instant muet, l’adjudant achevant quelques lignes dans le dossier du candidat précédent. Puis, rangeant le dossier sur la pile, l’adjudant plaça devant lui une nouvelle série de feuilles, et débuta son office. - « Alors, jeune homme, quel nom est-ce que je mets sur votre fiche ? » - « Je… euh… Isaac, Isaac Metayer. » - « Quel âge ? » - « 19 ans monsieur. » - « Profession ? » - « Paysan. » - « Alors dis-moi, Isaac, sais-tu lire ? » - « Un peu, monsieur… J’arrive à comprendre… » - « C’est déjà pas mal. Sais-tu écrire ? » - « Un peu, avec beaucoup de fautes… » - « Ne t’en fais pas, tu apprendras ici. Est-ce que tu as déjà eu des soucis avec la justice ? Si je fouille un peu, est-ce que je risque de tomber sur quelque chose ? » - « Non monsieur, jamais. » L’adjudant, qui écrivait chaque réponse sur la fiche, acheva sa ligne et posa les coudes sur la table. Puis, regardant à présent le jeune Isaac dans les yeux, il poursuivit. - « Et donc, jeune Isaac, que viens-tu faire dans la garde ? » Isaac, un instant, fut décontenancé par la question. Il se rendit compte alors qu’il ne se l’était lui-même jamais posée. Saisissant l’occasion du passage du 2e corps par son village, il s’était en quelque sorte évadé, avait suivi le groupe, et se retrouvait à présent assis là. Avait-il un projet ? Souhaitait-il vraiment devenir soldat ? Lui qui n’était pas vraiment patriote, pas vraiment guerrier, qui avait grandi dans les champs d’un modeste village. L’adjudant, qui le fixait toujours, ne le pressa cependant pas. Finalement, Isaac répondit, improvisant un peu. - « Je crois que je ne me voyais pas naitre et mourir dans le même village sans avoir vu le monde. Je n’ai jamais vu la mer, et je n’ai jamais vu de montagne. Je ne connaît de nom qu’une quarantaine de personnes, que je croise presque chaque jours depuis 19 ans. Les champs, les collines, les bois… Je crois que j’avais envie de voir autre chose… » - « Je comprends, mais enfin il y a d’autres moyens de voir du pays que de se faire militaire. Tu as conscience que nombre des gens qui se sont assis à ta place ne sont revenus chez eux qu’entre quatre planches ? Qu’il te faudra sans doute tuer des hommes pour survivre ? - « Je le sais, monsieur l’adjudant. Les soldats avec qui j’ai fait le chemin m’ont raconté. Cela ne me dérange pas, j’aimerais tout voir de moi-même. Je pensais que ça me ferait peur, mais je me rends compte que l’envie d’aller à l’aventure est plus forte que ça… » L’adjudant, à ces mots, esquissa un sourire. - « Tu es bien jeune, Volontaire Metayer, mais c’est ton affaire et pas la mienne, fais-en à ton idée. Cela étant dit, sais-tu monter à cheval ? » - « Non monsieur, je n’en ai jamais eu l’occasion. » - « Bon, je sais ce que j’ai besoin de savoir. As-tu une arme de préférence ? » - « Je… je ne crois pas monsieur. » - « Excellent, on verra ce que donnent tes résultats aux tests de sélection, mais tu iras sans doute trainer tes guêtres dans l’infanterie ! Pour l’instant, passes donc cette porte et va attendre devant le cabinet du docteur pour t’y faire ausculter. Quand tu sortiras, tu retourneras voir le sergent Castier dehors. Suivant !» Alors, sans autre cérémonie, Isaac quitta sa chaise et se dirigea vers la porte qu’on lui désignait. Il se retrouva seul dans le couloir, dont toutes les portes étaient fermées, et qui n’était meublé que de quelques chaises. Il hésita cependant à s’y asseoir, aussi était-il encore debout lorsque le médecin ouvrit la porte et lui fit signe d’entrer. Le cabinet médical était une petite pièce, dans laquelle se trouvaient un bureau et une table d’auscultation, une toise, une bibliothèque et divers autres meubles encombrés d’outils médicaux et de documents. La porte par laquelle était entré Isaac donnait sur le couloir, tandis qu’une seconde porte donnait vers la cour. Au centre de la pièce, fumant la pipe, le médecin semblait observer le jeune homme. Puis, rompant l’étrange silence qui s’était installé, il entama son examen. - « Quel âge avez-vous ? » - « 19 ans monsieur. » - « Des maladies connues ? » - « Je ne crois pas… » - « Des antécédents dans la famille ? » - « Je ne sais pas, mes parents ne m’ont jamais parlé de soucis de santé. » - « Bien, tu as l’air d’un solide gaillard, c’est souvent le cas des paysans. Car tu es paysan n’est-ce pas ? Cela se voit à tes mains. » Isaac ne sut quoi répondre, mais le docteur semblait déjà se diriger vers la toise qui ornait un des murs. - « Viens ici et mets-toi dos au mur. Colle les pieds à la plinthe et regarde droit devant toi. » Le jeune homme s’exécuta sans mot dire, et vint se faire mesurer. - « Bon, un bon mètre quatre-vingts, si je soustrais la semelle de tes souliers. C’est pas mal, et tu n’as l’air ni trop gras ni trop maigrichon. Si tu es sportif, tu feras un bon soldat va ! » Puis, sans la moindre once de tact, le médecin vint placer sa main sur la mâchoire inférieur de l’infortuné soldat, et observa attentivement ses dents. - « De belles dents ça, c’est bien. Bon, et maintenant, essaie de lire ce qui est écrit sur l’affiche au fond de la pièce pour voir ? » - « C’est que… je lis assez mal. » - « Mouais, ne t’en fais pas, ce n’est pas rare pour les recrues. Tu arrives au moins à voir les lettre, même les plus petites ? » - « Oui, sans problème ». Le docteur s’approcha alors de son bureau et, restant debout, il griffonna quelques notes sur le dossier du jeune volontaire. Il écrivit ensuite sur un petit billet, qu’il tendit à Isaac. - « Voilà tes mesures si je ne me trompe pas, c’est que j’ai l’œil ! et puis je n’ai pas le temps de te mesurer. C’est bon pour moi, tu peux ressortir par la porte par laquelle tu es entré et prendre la première à gauche, tu trouveras le vestiaire en haut de l’escalier. Allez, ouste ! » Termina le médecin. Sans se faire prier outre mesure, Isaac quitta donc le cabinet médical, son billet en main. Suivant les directives du médecin, il ouvrit la première porte à gauche dans le couloir, et y trouva un escalier en haut duquel il se trouva dans une sorte de grand vestibule. Face à lui, accoudé à un comptoir, un caporal-fourrier lui fit signe d’approcher. - « Alors mon gars, le toubib t’as donné un papier pour moi non ? » Issac tendit alors le billet au caporal, qui disparut alors dans la pièce adjacente. Il en revint quelques secondes plus tard, une pile de vêtements blancs dans les bras. - « Voilà, va te dessaper dans le coin de la pièce, fais une pile avec tes vieux vêtements et viens me les déposer. Oh et, en attendant, quelle pointure tu fais ? » - « 45 je crois, monsieur. » Et l’homme disparut à nouveau. Isaac, en attendant, enfila les vêtements qu’on lui tendait. Les sous-vêtements semblaient effroyablement rêches, le pantalon était taillé un peu trop grand et la chemise lui était trop courte aux poignets ; mais il se sentit étrangement à l’aise dans cette nouvelle tenue pourtant si simple. L’homme reparut à ce moment-là, une paire de souliers et de guêtres noires sur les bras. - « Bon, le toubib a du progrès à faire encore mais ça te va à peu près. Tu feras un ourlet pour ton pantalon, et tu n’auras qu’à retrousser tes manches. Tiens, voilà tes chaussures. Elles sont presque neuves, et on n’en donne presque qu’avant les campagnes alors prends-en soin. Une fois sappé, tu peux redescendre dans la cour. » Isaac enfila ses chaussures, et lutta un instant pour boutonner les guêtres sur sa cheville. Puis, saluant le caporal, il descendit dans l’escalier. Sortant enfin du bâtiment, il déboucha dans la cour, ou des soldats installaient des tables et des bancs de bois. Le sergent Castier lui fit signe de s’asseoir à une des tables déjà installées, où se trouvaient les trois volontaires qui étaient passés à l’incorporation avant lui. L’un d’eux, pour la première fois, lui adressa la parole. - « Tu viens de quel patelin toi ? » - « Dordonne, dans les collines de la grande muse, près de Tolwhig. Et vous ? » - « Moi, je suis de Narval, sur les côtes des mers du nord. Le grand dadet à coté de toi viens de Larsac, près de Rousset ; et le petit jeune assis au bout c’est un muscadin de la capitale. » Répondit le plus loquace des trois volontaires. - « Je vois… je m’appelle Isaac Metayer, et vous ? » - « Moi c’est Champmathieu. Le grand c’est Paoli, et le noblion c’est… euh… C’est quoi ton patronyme, le muscadin ? » - « Je m’appelle Auguste de Rochemort, enchanté » Répondit le jeune homme au bout de la table. - « Auguste c’est ça. Puisque tu as retrouvé ta langue, qu’est-ce qu’un muscadin comme toi est venu faire dans la garde ? Ton paternel pouvait pas t’acheter une charge de lieutenant dans un régiment de capitale ? » Demanda Champmathieu. Mais le jeune Auguste, boudant sa réponse, resta muet. Avant que Champmathieu ne puisse réitérer sa question, le sergent Castier, qui était auprès d’eux, lui tapa sur l’épaule. - « Fous lui la paix, volontaire. Ici tout le monde a ses raisons, concentres-toi sur les tiennes. » Lui intima le sergent, l’air sévère. Champmathieu n’insista pas, d’autant plus que du bâtiment, une agréable surprise attira son attention. Les tables et les bancs étant en place, plusieurs soldats arrivaient à présent avec des carafes, des miches de pain, de gros jambons et de grandes tomes de fromage. On posa sur les tables ces diverses victuailles, et le sergent castier fit signe aux volontaires d’y prendre leur part. - « Ah ! C’est pas trop tôt ! Par ici la boustifaille ! » S’exclama Champmathieu. Tous se servirent alors dans de grandes écuelles de bois, et reprirent le cours de leur conversation. Autour d’eux, à mesure qu’ils sortaient de la visite médicale et de l’équipementier, de nombreux volontaires venaient prendre place sur les bancs. Finalement, Paoli, qui était resté relativement silencieux jusqu’alors, interpella le sergent. - « Dites, vous savez ce qu’on va faire exactement pendant ces trois jours ? » Le sous-officier, qui s’était retourné, fit alors un grand sourire. Puis, amusé, il répondit : - « Suer beaucoup, dormir très peu, et déballer vos tripes. Quand ce sera fini, on verra à quoi vous êtes bons et on vous enverra là où on a besoin de vous. »
  21. 21 radévard de l’an de grâce 309, C’est un spectacle saisissant qui, ce matin, avait réveillé les paysans du petit village de Dordonne. Alors que l’aurore enveloppait à peine leur campagne et leurs champs de ses rayons dans cette région du monde où l’on travaille beaucoup et où l’on voyage peu, une clameur inhabituelle avait en effet tiré les habitants du lit. Dans la grande rue qui traverse le bourg, et qui n’était normalement parcourue que par les fermier locaux et les quelques marchands de bétail qui y faisaient escale ; une foule compacte et homogène se pressait d’un même pas, en cadence, et en chantant. Interloquées, plusieurs familles étaient sorties sur le pas de leur porte pour voir de plus près ce curieux phénomène : dans le petit bourg de quelques 32 âmes, une armée de 25 000 hommes, 2 500 chevaux et 40 canons passait au pas de route. Le mousquet à l’épaule, le sac au dos et les guêtres noires embourbées, leur giberne pleines de cartouches et une miche de pain embrochée à la baïonnette ; la multitude de soldats s’écoulait à perte de vue, émergeant depuis une colline voisine, encombrant la route, et disparaissant dans le bois qui bordait les champs à l’est du bourg. Malgré l’heure matinale et le givre de ce rude mois d’hiver, la troupe allait sans complainte, rieuse même par endroits, vers une guerre lointaine sans doute. Chevauchant le long des colonnes, deux gendarmes apparurent alors sur la route, et vinrent se poster près du clocher du village. Reconnaissant les deux représentants de l’ordre pour appartenir à la brigade voisine, un des propriétaires de ferme s’en approcha alors pour se quérir des raisons de ce soudain défilé. - « Dis-donc gendarme, qu’est-ce que c’est que ce carnaval ? » - « C’est la garde qui part en campagne mon bourgeois ! » - « La garde ? Je les croyais plus à l’est ceux-là. » - « C’est le corps du général Thalkion qui va rejoindre la grande armée qui se forme à cette heure vers Fort herobrine. » - « Parbleu, c’est la guerre ? » - « Pas ici, mais notre lieutenant nous a parlé d’une affaire sur le continent d’Oldmont. Il paraît qu’il y a là-bas quelque oiseau qui veuille en découdre, et notre bon consul a décidé d’aller lui frotter le crin ! » Mais le gendarme, à cet instant, se tut et dégaina son sabre du fourreau. Puis, reposant la lame sur son épaule, il se figea. Surpris par ce soudain manège, le fermier se retourna alors vers la route. Là, chevauchant au centre du chemin entre deux régiments, une cohorte d’officiers semblait suivre un homme grand et droit, emmitouflé dans un large manteau bleu nuit, un grand bicorne noir orné de lauriers d’or vissé sur la tête. Apercevant les gendarmes du coin de l’œil, l’homme porta alors la main à son couvre-chef pour rendre leur salut, et acheva de passer. Bien que son uniforme fût, de loin, bien moins richement ornementé que ceux des cavaliers à sa suite ; sa prestance et son aura laissaient entendre sans mal qu’il avait sur eux un ascendant certain. Un murmure du gendarme vint confirmer ce sentiment au fermier. - « C’est le général Thalkion. Je l’ai déjà vu quand j’étais en poste à Tolwhig. » - « Vindieu, c’est donc à ça qu’il ressemble. C’est fou de voir pareille armée conduite par un seul homme de chair et d’os. » - « Crois-moi mon bourgeois, il y a sur cette terre des hommes qui en valent plusieurs. Il paraît que dans une bataille, celui-là ferait peur au grand diable lui-même. » Au même moment, plus loin sur la route, un jeune homme d’une vingtaine d’années observait, silencieux et fébrile, le passage des troupes. Caché à demi derrière un des arbres qui bordait la voie, il sembla hésiter plusieurs fois, avant de se ruer dans sa maison. Il en revint quelques instants plus tard, un sac de toile à l’épaule et un grand manteau en peau de mouton sur le dos. Il se rangea alors au bord de la route, comme si il attendait une charrette de postes, à la fois pressé et extatique. Un sergent-major, qui marchait en marge à droite de la colonne, héla alors le jeune paysan dont le curieux manège l’avait intrigué. - « Tu attends quelqu’un moustique ? » Le jeune homme, décontenancé, balbutia - « Je… Où est-ce que vous allez ? » Le sergent, qui passait à ce moment devant lui, lui fit signe de le suivre. Puis, quand le garçon lui eut emboité le pas, il répondit. - « Nous allons à Fort Herobrine, le jeune. Le Premier Consul y forme la grande armée pour partir en campagne. » - « Est-ce loin cette campagne ? » - « Dame, qu’en sais-je ? Cinq-cent lieues ? Mille ? Qu’importe. » - « Et combien de temps serez-vous partis ? » - « Aucune idée, moustique. Deux mois, deux ans, c’est au Consul qu’il faut demander. » - « Est-ce qu’il va y avoir du danger ? » - « Ah ça, lardon, ça ne manquera pas. De la misère aussi. » Le jeune paysan sembla songeur, mais resta à coté du sergent-major. Ils arrivaient déjà à la sortie du village, et dépassèrent les dernières maisons. Après avoir jeté un regard par-dessus son épaule, le garçon reprit. - « Comment que c’est, la vie militaire ? » - « Ahah bonhomme, tu en as de belles, des questions… Comment te dire ? On a la vie dure, mais tu trouveras nulle-part ailleurs des camarades comme les nôtres. On marche beaucoup et souvent, dans la neige ou le sable ; mais on voit du pays comme peu d’hommes ont pu voir. On assiste à des batailles épiques, des spectacles héroïques où des empires dévorent des royaumes dans la fumée et les flammes, mais aussi dans le sang et la poudre. On vit pleinement, d’une vie glorieuse et pleine d’aventure ; mais on meurt souvent dans le froid et la boue. Enfin voilà gamin, une vie de soldat c’est une vie d’honneur et d’ampoules aux pieds. » - « Et vous en avez fait beaucoup vous, des batailles ? » - « Ah ça, petit bonhomme, j’ai vu les barbares d’Auersdatte et les vampires de Sillevanie, les légionnaires des titanides et les pirates de l’ile Rousse, les Janissaires d’Aboukyr et les orcs des landes vertes. En sept campagnes, j’ai fait au moins vingt batailles. » - « C’est comment, une bataille ? » - « Dis-moi loustique, tu es bien curieux va. Une bataille, c’est… comment dire. Tu vois les champs de ton village ? Imagine toute la vallée pleine de types qui s’écharpent. Des coups de canon, des salves de mousquetade, des charges de quatre-mille cuirassiers qui étrillent en quelques minutes plus d’hommes qu’il n’en peuplent ton bourg. L’herbe se change en boue, les pieds s’enfoncent dans cette mêlasse de terre et de sang battue par les bottes et les sabots. Des rangs d’hommes sont emportés par des boulets de canon, la poudre et les incendies créent un brouillard de fumée qui brûles les yeux et les poumons ; et bientôt on ne voit plus que des ombres, des fantômes, qui se massacrent. Et puis à la fin, quand la fumée se dissipe, on creuse des grandes fosses pour ensevelir les corps et on passe à l’ennemi suivant, et ainsi de suite… Tu as encore envie de venir avec nous ?» Répondit le sergent-major. Le garçon regarda un instant ses pieds, mais ne s’arrêta pas. Et le 2e corps d’armée, s’engouffrant dans le sous-bois, quitta le village.
  22. 56 Démévent de l’an 309, à Fort Herobrine. Si les bâtiments du Grand Quartier Général de la garde sont reconnus pour être le centre névralgique de toute la grande armée, c’est en réalité sous la surface, en deçà de ses luxurieux jardins, que se trouve le véritable épicentre de ses opérations. Car si les étages surfaciers du GQG sont occupés par les bureaux des nombreux généraux et officiers supérieurs de la garde, ce sont bien les niveaux du sous-sol qui abritent les principaux services de l’état-major général et du cabinet de l’armée. C’est là, sous plusieurs mètres de roches et de documents divers, que s’étire le long « Sentier de la guerre », surnom affectueux dont les généraux ont affublé le couloir menant à la salle du Conseil de Guerre ; conseil qui devait justement se réunir. Comme avant chaque séance, la vaste coursive était encombrée d’officiers des divers bureaux formant l’état-major et de soldats de la Garde Consulaire, marchant au pas de course ou montant la garde ; les bras chargés de cartes et de documents ou la main sur le pommeau de leur sabre. Un cri, venu de l’autre bout du couloir, fit brusquement cesser leurs norias frénétiques. « Fixe ! » Alors, comme un seul homme, tous les officiers et soldats cessèrent leur course et se rangèrent sur les bords du couloir, au garde à vous. De l’escalier, un bruit de bottes se fit alors entendre, et trois personnes s’avancèrent en direction de la salle de réunion. Ouvrant la marche, le bicorne sous le bras, le maréchal Pencroff s’entretenait avec la générale Marvell, qui marchait à sa droite, et la générale Marceline, à sa gauche. Quand le groupe arriva devant la grande porte, il s’arrêta un instant devant les deux sentinelles qui y montaient la garde. - Est-ce que tout le monde est là ? Demanda le maréchal. - Tout le monde, monsieur. Son excellence le Consul Zorn vient d’arriver. Répondit le plus gradé des deux gardes, un sergent-major du 1er grenadiers à pied. Sans attendre, l’autre sentinelle ouvrit la porte, et les deux hommes cédèrent le passage, l’arme au pied. Esquissant un signe de remerciement, le maréchal et les deux générales s’engouffrèrent alors dans la salle, et la porte se referma derrière eux. A l’intérieur, autour de la vaste et riche « Table du conseil », tout le reste de l’état-major général de l’armée avait déjà pris place. Étaient alors présents le Maréchal et Premier Consul Zorn, son premier aide-de-camp le général Lannes, son premier officier d’ordonnance le colonel Merle, Le général d’armée Thalkion et son aide-de-camp le général Von Lusset, le général Jihair et son chef d’état-major, le général Darkalne et son chef d’état-major, le général Suljii et son chef d’état-major, l’amiral Wariow et le vice-amiral Louis, le colonel De Lattre qui se trouvait être l’aide-de-camp de la générale Marvell et divers officiers d’ordonnance qui avaient déjà pris place aux tables de greffe. Voyant que le maréchal Pencroff et la générale Marvell s’étaient enfin joints au groupe, le Consul ordonna à l’assemblée de prendre place, et tous gagnèrent leur fauteuil. Quand le silence acheva de se faire, il prit alors la parole. - « Camarades, tout d’abord permettez-moi de vous dire que je suis fort aise de tous vous voir réunis. Ces derniers mois, nos affectations respectives et les aléas des armes nous ont souvent séparés, nous qui avons si souvent combattus ensemble. Depuis nos débuts de jeunes officiers, l’arme s’est considérablement agrandie, et bien que nos vertes années me manquent parfois je suis fier et serein de vous savoir aux commandes des corps qui font la force de notre armée. Cela étant dit, je ne vous ai pas fait mander ici par pure nostalgie, mais pour un sujet tristement plus prosaïque. Neuf ans se sont écoulés depuis notre grande réforme de l’an 300 qui a vu naître la Grande Armée. Nous avons développé nos tactiques, nos stratégies, nos méthodes, la composition de nos unités tout en accroissant considérablement le volume de nos troupes. Le siècle passé a vu la Garde devenir la première armée du monde connu, capable de se projeter en tous lieux et en tous temps, de vaincre des ennemis de tous poils, de venir à bout de nations entières et de faire reculer par la force les ambitions les plus obscures des ennemis de la paix. Mais si nous avons réussi, à présent, à sécuriser l’environnement qui nous entoure et à protéger les populations qui sont venues se loger sous notre bouclier, l’heure n’est pas encore venue pour nous de reposer les armes au-dessus de nos cheminées. Si le monde qui nous est familier est aujourd’hui en paix, il n’en est rien des grandes nations qui, au-delà des frontières impériales, jalousent amèrement la prospérité de nos sujets et l’abondance de nos terres. Nombreuses sont les légions qui, par-delà les montagnes et les mers, se lèvent et s’arment pour se disputer les landes fertiles, les mines, et même les forêts. Si aujourd’hui ces guerres lointaines ne nous concernent pas, les tourments des conflits ne cessent de se rapprocher de notre eden, et il est à craindre que nous soyons nous-même, dans un futur plus ou moins proche, la cible de hordes pillardes et de nations criminelles à l’appétit insatiable. Depuis l’an dernier, plusieurs rumeurs nous sont parvenues depuis le continent d’Oldmont, laissant justement entendre que nous serions la cible prochaine d’une coalition de royaumes puissants, anciennement alliés à la république des Titanides et dont le commerce aurait été ruiné par notre intervention et la dissolution subséquente des factions ennemies. Ces félons, qui comptaient sur le succès de la coalition des Titanides dans l’invasion de nos terres pour assurer leur propre prospérité, nous tiennent pour responsables de l’échec cuisant de leur honteuse manœuvre et de la ruine qu’ils en récoltent aujourd’hui. Face à leurs propres peuples qui, réduits à la misère par leurs choix désastreux, grondent dans les rues de leurs capitales ; les lâches se dédouanent en jetant sur nous la responsabilité de leur infortune, nous reprochant même, par une pirouette intellectuelle digne des saltimbanques qu’ils sont, de nous être défendus et de ne pas nous être laissés dévorer à leur profit par les légions Titanides. Leur infame manège aurait pu, et dû sans doute, s’arrêter à ces accusations grotesques. Or cette semaine j’ai appris, par l’intermédiaire des forces d’observation que nous avions dépêché sur place, que ces consanguins de roitelets s’étaient mis en tête de lever les armes contre nous. J’avoue, camarades, que je peine encore à croire que les dirigeants de nations puissent avoir l’esprit malade au point de commettre pareille folie, car disons-le, il faudrait bien qu’ils soient fous pour jeter les soldats de leurs nations contre notre nation de soldats. Mais si le doute est encore permis quant à la finalité de leurs préparatifs, nos éclaireurs semblent tout de même formels : l’ennemi a déjà commencé la concentration de ses troupes et la levée progressive d’une armée. Est-ce là une manœuvre d’intimidation ? Cherchent-ils seulement à crédibiliser leur discours véhément pour détourner la colère de la population avant de démobiliser leurs forces une fois le calme revenu ? Ou prévoient-ils réellement de se lancer dans une guerre avec l’ambition folle, et même chimérique, d’en sortir victorieux et enrichis ? En réalité, qu’importe. La menace est trop réelle pour que nous prenions le risque de laisser plus longtemps l’initiative à nos adversaires. Vous connaissez nos doctrines et nos préceptes : Nous n’attaquerons que si une menace immédiate et directe chemine vers nous, mais en attendant, nous devons toute faire pour nous préparer à combattre. Le devoir nous commande, parce que la garde nous est confiée de cette partie du monde, d’être circonspects et réactifs ; aussi l’heure est venue de mettre en pratique une nouvelle fois ce pourquoi nous nous entrainons tant et ce que nous avons appris lors de nos dernières campagnes. Mes ordres sont simples, car vous connaissez déjà votre devoir en pareille condition : Faites battre le rappel au sein de vos corps, rappelez les permissionnaires, rappelez vos réservistes, mobilisez vos dépôts et débutez la concentration de vivres et de bois. Maréchal Pencroff, en qualité de commandant du corps de cavalerie, vous aurez à cœur de vous tenir prêt à partir séance-tenante sur mon instruction pour assurer l’avant-garde de l’armée et reconnaître devant nous le terrain des opérations. Général Thalkion, j’aurais sans doute à vous confier le commandement d’une armée de deux corps, dès lors que nous aurons établi notre ordre de bataille. Vous y assurerez également le commandement de votre propre corps, mais je vous laisse le loisir de vous y faire suppléer par un général de votre choix lorsqu’il vous faudra cheminer d’un corps à l’autre. Vous serez sans doute accompagné du 5e corps d’armée, quand le général Daugier recevra ses ordres. Général Jihair, général Darkalne, Général Suljii ; vous veillerez à tenir vos corps respectifs sur le pied de guerre et prêts à marcher. J’ai dans l’idée de vous garder auprès de moi, mais rien n’est encore décidé. Il se peut que nous devions adopter un ordre de marche séparé, aussi vous veillerez à garnir vos états-majors de nombreuses ordonnances et de messagers. Je vous autorise à réquisitionner pour cela les chevaux nécessaires au sein des préfectures. Générale Marvell, je laisse à vos services le soin de mobiliser le parc d’artillerie séance-tenante de sorte à ce que chaque corps parte avec au moins une batterie supplémentaire. Veillez également à organiser l’accélération logistique des régiments du train des équipage et du train d’artillerie en conséquence, afin que les livraisons soient assurées avant le début des opérations. Je vous ferai parvenir des instruction détaillées quant aux besoins en vivres, poudre, munitions et autres ressources dès que le secrétariat de l’armée m’en aura fait l’estimation. Amiral Wariow, vice-amiral Louis, veillez à faire rassembler près de Fort Herobrine tous les bâtiments de la flotte qui seront nécessaires pour assurer la projection de l’armée. Vous enverrez également des bâtiments dans les mers proches de nos adversaires en reconnaissance, de sorte à ce que nous ayons une idée de ce qui nous attend sur place tant en terme de puissance navale que d’infrastructures portuaires. Un résumé des instructions préparatoires vous sera communiqué à tous dans vos états-majors respectifs dès que les greffes et les ordonnances auront achevé leur rédaction et que j’en aurai révisé la substance. Encore une fois, il est possible que toute cette affaire ne soit qu’une fausse alerte. Je vous tiendrai informé des évolutions de la situation tous les jours, jusqu’à ce que la menace soit résorbée ou jusqu’à ce que la décision soit prise de donner l’assaut sur nos adversaires. Voilà, chers camarades, ce que j’avais à vous dire. Avez-vous des questions ?» Acheva le Consul Zorn, en reprenant sa place dans son fauteuil. Le général Jihair, à cet instant, prit la parole. - « Je crois savoir, mon Consul, que nous avons projeté sur place une demi-brigade d’exploration. Cette colonne est-elle revenue, et si oui, disposons-nous d’autres forces de reconnaissance sur place ? » - « Effectivement, c’est la 1ère demi-brigade d’exploration du général Malmaison qui avait été déployée pour développer sur ce continent notre réseau de renseignement. Elle s’y trouve encore, mais il est prévu de la remplacer progressivement par la 2e demi-brigade d’exploration du général Auxonne, qui partira dans les prochains jours. Nos forces actuellement sur place ont été déployées depuis le sultanat d’Aboukir, mais nous avons depuis pus prendre contact avec les autorités du royaume de Caltabello, où nous devrions pouvoir faire débarquer notre prochain contingent. » Répondit le consul. Le maréchal Pencroff, à son tour, prit la parole. - « Aux dernières nouvelles, les trois bataillons de la 1ère demi-brigade d’exploration se sont considérablement enfoncés dans les terres, et leurs groupes-francs sont aujourd’hui pleinement déployés. Il sera long et fastidieux de rapatrier l’ensemble des forces, alors autant ne pas attendre et déployer la 2e demi-brigade dès qu’elle sera opérationnelle. En outre, si la guerre éclate, nous n’en aurons que d’autant plus de troupes sur place pour lancer des opérations de guérilla. Il serait intéressant de profiter d’avoir toutes ces troupes si volatiles et déjà aux abords de l’ennemi pour faire sauter ses dépôts d’armes et de vivres et intercepter ses messagers. » - « Tu es bien un hussards, à toujours faire la petite guerre dans la grande, mais tu as raison. Si mes prévisions sont justes, l’ennemi sera en nombre et organisé, ne nous privons pas d’occasions de saboter sa mobilisation et d’arraisonner ses messagers… » Cette fois, la générale Marvell intervint. - « Vous êtes gentils, tous les deux, à bouger vos pions et vos cavaliers sur un échiquier qui se trouve à plusieurs centaines de lieues d’ici ; mais vous oubliez que c’est moi qui m’occupe de faire envoyer vos ordres aux quatre vents. Le bureau des transmissions de l’armée a en permanence plus d’une cinquantaine de coursiers en vadrouille et le commissaire aux postes a dû en recruter de nouveaux parmi les gens de la réserve. » - « C’est fâcheux en effet, d’autant plus que nous sommes en paix pour l’instant, mais il est à prévoir que la guerre à venir n’augmente considérablement nos besoins en messagers. Colonel Merle, vous veillerez à faire former à Fort Herobrine un bataillon de dépôt des postes, pour que nous disposions rapidement d’un vivier de ces coursiers qui sont les globules de notre institution. Vous recruterez à ces postes des gens fidèles et sûrs, que nos messages soient en de bonnes mains. » Répondit une nouvelle fois le consul Zorn. A cet instant, la grande porte de la salle du conseil s’ouvrit à nouveau. Le grenadier, qui y montait la garde, annonça le visiteur. - « Le Capitaine Vasseur, ingénieur-géographe. » - « Faites entrer. » Un jeune homme, d’aspect solide mais peu assuré, entra alors et salua. - « Mes amis, ce jeune capitaine porte avec lui une des clefs qui, je l’espère, fera notre victoire prochaine sur les troupes ennemies. En effet, lorsque nous avons fait déployer la demi-brigade d’exploration sur Oldmont en reconnaissance, j’ai fait envoyer parmi eux ce jeune géographe que l’on m’a chaudement recommandé pour qu’il nous fasse les plans des régions qu’il nous faudra traverser. Voyez à présent ce qu’il porte sous le bras ! » Annonça le consul Zorn qui, se levant, tirait déjà les rouleaux de cartes. Puis, s’approchant de la grande table du conseil, il déroula la première d’entre elle en grand, l’imposante carte mesurant plus d’un mètre et demi de largeur. Les généraux, quittant leurs sièges, vinrent le rejoindre et regardèrent ensemble les détails du document qui était devenu en une seconde le centre de l’attention. Sur la fine couche de papier, tracé en couleurs et annoté de toutes parts, se trouvait la plus fidèle représentation du continent que l’on put trouver. Capitales, chefs-lieux, villes, fleuves et surtout forteresses ; le fruit de plusieurs mois d’observation et de navigation méthodique ne déçut pas son commanditaire, qui était aux anges. - « Générale Marvell ! Veillez à faire copier ces cartes au plus vite, pour en fournir à tous les états-majors. Et vous-autres, camarades, vous tâcherez d’en mémoriser chaque tracé, chaque ligne, chaque montagne, chaque repli ; car il vous faudra bientôt faire campagne entre ces montagnes qui ne sont ici que des courbes manuscrites ! Mais je vois que ce n’est pas tout, d’ailleurs ; qu’as-tu d’autre sous le bars ? » Enchaîna ne consul, soutirant au capitaine les cartes qui lui restaient. - « Ce sont des cartes plus détaillées de chaque pays, et des cartes topographiques… Elles ne représentent que ce que j’ai pu voir, excellence, car nous n’avons pas pu quadriller tous les pays. Les zones vides que vous voyez me sont inconnues… » Répondit le capitaine à voix basse, intimidé. Mais le consul, extatique, ouvrait déjà devant lui une carte qui n’accentua que plus son euphorie. Puis, se retournant vers le jeune officier, il l’interpella. - « Quels sont vos états de service, capitaine ? » - « Sept campagnes, excellence. Sous-lieutenant à la campagne verte, Lieutenant à la Maur’ya, Capitaine aux Titanides. Géographe au 4e corps d’armée d’abord, puis au régiment du génie de la moyenne-garde, et aujourd’hui à l’état-major. » - « Bien, tu es un brave, tu as des enfants ? » - « Deux, excellence. » - « Ils peuvent être fiers de toi. Tu as passé ces derniers mois loin d’eux, mais tu nous as rendu un fier service en nous portant ces cartes ! Mon garçon, je te nomme Commandant ! Tu prendras tes fonctions dans ton unité, va ! » Déclara le consul. Le capitaine, à ces mots, salua avec déférence et se retira. Dans la salle, on tourna encore un instant autour des cartes, mais tous reprirent en quelques minutes leur place. La réunion touchait à sa fin, aussi le consul vint à conclure. - « La guerre, mes amis, est encore une fois à nos portes. Nous la connaissons bien, car c’est une vieille amie ; aussi ne la craignons-nous plus. Je connais votre valeur, mais je sais ce qu’un excès d’assurance peut entrainer de malheurs. Quand nous partirons en campagne, marchez avec assurance, mais mesurez vos pas ; et ne pêchez ni par orgueil ni par paresse. Préparez vos batailles, relisez vos cartes, visitez vos généraux et passez vos troupes en revue. Au reste, il conviendra aux dieux de jeter nos dés, mais il nous appartient de défier le sort. Advienne que devra. » Et tous, à ces mot, se levèrent. - « Advienne que devra. »
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